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 Muda [100%]

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Messages : 752
MessageSujet: Muda [100%]   Mer 25 Sep - 23:04

Muda

    Âge : 23 ans
    Race : Fullbringer
    Votre précédent rôle : /

    Description de votre personnage : À quoi ressemble votre personnage ? (10 lignes au minimum)

    Physique atypique à en faire cauchemarder de jeunes bambins. Qu’eux ? Le genre qui vous observe du coin du plafond, sans présence, pendant que vous vous adonnez à vos activités quotidiennes. Aux toilettes, elle vous regarde. À la cuisine, elle vous regarde. Au dortoir, elle ne vous lâche pas. Le genre de machin qui pourrait très bien surgir de sous votre couverture pour se languir de votre chair et de votre squelette. Ce frisson qu’elle inspire chez quiconque la remarque. D’où vient-il ? De ses yeux ? Des iris de rubis qui lorgnent sur vous avec une vivacité, une envie malsaine. Ces rubis vous rappellent à votre éphémère conscience, à votre joli petit corps destiné à se putréfier impitoyablement au moindre accident. Des mains perdues rentrées dans vos viscères et arrachées de manière grotesque par exemple.

    Regard âpre souligné par de larges et profonds cernes. Cette fille, dort-elle seulement ? Ce teint pâlot, bleuté, celui d’un cadavre. Ses prunelles, par ce contraste visuel, paraissent d’autant plus quitter leurs orbites, sortir de ce corps, s’accoler à votre pauvre âme effarouchée. Et pourtant, ces traits fins, parfaits, ne vous font-ils pas penser à un ange ? Petit ange innocent qui ne demande qu’à s’emplir la panse de votre cadavre. Un visage attendrissant… Réellement… Une figure cadrée par une longue chevelure lisse, ébène. Petite, chétive, Muda fausse bien des estimations.

    Jeune femme vêtu d'une robe sale, blanche, négligée. Jeune femme vagabondant dans les ruelles de Karakura la nuit, à chercher pain dans les poubelles publiques. Un bruit infime, ses sens frappent son enveloppe charnelle d’une décharge. Nourriture ? Son cou se brise, sa tête se retourne, son corps se disloque et ce, à mesure de sa progression vers son gibier tétanisé et livré à l’horreur. Quelle idée de se promener si tard dehors. Un coup à perdre son squelette, à ne devenir plus qu’une espèce de limace vite recyclée à l’état de déjections nourrissant les terres fertiles du parc. Le résultat de ces dégustations répétées ? Une odeur nauséabonde de sang qui ne la quitte jamais.

    Une bête sauvage qui répond davantage à l’appel des sens qu’à ceux de la raison. Monstre de la nuit, n’apparaissant jamais le jour, sauf circonstances très particulières. Journées passées à somnoler dans une boîte aux lettres, une poubelle, un coffre de voiture, une maison aléatoire, quoi que ce soit qui la préserve du soleil, Bête de la Bête. De nombreuses mauvaises surprises, qui ne débouchent pas automatiquement sur un nouvel acte de cannibalisme. Cette chose sait aussi se satisfaire d’aliments sains, néanmoins, seulement quand son estomac se fait le commanditaire de sa faim. Sinon, ce sont ses os qui l’entretiennent sur l’autre voie gastronomique quelque peu incommodante pour la société.

    N’est-elle qu’un animal animé par l’instinct ? Drôle de bestiole capable de la parole, capable de communiquer avec ses proies, quoi qu’elle se garde bien de parler ces moments-ci, laissant plutôt s’exprimer sa faim insatiable. Cependant, il lui arrive d’entretenir des conversations avec quelques êtres marginaux, ne transcrivant pas la moindre peur à son encontre. La peur, faut-il qu’ils aient peur pour se faire dévorer ? Condition à la bonne qualité de ses repas, une condition précieuse.

    Fille sans attache, fille perdue, sujette à quelques réminiscences douloureuses. Être instable, dont il est difficile de prévoir les tendances. Prédatrice traquée, enveloppée dans un bain de méfiance qui la noie et stérilise les relations qu’elle pourrait construire. Être qui engendre la peur. Être de peur. Une terre vierge qui ne sait rien de son environnement, dont elle est restée coupée trop longtemps. Il lui arrive bien, des fois, de croiser d’étranges monstres masqués, de vulgaires parasites, des moustiques qu’elle écrase si besoin. Dans ce désert... froid et aride... une graine peut-elle germer ?


    Description de votre pouvoir : Que vous soyez un fullbringer/quincy, un vizard, un hollow/arrancar ou un shinigami, décrivez-nous votre force.

