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 De l'utilité des sorts de soin. [PV Shinjirô]

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MessageSujet: De l'utilité des sorts de soin. [PV Shinjirô]   Ven 31 Mai - 18:52

« Attention, Fumiko ! Tu vas lui faire mal ! »

On entendit par-derrière le meuble un grognement, suivi d'un feulement des plus effrayés.

« En même temps, Grand-Mère, si tu pouvais m'expliquer ce que fout ton chat derrière l'autel... »

Un éventail de papier vint frapper son séant. La jeune femme grimaça, non de douleur, mais de dépit. Pourquoi devait-elle toujours se faire exploiter par cette vieille bique...

« T'occupes, gamine ! Ramène-le moi juste, et entier je te prie ! »

Un nouveau soupir. Pliée en deux, les jambes en l'air et le buste basculé dans l'interstice étroit où s'était réfugié le stupide animal, Fumiko n'était pas dans une situation d'une élégance exceptionnelle. La complexion carmine de la peau de son visage s'intensifiait d'instant en instant, à la mesure de son souffle qui se raréfiait. Elle sentait battre la peau de son visage, comme s'il allait se décoller. Ses bras gonflés de sang étaient douloureux, rendant impossible toute extraction de l'irritant parasite qui, de toute façon, était trop éloigné et apeuré pour être attrapable.
Fumiko se rejeta en arrière, atterrissant sur ses pieds. Son kimono neuf n'arrangeait pas les choses, et elle grimaça en apercevant les griffures sanguinolentes qu'avait laissé le stupide animal sur ses avant-bras. Elle y passa rapidement son index, lissant instantanément sa peau blanche. Ça avait du bon d'être une toubib, par moment. Elle rangea pour la énième fois sa mèche désordonnée derrière son oreille et chercha, comme à son habitude, son paquet de cigarettes planqué dans la poche intérieure de sa manche.
Un nouveau coup d'éventail, comme la bosse inexistante lui rappelèrent qu'elle n'était ni dans le bon lieu ni dans les bons habits pour espérer un tel réconfort.

« Je croyais t'avoir dit d'arrêter ! Quand est-ce que tu daigneras m'écouter, Fumiko ? Fumiko ! »

La vieille piaillait, secouant ses bras maigres en direction de sa protégée. Elle était de sale humeur, c'était clair. La jeune Déesse n'était rentrée que depuis trois jours, la première fois depuis son affectation à la IV, il y avait une dizaine d'année. Cette longue absence avait été pénible, pour la jeune femme comme pour la vieille, et avait été dû à un châtiment immérité. Fumiko n'était pas rentrée dans les détails, et Grand-mère lui en gardait une rancœur mal dissimulée. Sa fille de cœur lui avait terriblement manqué, même si elle ne l'admettrait jamais.
Et puis les malades s'enchainaient depuis un mois, empêchant la Déesse de goûter à un repos bien mérité, et de faire la paix avec la seule personne qui comptait réellement pour elle. Des lépreux, des bagarreurs, des enfants turbulents, des mères en couches. Fumiko avait utilisé plus de reiatsu en trois jours qu'en cinq ans d'entrainement, et les choses n'étaient pas parties pour s'arranger.

Elle leva la main en direction du chat, à travers la palissade de bois sur laquelle trônait quelques statues du Bouddha. Sa main se nimbait d'un léger halo bleu. La Grand-Mère se remit à piailler, paniquée.

« Shô ! »

Un bruit semblable à celui d'un petit pétard se fit entendre. On entendit un « Miaou » affolé et une boule de fourrure grise s'envola dans les airs en hurlant un feulement apeuré. Elle atterrit dans les bras de la vieille qui en avait suivi la trajectoire et s'y pelotonna en tremblant après avoir tenté de s'enfuir. L'ancienne était blanche comme un linge.

« Fumiko, espèce d'i- »

L'interpellée l'arrêta d'un mot.

« Je sais, Grand-mère, je sais, pas de Kidô ici- »

Fumiko s'arrêta net. Dans la rue, la clameur ambiante s'était arrêté. Elle se tourna vers la rue, qu'on apercevait à travers le large porche qui donnait directement dans la salle du culte. S'y étaient figés nombre des passants, qui fixaient tous un point précis. Elle vit leur mâchoire se décrocher, elle les sentit se ranger, s'éloigner, prendre des rues adjacentes. Mais ce ne fut pas ce qui attira son attention. Non.
Elle se rapprocha à pas lents du porche. La Vieille s'était également tue. Si elle n'était pas Shinigami, sa grande expérience lui permettait de sentir sans problème ce qui s'avançait vers elle.
Du reiatsu. Une masse énorme de reiatsu. Hollow, Shinigami, humain peut-être encore. Fumiko n'aurait pu dire. Elle avait du mal à percevoir nettement les subtilités des forces spirituelles, même si celui-ci ne lui laissait pas l'arrière-goût « agressif » qu'avaient eu les rares Hollows qu'elle avait rencontré. En tout cas on ne pouvait le rater. La présence, quelque fut sa nature, imposait son existence violemment.

Fumiko sortit, toujours aussi calme. Quelque fut cette chose, son devoir de Shinigami lui imposait d'au moins aller jeter un coup d'oeil, même si ça n'allait pas plus loin. Elle n'eut pas besoin de chercher la source de l'énergie spirituelle. Il en imposait autant que l'aura qu'il émanait, si ce n'était plus. Gigantesque, épais comme une catcheur, comme un bodybuildeur, comme un démon. Couvert de sang, surtout. Et recouvert de plaies et de trous, comme des ravins creusés à même la chair.

« Je crois qu'on a du boulot, Mamie... »
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MessageSujet: Re: De l'utilité des sorts de soin. [PV Shinjirô]   Lun 3 Juin - 12:52

Le souffle court, les jambes lourdes, le corps voûtés… Shinjirô se traînait plus qu’il ne marchait. Son pouls était irrégulier et il se sentait défaillir. Faut dire que les très nombreuses blessures qu’il portait sur lui étaient encore ouvertes pour la plupart, le recouvrant de son propre sang. Et c’était plus sa volonté qu’autre chose qui l’empêchait de sombrer pour le moment. Dans sa main droite se trouvait son sabre, aussi massif que lui, dont il se servait comme appui afin de ne pas trébucher. Dans son sillage apparaissait d’ailleurs une large traînée, formée par sa lame. Mal en point, il l’était, et c’était peu de le dire. A croire qu’il s’était fait piétiner par une foule en colère. Ce qui était presque le cas, il fallait bien l’avouer. Attaqué par surprise alors qu’il se reposait, il n’avait pu que subir le gros de l’attaque avant de voir ses assaillants s’enfuir, pensant qu’ils avaient tués le colosse. Malheureusement pour eux, ils avaient fortement mésestimés l’envie de vivre de l’Argenté. Quant aux raisons de cette tentative, elles restaient obscures pour le moment. De simples suppositions mais rien de concret.

Son seul but désormais était d’atteindre cet endroit qui se dressait désormais face à lui. Il connaissait ce temple. De moins de réputation. Et il lui fallait au moins ça s’il souhaitait survivre. Les yeux étaient braqués sur lui mais personne n’osait l’approcher. Rien d’étonnant à cela vu la mine patibulaire du type. Le silence s’était imposé de lui-même, comme si le temps lui-même souhaitait voir si cette étrange personne parviendrait à ses fins. Personne ne se mettait au travers de sa route, les regards se détournaient. Comme si le simple fait de le regarder pouvait attirer le mauvais œil sur les pauvres témoins.

