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 Traumatisme [solo]

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MessageSujet: Traumatisme [solo]   Mer 29 Jan - 15:34

Se trouble son esprit épris de vertiges. Son champ de vision tiraillé entre nébulosité et netteté. Sur le terrain lunaire, se tiennent plusieurs clones d'une bête mastodonte dont elle découvre l'existence. L'un d'eux lorgne, plus particulièrement, en sa direction ; ses pieux braqués vers elle. Le corps meurtri et tremblotant, son regard n'en demeure pas moins d'une vivacité prodigieuse. Comme fascinée par cette apparition aux traits idylliques, la maigre créature puise dans ses dernières ressources pour pousser un pied devant l'autre, la main ouverte et difficilement levée vers ce monstre attrayant.

Autre, un objet la frappe puissamment. La chair épaisse et les os robustes, la cible se voit emportée et propulsée par cette lance dantesque jusqu'au travers d'un bâtiment. L'instantanéité du choc fait taire toute sensation l'espace d'un instant ; un instant aux allures sempiternelles. Ses iris frémissantes, une épaisse gerbe de sang coule du coin de ses lèvres. Un pieux au travers de son poumon droit. Un second au niveau de sa jambe gauche, coupable d'avoir arraché la moitié de sa cuisse, brisant son fémur en plus de disloquer son genou.

Tout juste prend-elle conscience de son état qu'un voile d'inconscience clôt, peu à peu, ses paupières. Vaguement, des images floues d'individus vêtus de noir. Mourir ? Une notion qui lui est étrangère. Tout au plus se sent-elle fatiguée, sa dernière pensée allant vers cette bête hypnotique ; une bête qui allait, désormais, dominer ses pires cauchemars.

**

Grouillent de partout, les gens affolés. La panique absolue, l'établissement bondé de patients qui continuent de s'amasser. Dans ce chaos, l'employé perd le fil de son devoir. Figé au cœur de cette tornade de désolation, son esprit semble prendre l'air un instant pour jeter un regard distant mais pas moins égaré sur la situation actuelle. Des cris... Des pleurs... Des lamentations... Des... réprimandes.

-Aika ! Qu'est-ce que tu fous ? On nous attend sur le terrain ! C'est pas le moment de flâner ! Grouille toi de ramener ta caboche !

Dépassé qu'il est, le bleu ne se laisse pas dévorer plus longtemps par ce qui avait trait à de la procrastination. Procrastination d'autant plus impardonnable en temps de crise comme alors. Le voilà donc, dans l'ambulance. Aucune espèce de fenêtre dans cette boîte mobile. Impossible de contempler le carnage à l'extérieur, et pourtant, il se devine aux secousses et changements de direction secs, faute à une route vraisemblablement ravagée.

Comment ce tintamarre a-t-il commencé déjà ? Un séisme ? Originaire du Nord de l'île Honshu, Aika était bien placé pour comprendre que ce phénomène naturel n'avait absolument rien à voir avec cette bizarrerie dramatique prenant de court jusqu'aux vétérans du corps médical. Une attaque terroriste alors ? Mais comment expliquer, à une échelle pareille, qu'aucune chaîne télé n'ait pu capter le moindre fautif de ce délire meurtrier ? Non pas que lui et ses collègues n'aient jamais vécu dans cette ville la moindre bizarrerie faisant sa réputation nationale, mais jamais à un tel niveau. Qu'il aimerait que cette catastrophe ne soit que le fruit d'une énième mascarade télévisée. Hélas, aucun producteur ne serait fêlé au point de claquer autant de fric pour ces conneries qui n'ont de semblable que ces films hollywoodiens aux effets spéciaux rocambolesques.

D'ailleurs, est-il le seul à se poser des questions du genre ? Un regard sur ses collègues, nul doute qu'ils mesurent mieux que lui la folie de ce délire. Demeure qu'eux focalisent toute leur attention sur l'essence de leur job : sauver des vies. Se reprendre... L'heure n'est pas au questionnement mais à l'action. La visage désespéré ou soulagé des proches des victimes de ce drame ne dépend que d'eux. Le véhicule s'arrête, Gosuke ouvre les portières arrières.

C'est pas le moment de se défiler ! Pense-t-il.

Un appel à l'origine de leur venue, un mari, les mains en sang, qui essaie, contre toute raison, de soulever, en vociférant son impuissance, un bloc de béton qui écrasait sa femme des pieds jusqu'à la ceinture. Cette épouse dorénavant coquille vide, rend désuet tout secours attendu. À cette vue, des nausées, suivis de vomissements. Gosuke, non peu compréhensif de cette réaction de la part de l'apprenti ambulancier, pose sa main sur son dos, comme pour l'apaiser.

-T'inquiète Aika, va prendre l'air un peu. On s'en charge.