    Don't be afraid

    Son propre squelette constitue le Fullbring de Muda, squelette qui n’a désormais plus la moindre limite contorsionniste. Un fullbring gourmand, car en plus d’appauvrir sa chair de certaines composantes moléculaires justifiant son physique atypique, il ne demande qu’à se nourrir d’autres squelettes, sans quoi, la mort par carence menace le fullbringer. Pour se repaître du squelette d’autrui, sa méthode la plus commune est de rentrer ses crocs jusqu’à l’os de sa cible, ses dents absorbant en une vingtaine de minutes son squelette pour laisser derrière une masse flasque, sans ossature. À l’échelle de son propre squelette, les os allochtones s’attachent, se compressent à un point extrême pour ne devenir qu’une fine particule sur sa propre ossature. Le nombre de squelettes absorbés influe sur la résistance de ses os, sur ses capacités physiques ainsi que sur la puissance des capacités rattachées à son fullbring. À ce jour, l’accumulation fait qu’elle pèse plus de 200 kg, sa force spirituelle lui permettant de supporter son poids.

    Pour se défendre et attaquer, Muda est en mesure de déformer ses os dans leur longueur à une vitesse redoutable, d’opérer des détachements en vue de les déplacer au sein de son organisme (dans la mesure du possible) pour en faire des piques plus ou moins longues passant au travers de sa chair pour aussitôt transpercer l’adversaire de manière difficilement prévisible.

    Histoire : (25 lignes au minimum)


    Restaurant de luxe. Chopin en guise de mélopée. Parfum d’homard dans son assiette. Arôme boisé du vin sur son palet. Matsuki. Une jeune femme magnifique, aux cheveux d’ébène, lisses ; les traits fins, la peau pâle. Une perle d’Asie. Distinguée, discrète, épouse d’un homme remarquable, de l’homme rêvé, ayant su profiter de l’élan économique du Japon pour devenir une figure éminente du capitalisme asiatique. Ses iris noirs lorgnent sur le panier à pains. Pains de haute qualité. Pains qui lui rappellent son enfance. Pains chapardés quotidiennement chez tous les boulangers de la ville. Une vie d’errance, une vie sans attache, une vie d’agonie. Une opportunité unique, une opportunité au travers d’une rencontre. Gentleman qui perçoit au travers de sa crasse son seul trésor, sa beauté inestimable. Amour intéressé. Le soir, après le restaurant, l’union charnelle tant attendue du beau monsieur. Le lendemain, les épousailles.

    1993

    Femme magnifique dans un immense manoir à Tokyo. Femme enceinte assise à scruter le vide. Son mari possède tout. Elle ne possède rien, n’a aucune espèce d’existence. Une existence illusoire, une existence au travers de son mari. Simple apparat de cet homme à qui tout souriait. Argent, amour, réputation. Un bonheur rare. Un bonheur unilatéral. Sa moitié, vulgaire apanage, n’est rien. Pauvre femme soumise, bien complaisante, sans l’ombre d’une personnalité. Figure superficielle, superficialité douloureuse. Aucune odeur. Le néant, l’inertie. Poussière éphémère. Tremplin vers la dépression. Porteuse grossière. Ce bout de chose qui grandit en elle, grappille son énergie et arrache l’intérêt de tous, seul réconfort qu’elle trouvait dans cette nouvelle vie. Parasite qu’elle maudit. Abjection répugnante qu’elle nourrit, indépendamment de sa volonté, en son sein.

    Un soir, dix heure, toujours seule. Laissée en pâture à l’ennui habituel, une note d’originalité s’immisce dans la partition ennuyeuse de son existence pour en brusquer la tendance. Dans la pièce dantesque où Matsuki demeure toujours assise, une masse ombrée se profile devant son regard interloqué. Une bête masquée, un monstre humanoïde, une apparition douteuse. Devant pareille anormalité, la jeune mère tressaille, tombe de sa chaise pour partir se réfugier dans la cave. Bloquer le passage avec les moyens du bord, activer l’interrupteur. Faute d’électricité, la lumière reste éteinte. Une coupure ? L’obscurité complète. Une percussion sur la porte. En danger, elle se recroqueville dans un coin. Sentiment paradoxal de sécurité dans ce noir où rien n’est perceptible. Sentiment d’une expérience idyllique, si ce n’est cauchemardesque.

    Tambourinement terrible. La porte craque, s’éventre, cède. Grognement rauque de la gorge de la monstruosité. Elle rentre, ses pas lourds font grincer l’escalier en bois ancien. Gibier impuissant. Le prédateur n’est plus dans l’optique de la chasse. Savourer le fruit de son travail, jouer avec ce bout de chair à sa merci. Humaine porteuse d’un fragment d’énergie spirituelle, péché mignon des monstres de son espèce. La battre, la jeter, s’apprêter à la dévorer. Sensation tranchante sur sa nuque. Lame qui vient lui trancher le cou. Grosse tête qui roule au sol. Sauvée par un shinigami, aimable shinigami, soucieux de remplir son devoir, qui daigne la porter jusqu’au salon. Preux chevalier noir.