Mais les forces lui échappaient. Il arrivait au bout du bout et il le sentait. Il cessa son avancée alors que non loin de l’entrée du temple sortait une jeune femme. Il fixa son regard vers elle, incapable de faire un pas de plus. D’un geste sec, il planta sa lame devant lui afin de ne pas tomber, poussant un grognement de douleur. Le simple fait de respirer était déjà une souffrance. Il vit ses lèvres remuer sans en comprendre le sens. La distance et le bourdonnement incessant qui lui vrillait les oreilles n’aidaient pas à la compréhension. Alors qu’il tentait de parler, un gargouillis inintelligible s’échappa de sa gorge. Il cracha à ses pieds le sang qu’il avait dans la bouche, s’essuyant ensuite d’un geste du bras. Il recommença, obtenant cette fois un meilleur rendu.
    - J’ai besoin d’aide…

Ce fut les seuls mots qu’il parvint à prononcer. L’instant d’après, il s’étalait sur le sol, inconscient. Son destin n’était désormais plus entre ses mains. Sans doute pour la première fois de son existence.

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MessageSujet: Re: De l'utilité des sorts de soin. [PV Shinjirô]   Ven 7 Juin - 19:23

Et le colosse de s'écrouler. Le bruit mat et sourd résonna étrangement dans la rue jusque là immobile, et ce fut comme si un charme avait été levé; la vie reprit son cours. On entendit quelques matrones piailler, effrayées par la vue de tout ce sang. La grand-mère, sortie en courant, réveilla les mâles valeureux de l'assemblée d'une bordée d'injures exotiques. La peureuse immobilité des couillus n'était pas pour lui plaire -on se vidait de son sang sous ses yeux, comment l'injurier plus vilement !-et après quelques hésitations, ces derniers se saisirent plus ou moins doucement de l'homme dès que la vieille leur en donna l'ordre. Et on osait dire des femmes qu'elles étaient sexe faible...
Tandis que la vieille femme se jetait sur sa nouvelle victime, râlant contre ses ambulanciers improvisés quant à leur transport des plus inégaux, Fumiko s'approcha d'un Shunpô de l'objet étrange que tenait quelques instants encore auparavant le grand steack sur pattes. Elle avait cru de loin à un très gros gourdin de métal (?), il n'en était rien.
Il s'agissait d'une arme, comme une énorme lame de boucher, sans manche, trouée (par la tenir sans doute) à plusieurs endroits, et encore suintante du sang de son propriétaire. Elle faisait bien la taille de Fumiko et de la Grand-Mère en même temps et dégageait une aura... désagréable. La chose laissait dans la bouche un goût âpre et ferreux, comme du sang, tandis que sa simple vue faisait monter des fourmis dans les bras. Des images naquirent dans l'esprit de la Déesse, des images qu'elle rejeta aussitôt. Elle était habituée aux tentations, celle-ci ne la ferait pas tomber. Pas quand le Diable en personne venait s'incruster sous ses draps toutes les nuits pour jongler avec ses désirs les plus secrets...

Mais ce n'était pas tout. La jeune femme fronça les sourcils quand elle se rendit compte que ce qui l'empêchait de toucher la sanguinolente arme n'était pas un examen minutieux mais... Autre chose. Quelque chose de plus fort, de plus diffus, de plus animal, qui s'agitait au fond de son estomac comme un animal. Quelque chose qu'elle avait déjà ressenti quelques minutes plus tôt, lors de l'apparition du reiatsu... Il était inutile de chercher bien loin pour comprendre ce dont il s'agissait. Fumiko connaissait trop bien ce sentiment pour simplement l'ignorer ou pire, ne pas l'identifier.
Bien qu'atténué, cela ressemblait fort à ce qui hurlait dans son corps tout entier chaque nuit secouée de cauchemars...

« Fumiko ! Bouge tes fesses, t'as autre chose à foutre que de te les gratter ! »

L'invective rappela à la jeune Déesse l'urgence de la situation, qui salua l'élégance de sa mère adoptive d'un geste de la main. Bien que sa constitution fut solide -c'était assez évident-, le géant inconnu avait perdu beaucoup trop de sang. On pouvait encore suivre les gouttes tombées comme des flaques entre la mare dû à sa chute et le temple. Elle fit alors taire l'orage qui commençait à monter de son abdomen jusqu'à sa tête pour ramasser l'arme: la décharge électrique que le contact lui procura lui confirma sa thèse première. C'était évidemment un Zanpakutô, mais pourquoi restait-il en Première Libération ?
Une question qui s'ajoutait à la liste. Merveilleux. L'inconnu était condamné à au moins deux mois de lit, avec de telles égratignures: elle aurait tout son temps pour le cuisiner.
Elle saisit le Shikai par l'un des trous qui le perçaient et le traîna tant bien que mal, tâchant de ne pas se salir, jusqu'aux plates-bandes du temple où elle l'abandonna sans complexe. A supposer que quelqu'un parvienne à soulever un tel animal (qui à part un Dieu Mort !), nul n'en prendrait le droit. Le Temple était sacrée, et la Vieille une sacrée emmerdeuse. Et qui irait prendre un objet dégageant une telle envie de meurtre...

Elle rentra, suivant sans peine les traces nombreuses laissées par le blessé. Encore du travail pour elle, ça, la Vieille ne la laisserait pas partir avant qu'elle n'ait récupérer le parquet. Faich.
Les porteurs étaient déjà partis. La Vieille, elle s'affairait déjà dans la pièce à vivre sur l'homme, découpant ses vêtements, le laissant nu. Les blessures étaient moins graves qu'il n'y paraissait au premier abord, moins profondes maintenant qu'elles étaient passées à l'eau. L'âme de l'inconnu était encore jeune, tout comme son pouvoir: l'œil expert de la jeune femme l'estima à une vingtaine d'années depuis sa mort. Un gamin par rapport à elle, un embryon face à la Vieille. Celle-ci entreprit d'évaluer ses blessures, montrant dans la tache plus d'expérience et de talent que toute la IV réunie. Sa protégée n'en perdit pas une goutte: elle ne pouvait apprendre à meilleur compte.
L'Ancienne avait au moins mille cinq cent ans dans les pattes, et on ne restait pas en vie si longtemps sans développer un savoir-faire utile à la survie. Elle vivait probablement avant les premiers balbutiements du Kidô, inutile de décrire le puits de science que c'était.

Et le soin fut donné. Quatre heures, pas un sort, mais des bandages, des herbes, un peu de couture et de tricot, et surtout des baumes aussi étranges qu'efficaces qui noyèrent la pièce de doux parfums entêtants. Fumiko recouvrit l'homme d'une couverture après l'avoir entièrement nettoyé et posé sur un futon. Ainsi pansé de toute part, propre comme un sou neuf, le souffle doux et les jambes jusqu'aux genoux dépassant de la couverture, il avait l'air presque inoffensif. Presque.

Et voilà les deux femmes avec un gros bébé sur les bras. Autant dire que la situation n'allait pas sans dire; il était inutile d'essayer de refiler un tel monstre à qui que ce soit; et de toute façon ses blessures nécessitaient de le garder au temple. Quelques curieux s'étaient amassés dans la salle de culte, Fumiko les chassa tandis que la Vieille allait préparer le riz.
Le déjeuner fut silencieux et pensif. Qu'allaient-elles faire de ce gamin ?

Citation :
[Tu es invité à te réveiller quand tu veux et à placer nos deux personnages comme tu veux, présentes ou pas. Evite juste de te réveiller la nuit s'il te plaît °°]
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MessageSujet: Re: De l'utilité des sorts de soin. [PV Shinjirô]   Lun 17 Juin - 11:22

Il est difficile de quantifier le temps lorsque l’on se retrouve dans cet état. Shinjirô n’était pas conscient de ce qui se tramait à l’extérieur mais son esprit n’était pas en repos pour autant. Une voix massive, puissante, n’avait cessé de le harceler depuis qu’il avait sombré. Elle tentait de lui faire entendre raison, lui demandant de ne plus chercher à la renier, à la repousser comme il le faisait. Mais le colosse n’y avait vu là que les délires d’un homme mal en point. Une hallucination redoutable à laquelle il ne parvenait pas à se soustraire.