Qu'il acquiesce en haletant, peut-il faire autrement ? Le temps que ses coéquipiers prennent en charge l'employé de bureau tout défiguré de chagrin, Aika s'éloigne pour s'affaisser contre un bâtiment dans l'optique de recouvrer son sang froid. Un instant de flottement, une brèche dans le mur d'en face capte son attention. Noirceur qui permet l'introspection, entre autre de se remémorer quelques bons souvenirs, de quoi lui redonner un semblant de courage, de détermination. Dans son élan introspectif, une masse particulière tapie dans l'obscurité le sort de ses pensées. Se relever, s'approcher pour mieux discerner une forme humanoïde. Qu'il continue de s'approcher, le curieux, ses pas le portent jusqu'aux côtés de ce qui s'apparente alors à une défunte de plus. Un regard sombre porté dessus. Vraiment dans un piteux état celle-là. À se demander comment elle a pu faire son compte. Ne sait-on jamais, son index tâte la carotide de la dépouille. Simple réflexe absurde, réflexe absurde qui fait détonner en lui comme une explosion.

-Putain... Elle...

… vit toujours. Dans sa mare de sang, cette fille respire toujours. Est-ce humainement possible ? Pas le temps de se poser des questions. Le temps lui est compté. Hausser sa voix tremblotante pour être entendu de ses collègues. Ils accourent vers lui. L'un ramène le brancard pendant que l'autre prodigue à la victime les premiers soins. L'heure de la soulever.

-Bordel... Comment c'est possible de peser si lourd...
-On y réfléchira plus tard. Faut se magner là ! Allez !

Qu'ils se mettent à trois pour porter ce monstre, ils parviennent finalement jusqu'à l'ambulance, sous le regard annihilé du veuf d'alors. Quel morceau ils ramenaient là dans la fourmilière...

**

Puanteur de cette foule. Couloir opaque comme Hana les déteste. Une concentration de saletés sur pattes qui abondent dans tous les coins. Pas moyen de prendre la moindre minute pour s'en griller une. Qu'on l'appelle par-ci, par-là, elle étouffe. Non que le fait de s'occuper de la toilette de vieillards amorphes ne l'ait endurci, reste que gérer autant d'usines à boulot en même temps...

Comment cette galère a-t-elle commencé au juste ? Juste après la pause déjeuner. Des secousses toutes les minutes, bien que depuis un petit moment, les choses semblent s'être calmées. Le regard compatissant sur ce jeune interne perquisitionné, faute de personnel, pour, présentement, réanimer le cœur du patient. Malgré le soutien du corps médical secondaire, l'aide-soignante ne se fait pas d'illusion sur le sort de ce type vraiment trop amoché. Peut-être qu'en d'autres circonstances, il s'en serait sorti. Demeure qu'à amasser tout le monde partout, l'hygiène en pâti, hélas, tout naturellement.

Cette note aiguë quand le pouls cesse... Cette musique qui sonne comme une défaite dans une partie de jeu vidéo. Difficile d'accepter la réalité quand elle est présentée comme telle. L'empathie à la vue de ce jeune médecin qui ne sait s'arrêter quand il le faut, refusant l'étouffante réalité des choses. N'apprennent-ils pas à supporter ces situations dans leur cours ? La mort, la confrontation directe avec l'achèvement parfois dure d'une infinie de possibilités ; le genre d'expérience qu'on ne supporte qu'en la côtoyant. Cette réalité, voilà maintenant un certain temps qu'elle l'a intégré, d'autant plus à la perte de ses camarades d'il y a de ça quelques années.

Un regard vide, qui se renferme sur lui-même. Cette image indélébile qui remonte à chaque fois que décède un individu. Celle d'une fille, ses vêtements maculés de sang, debout là où jonchait un immondice de cadavres. Cette fille étant juste passée à côté d'elle pour fuir l'hôpital. Cette fille qui a longtemps hanté ses nuits. Ces yeux exorbités et menaçants ne la quittaient plus, ne l'ont toujours pas quitté. Ce sentiment d'impuissance totale, cette impression de pouvoir être écrabouillée, éventrée, réduite en charpie à tout instant... Souffre-t-elle plus d'avoir échappé de peu à la mort ou de n'être morte comme l'on été ses amies d'antan ?

Une personne la bouscule, de quoi la racoler au présent. Que ça bouge, que ça chahute de ce côté ; plus qu'ailleurs. Un coup d’œil interloqué. Tous ces médecins et chirurgiens réunis autour d'un même lit mobile en direction de la salle d'opération. Tant d'individus indispensables pour un unique patient ? Quelle est cette mascarade. Cette meute de passage qui passe par devant sa trombine. Le blessé... ou plutôt la blessée entraperçue. Écrasante curiosité qui la prend soudainement. Les suivre, se rapprocher. Cette personne, noire carbonisée et entaillée de partout au point de devenir méconnaissable. Outre l'état calamiteux dans lequel cette pauvre fille se trouvait, le peu que Hana pouvait percevoir de ses traits réveillaient comme une familiarité.

-Non...

Sa figure placide se défigure nette en même temps que sa marche. À reculons, les mains tremblotantes portées devant ses lèvres, elle sanglote.

-Mais c'est...