    Un choc. La secourue tombe à la renverse. Pieux passé dans le torse du dieu de la mort. Filet de sang au coin de ses lèvres crispées. Second hollow qui apparaît de nulle part, tapi dans l’ombre, sans doute compagnon de l’autre trépassé dans les souterrains de cette bâtisse. Immonde lâche, lâche qui ne se sauvera pas pour autant. Un soldat fort capable, plaçant son devoir devant sa souffrance. Les dents serrées pour animer son restant d’énergie à briser la griffe plantée dans son torse, se retourner avant d’enfin pourfendre le masque de cet être répugnant. Derniers halètements, il tombe. Dernier souffle, il meurt. Flaque d’hémoglobine qui coule, se répand, baigne le visage pâlot de Matsuki. Le voile de l’inconscience s’abat sur ses yeux fatigués.

    Quelques minutes plus tard, l’arrivée de son mari, paniqué par l’état calamiteux de sa tendre, en plus de retrouver son chez-lui saccagé. Un numéro de composé, une ambulance d’amarrée. S’ensuivit trois jours de coma. Inerte sur son lit d’hôpital, le regard noir, elle demeure fragilisée, détruite, incapable de se mouvoir et ce, jusqu’à son accouchement. Ce jour béni. Petit être chétif dans ses doigts délicats. La bonne mère affuble sa fille du nom de Muda. Déchet, littéralement.

    *

    De retour au bercail, à nourrir son enfant. Ce regard toujours vide, l’expression placide, avant que ses paupières ne s’étendent. Elle lui casse un doigt. Des pleurs du nourrisson. Lui casse un second doigt. Les cris gagnent en intensité. Petite chose fragile. Une pulsion meurtrière. Elle serre ce petit cou si doux. Le voilà à suffoquer, à baver, tout humide. Figure laiteuse qui se violace. Lui briser la nuque. Son mari, interloqué par les pleurs, surprend son épouse et l’arrête à temps. Prise de conscience tardive. Prise de conscience qui n’éveille pas de réaction pour autant. Si terrifiante. Son visage d’ange justifie seul son infinie mansuétude, mansuétude qui l’amène, le lendemain, vers une situation gênante, à glacer le sang. Celle d’éboueurs rendant un déchet à leur propriétaire, un bébé jeté à la poubelle et remarqué à temps par les deux hommes. Muda. Gêne qui mute en honte. Honte en inquiétude une fois la porte close. Un accident qui a traumatisé sa tendre. Traumatisme clé d’un gouffre sans fond où elle se précipite et où il lui incombe de l’en sortir. Gentleman plein de bonnes intentions. Comprend-il que les jeux sont déjà faits ?

    Trois années d’accumulations. Le chef de famille finit par s’essouffler, par arriver à bout. Femme peu complaisante qui lui en fait voir, quotidiennement, de toutes les couleurs. De plus en plus, cette erreur de la nature le rend malade. Se taire, supporter ces sautes d’humeur. Il n’en peut plus. Exploser, juste exploser. Rejeter la rancune démentielle qu’il a pu prendre le temps de nourrir à son encontre. Le résultat, une violente dispute. Se brandit rapidement la menace du divorce. Les intentions sont dites, il compte prendre Muda à sa charge si elle ne redevient pas l’épouse apprivoisée de leur rencontre. Un ultimatum qui sonne aux oreilles de Matsuki tel un électrochoc. Un électrochoc dans sa perception des choses. Ce déchet lui apparaît désormais comme son unique possession, son seul trésor, son bien irremplaçable qu’elle ne céderait pour rien au monde. Rien. Ce sale profiteur cupide… Tant de richesses dont il est l’unique bénéficiaire… Et menacer de lui arracher l’unique justification à son existence ? Jamais… Ce porc ne la lui volera jamais.