Combien de fois avait-il cru sortir de son sommeil pour au final revenir inexorablement dans ce monde chaotique. Car plus que la voix, ce sont ses cauchemars qui le perturbaient. Jamais il n’en avait vu de semblables. Le ciel était gris, menaçant, dominant ce gigantesque champ de bataille. Des armes et des cadavres recouvraient la surface boueuse tandis qu’au loin se dressait une masse qu’il ne parvenait pas à identifier. Mais vers laquelle il était attiré. Jamais pourtant il ne parvenait à l’approcher. Car à chaque fois une force invisible le repoussait.
    Pas encore mon ami… Mais bientôt. Oui, bientôt, tu pourras venir.

Voilà ce que lui disait à chaque fois cette voix. Plusieurs fois Shinjirô crut perdre la raison. Mais à mesure que le temps passait, il percevait certaines choses avec plus de précision. L’odeur de baume ou de pommade, certaines voix au loin, comme sorties des ténèbres. Doucement mais surement, il sortait de cette transe, de ce coma dans lequel il était tombé. Et un matin, il fut en mesure de briser les chaînes qui le retenaient captif dans ce monde étrange.

Il ressentit la douleur avant même d’être en mesure d’ouvrir les yeux. Mais une douleur musculaire, comme s’il n’avait pas bougé depuis un moment. Ses paupières s’ouvrirent et il fit mine de se redresser. Un peu trop brusquement : la douleur lui coupa le souffle tandis que la couverture lui tombait sur la taille. Les doigts du colosse se posèrent par réflexe sur certaines blessures qu’il avait subies lors de l’attaque. Des pansements lui recouvraient une partie du corps. Il avait été soigné. Ce qui expliquait qu’il soit encore en vie, naturellement. Il se souvenait maintenant. Il s’était directement rendu au temple de la vieille sorcière. Celle dont il avait entendu parler pendant son voyage. Et visiblement, elle s’était montrée à la hauteur de sa réputation. Sans tenter de se lever – il se sentait encore faible et préférait ne pas être retrouvé à nouveau inconscient pour avoir fait trop de zèle – il parcourut la pièce du regard. Des odeurs se mélangeaient en ce lieu, lui donnant mal au crâne.

Il entendit du bruit à proximité et perçut une silhouette. Une femme… Une vieille femme. La sorcière ? Très certainement. Il ne l’avait pas vu en arrivant, n’ayant que le temps de demander de l’aide à une jeune femme qui était sortie du temple. Plaçant ses mains sur ses tempes – l’odeur était vraiment désagréable – il poussa un grognement qui, bien que faible, attirerait peut-être l’attention de la personne à proximité. Il prit alors la parole, se posant la question autant à lui qu’à la ou les personnes qui se trouvaient proche.
    - Depuis quand j’suis là ?

Il secoua la tête, comme si ce geste pouvait lui faire recouvrir ses esprits plus rapidement. Il était encore dans le coltard mais était reconnaissant pour les soins qu’on lui avait prodigué. Il n’était toutefois pas encore apte à vraiment bouger, il le savait. Mais c’était déjà un commencement.

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MessageSujet: Re: De l'utilité des sorts de soin. [PV Shinjirô]   Ven 28 Juin - 19:22

« Salut, gamin. »

Fumiko avait senti plus qu'entendu le réveil de son patient inconnu. Elle était à ce moment-là dans le jardin, à arracher les foutues mauvaises herbes qui foutaient en l'air les plantes médicinales du jardin. Elle avait beau être naze en perception de reiatsu, le fait que la Déesse ait versé une partie de sa propre énergie dans les plaies du blessé la liait à lui. Et la reprise de conscience provoqua comme un déclic dans l'esprit de la jeune femme, dont la main se suspendit en plein mouvement avant qu'elle ne comprenne à quoi était dû cette sensation soudaine.
La vue de la Vieille sur le pas de la porte, quand elle se retourna, confirma ses pensées. L'homme s'était réveillé, et c'était à Fumiko de s'en charger. Après tout, elles ne savaient rien de lui et c'était Satô la Déesse Morte. Hors de question que la Grand-Mère s'approche de l'inconnu, lui conscient, tant qu'elles n'en sauraient pas un peu plus sur lui.
Et tandis que l'Ancienne quittait les lieux de son pas lent pour aller visiter d'autres malades, la jeune femme rentra, juste à temps pour entendre la question, à laquelle elle avait tout d'abord répondu par la salutation gouailleuse.

« Tu dors depuis bien trois jours et trois nuits, maintenant. T'étais pas bien frais quand on t'a récupéré... »

Elle suspendit le rideau qui fermait la porte par un crochet, alla ouvrir les battants de bois de la fenêtre pour aérer la pièce qui puait le renfermé. Elle avait laissé l'homme à sa Vieille durant tout ce temps pour aller la remplacer auprès des patients. Tout du moins, c'était là la réponse officielle: ni l'une ni l'autre n'ignorait que c'était surtout dans le but d'éviter une crise nocturne à la jeune femme...
Elle se saisit d'un pot à la contenance mystérieuse et s'approcha, pieds nus, de l'homme. Il faisait encore frais et elle avait dû sacrifier sa couverture pour couvrir la deuxième moitié de l'homme. Quelle idée d'être aussi grand, aussi. Fumiko s'assit en seiza à côté de lui, au niveau de son épaule et posa la main sur son front.

« Évite de bouger. »

Elle ouvrit le pot, prit avec son index une noisette d'une crème couleur pêche qu'elle appliqua avec soin sur la tempe gauche de l'inconnu.

« On dirait que ta fièvre est descendue, même si t'en as encore pour quelques semaines de lit. »
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MessageSujet: Re: De l'utilité des sorts de soin. [PV Shinjirô]   Sam 24 Aoû - 21:44

Autant de temps ? Visiblement il avait été bel et bien secoué. Et il avait eu de la chance de parvenir jusqu'ici et que cette femme le soigne. Il ne fit même pas attention à la personne qui venait de lui répondre, accaparé qu'il était par la douleur et les odeurs enivrantes. C'est lorsqu'elle ouvrit les battants de la fenêtre qu'il perçut la silhouette puis le visage de cette femme. Si sa mémoire ne lui faisait pas défaut, c'était à elle qu'il s'était adressé avant de sombrer dans l'inconscience. Et il lui était reconnaissant d'avoir accédé à sa requête. Pour le moment, parler lui était encore difficile, ce pourquoi il n'eut aucune réaction lorsqu'elle se rapprocha de lui pour lui toucher le front et lui poser cette mixture sur la tempe. Elle était médecin après tout. Elle savait ce qu'elle faisait non ?

Paradoxalement, l'effet de la pommade diminua presque immédiatement la douleur qui lui martelait le crâne. Ce qui eut pour effet de lui faire pousser un soupir de soulagement. Il bafouilla un simple "merci" avant de s'adosser au mur derrière lui. Le contact froid sur sa peau à moitié couverte par la couverture n'était pas désagréable. Il ferma doucement les yeux, conscient du regard de son médecin du jour. Le diagnostic, s'il ne l'étonnait pas, ne lui faisait pas plaisir pour autant. Mais il se connaissait bien et savait que ces semaines se réduiraient considérablement à mesure que ses forces lui reviendraient. Il en avait toujours été ainsi et il n'y avait aucune raison que cette fois diffèrent des autres. Même s'il avait pris effectivement bien cher.
    - T'en fait pas, j'ai pas l'intention de faire le con. Le simple fait de m'être assis a failli me faire tourner de l’œil. J'en ai encore pour plusieurs semaines, tu dis ? Fait chier...

Ses habitudes revenaient et avec elles son vocabulaire particulier. Pour autant, il n'était pas aussi rustre qu'il pouvait le laisser croire. Son regard fouillait la pièce à la recherche d'un petit quelque chose qui lui manquait. Un quelque chose qu'il savait à proximité, même s'il ne saurait expliquer comment il en était persuadé. Son arme. Son sabre. Il n'était pas dans la pièce mais se trouvait vraiment proche. Il rouvrit les yeux et les posa sur la jeune femme. Elle semblait dure, elle aussi. Sans doute habituée à voir la misère de par sa profession. Pour autant, quelque chose le troublait.
    - J'suis arrivé avec une arme. J'peux savoir où elle est ?