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MessageSujet: Re: Traumatisme [solo]   Dim 23 Fév - 1:23

Malaise... Malaise... Qu'il persiste ce malaise... Ne peut-il s'estomper un peu ? Un bref moment ? Cette plaie béante en son sein... N'est-il pas, pourtant, le meilleur des maris ? Ne s'est-il point donné tout entier à cette perle ? Une perle constamment enveloppée d'acide. Que son doigt l'effleure avec tendresse, son insistance ne lui coûte rien d'autre qu'une affliction inique. Que cette femme l'accable constamment, elle n'a plus rien à voir avec le joyau fragile de leur première rencontre. S'effritait-elle toujours plus que son désir de la protéger n'en faisait que croître davantage. Il y croyait, il voulait le croire... Leur enfant participerait au rétablissement de son humanité. Désillusion. De voir la chair de sa chair mise aux ordures... Son âme n'a t-il pas le moindre éclat ? Si profondément ancrée dans la noirceur la plus opaque... Y avait-il seulement matière à rétablir quoi que ce soit ?

C'est fini... L'apogée... Son seuil de tolérance de loin franchi, souillé et violé... Explose, le mari attentionné, devant le regard ébahi de sa tendre. Ses iris d'onyx dont rien n'émane, ces mêmes prunelles sortent un instant de leur placidité pour traduire un échantillon de la surprise qui devait alors la prendre. Depuis longtemps invisible, cette fois, enfin, Yoichi trouvait une espèce d'existence dans les yeux de son épouse. Une ultime menace... menace sincère ? Aussi corrosive soit-elle, s'en séparer... cette simple pensée le torture. Une fleur à la beauté inestimable, pour qui il avait quitté sa famille ainsi que la plupart de ses attaches, en échange de quoi tous ses espoirs furent fondés dans cette nouvelle famille... Lui, Matsuki et Muda. En dehors d'eux, rien ne devait plus importer. Le souhait sincère de la faire adhérer à sa vision des choses. Une nuit de méditation. Médite-t-elle ?

La salle de conférence ? Le voilà à présenter son exposé devant ses collaborateurs. Pas la moindre idée du fond de ses propos. Que dit-il ? Une silhouette, en bout de table, capte son attention. Matsuki, le couteau au poing. Que fait-elle ? Un bruit sourd. Le crâne ensanglanté de son bras droit sur la table. Inerte. Une autre giclée d'hémoglobine de l'autre côté. L'image floue de la tueuse se déportant partout dans la pièce. Clair ou obscur ? Le plafond s'effrite. Les murs fondent. Tantôt chaotique, tantôt normal. Les gravats qui disparaissent et réapparaissent à foison. Rien n'est net. Réagir ? Le patron reste simplement bouche bée. Bouche bée alors que s'effondre son monde. Le visage de sa moitié à quelques centimètres du sien. Un premier coup de couteau. Nonchalant. Son buste empalé de part en part. Nonchalant. Sa carotide tranchée. Nonchalant. Aveugle... Est-il aveugle ? L'enlacer. Elle se débat. Serrer plus fort. Le frappe. Rompt son épine dorsale. Cesse de bouger... Qu'elle chauffe, elle en devient brûlante, ardente, au point de le consumer lui aussi. Peu importe. Ses lambeaux de chair réduits à l'état de cendres. Peu importe. Tout s'obscurcit, cette fois, de manière nette. Peu importe. Cet éclat afflictif l'aveugle bel et bien.

Réveil doux. Ce réveil qui promet d'effacer tous les travers passés. Ce réveil mythomane, qui n'en rend que plus vertigineuse la chute. Son bras qui tâte délicatement l'autre côté du lit, avant de saisir violemment les draps. Rien. Se lève-t-il brusquement, son manoir n'en reste pas moins vide de toute présence. Un frisson glacial le long de son épiderme. Sa course achevée dans la chambre de sa fille. Autant vide. Claquent sur le parquet ses genoux anéantis... Le prix de sa nonchalance.

**

Des richesses qui ne cessent de s'amasser sur son entreprise, résultat de sa virtuosité dans la sphère financière ainsi que du soutien apprécié du gouvernement à l'égard des organes économiques du pays. Malgré tout, Yoichi ne s'en sent pas moins insipide. Le siège tourné vers la baie vitrée donnant sur la mégapole de Tokyo. Au sommet de l'un des rares gratte-ciel de la ville, il jouissait d'une vue écrasante sur les maisonnées fourmillant l'horizon. Ces innombrables points, chacun si singulier, guidaient son regard vers des profondeurs qui rendaient inéluctable l'introspection. Une introspection déprimante. Combien d'années depuis ? Une vingtaine ? Un peu moins. Qu'avait-t-il mal fait pour que les choses tournent ainsi en sa défaveur ? Lui à qui tout réussissait ? Trop de temps passé au travail ? Pas assez d'accordé à sa femme ? En revenir à penser qu'il demeure l'effet de son malheur.

Toutefois, ces questions n'ont désormais plus aucun sens. Bientôt l'anniversaire de sa mort, celle de Matsuki. Assassinée et défigurée par un fou furieux. Le souvenir d'un coup de fil de la part de l'un de ses contacts parmi la police. Un coup de fil pour le renseigner d'un meurtre, de celui de sa femme. Les réminiscences de ce jour passé à Kyoto, pour contempler la dépouille de cette pierre précieuse dépouillée de son éclat, autant que de sa noirceur. Pas la moindre animosité. Juste, des remords. Des remords et des regrets. Le remord de cette dispute... Le regret de n'être parvenu à les garder auprès de lui. Ce jour, pas une larme. Le visage profondément digne, aux allures insipides. Néanmoins, son chagrin est resté intact.