    Les esprits se refroidissent, partent se coucher, s’endormir. Un seul des deux à vrai dire. En effet, avant l’aube, Matsuki part avec sa progéniture. Les voilà, à vagabonder ensemble, fuir Tokyo pour se retrouver à Kyoto. Sans argent, un seul moyen de nourrir sa petite fille, avec son lait maternel. Dans une ruelle désaffectée de la ville, un homme la remarque. Un moment familier, réminiscence d’un passé relativement lointain. Cet homme, éprit d’elle, perçoit vite le potentiel de sa chaire, lui proposant un job, et pas des moindres : Geisha. Un corps magnifique, une œuvre d’art exploitée à son plein potentiel. Divinité aux yeux des hommes, calamité à l’égard de sa fille. Vive paranoïa à son égard. Chaque nuit, elle cauchemarde qu’on puisse la lui dérober, la lui enlever à jamais. La mettre en sécurité… Souvenirs de cette nuit… Dans cette cave. Ce sentiment. L’enfermer dans l’obscurité, barrière au monde extérieur. Personne ne doit la voir. Personne.

    Pour se faire, pendant son absence, la Geisha en formation cache son trésor dans un coffre scellé par un cadenas. À son retour, elle passe son temps à s’amuser avec. C’est son jouet. Un jouet dont elle ne tolère pas le moindre défaut. Un caprice suffit pour la renvoyer dans sa boîte. Des jours où la malheureuse, incapable d’endurer pareille vie, tente de profiter de quelques rares relâchements de sa génitrice pour s’échapper. Rattrapée, Matsuki lui brise les os pour l’empêcher de se mouvoir à nouveau pendant une certaine durée. Bon moyen dissuasif pour annihiler de sa tête innocente toutes bribes de détermination inadéquate à ses desseins. Quatre ans à vivre de cette manière. Un résultat simple, qui remplit ses promesses : une gamine totalement soumise à sa mère, un animal domestique des plus dociles.

    Tandis que sa mère, devenue geisha accomplie, brille par son prestige, Muda acquiert un teint pâlot, une faiblesse physique notoire. Amorphe, squelettique, elle ne connait pas le soleil, ce qu’elle entend de lui la terrifie, l’effraye, interdit l’idée même d’y goûter un jour.

    Ses petits bras qu’elle agite comme si c’était une poupée. Chansonnettes de bonheur. Actrice passive qui la fixe toute inexpressive. Un bruit extérieur. Ça toque à la porte. La partenaire de jeu de la petite Muda voit son expression changer du tout au tout. Pas vraiment décidée à ouvrir. La personne derrière ne l’entend pas de cette oreille, tapant de plus en plus fort sur la porte. Le visage sombre, Matsuki range son jouet dans son coffre. Alors qu’elle s’apprête à fermer à clé, le gêneur défonce la porte d’un bon gros coup de pied.

    -Qui êtes-vous ? Qu’est-ce que vous me voulez ? Partez !

    Aucune réponse. Devant ce parasite muet, porteur d’intentions vraisemblablement malveillantes, la propriétaire des lieux se déporte doucettement dos à la table où sont rangés ses cosmétiques et autres outils assujettis à son visage. Le tiroir tiré discrètement, un pic à chignon fermement tenu. Un regard noir porté sur ce nuisible qui lorgne sur elle. Vague surprise de trouver une femme impassible à ses menaces tacites, la panique étant sans doute la réaction la plus normale dans pareille circonstance. Vague surprise qui n’en retire rien à l’adrénaline jouissive de l’acte conceptualisé des centaines de fois dans son esprit dérangé. L’excitation le ronge et le propulse sur sa proie, une proie peu accommodante qui lui plante son pic dans le bras avant d’essayer de lui arracher la pomme d’Adam. Gémissement bref, l’intrus se ressaisit à temps, saisit la main de la furie.

    -Peste !

    Il lui assène un coup de poing avant de la plaquer dos à la table. Sa cible continue de se débattre, rentre ses griffes profondément dans la figure de son prédateur. Rictus malsain sur sa trombine supérieure. Installé fermement sur la geisha, il lui enlève toute possibilité de fuite. La tête qui dépasse de la plateforme de la table, le prédateur appui puissamment avec ses deux mains sur le menton de Matsuki. C’est désormais elle qui gémit, hurle avant de se taire à jamais après un craquement sec, sa nuque brisée. Tête qui pendouille dans le vide, tenue au buste dorénavant que par sa chaire.

    Petite interstice par laquelle Muda a assisté à l’intégralité de la scène, sans un bruit. Lueur de fascination dans son regard alors que le tueur quitte la dépouille de sa mère, sort un couteau d’un tiroir de la cuisine pour revenir et couper quelques morceaux de chair, les joues, notamment. La viande sur une assiette, le boucher s’improvise dès lors grand chef cuistot, se mettant aux fourneaux avec les produits à portée de main. L’odeur délicieuse du met préparé fait gargouiller la petite dans sa petite boîte. Alors que le cuisinier se sert une part, les gargouillis de la petite viennent effleurer ses tympans. D’où ça provient ? Un coffre. L’assiette dans une main, le couteau dans l’autre, il avance prudemment avant d’ouvrir précautionneusement la boîte. Trombine surprise. Surprise éphémère qui laisse sa place à un certain amusement.