Il s'agissait d'un objet qui comptait pour lui. Plus que tout autre chose. Mais il se rendit compte que sa demande pouvait porter à confusion. Après tout, il était arrivé ici à moitié mort, portant une arme titanesque, pouvant donner l'impression qu'il était une espèce de fou furieux. Il n'était pas un assassin. Certes, ce n'était peut-être pas un enfant de chœur, pour autant ça ne signifiait pas qu'il était dingue. D'un geste de la main, il fit mine que cela ne comptait finalement pas. Il savait que sa lame se trouvait à proximité et c'était suffisant pour ne pas l'inquiéter outre mesure.
    - Laisse tomber, c'est pas important. Les blessures... Graves, je suppose ?

Sa main frôla l'un des pansements qui se trouvait sur son abdomen. S'il ne ressentait plus vraiment de douleurs à l'endroit présent, il savait que la plaie qui s'y trouvait auparavant avait été profonde. Et en un sens, il était assez stupéfait de voir que les talents de cette femme (ces ?) avaient été suffisants pour le sortir de ce mauvais pas.
    - Z'êtes des cracks ici... On m'a bien renseigné.



Citation :
Encore désolé du retard, entre vacance et nouveau taff, j'ai un peu abusé ^^"

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MessageSujet: Re: De l'utilité des sorts de soin. [PV Shinjirô]   Dim 25 Aoû - 22:34

« Vu ta carrure et les petits souvenirs que tes amis ont laissé sur toi... Elle montra d'un geste vague les cicatrices anciennes comme récentes qui labouraient son torse, je ne doute pas que tu te remettras bien vite. Ce n'est pas la première fois que tu passes entre les mains d'un toubib, m'est avis, mais on va pas te surmener pour autant. »

Elle se releva, prit un torchon avec lequel elle essuya ses mains encore pleines de crème. Elle ne répondit pas immédiatement, lui laissant le temps de faire le point. Ainsi, avant même de penser à sa propre santé, il demandait où se trouvait la chose énorme qu'il osait appeler arme. Intéressant, et surtout révélateur. Cela confirmait encore un peu plus sa théorie première en ce qui concernait la véritable nature du sabre. L'attachement presque maladif que l'homme y portait montrait que soit c'était bel et bien son arme, soit qu'il l'avait piqué. Et un tel jouet, on ne le volait pas. D'autant plus que durant ces trois jours...La chose n'avait pas changé de forme. Pas une fois. Le couteau de boucher était resté égal à lui-même, refusant de s'avilir pour revenir à un sabre japonais. Probablement la raison pour laquelle le réveil de l'inconnu avait pris autant de temps, d'ailleurs. La chose l'avait pompé sans aucune hésitation. Elle refusait de revenir à la normale, et même à l'article de la mort son foutu maître pouvait lui permettre ce caprice.
La révélation, elle l'avait eu deux jours plus tôt déjà. Ça lui avait foutu un coup de poing au cœur. La Vieille s'était rembrunie, quand elle avait compris.
Elles avaient tenté de planquer la foutue arme démoniaque, du coup. Mais la salope ne décolla pas d'un poil. Elle avait compris qu'on voulait l'éloigner de son maître, et personne ne put la bouger.

« T'as faim ? »

Fumiko s'était saisie d'une tasse, qu'elle avait remplie de soupe, et avait garnie une assiette de boules de riz. Rien de bien consistant pour un homme aussi large, mais il fallait voir s'il était capable de garder la nourriture avant de le gaver. Elle posa le repas à côté de l'homme, sans attendre une réponse, et se rassit en face de lui.

« Effectivement, c'est grave, et ce serait même mortel pour n'importe qui d'autre. Tu as eu de la chance... Elle éluda la question de l'arme. D'être tombé sur nous. Un médecin humain n'aurait rien pu faire. »

Elle le regardait attentivement, guettant chacune de ses réactions. Il était affaibli, et n'avait pas l'air du genre à cacher quoi que ce soit. Toutefois, elle ne voulait rater rien de ce qu'il pouvait montrer. Savait-il ? Son âme était jeune, et si un tel homme avait été repéré par le Gotei elle en aurait eu vent, encore plus s'il avait ensuite déserté. Elle lui tendait la perche, voulant créer des questionnement chez lui, apporter de l'eau à son moulin. L'interroger ? Folie furieuse. S'il se mettait en colère... Elles avaient bien eu le temps d'installer des barrières, durant ces trois jours, en plus des autres, mais cela le contiendrait-il longtemps ? Réaliser que ce gamin pouvait la balayer comme un fétu de paille dans son état normal lui avait mis un coup au moral, et puis elle s'était dit qu'elle aurait au moins l'avantage de la magie si effectivement il ne connaissait rien des Dieux Morts...
Plutôt que de le forcer, il valait mieux le faire venir à la conclusion lui-même, s'il ne se bloquait pas avant...
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MessageSujet: Re: De l'utilité des sorts de soin. [PV Shinjirô]   Lun 26 Aoû - 11:21

Clair que ce n'était pas la première fois qu'il passait entre les mains d'un docteur. Pour autant, ceux qu'il avait vus jusque-là n'arrivaient pas à la cheville de ceux se trouvant dans ce temple. Les autres étaient comparables à des bouchers. Et s'il s’était rendu auprès d'eux avec ces blessures, il serait très certainement déjà mort. Il ne répondit à l'affirmation de la jeune femme que par un grognement, incapable de faire mieux. De toute façon, il ne pouvait nier l'évidence. Alors qu'elle s'activait autour de lui pour lui apporter de quoi grignoter quelque chose, il se rendit compte qu'il avait effectivement faim. Bien plus que d'ordinaire, conséquence de son trop long sommeil sans doute. Bien que peu consistante, la bouffe avait au moins l'avantage de satisfaire son appétit. Et c'est tout ce qu'il demandait.

Attrapant la soupe, il en ingurgita une grande quantité en quelques gorgées, reposant la tasse près de lui et posant de nouveau son regard sur la femme qui s'était assise de nouveau face à lui. Elle venait de lui confirmer ce qu'il pensait quant à la gravité de ses blessures. Rien de bien nouveau en dehors du terme "médecin humain". Des mots qui troublaient le jeune homme, ce dernier ne comprenant pas vraiment ce qu'elle souhaitait dire en usant de ces termes. Shinjirô n'étant pas le plus futé des hommes, il essayait seulement de faire le lien avec ce qu'elle avait dit et la cicatrisation remarquable de ses blessures. Humain... Ne l'était-elle pas, elle ?

Alors qu'il s'apprêtait à répondre, son ventre se mit à gargouiller, étouffant dans l’œuf ses remarques. Il attrapa le riz sans ménagement et entreprit de se caler le bide avec, pensant à juste titre qu'il serait plus à même de parler une fois ce soucis régler. A mesure que l'assiette se vidait et que son estomac se remplissait, il recouvrait quelques forces. C'était certes infime mais il sentait clairement la différence. Comme si le fait de manger le sortait peu à peu de sa torpeur. Y avait-il quelque chose de particulier dans la bouffe ? Il n'aurait pu le jurer. Pour autant, il était agréable de sentir cette chaleur regagner son corps. Repoussant l'assiette, il se cala de nouveau contre le mur, scrutant avec plus d'attention encore la silhouette du doc'.
    - Merci. Pour tout ce que vous avez fait.

Il englobait les soins et la nourriture généreusement donnés. Il savait que cette femme n'avait pas agi seule. Il était persuadé d'avoir vu ou entendu une femme plus âgée qu'elle. Mais depuis son réveil, il ne l'avait pas aperçue. Était-ce la vieille sorcière dont il avait entendu parler ? La grande guérisseuse ? C'est là que les premiers propos lui revinrent en tête. Des mots auxquels il n'avait attaché aucune importance. Mais qui sonnaient étrangement à son esprit.
    - C'pas de la chance. On m'a parlé de cet endroit et j'savais que sans vous, j'serais mort. Mais y'a quand même un truc ou deux que j'capte pas. T'as balancé que mes blessures auraient été mortelles pour n'importe qui d'autres. C'est quoi cette histoire ? Et vous êtes qui si vous n'êtes pas des médecins humains, hum ?