Sa plus grande peine, celle de ne rien savoir du devenir de sa fille. Sans doute que Matsuki l'a abandonné dans une déchetterie. Elle la haïssait tant... Oui, à son souvenir, elle ne l'a jamais traité autrement que comme un déchet. Maigre espoir de la revoir les premiers jours. Un espoir ayant lentement cédé, au fil des années, à la résignation la plus pure. Il lui fallait se rendre à l'évidence. Une évidence insupportable. Une rupture. Soudain, le sort de ses pensées la sonnerie de son portable. Qu'il réponde. Les affaires, très certainement, comme il l'a été habitué.

-Comment ? Tu... C'est impossible...


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MessageSujet: Re: Traumatisme [solo]   Jeu 27 Fév - 2:02

Qu'il la fixe, de derrière la vitre, le scientifique en chef. Une pièce austère par où triment ses subalternes. Chacun est affilié à une fonction précise autour de la chose endormie. Une chose qui recouvre l'apparence d'une jeune femme, un tantinet miséreuse sur les bords, aux airs d'animal errant. Exactement 213 kilos et 800 grammes. Un poids lourd dans un corps pourtant bien frêle. Une chair épaisse à en rendre ardue la tâche de la rafistoler. Plusieurs mois qu'ils y travaillent. Non une étrangère d'ailleurs. Une ancienne patiente responsable d'un massacre dans ce même hôpital où l'a reconnu une infirmière. Une infirmière depuis prisonnière de son traumatisme, à la rendre bonne pour l'asile. Quoi de plus monstrueux ? La bête en elle-même ? Ou bien la potentialité d'un être, plus surhumain encore, qui l'aurait mise dans cet état ? La découverte d'une espèce à part entière ? Ou alors, un aboutissement du genre humain ?

Ces interrogations le font frémir. Une infrastructure souterraine réaménagée spécialement pour enfermer ce drôle de spécimen. Souterrains hermétiques, capables de couper le renouvellement en oxygène pour la méthode douce, d'incinérer tout l'étage pour celle forte ; et ce, applicable par le biais d'une ridicule pression sur un malheureux bouton. Quel gâchis ce serait... Une exigence de la part de ces pingouins paranoïaques du gouvernement. Armer leurs sbires de fusils à fléchettes sédatives, n'aurait-ce été amplement suffisant ? Non... C'est bien mieux de se préparer d'emblée à renoncer à l'espoir aussi dantesque qu'opportun de faire progresser la science, au bénéfice de bouseux tout juste bons à brailler leur égoïsme solidaire à la première occasion. Qu'il exagère, évidemment. Sans ces citoyens, ce brave Bob ne pourrait jouir de ses subsides pour ses recherches. Hypocrite qu'il serait à cracher sur ses donateurs, aussi inconscients soient-ils.

Vagues pensées qui se dissipent à l'approche du moment fatidique. Bientôt, le fruit de sa fascination serait extrait de ses songes. Se comprendraient-ils ? Qu'apprendrait-il d'elle ? La hâte, la hâte de découvrir la voix de cette carcasse inerte jusqu'alors. Petite boîte mystérieuse qui n'en arrête pas d'exciter son imagination. L'ouvrir... Découvrir son contenu. Son obsession. Obsession détournée par une arrivée fortuite. Un nouvel arrivant se précipite jusqu'à la vitre, obnubilé par l'objet de leurs expériences, hurlant une espèce de nom. Muda ? Une mauvaise blague ? Emporté par une surprise sceptique, le scientifique observe, nonchalant, les types en lunettes noires fondre sur l'intrus pour le maîtriser. Qu'il se débatte, toute résistance est vaine. Akihide, leur plus haut responsable sur le terrain, s'avance vers lui, rapprochant son visage du sien, comme pour l'examiner.

-Lâchez-moi ! Mais lâchez moi bon dieu de merde ! Je dois la voir ! Laissez moi la voir ! Je vous en prie !

L'un des sbires, agacé par le braillard, saisit violemment sa mâchoire, l'invitant à se faire plus discret. De suite, un geste qui se veut apaisant de la part de l'autorité suprême du lieu.

-Du calme Buichi... Est-ce là une manière d'accueillir ce brave monsieur ?

Le regard qui se reporte sur l'élément perturbateur. Une courtoisie froide. Tout au mieux, cache-t-il son peu de propension à épargner ce parasite. Car en effet, au vu de la sensibilité de l'affaire, Akihide disposait du droit de vie ou de mort sur quiconque menacerait les intérêts du gouvernement. Tout juste avait-il la patience de laisser haleter un temps son interlocuteur, avant de reprendre, l'air faussement sympathique.

-Alors, monsieur... comment ? Vous seriez bien aimables de décliner votre identité. Eh bien ?
-Yoichi... Yoichi Awa...

Une variation dans son expression. Un nom qui, selon toute vraisemblance, ne lui est pas étranger.