    -Eh bien petite, t’as faim ?

    L’intéressée acquiesce d’un signe de tête. Petit élan de sadisme sur son visage. Lui tendre son assiette, assiette prise avec hésitation par la gamine. Les mirettes de l’assassin se languissent de cette scène, celle d’une gosse se régalant des restes de sa génitrice. Pas une seule larme. Le besoin naturel de se repaître pour atténuer la faim.

    -C’est quoi ton nom ?

    Petite voix mielleuse de l’interrogateur. La visée, inexpressive, lui répond sans lui accorder le moindre regard.

    -Muda.
    -Déchet ? Un joli nom que t’as là. Ça te dit de venir avec moi ?

    *

    2000

    Peu de temps qu’elle a 7 ans la petite. Son nouveau père, tueur en série la nuit, médecin le jour, venait de recevoir une mutation à Karakura avant leur rencontre. Bon substitut de parent qui profite du temps passé avec pour lui apprendre à dire plus que son propre nom, en plus de lui enseigner l’écriture. Animal à quatre pattes qui monte à deux et gagne un semblant d’humanité. Une humanité particulière. Car tous les jours se trouve au menu des bouts de steak humain, toujours agrémentés de garnitures diverses. De l’humain avec des brocolis, du ragoût d’humains, du tartare d’humains, des fondues d’humains, des sandwichs d’humains, ... Une alimentation plus saine, plus variée qu’on pourrait le croire, d’autant plus quand les talents cuisiniers du tuteur ne sont plus à démontrer.

    Tous les 6 mois, une carcasse supplémentaire dans la chambre froide. Le temps nécessaire pour consommer le tout sans rien gaspiller. Non pas que la ressource manque, au contraire, elle foisonne… Plutôt que ça fait mal à ce bonhomme, Setsuna, de jeter à la poubelle des morceaux si durement acquis. Faut dire que l’obtention de ce bien de consommation est beaucoup plus ardue que celle d’un électroménager ou quoi que ce soit d’autre.

    Dans ce nouvel environnement, cette maison moyenne, Muda ne perd pas ses vieilles habitudes. Petite cave dans la maisonnée du tueur dans laquelle elle passe ses journées, vautrée dans l’obscurité. Cette peur viscérale de la lumière est telle qu’il faut des bougies pour qu’elle daigne rejoindre une autre pièce. On ne peut pas dire que Setsuna n’ait pas essayé de forcer la petite à s’exposer à sa phobie… Des expériences hautes en couleur qu’il ne renouvellera pas. Pas comme si c’était vraiment gênant après tout. Encore est-il qu’il est parvenu à la réconcilier avec les lampes à faibles consommations, pièces non baignée dans ce jaune chaleureux, mais dans un blanc froid, angoissant, inquiétant. En somme, invivable pour un esprit sain. Contre les rayons du soleil, des fenêtres obturées par des planches de bois. Drôle d’atmosphère.

    Nuits tourmentées. Nuits de douleurs. Nuits d’agonies. Tapie dans l’ombre, Muda souffre face à la remontée de quelques réminiscences. Instable, elle se disloque les phalanges, les membres. Chaque fois qu’une articulation craque, jaillit de sa gorge un hurlement terrifiant. Aucune lumière, ses os lui font naturellement mal. S’amuser à les éclater lui fait atteindre un seuil de douleur abyssale. Paradoxe malsain, cette automutilation canalise sa folie, la stabilise. Les matins, la gamine déboîtée de partout se fait rafistoler par son père. Moments privilégiés où une personne prend réellement soin d’elle. Moments privilégiés qui l’incitent à recommencer encore et encore dans l’unique dessein de capter son attention, seule personne qui l’importe. Source d’agonie, d’extase, ses os vivent. Ils la protègent, la punissent, la récompensent. Lien intime qui se façonne au fil des années. De plus en plus, son propre squelette lui paraît posséder une âme, une seconde âme dans ce corps qui prend soin d’elle et communique avec durant leurs rituels nocturnes.

    *

    2011

    Muda fête ses 18 ans. Petite fille devient grande fille, une grande fille encore très enfantine, si ce n’est bestiale, sauvage. Du moins, assez raisonnée pour que son père adoptif décide de l’initier à ses lubies. Cette curiosité malsaine ayant déjà justifié qu’il la prenne sous son aile après s’être repaît de la chaire de sa mère. Une question qui le ronge, ne s’atténue pas avec le temps : vers quoi évoluera-t-elle ? Cycle vicieux, cycle infini. Vive excitation à l’idée d’aggraver la marginalité d’une fille déjà atypique à rayer de sa vie toute chance de s’intégrer un jour dans la société.