Bien que peu enclin à côtoyer le monde des Shinigamis, Shinjirô connaissait certains de leurs pouvoirs. Il savait que beaucoup d'entre eux utilisaient de la magie. Certes, ils avaient un mot pour cela mais aux yeux du colosse cela n'avait aucune importance : il exécrait la magie. Et en son for intérieur, il espérait très sincèrement que ces femmes n'en avaient pas fait usage sur lui pour l'aider. Pour autant qu'il puisse en juger, celle qui se dressait face à lui ne ressemblait en rien à ces Shinigamis qu'il avait croisés à de nombreuses reprises. Mais cela ne signifiait pas pour autant qu'elle ne possédait pas quelques dons occultes. Cette peur de la magie était si profondément ancrée en lui qu'elle tournait parfois à l'obsession. Il balaya rapidement son ressentiment en mettant cela sur le compte de sa fatigue mentale. Il devenait paranoïaque à tort, très certainement. Et il se détendit presque immédiatement après.

Faut dire que les Shinigamis n'avaient pas bonnes réputation par chez lui. Et que lui-même avait quelques petits problèmes avec cette autorité suprême. Une histoire de combats clandestins, notamment. Ce qui alimentait son dégoût pour ces Anges de la Mort. Quoi qu'il en soit, il adressa un sourire à cette inconnue. Il venait de se rendre compte qu'il avait été quelque peu maladroit et même s'il s'en moquait d'ordinaire - après tout il partait du principe que le regard des autres ne lui apporteraient jamais rien de bon - il n'était pas disposé à froisser celle à qui il devait la vie.
    - J'suis désolé. J'devrais pas me méfier comme ça de ceux qui m'ont aidé. Pas l'habitude de rester longtemps au même endroit, ça aide pas à être plus sociable.

Il passa sa main dans ses cheveux, passablement gêné par ses réactions. Dans l'état dans lequel il se trouvait, il était aussi faible qu'un chaton. Et psychologiquement, cela jouait énormément sur lui. Il n'était pas habitué à se retrouver dans cet état et c'était assez déstabilisant il est vrai. Le rendant peut-être un poil agressif dans ses propos alors qu'il n'y avait aucune raison de l'être. Pour le moment tout du moins.


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MessageSujet: Re: De l'utilité des sorts de soin. [PV Shinjirô]   Lun 26 Aoû - 14:58

On lui avait parlé du temple. Jusqu'à quel point ? Tacitement, l'Ancêtre avait quitté le temple une fois que les soins avaient été portés. Fumiko refusait de la laisser à proximité d'un tel danger. Le quartier avait trop besoin d'elle. Et puis les Dieux ne pardonneraient jamais à Satô, si jamais il arrivait quelque chose à la vieille titulaire de leurs libations. Si elle lui mentait, si elle lui disait être seule, et qu'on avait dit à l'homme qui était la Vieille, voire si on lui avait montré sa bouille, il se mettrait probablement en rogne. D'un autre côté, lui dire toute la vérité risquait de l'énerver encore plus. Un homme de ce genre n'avait pas dû avoir un parcours tout simple; il était peu crédible qu'il n'est jamais rencontré de Dieux Morts. Et, à défaut d'en avoir rencontré, la réputation de ces derniers ne valaient pas grand chose dans les bas-fond du Rukongaï. D'un autre côté... Les précautions qu'elle avait prise étaient à même de stopper un troupeau de Troués en chasse. Elle voulait croire que ce serait suffisant pour l'arrêter.

« Pas de problème. Et puis je préfère que les choses soient claires. Ça t'évitera des angoisses nocturnes. Déjà, t'es dans un temple ici. Asile, protection, soins, tout est accordé à ceux qui demandent. Les types qui t'ont fait peuvent pas te toucher, ici. C'est impossible. Elle lui sourit, rassurante. Il valait mieux qu'elle teste un peu ses réactions maintenant que plus tard, quand il aurait repris des forces. Quant à notre humanité... La femme qui t'a soigné est ma grand-mère. C'est une très grande guérisseuse, et elle est plus savante que n'importe qui d'autre en la matière. Et humaine... Peut-on vraiment dire qu'une personne assez vieille pour traiter le vieux Yamamoto de bambin incontinent soit vraiment humaine ? J'ai comme un doute. »

Elle lâcha un rire amusé, ramassa l'assiette de rire et retourna remplir le bol de soupe chaude.

« Je te redonnerai à manger d'ici une demi-heure. Histoire de voir si tu gardes. On va pas gâcher, hein. »

Elle était proche du foyer, debout. La sortie était à un mètre, derrière elle. Elle lui faisait face. Pour activer les barrières qui bloquerait instantanément l'homme tout en rouvrant ses plaies fraîches, elle n'avait qu'à faire un geste. Même d'un Shûnpo, il ne pouvait pas l'arrêter. Elle respira profondément, le sous-pesa une dernière fois, se rappela l'Araignée qu'elle avait laissé dehors sur le chambranle de la porte, invisible de l'intérieur. Elle sentit les deux poignard empoisonnés dans ses manches, et expira. Ne pas laisser filtrer la peur insidieuse qui rampait dans ses entrailles, jamais. Il pourrait le sentir.

« En ce qui me concerne, je ne suis pas humaine non plus. Tu as déjà entendu parler des Dieux Morts ? J'en suis une. Enfin, je suis plutôt une Déesse aide-soignante, mais au moins ça garantit la tranquillité du coin... Comme je te le disais, ici, rien ne peut t'attendre ! »

Comme toi, aurait-elle eu envie de dire. Elle se retint. Ne pas se précipiter, surtout pas. Se faire passer pour faible, mais montrer que si elle était touchée, il y aurait réaction. Rappeler la dette. Faire jouer la corde sensible. Le brusquer ne ferait qu'accélérer la mort douloureuse de la jeune femme, si jamais l'envie lui prenait...
Merde, maintenant, elle avait vraiment peur.
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MessageSujet: Re: De l'utilité des sorts de soin. [PV Shinjirô]   Lun 26 Aoû - 16:24

Elle avait hésité. Et il l'avait remarqué. Maintenant qu'il était un peu plus maître de ses émotions et de son corps, il parvenait à saisir certains détails parlants. On avait beau croire de lui qu’il n'était qu'un monstre aimant le combat par-dessus tout, il était aussi et surtout un homme qui parvenait assez facilement à cerner le caractère des gens qu'il croisait. Ce qui en soit était un sacré avantage pour évaluer le danger d'une rencontre. Ici, elle était sur la défensive. Elle le craignait. Et il ne s'en offusquait pas, habitué qu'il était de ce genre de réaction. Mais cette fois, il sentait que c'était différent. Comme si cette peur était liée à quelque chose qu'il ne saisissait pas. Quelque chose qui lui échappait.

Au moins eut-elle le mérite, malgré tout, de lui dire la vérité. Et tandis qu'elle balançait les informations, il écoutait avec plus d'attention que jamais. L'allusion à Yamamoto ne déclencha rien dans son esprit, celui-ci ne connaissant pas les noms des plus hauts gradés du Seireitei. Certainement justifié par son manque d'intérêt pour l'organisation. Mais visiblement, cela signifiait que cette vieille femme était un véritable ancêtre, ce qui expliquait très certainement qu'elle soit une si grande guérisseuse, comme aimait à le dire cette femme. Une si grande source de savoir devait nécessairement attiser la convoitise des autres. Ainsi était-il enclin à la croire lorsqu'elle lui disait qu'il n'avait rien à craindre ici.