-Yoichi Awa ? La troisième fortune nationale ?
-Me prendrez vous plus au sérieux si c'était le cas ?
-Haha... Si je m'attendais à ça... Les coordonnées de cet endroit sont classées secret défense. Comment êtes vous arrivé là ? Oh... Eh puis, peu importe. À vrai dire, vous nous gênez.

Un regard non neutre adressé à ses subordonnés, appuyé d'un vague geste de main. Il ne leur faut rien de plus pour emmener l'importun à l'étage supérieur. Qu'il se débatte et proteste, son passage est déjà passé aux oubliettes. Sans doute fallait-il un miracle pour lui épargner un destin tragique. Des agitations de l'autre côté de la vitre. Le sujet réveillé, sa nervosité atteint des proportions telles que menacent de se déchirer les sangles la retenant. Réactif, le scientifique en chef ordonne aux premières lignes de lui administrer, sur le champ, un sédatif. Trop tard, un premier coup localisé part, puis un second. Un second qui réveille chez l'un, une excitation malsaine ; chez les autres, l'effroi la plus primitive. D'innombrables pieux à la teinte laiteuse s'incrustent dans les parois, traversant même la vitre pour ne laisser d'indemne qu'une poignée d'individus, Bob compris. Akihide transpercé au crâne, le scientifique en chef somme tous les survivants de quitter les lieux.

Qu'ils s'empressent de remonter... Avec la peur au ventre d'être rattrapés par cette espèce de monstre... Qu'avaient-ils là réveillés ? Une abomination qu'il aurait sans doute mieux valu achever immédiatement au lieu de la requinquer comme ils l'ont fait. L'unique issue vers les souterrains scellés par les épaisses portes coulissantes et automatisées, il leur fallait maintenant prendre une décision, et ce, dans les plus brefs délais.
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MessageSujet: Re: Traumatisme [solo]   Lun 10 Mar - 7:50

Qu'il proteste à vive voix, l'indésirable, ce n'était pas ses quelques séances de yoga qui allaient l'aider à se dégager de l'étreinte des deux mastodontes sur-entraînés. Mine de rien, une vivacité que Yoichi n'aurait jamais soupçonné de lui-même. L'embouchure d'une vie insipide ? Fracassant raz-le-bol de la monotonie ? Cette explosion... n'abrégerait-elle pas son existence de manière prématurée ? Le genre de moment où ses geôliers discutaient sur la façon la plus appropriée pour faire disparaître le cadavre, le sien. Moment adéquat pour paniquer chez tout-être normal, surtout les insatisfaits. Pourtant, malgré tous les regrets et remords le tiraillant, cet avenir qui le menace ne l'émeut guère. S'il n'a toujours pas vécu, repartir seul, Yoichi était, à tous les coups, condamné à l'abysse. Que sa consœur le prenne, à l'instant, cela n'avait, à ses yeux, aucune espèce d'importance. Si près... Si près de son but...

Le souvenir d'un coup de fil. Au bout de l'appareil, l'enquêteur jadis engagé par ses soins. Tant d'années de silence pour brusquement lui annoncer qu'il a certainement retrouvé sa fille. Le voilà, à expliquer son cheminement. Le meurtre de sa femme. L'absence d'un second cadavre sur les lieux du crime. L'identité de son assassin. Un assassin décédé dans une petite ville de l'archipel. L'anecdote d'une jeune femme, dont le profil pouvait correspondre à celui de Muda, trouvée à son domicile, inconnue de l'administration japonaise. Disparue après une affaire obscure passée à l’hôpital. Depuis, aucune trace, jusqu'à dernièrement. Une espèce de séisme localisé à la seule ville de Karakura. Des fuites d'une trouvaille curieuse. La même fille selon elles, sans le moindre doute possible. La vitalité retrouvée, il n'attendit guère plus d'un instant pour jouer de ses relations, et ce, dans l'unique dessein de retrouver son trésor. Non loin de lui, des bruits de là où il avait été éjecté le font émerger de son état de semi-hypnose. Des visages familiers.

*

-Monsieur ! Nous ne contrôlons plus rien... Il faut appliquer le protocole !
-Je sais...
-Le chef est mort... Cette affaire est maintenant votre responsabilité ! Vous devez supprimer le sujet !
-Je sais...
-Monsieur !

Qu'il explose, le nouveau responsable fond sur son subordonné trop insistant, le poussant dos au mur, son avant-bras sous la gorge de ce pipelet si contrariant...

-Merde ! Tu veux pas me lâcher la grappe un moment ? Je ne suis pas sourdingue ! Je sais tout ça ! Je le sais ! Oui, foutre-merde, je le sais ! Je te conseille de... te rentrer ça bien profondément dans la tête... à moins que tu ne veuilles être mis en pâture à cette chose. Auquel cas je serais ton homme. Suis-je bien clair ?
-Oui monsieur... Veuillez m'excuser...