    Cette fois, une expérience d’une perversité sans commune mesure. Une personne ligotée, bâillonnée, qu’il jette dans la cave de sa fille avant de fermer à double tour. Un premier élan d’incompréhension de la part de Muda, incompréhension qui fait vite de céder à d’autres préoccupations alors que deux jours glissent entre ses doigts. Deux résidents affamés dans une pièce avalée par l’obscurité. En détresse, Muda tape à la porte. Setsuna, juste derrière, lui indique simplement de manger.

    De nombreuses heures qui s’écoulent. Elle qui se recroqueville, la gorge sèche. Petit corps déjà si fragile, réduit à bout de force. Ossature douloureuse. Soif… à boire… Vive douleur. Elle mord sa main sans ménagement et s’abreuve de son propre sang. Se faisant, l’affamée se tourne vers l’autre résident, s’en approche avant d’y rentrer ses crocs. Elle n’a pas assez de force… Cette viande est trop dure… Un gros steak qui gigote, endolori par cette morsure soudaine. Impossible de tirer le moindre bout de chaire… Muda pleure de ne pouvoir se repaître de cet inconnu. Désespoir qui s’installe. Adrénaline qui monte. Peur... Si peur...

    Don’t be scared

    Sensation singulière qui grappille chaque parcelle de son enveloppe charnelle. Elle souffre toujours, mais de manière plus localisée. Son ossature semble happer à lui toute son énergie, creuser des particules de sa chaire pour les faire siennes. Échange mystérieux qui se passe, fait se pâlir sa peau plus qu’elle ne l’était déjà pour acquérir un léger teint bleuté. Teinte de cadavre, ses iris noirs virent au rouge bordeaux. Alors que s’opère cette curieuse métamorphose, ses dents rentrent progressivement dans les muscles du malheureux, en font gicler quelques flopées de sang. Le gros scotch sur sa bouche l’empêche d’exprimer le plein potentiel de son hurlement. La mâchoire de Muda gagne en force, la pression exercée par celle-ci s’accroît pour faciliter le premier arrachement. Agonie du steak sur pattes qui se débat, en vain, car les doigts du gourmet le tiennent fermement.

    Sa voracité croît à mesure qu’elle se délecte de son repas. Ses ongles viennent scalper sa proie pour ensuite s’incruster dans la boîte crânienne de ce dernier. Ses os ont soif, ses os ont faim. Pulsion soudaine. Ses dents croquent le crâne. La masse osseuse de celui-ci se fragmente, se dissout, se laisse absorber par les dents de Muda. Les cris cessent. Un squelette d’étranger qui devient sien. Face à lui, un corps tout flasque, tout mou. Ses doigts vigoureux déchirent le gros morceau de manière chaotique, piochant les viscères, intestins et autres organes. Des petits bouts dispatchés partout dans la cave, ça y est, elle a terminé.

    Une dizaine d’heures plus tard, le verrou claque, la porte grince. Mine éberluée de Setsuna à l’observation de pareil spectacle. La scène se profilant à son regard ne trouve aucune espèce d’explication rationnelle. Tandis que sa fille, heureuse de le revoir, fonce se réfugier dans ses bras, une étincelle d’inquiétude s’anime dans ses prunelles. Il l’enlace, sans détacher pour autant son regard de cette masse sanguinolente.

    Nouveau train de vie angoissant. Setsuna revient avec la carcasse semestrielle, la range dans la chambre froide. S’avançant dans le salon, il grille une cigarette et en extirpe ce brin de nicotine chaleureusement accueilli dans ses poumons stressés. À rouvrir ses paupières, le tueur remarque une demi-silhouette dans l’autre pièce. L’œil droit de Muda le fixe avec une envie telle qu’un frisson grimpe le long de son échine. A-t-elle toujours été si pâle ? Et ces iris… L’ignorer… Partir dans la salle de bain… Se laver le visage. Ses pupilles se relèvent et voient par-delà le reflet du miroir, Muda derrière lui. Brusquement, il se retourne. Personne. Du moins, le croit-il, mais une voix au-dessus vient le faire sursauter. Dans le coin du plafond, à lorgner sur lui.

    -Papaaa… On mange bientôt ?
    -… Oui… Je me mets tout de suite aux fourneaux… Attends un peu.

    Direction la cuisine, avec une allure qui se veut nonchalante. Avec une sérénité compromise, le cuistot extirpe la viande de la tête de sa dernière victime. Non loin de lui, Muda apparaît comme hypnotisée par la préparation. Un regard vif qui ne se dissipe en rien au moment du repas. Le fixer de cette manière en s’emplissant la panse… L’assassin en perd l’appétit, ne touchant pas à son assiette. Dernière bouchée de la jeune fille.