Par contre, il prit une sacrée claque dans la tronche en entendant qu'elle était un de ces Shinigamis qu'il évitait la plupart du temps. Lui qui jusque-là aurait juré pouvoir reconnaître l'un d'entre eux sans problème se trouvait bien bête sur le coup. Pour autant, cela ne déclencha pas de réactions plus vives que l'étonnement. Elle n'avait pas cherché à lui nuire alors même qu'il était évanoui, pourquoi s'en prendrait-elle à lui maintenant qu'il était presque tiré d'affaire ? Toujours adossé au mur, il tenta toutefois de se redresser en entendant la nouvelle, seulement pour se préserver d'elle si d'un coup elle changeait de stratégie. Il le regretta aussitôt que sa tête se mit à tourner, l'obligeant à se caler de nouveau là où il se tenait encore quelques secondes auparavant, laissant ses doigts masser ses tempes de nouveau douloureuses. Pas de gros efforts, elle le lui avait dit pourtant !

Avait-elle deviné qui il était ? Cela expliquerait la peur qu'il avait lu en elle. Mais si tel était le cas, il serait déjà aux arrêts. Non, elle ne pouvait savoir pour lui. Alors pourquoi...
    - Oh ça oui, j'en ai déjà entendu parler. T'es donc une guérisseuse Shinigami. J'pensais pas que vous aidiez les gens du Rukongai. A moins que tu ne sois une exception.

Il avait plus craché ces dernières paroles qu'autre chose. Ce qu'il détestait chez eux, c'était surtout qu'ils se disaient les protecteurs du peuple alors même qu'ils s'enterraient dans leur cité blanche. Avec des remparts si hauts qu'il était impossible de voir par-dessus une fois qu'ils les activaient. Rukongai et Seireitei étaient aussi différents que le jour et la nuit. Un sentiment partagé dans les quartiers les plus pauvres par la population. Ils étaient laissés à l'abandon. Et c'était ce fait qui créait de l'insécurité dans les pires districts. Car chacun souhaitait se sortir de ça. Par des moyens jugés illégaux par les Shinigamis. Shinjirô était le premier d’entre eux. Mais lui, il agissait aussi pour ce peuple que les autres délaissaient. A sa manière.

Apparemment, elle était différente de ses semblables, sans quoi comment expliquer qu'elle officiait dans ce temple avec un parent ? S'il avait le bon raisonnement, sa grand-mère avait dû l'initier aux arts de la médecine. Mais comment elle était devenue Shinigami le dépassait complétement, ne connaissant que bien peu de chose sur eux. Il se méfiait d'elle pour ce qu'elle représentait. Mais paradoxalement, il se fiait à elle pour lui avoir sauvé la mise et avoir fait en sorte que personne ne l'atteigne avant qu'il n'ait recouvré ses forces. La situation était étrange. Pour lui comme pour elle. Il se décida donc à poser la question de but en blanc, sans détours.
    - Pourquoi me crains-tu ? Tu es la mieux placé pour comprendre que dans mon état, même si je le voulais, je ne pourrais rien te faire. Alors pourquoi ?

Le silence s'installa quelques instants. Le visage de Shinjirô était grave mais pas inamical pour autant. Il ne savait quoi penser de cette situation et une chose était sûre : il n'était pas en position de force. Et si la femme le craignait, cela expliquait qu'il n'ait pas à portée de main son sabre. Il finit par pousser un petit soupir, adressant alors un sourire à celle qui se tenait devant la porte.
    - Avec tout ça, je ne me suis même pas présenté. Je suis Kiryû Shinjirô... Celui qu'on appelle aussi l'Argenté. Et ni toi, ni ta grand-mère n'avez à craindre quelque chose de moi. Crois-moi !

Ou Boxeur Vagabond dans nombre de districts où il avait fait parler de lui. Sans doute que le nom ne lui parlerait pas, ce qui expliquait qu'il l'ait prononcé sans sourciller. Pour autant, il devait rester sur ses gardes. Après tout, les Shinigamis le recherchaient. Son regard s'était littéralement planté dans celui de cette inconnue, essayant ainsi de lui prouver qu'il était au moins digne de parole.

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MessageSujet: Re: De l'utilité des sorts de soin. [PV Shinjirô]   Lun 26 Aoû - 17:10

Elle se détendit, imperceptiblement. Un bon point pour lui: il ne lui avait pas sauté à la gorge. Fumiko se calma. Son cœur, sans qu'elle ne s'en rende compte, avait commencé à battre la chamade quand elle lui avait dit ce qu'elle était, au juste. Sa nonchalance lui avait permis de relâcher les muscles de son corps. Elle étira sa main, soudain surprise par la tension qu'elle venait de subir.
Il faut dire qu'elle n'avait pas beaucoup vu le feu. A vrai dire, jamais. On l'avait confiné dans les Archives, et maintenant le Soin. Plus de sang, certes, mais ce n'était pas comme si c'était le sien. Quant à le répandre, elle n'était même pas sûre d'être capable d'une telle chose. Fumiko n'était pas une tueuse, ou en tout cas n'avait jamais eu l'occasion de vérifier la chose.
Étonnamment, cela la rendait aussi méfiante que naïve. Maintenant que la tension était descendue, qu'il avait avalé le gros poisson sans sursauter ni froncer les sourcils, l'adrénaline était partie. Elle avait plié bagages, et Fumiko redevenait elle-même. La peur disparut, à son tour. Elle le croyait. Fumiko ne connaissait pas encore les intrigues et les mensonges, trop petit pion pour en être.

Elle le toisa encore quelques instants et puis s'avança pour reposer le bol de soupe plein à ses côtés, tout en se rasseyant au même endroit. La jeune femme lissa quelques plis de son kimono, encore sous le coup de la vague d'émotion qu'elle venait de traverser.

« Je te crois, Kiryû Shinjirô. Pardonne-moi. »

Elle croisa ses mains sur ses genoux. Elle n'avait pas quitté le regard de l'inconnu, qui n'en était plus un. Ce nom lui disait quelque chose... Satô l'avait déjà entendu. Pas au Gotei, en tout cas jamais dans les Archives. On repérait vite les brutes, là-bas, et on les évitait soigneusement. Au Rukongaï, alors. Mais où... ?

« Je m'appelle Satô Fumiko. J'ai grandi dans ce quartier, avec ma grand-mère. Je leur dois tout, aux deux. Je fais ce que je peux pour les aider. C'est tout. »

Ça lui revint, tout d'un coup. Les combats de boxe clandestins. Ça datait de bien dix ans, depuis qu'elle était venu ici pour la dernière fois, en fait. Le nom l'avait marqué, à l'époque. Le type massacrait à tour de bras. En deux semaines, elle avait soigné dix de ces victimes. Un cas rare, elle comprenait maintenant pourquoi. Avait-il déjà reçu la révélation à l'époque ? Dur à dire. Elle se souvenait cependant du visage démoli d'une des victimes, et eu un frisson. Vraiment, un homme à ne pas mettre en colère... Elle refit le point mental sur toutes ses possibilités de défense. Elle avait toujours ses chances, même si elle était dans son champs. Satô savait au moins maintenant, a priori, que l'homme ne connaissait rien aux techniques Shinigami. Elle pouvait toujours faire un Shûnpo.

« Et pourquoi tu m'effrayes... J'ai déjà entendu parler de toi, l'Argenté, mais ce n'est pas le problème. Tu n'es pas sans savoir que nous, Shinigami, avons nos moyens pour nous défendre. Tu ne serais même pas un problème pour moi si... Elle se tut un instant. Mais il serait difficile de t'expliquer ça aussi simplement... Disons que je ne peux te répondre que si tu me dis d'où vient le sabre que tu portais quand on t'a trouvé. »
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MessageSujet: Re: De l'utilité des sorts de soin. [PV Shinjirô]   Ven 30 Aoû - 19:41

Ouais. Une histoire de famille en somme, comme il l'avait envisagé. Qu'elle lui demande de la pardonner le surprenait toutefois. On n'avait jamais vu un Shinigami faire preuve d'une si grande humanité et il devait admettre être tombé sur un cas très particulier, ce qui lui coupait le sifflet, il fallait bien l'admettre. Malgré ce qu'il pouvait penser, Shinjirô ne connaissait pas si bien que ça cette caste guerrière qui officiait au Seireitei et savait qu'il jugeait certainement trop rapidement l'ensemble des individus qui vivaient au-delà des murs blancs. Mais bien qu'étant conscient de cet état de fait, il ne changeait pas d'opinion pour autant. Ainsi était l'Argenté et c'est pour cela qu'il était encore libre de ses mouvements aujourd'hui.