Irrité, le scientifique en chef le relâche. Qu'il se masse les tempes, cette crevure de fonctionnaire n'en a pas moins raison. La situation échappe totalement à leur contrôle. En de pareilles circonstances, il ne pourrait donner d'autre ordre que de faire incinérer l'étage inférieur dans son intégralité, jusqu'à ce qu'il ne reste plus que des cendres de ce monstre ; bien qu'il soupçonne qu'étouffer ce truc soit plus efficace. Ses dents grincent sous la pression de sa mâchoire. Ce gâchis... N'y-a-t-il vraiment rien à faire ? Aucune autre solution ? Une voix au loin le sort de ses préoccupations. Celle de l'intrus de tout-à l'heure. Le ton alors entrepris. N'avait-il pas l'air de connaître cette drôle de bestiole ? Appeler ces automates sans personnalité pour qu'ils lui ramènent l'objet de sa curiosité.

-Pardon, Yoichi ? Vous êtes familiers de cette créature ?

Des regards noirs de cet homme dressés à son encontre. Selon toute vraisemblance, ses dénominations sont loin de lui plaire. Si proches ? Une étincelle dans ses yeux.

-Je suis bien impoli... Je veux dire... connaîtriez vous cette charmante demoiselle d'en bas?
-Je crois que c'est... ma fille...

Les sourcils froncés de Bob. Cet homme... Est-il barré ?

-Comment ça « vous croyez » ?
-J'ai plusieurs indices qui me confortent dans ce sens. Je vous en prie... j'ai besoin de m'en assurer... Laissez moi la voir !
-Euh... Je doute que vous soyez conscient de comme votre « fille » est dangereuse. Je sais pas, mourir sur un doute, êtes vous sûr de ça ? C'est vraiment ce que vous voulez ?
-Je vous ai entendu, vous l'éliminerez de toute façon... Si je devais découvrir plus tard que c'est ma fille que j'ai laissé mourir ce jour-là... Je... Non... Je refuse même d'y penser...

L’œil déterminé, incrusté de manière franche dans les siens. Ce regard le frappe.

-Laissez moi la voir !

Ce fou est sérieux... Un rictus qu'il peine à contenir. Quelle veine il avait là...

*

L'interstice se referme derrière lui. Désormais, plus question de faire demi tour. Surveillé par l’œil optique des caméras. Un homme l'ayant écouté, au mépris complet de l'avis de tous ses subordonnés. Une chance donnée qu'il ne gaspillerait pas. Chance donnée de la sauver. S'il devait échouer, ils mouraient ensemble, tous les deux. Un destin pas si déplaisant. Du moins, jusqu'à ce qu'il arrive au bout de l'escalier. Le néon oscille dans la pièce derrière la vitre, ne donnant que quelques fractions de seconde entrecoupées pour laisser deviner le carnage passé ici-bas. Cette atmosphère lugubre...

Qu'il entre, le pas prudent, il balaye du regard les environs. Où est-elle ? Ce bazar... Que ça tambourine dans sa cage thoracique. L'excitation de la revoir ? L'effroi de disparaître prématurément ? L'appréhension de se tromper ? Des sanglots. La voilà. Au coin de la pièce, recroquevillée sur elle-même. Enjamber le cadavre d'un infirmier pour s'en approcher. Les prunelles humides. La vision floue. Il pleure ? S'essuyer les paupières. Pour quelle raison ? Ces années de solitude... Sa vie mortifère... Ce constant renfermement... Visages hypocrites à feindre de compatir à sa peine. Dire qu'il n'aura été capable d'aimer que ce monstre... Et leur progéniture visiblement pas moins monstrueuse. Un indice qu'il ne se trompe pas ? Figé derrière elle, à tenter de la reconnaître. Le miracle de n'être atteint par l'ambiance menaçante de l'environnement. S'abaisser à son niveau, ses doigts s'approchant dangereusement de son dos. Un timbre de voix hésitant.

-Muda ?
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MessageSujet: Re: Traumatisme [solo]   Mar 8 Avr - 16:16

Meurtrie. Ce monstre... Il la meurtrie. Cette chose... Si les ténèbres alentours rendent malaisés l'identification du mal, il n'en est pas moins là. Silhouette imposante. Silhouette horrifique. Silhouette menaçante. Cette ombre à peine garnie de deux lueurs inquiétantes pour signifier son regard. Cette ombre... elle la toise, suffisante et surpuissante. Elle, créature miteuse et pathétique, s'affole à l'idée que cette abjection puisse rompre d'un pas le lointain les distançant. Cligne-t-elle des yeux que plus rien ne la protège désormais de la confrontation. Cette bête la surplombe, les pieux dirigés à son encontre. Qu'il s'éloigne... la laisse... s'en aille... Recroquevillée sur elle-même, apparaît là son refus d'affronter son funeste destin. En paix... Qu'il parte... Pars...

Une lumière elliptique l'aveugle, l'enveloppe et la dévore. Une consœur l'accueil, l'agresse et la nargue. Boule lumineuse au plafond... ô combien désagréable... que ses proies se plaisent à installer dans chacun de leur habitat. Leur dispositif défensif spécialement conçu pour nuire aux prédateurs de son espèce. Cette arme assaille sa rétine exorbitée de douleur. Qu'elle se débatte de toutes ses forces, des liens la tiennent fermement attachée à une sorte de table. D'abord éblouie, des formes floutées intègrent peu à peu son champ de vision. Nombreux à tourner autour, à essayer de l'immobiliser. Menaces... Qui sont-ils ? Menaces... Où est-elle ? Menaces... Que lui veulent-ils ? Menaces... Leurs mains tenant son buste, proches de son cou... L'étrangler, ils cherchent à l'étrangler. Si difficile de respirer... Suffoque... Halètements bruyants. Elle étouffe.