    -Je peux en ravoir ?

    Il lui donne son assiette. Elle la finit. Lui distribue le restant de la ration préparée. Tout part dans son estomac. Appétit insatiable.

    -J’ai encore faim…
    -Il n’y a plus rien à manger Muda… Plus rien du tout… Va coucher maintenant !

    Bon père qui accompagne sa fille jusqu’à sa cave pour enfin l’enfermer.

    -Bonne nuit.

    Enfin, il peut partir se coucher l’esprit serein. Fausses idées. Nuit afflictive. Réveil brutal. Haletant, une silhouette apparaît dans l’interstice de la porte. Poussée d’adrénaline. Il se précipite sur l’interrupteur de sa lampe et l’allume. Rien. Personne. N’est décidément pas bien… Néanmoins, à force d’insomnie, Setsuna finit par retourner aux bras de Morphée.

    Matin monotone. Faire sa toilette, préparer le petit déjeuner, servir les pancakes à table. De bonne humeur le bougre. Tout clinquant d’euphorie, il part ouvrir la porte à sa fille. Son euphorie retombe nette à la vue du verrou défoncé. D’un geste précautionneux, il pousse la porte. Personne à l’intérieur. L’image de cette silhouette cette nuit qui revient à lui. Imagination fertile, il voit sa fille à côté de son lit, à le scruter figée comme un pic. Cette sensation désagréable… Sceptique, il retourne sur ses pas avant de s’arrêter. Des bruits dans la cuisine. Furtif, la regarde se régaler à table.

    Un monstre… Monstre au visage d’ange. Comme cette bonne femme. Se rendre dans sa chambre, se saisir du pistolet sous son oreiller pour, enfin, s’approcher discrètement de Muda. De dos, elle n’a pas une chance de s’en tirer. Le canon de l’arme tremblote. La cible cesse subitement de manger, immobile. Lui aussi cesse tout mouvement. Vive tension qui s’installe dans l’atmosphère. Des craquements viennent lui glacer le sang, ceux du cou de sa petite fille. Petit fille qui tourne sa tête à 180° pour le dévorer du regard.

    -Papa ?

    Vision d’horreur. Tuer ce monstre. Pointer le canon sur la tête de cette chose. Presser la détente. La balle tirée à bout portant fait mouche. Toutefois, la cible ne bronche pas. Est visible le bout de métal écrasé sur son crâne à peine saignant, la paroi de son crâne n’a pas cédé.

    -Papa ?

    La tête toujours statique, son corps se lève, se retourne. Il tressaille… La tuer, viser plus bas… Manque de réactivité, elle attrape l’arme avec sa main, serre et l’écrabouille. Le séant qui tape au sol, Setsuna se traîne, se relève puis court avec une maladresse affligeante hors de la cuisine. La cible prédatrice le poursuit nonchalamment. Le gibier se réfugie dans la salle de bain, claque la porte avant de la fermer à clé pour, au final, se presser au fond, face au lavabo. La poignée s’agite doucettement avant de se stabiliser totalement.

    -J’ai faim… Papa… J’ai faim…

    Des grattements derrière la porte. Grattements qui s’intensifient. Prédatrice qui gratte, griffe, arrache la surface en bois avec ses ongles.

    -J’AI FAIM !

    La terreur sur sa figure. Acculé, il ouvre l’armoire, en sort un rasoir. Petit trou sur la porte, Muda peut désormais voir au travers. Rasoir jeté par terre, écrasé avec ses semelles. Il saisit une lame, se place dans la baignoire. Un bras qui s’agite au travers de la porte. Ne pas hésiter… Ce scénario vaut toujours mieux que celui promis par l’autre monstre. Déterminé, il rentre la lame dans sa gorge, sectionne sa jugulaire et sa carotide. Circulation sanguine coupée. Cascade d’hémoglobine du haut de son cou. Le voilà à toussoter ponctuellement, se vidant de ses forces pendant que sa prédatrice éventre suffisamment la porte pour passer de l’autre côté. Premier réflexe, celui de se précipiter sur la dépouille sanguinolente de son père. Ses mains qui tâtent le faciès sans vie de Setsuna.

    -Papa ?

    Ses mains maculées de sang. Ses globes oculaires s’humidifient. Sa figure placide laisse couler quelques larmes avant de se défigurer sans transition.

    -Papa !