Pour le moment, Shinjirô préférait ne pas toucher au bol de soupe. S'il avait effectivement encore un peu faim, il préférait rester centré sur Fumiko plutôt que de se perdre dans une dégustation qui pouvait attendre. Elle le craignait pour une raison encore obscure mais lui aussi se méfiait de ce qu'elle était. De ce qu'elle représentait. On dit souvent qu'on craint ce que l'on ne comprend pas. Une phrase qui avait toujours fait sourire Shinjirô : il ne comprenait généralement que bien peu de chose et n'avait pas peur de tout pour autant. Mais ici, il était partagé entre son aversion pour eux et ce qu'elle avait fait pour lui sauver la vie. Par ailleurs, son contact n'était pas désagréable pour autant. Elle était très différente de ceux qu'il avait eu la malchance de rencontrer par le passé.

Le fait qu'elle rebondisse sur la question du sabre fut révélateur. Pas de ce qu'il représentait aux yeux du géant mais plutôt de ce qu'il représentait aux yeux de la jeune femme. Et expliquait sans doute l'absence de l'arme à ses côtés. Il savait qu'elle avait raison en mettant en avant les talents particuliers des Shinigamis. Mais pour avoir été déjà opposé à certains de leur caste, Kiryû ne les trouvait pas si impressionnant que cela. En dehors de leur magie, il semblait ne rien craindre d'eux. Il se gardait toutefois d'en faire la réflexion. Il ne doutait pas des compétences qu'elle pouvait déployer. Mais il ne se sentait pas pour autant menacé. Du moins ne l'aurait-il pas été s'il s'était trouvé en pleine possession de ses moyens. Il y croyait dur comme fer. Mais alors pourquoi cette hésitation ?
    - C'est... Compliqué.

Se grattant la tête, Shinjirô levait les yeux vers le plafond alors qu'il cherchait les mots pour s'expliquer. Il ne saurait vraiment l'expliquer simplement pour dire vrai. Pas sans passer pour un dingue. Aussi loin qu'il s'en rappelait, il l'avait presque toujours eu avec lui. Toujours sous cette forme. Elle faisait partie de lui et très tôt il avait fait avec cette masse qu'il avait trimbalée au gré de ses pérégrinations. La seule chose dont il se souvenait approximativement, c'était des cauchemars qu'il avait toujours fait avant d'avoir l'arme. Et que tout avait subitement cessé le matin suivant une nuit particulièrement mouvementée, matin duquel il s'était réveillé avec l'arme près de lui, sa main posée dessus comme s'il avait veillé sur elle toute la nuit. Il ne savait ni qui, ni pourquoi, mais il avait toujours eu l'étrange impression que quelqu'un avait laissé cela pour lui. Du moment qu'il en avait pris possession, il s'était sentis bizarre. Très faible les premiers jours. Mais dans l'incapacité de se séparer d'elle.
    - Tu vas m'prendre pour un dingue. Mais j'prends le risque. J'pense qu'un mec me l'a laissé une nuit. J'sais pas pourquoi mais c'est l'explication la plus logique pour moi.

Il était embarrassé. Pas par ce qu'il avait dit. Mais plutôt par ce qu'il s'apprêtait à lâcher.
    - Mais pour être tout à fait franc, j'ai l'impression qu'elle est apparue comme ça. J'peux pas vraiment être plus clair. Un matin, j'me suis levé. Et elle était là. J'ai jamais pu m'en séparer... Et... J'sais pas trop comment dire ça. Mais j'crois que je sens sa présence.

Il fermait les yeux. Oui, ce n'était pas le fruit de son imagination. Il percevait son arme aussi clairement qu'il distinguait la jeune femme en ouvrant les yeux. Ce qu'il gardait pour lui, c'était cette étrange voix qu'il entendait parfois. Et ces cauchemars qui étaient réapparus depuis peu. Déjà qu'il avait l'impression d'être fou, ce n'était certainement pas en rajoutant cela que ça irait mieux. Il reprit toutefois de l'aplomb.
    - En quoi mon sabre a quelque chose à voir avec toi ?


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MessageSujet: Re: De l'utilité des sorts de soin. [PV Shinjirô]   Mar 3 Sep - 11:32

Si tôt qu'il commença à parler, Fumiko se releva. Compliqué... Voilà qui voulait tout dire. Elle savait déjà ce qu'il allait lui expliquer. Elle le savait, parce qu'elle l'avait lu dans la cochonnerie de lame de boucher qui gisait entre ses tulipes, dans la puissance insondable de l'Argenté qui avait failli la rendre folle, dans ces yeux gris, fiers et incertains, indomptés et batailleurs. Elle avait déjà vu ces yeux terribles, elle en avait entendu parler. Les légendes en étaient fertiles.

« Encore une fois, je te crois, Kiryû Shinjirô. »

Elle avait, avant de répondre, laisser parler le silence quelques secondes. Fumiko était repartie vers le foyer et s'était agenouillée à côté du foyer mourant. La pièce était petite, elle n'était qu'à un mètre cinquante de distance de l'homme. Cependant, elle le voyait mieux ainsi. Il lui serait plus facile de répondre à son tour loin de ces yeux gris terrifiants. Elle se plongea dans la contemplation des cendres grises, y plongea son index. C'était encore chaud. Elle se mit à tracer quelques symboles, le visage toujours tourné vers le feu, le corps complètement détendu et tourné vers son invité, comme une poupée de chiffon.

« Pour répondre à ta question, il va falloir que je reprenne un petit peu les bases sur ce que sont les Dieux Morts. »

Derrière elle, le vent s'engouffra dans la pièce, faisant tomber ses cheveux dénoués sur son visage fin et pâle. On ne voyait plus que ses lèvres palpiter aux sons des mots.

« Vois-tu, chaque âme porte en elle comme une sorte de... De sac, de poche énergétique, enfin je ne sais pas trop comment t'expliquer ça. Hm... On appelle ça le reiryoku. C'est en gros le cumulé de toutes les énergies que ton corps contient. Ce cumulé est plus ou moins important, selon les personnes, justifiant leur état de santé...Mais de manière général, le montant de reiryoku diffère peu. Mais voilà... Il arrive, on ne sait pas pourquoi, que ce reiryoku soit bien, bien supérieur à cette norme. Et quand cela arrive... Ces personnes deviennent des Shinigamis. » Simplification grossière quand tu nous tient. Autant ne pas embrouiller l'homme. Ce n'était déjà pas gagné qu'il la croit. « Ils sont repérés par le Gotei, ou alors se présentent d'eux-même puis entrent à l'Académie où on leur apprend à maîtriser leur énergie par le biais d'une arme, le Zanpakutô... Peut-être en as-tu déjà entendu parler. Bref, cette arme est comme une fraction de leur âme. Elle est le catalyseur de cette énergie et permet aux guerriers de combattre. »

Sa main virevolta avec grâce saisir une braise dans les dernières flammes et la déposa au milieu des dessins qu'elle avait esquissé. Elle se remit à dessiner. Sa main était intacte.

« En général, on leur remet l'arme quand ils entrent à l'Académie. Ce fut mon cas. » Un silence, un soupir. Un regret, à ne pas en douter. « Cependant... Même chez les Shinigami, il y a des exceptions. Parfois, le niveau de reiryoku est tellement puissant, tellement colossal, que l'arme... L'arme apparaît d'elle-même. A son porteur. Elle vient à lui, elle apparaît soudain. L'énergie est tellement importante qu'elle devient une identité propre sans facteur extérieur, et elle se manifeste à son propriétaire. »

La main gauche de Fumiko, jusque-là inerte sur son genou, se dressa soudain, inflexible, dans un signe de stop. Étrange vision que cette poupée aux muscles lâches, d'où émergeait soudain un signe d'autorité auquel on ne pouvait désobéir.