Si près du trépas... L'un d'eux approche de sa peau une aiguille. Une arme... L'en empêcher... Soumise à une trop forte tension, l'une des sangles s'arrache, libérant son bras. Aussitôt, un violent revers de poignet propulse l'homme à la seringue contre le mur. Est-elle alors sur le point de se dépêtrer entièrement de ses entraves que tous redoublent d'effort pour la maintenir emprisonnée, en attendant de récupérer la seringue projetée au coin de la pièce. Tenue dos à l'air, la panique s'accentue. Confinée. Claustrophobie ? Agoraphobie ? Le besoin vital de se sortir de cette situation... De part en part, craque son épine dorsale. Elle ne leur a rien fait... Pourquoi l'agressent-ils de la sorte ? Brûlée, pourfendue, frappée. Ces visages... Pourquoi tous ? Contre elle ? Seule. Oppressée... Se sauver... Enfermée... Se libérer... Asphyxiée... Respirer... L'explosion. Multitude d'épines qui s'encastrent dans la chair, puis contre les parois.

Moment de flottement. Des soupirs et gémissements quand se rabattent ses épines. Se relève-t-elle qu'accélère sa respiration. Une déportation pour se trouver nez à nez avec le seul debout, le seul indemne, de tous. Ses serres agrippent sa mine ahurie pour l'écraser frénétiquement contre le sol, jusqu'à perdre toute emprise au creux de sa poigne visqueuse. Qu'elle s'acharne, ensuite, sur un malheureux déjà agonisant du premier assaut. Sauvagerie, à arracher ses membres. Le cou du malheureux qui se dérobe du reste d'un renfermement de mâchoire. Elle le voit toujours bouger. L'écorcher. Il bouge. Tirer de son buste ses entrailles. Bouge. L'éparpiller en morceaux. Qu'il meurt... Ne rien en laisser. Ne veut-il pas mourir ? Une mare d'hémoglobine dont la Muda se fait le noyau. Continuer... S'acharner sur les carcasses prises au piège avec elle. Monstres. Des monstres. Tous des monstres... L'expression démente. L'état second.

Plus rien. Il ne reste plus rien à massacrer. Un exutoire bien trop lacunaire pour sa rage inintelligible. Non de la rage, l'expression d'une terreur des plus primitives. Animal blessé, poussé à bout, dont les murs se font les nouveaux souffre-douleurs ; supportant l'impact de ses coups. Se creuse les parois. Se fissure le plafond. S'empoussière le sol. Vacille la lumière pour lui apparaître moins nocive.

Le silence. Un silence jouissif. Plus âme qui vive aux environs proches. Sa vue qui se brouille. Ses jambes qui frémissent puis s'affaissent. S'effondre, étendue par terre. Ses forces la quittent, paraissent s'évanouir hors de son corps. Ces effets... dus à sa sortie prématurée du coma ? S'affaiblit progressivement. Le carrelage chaud et humide sur ses joues rougeâtres. Le regard creux, comme vidé de son âme. Ce n'est pas inconfortable. Plaisant, même. Se tenir là. Ne plus jamais esquisser le moindre geste. Indolente. Qu'on la laisse tranquille. Peut-elle ainsi savourer ce moment paisible. Germe de cette béatitude fantomatique quelques réminiscences du passé. Le doux sentiment du souvenir de cette fois là. Ces bonnes personnes l'ayant nourrie malgré sa hargne d'alors. Chaudes émotions, pour en revenir à la solitude. Seule... Que fait-elle ici ? Comment s'est-elle retrouvée là ? Elle, une prédatrice. Eux, des proies. Ironie du sort que d'avoir été ainsi enfermée et acculée par de si ridicules créatures.

Vivre telle une proie... Une proie ? Un malaise. De la peur. De l'aide... Qu'on l'aide. Ramper, se traîner jusqu'au coin de la pièce. L'invisible l'écrase. Se protéger. Se recroqueviller sur elle-même. Tremblotante. Qu'on l'aide...

-Papa... Papa...

Pourquoi a-t-il fallu qu'il disparaisse ? Ce besoin d'être rassurée, de se sentir en sécurité, par celui là même qui fit d'elle le monstre que tous visent à détruire en concert. Son visage se crispe. Sa figure lui pique... Des larmes. Douloureux... Des gémissements. Douloureux... Empêtrée dans un monde intérieur d'affliction. Frappe aux portes de sa conscience des vibrations. Une voix, derrière elle. Tressaille puis attrape presque instantanément le poignet de la menace. Cette voix... Ce mot... Un son familier. Son nom ? Muda ? Un frisson vient taire ses turbulences émotionnelles. Ses iris de rubis dévorent ce qui leur sont donnés de voir.