    Gémissements et hurlements sur sa carcasse. L’affliction la tiraille. Ses doigts s’agrippent aux vêtements de son père. Sa seule attache. Son seul repère. L’instinct la pousse. Ses crocs qui rentrent profondément dans la chaire de Setsuna jusqu’à l’os. Un squelette quitte son propriétaire pour s’incruster à jamais sur celui du Fullbringer. Ceci fait, sous l’effet de l’émotion, elle perd connaissance.

    *

    Réveil à l’hôpital. Des bruits dans le couloir. Des inconnus parlent entre eux. Un type en blouse blanche, un autre avec un long manteau. Trop loin pour entendre distinctement leurs mots. Éblouie, difficile de percevoir quoi que ce soit. C’est douloureux… C’est… Un glapissement. La convalescente tombe de son lit, s’enroule dans sa couverture, dans le coin le plus sombre de la pièce. Ses iris de rubis dansent dans ses orbites, tentant de trouver désespérément une familiarité à cet environnement. Interloqués, l’équipe médicale entre dans sa chambre. Invasion menaçante, elle cri de plus belle quand s’approchent ces étrangers. L’inspecteur de police arrive, somme tout le monde de sortir avant de démarrer une conversation avec la chose terrorisée.

    -Ne crains rien. C’est l’hôpital ici, on y soigne des gens. Tu vas mieux ?

    Aucune réponse si ce n’est un petit gargouillis qui ne manque pas de faire sourire son interlocuteur. Un œil sur le plateau, il prend l’assiette dessus avec ses couverts et les lui tends.

    -Alors, tu as faim ?

    Sans un mot, elle saisit l’assiette, avale les aliments avec ses doigts, une partie de la sauce venant tâcher sa couverture.

    -Tu as un nom ?
    -Muda.
    -Muda ?

    En bon japonais, l’inspecteur fronce les sourcils, se surprenant à ne détecter aucune note d’ironie dans la voix du… déchet. Petit blanc avant qu’il ne se décide enfin de profiter de cette amorce de contact, lui montrant une photo.

    -Tu connais cette personne ?
    -C’est papa…
    -C’est ton père ? Il n’en est fait mention nulle part… Sais-tu pourquoi ?
    -Non… Il est où ?
    -Mort dans des circonstances assez… particulières. Un voisin a signalé l’usage d’une arme à feu, seulement, l’équipe scientifique n’a trouvé aucun impact de balle dans la mais…
    -Sur ma tête.
    -Hein ?
    -Elle a finis sur ma tête la balle.
    -Je ne comprends pas… Il s’est passé quoi ?
    -Papa devait être en colère que je suis sortie la nuit… N'punition.
    -Sortie ? Mais où ?
    -Dans la maison.
    -… Tu n’y habites pas ?
    -Si, j'ai une chambre !
    -Ta chambre… Il n’y a pas d’autres chambres dans sa maison pourtant…
    -En dessous !
    -Euh… La cave ?
    -Oui.
    -Il te faisait dormir… dans la cave ? Depuis quand ?
    -Toujours...
    -… Je vois… Sais-tu comment est mort ton père ?
    -…
    -Que se passe-t-il ?
    -J’ai encore faim.
    -Je comprends, je reviens tout de suite.

    Ses pas le portent vers le couloir, le réfectoire de l’établissement. Un sandwich avec une boisson de commandée. Le regard vide. Drôle de fille. Que ce soit son physique ou ce qu’elle dégage, il ne peut s’empêcher de pressentir un danger. Une vie passée dans une cave, à s’adonner quotidiennement au cannibalisme… Que peut-il bien se passer dans une tête ayant éprouvé un quotidien pareil ? Impossible pour lui d’imaginer l’étendue du traumatisme de cette fille. Inéluctablement, les procédures la mèneraient dans un hôpital psychiatrique, du moins, le pensait-il. Arrivant à destination, la panique générale. Les patients, médecins et autres employés de l’hôpital courent dans tous les sens. Un pressentiment, il se dépêche de se rendre dans la chambre de Muda. Arrivé, l’inspecteur porte sa main devant ses lèvres, frappé par l’odeur nauséabonde du sang. Plusieurs carcasses d’infirmières, de policiers par-ci, par-là, dans la chambre, le couloir. Un carnage. C’est cette fille la responsable ? Un frisson. Quel genre de monstre venait de sortir de sa cage ?




Dernière édition par Muda le Mar 12 Avr - 11:39, édité 5 fois
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MessageSujet: Re: Muda [100%]   Mar 1 Oct - 6:55

Fiche terminée. Bonne lecture o/.

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MessageSujet: Re: Muda [100%]   Ven 4 Oct - 0:35

    Validé au niveau 4 en tant que Fullbringer indépendant. Tu bénéficies de 25 PC pour réaliser ta fiche technique.

    Tu connais la maison ! (:

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Muda [100%]

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