« Attends, je n'ai pas fini. » Sa main retomba, aussi molle que précédemment. « Parmi ces exceptions d'exceptions, il y a encore une dernière chose, un cas si extraordinaire que l'on compte sur les doigts ceux qui sont parvenus à cela. Tu ne le sais probablement pas, si tu n'as jamais vu de Dieux Morts puissants au combat, mais le Zanpakutô n'a pas qu'une forme. Quand on arrive à maîtriser efficacement son arme, on peut la faire changer de forme. Deux fois. Sa puissance se démultiplie d'autant. Mais voilà... Changer la forme de son arme demande une énergie phénoménale. Peu sont ceux qui arrivent à maintenir leur première libération plus d'une demi-heure. Et c'est là où je veux en venir. »

Son corps reprit vie. Elle se redressa soudain, et ses cheveux retournèrent encadrer son visage carré. Le feu qui criait dans ses yeux était encore plus fort que celui qui couvait dorénavant sous sa main droite, avec laquelle elle cachait la braise déplacée plutôt.

« Cette arme, Kiryû Shinjirô, qui est apparut auprès de toi cette nuit, C'EST un Zanpakutô. Et depuis que tu es ici, au fond de ce lit, presque au seuil de la mort... Elle n'est pas revenu à sa forme première une seule fois. Pas même un frémissement. Tu comprends, maintenant, pourquoi j'ai peur de toi ? Tu n'es pas humain, Shinjirô, pas plus que moi. Tu es un foutu Shinigami. Et non seulement t'es un Dieu de la Mort... Mais en plus t'es probablement un des hommes des plus puissants que cette foutue terre est portée. »
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MessageSujet: Re: De l'utilité des sorts de soin. [PV Shinjirô]   Ven 13 Sep - 21:57

Foutaise...

Voilà ce qu'il pensait alors qu'il tentait de comprendre les explications de la jeune femme. S'il n'en captait pas l’intégralité, au moins cernait-il l'essentiel. Et ce qu'il entendait ne lui plaisait pas. Pour tout dire, il ne croyait guère en cette histoire, qu'il trouvait par trop irréaliste pour réellement y porter attention. Bien sûr, s'il avait eu l'intelligence de comparer sa propre expérience à ce qu'elle disait, il se serait aperçu qu'il était lui-même particulier. Mais Shinjirô n'était pas homme à poser le regard sur sa propre condition. Il se satisfaisait du présent et ne se projetait guère sur l'avenir. Dieu de la Mort, Zanpakuto : il laissait tout cela à ceux qui s'y intéressaient. Lui, il n'en avait cure.

Son esprit semblait comme se barricader, préférant oublier les choses étranges qui se passaient autour de lui depuis des années afin de ne pas lui faire subir un choc psychologique trop important. Son arme était une simple épée, un point c'est tout. Pas un Zanpakutô, pas une arme aux capacités extraordinaires. Elle tranchait bien, c'est vrai. Mais au-delà de ça, il ne pouvait supporter l'idée qu'elle puisse être autre chose qu'une simple arme. Et s'il ne se souvenait plus comment il l'avait obtenu, c'était sans doute parce qu'il l'avait volé à quelqu'un sans se souvenir de qui. Une explication plutôt maigrelette, certes, mais le colosse n'irait pas plus loin aujourd'hui. D'autant qu'elle lui fichait un mal de crâne de tous les diables en détaillant avec tant de précision ces histoires de sacs d'énergie et autres conneries du même genre.

Et en parlant de connerie, il trouvait qu'elle dépassait les bornes en le comparant à un de ces Shinigamis qu'il n'appréciait que très peu. Il poussa un simple grognement, repoussant de la main la couverture qui lui recouvrait encore en partie le torse. Ce qu'il venait d'avaler avait suffi à lui réchauffer le corps et il ne supportait plus très bien le textile sur sa peau. Il inspira et expira doucement. Sa cage thoracique lui donnait l'impression d'avoir été enfoncé quand il inspirait trop d'air d'un coup. Sans doute que ses côtes en étaient responsables.
    - Tu veux que j'te dise ? Tu racontes super bien les histoires. Mais tu me feras pas gober que je suis comme vous. C'est juste mort !

Non, il n'était pas Shinigami. Et s'il ne doutait effectivement pas de sa propre puissance, c'est seulement parce qu'il avait passé son existence à combattre et à s'entraîner. Lui-même se décrivait comme une arme. Rien d'autre. Qu'importe qu'il guérisse plus vite que la normale. Qu'importe qu'il possède une force bien au-delà de celle des malheureux qu'il croisait. Qu'importe même qu'il puisse savoir où se trouvait son arme alors même qu'il ne la percevait pas avec ses yeux. Tout ceci ne justifiait aucunement son appartenance à la race des Shinigamis. Il était une âme libre de faire ce qu'il voulait. Et ça, Fumiko devait le comprendre. Jamais il n'accepterait d'être comparé à ce qu'il n'appréciait pas. Il n'était pas de cette engeance. Cette femme ne pouvait que se tromper ! Mais alors... Pourquoi ces flammes dans son regard ? Pourquoi sentait-il en elle une force allant bien au-delà de ce qu'elle voulait bien lui montrer ?
    - Si mon arme n'a pas changé de forme, c'est seulement parce qu'elle est normale. Point barre. Faut pas voir de la magie partout ma grande. J'suis pas comme toi. J'respecte ce que t'as fait pour moi mais c'pas pour autant que j'vais te croire sur parole. Fin de la discussion !

Il se braquait un peu. Surtout parce qu'il ne comprenait pas tout ce qui lui arrivait. Et il ne pouvait pas encore accepter ce qu'il était. Son esprit s'y refusait. Tout simplement.

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MessageSujet: Re: De l'utilité des sorts de soin. [PV Shinjirô]   Sam 21 Sep - 22:55

« Je ne te demande pas de me croire... »

Elle s'était relevée, souriante. Fini la molle poupée aux sorts mystérieux. Fini la peur et l'appréhension qui nimbaient jusque là son aura. L'incrédulité de l'homme l'avait rasséréné, calmé, apaisé. Il s'était raidi, d'ailleurs, à la seule idée d'être un dieu parmi les dieux. Etonnant... Pas un soupçon de bravache ou de fierté, pas un moment de remise en cause. L'homme n'était pas de ces gros sacs à vent qui s'enflait à la première perspective de gloire et de réputation, mais plutôt un homme simple, taillé dans le roc, ce genre d'homme dont la parole comptait, et sur laquelle on comptait. Un homme simple, trop simple: un type qui refusait de trop réfléchir, qui ne laisserait personne toucher les bases sur lesquels il s'était construit. Une saine réaction, bien qu'un peu décevante, quelque part. Fumiko se serait bien vu découvrir et faire découvrir le plus grand talent guerrier que la Terre est jamais portée.

« Tu veux une explication. C'est tout ce que j'ai à t'offrir. Faudra t'en contenter, à défaut d'y croire. »

Et puis, de toute façon, elle exagérait probablement le trait. Comme si l'homme de rue pouvait égaler avec les puissants guerriers du Gotei... Elle soupira, amusée. La peur était passée et son ventre avait cessé ses galipettes incessantes. La simplicité indignée de la réponse de Shinjirô avait fini de la convaincre de ses bonnes intentions et c'est tout sourire qu'elle se montrait.

Elle glissa la braise dans un pot de terre, qu'elle ferma d'un bouchon de liège, pour ensuite le poser sur un petit meuble de bois. L'objet émis un petit sifflement, comme une cocotte-minute, puis le son s'éteignit doucement.

« Tu devrais t'agiter moins et t'allonger. T'es gravement blessé, je te rappelle. »

Elle repris la couverture qu'il avait repoussé, la plia et la reposa, avant de se retourner vers la porte.

« Je serais dans le jardin, si tu as besoin de moi. »


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De l'utilité des sorts de soin. [PV Shinjirô]

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