L'apparence humanoïde. L'air inoffensif. L'expression douce malgré que son poignet se fasse écraser par sa poigne. Qui est-il ? Ne souffre-t-il pas ? L'habitude de voir ployer ses vis-à-vis dès lors que la Muda révèle une parcelle de ses capacités intrinsèques... L'incompréhension sur sa figure de voir un autre scénario se profiler devant ses yeux. Pourtant, son odeur... la même que son gibier ordinaire. Rien à voir avec les autres monstres déjà rencontrés. Fascination. Une fascination réciproque. Comment connaît-il son nom ? Cet étranger... Ses sens ne lui donnent aucun indice de son identité. Un parfait inconnu. Mais alors, pourquoi cette familiarité ? Cette envie qui lui prend de...

-Qu...

L'enlace, cet homme. Son intuition d'ordinaire si aiguisée s'est là laissée prendre au dépourvu. Ses réflexes, eux aussi, si sanguinaires en de pareils viols de sa sphère intime, ne trouvent ici trace en son enveloppe charnelle. Cette sensation familière... de pouvoir se reposer sur une autre personne. Cette affection... qui fait se sentir vivant.

-Papa ?

Abasourdie. Ce jour... Il n'est pas mort ? Ne l'a-t-elle pourtant pas dévoré tout entier ? Peu importe ce que lui susurre sa raison, la situation est accablante. Ses émotions virevoltent, se cherchent, pour finalement fondre en un larmoiement incontrôlé. Son poignet relâché, la Muda se retrouve, elle aussi, à le serrer dans ses bras, son paternel retrouvé. Ses larmes séchant sur l'épaule de son père retrouvé. Enfin retrouvé...

*

Deux hommes côte à côte devant une vitrine. De l'autre côté, cette drôle de bestiole nue comme un vers en train de se faire laver par quelques anonymes en combinaison. De la difficulté qu'ils avaient eu à la décrasser au moment d'embarquer le paquet quelques mois auparavant, la grosse boucherie de tout-à l'heure avait vite fait de ruiner tous leurs efforts hygiéniques. Miracle que cet homme tiré à quatre épingles soit parvenu à maîtriser ce monstre. La surprise de les retrouver enlacés l'un l'autre au centre d'une hécatombe. Peu évident que ce fut de convaincre une poignée de plots de retourner dans cette pièce faire le ménage. Faire intégrer une dose de sédatif à cette chose ? Chose qui ne serait toujours pas faite sans son volontariat inopiné. Ce regard à glacer le sang... Lui même n'aurait pas bougé d'un pouce sans ce catalyseur mystérieux. Sans conteste, son pari, Bob l'a gagné. Quel gâchis cela aurait été de ne se contenter que d'une séance de dissection pour prendre acte de la vraie nature physique de cette trouvaille. Et puis... n'est-ce pas beaucoup plus enthousiasmant d'observer l'expression concrète de capacités surhumaines plutôt que de l'analyser sous le prisme tacite de ses composantes biologiques ? À ce titre, la technologie contemporaine suffisait amplement à tirer de ce corps bouillonnant de vie autant d'information qu'un cadavre, si ce n'était plus.

-Ces gens, comment les avez-vous convaincu ?
-Hum ?

Suit-il le regard de son interlocuteur qu'il ne lui en faut pas plus pour replacer sa question dans son contexte. Un monstre humanoïde ayant sauvagement déchiqueté, en l'espace de quelques secondes, une dizaine de personnes, sans que celles-ci ne puissent rien faire. Convaincre après coup quiconque de s'enfermer dans un espace restreint et sans issue pour faire la toilette de cette bête... Oui, l'interrogation a un petit quelque chose de légitime.

-Ho, c'est simple. Ils ne savent rien de ce qu'il s'est passé.
-Je vois.

Un masque de surprise sur sa trombine. Aucun juron ? Pas même une petite remarque moralisatrice ? Comme si, à ses yeux, rien d'autre que sa fille prétendue n'avait d'importance. Son peu d'empathie au devenir des victimes des souterrains l'avait certes, déjà interloqué. Tout-au plus s'était-il expliqué ce manque par les vues suicidaires de cet homme, jusqu'à ce qu'advienne ce miracle. Mais ce type... N'est-il pas légèrement dérangé ?

-Vraiment ? C'est tout ce que ça vous fait ?

Aucune réponse. Enterrée sa loquacité ? L'impression de discuter avec une machine. Au fond, voilà qui arrange bien ses affaires. Cette fille outre-vitre bien mal à l'aise de cette proximité violente. De temps à autres, des réflexes qui tendent au meurtre, aussitôt refoulés après un regard porté sur son paternel.

-Je n'arrive toujours pas à m'expliquer comment vous pouvez être son géniteur. Êtes vous sûrs de ça, d'ailleurs ?
-Ses yeux... Ce sont les mêmes que ceux de sa mère. Et... quand je l'ai désigné par son nom...
-Son nom ?
-Le jour où notre fille est née, Matsuki est rentrée dans une rage folle pour que j'accepte le nom qu'elle lui avait donné. Muda. Quand j'y repense, je me dis qu'elle l'a toujours perçu comme un parasite. Et pourtant, cette fois là... elle a disparu et l'a emporté avec... Même maintenant, je ne sais rien de ce qui a pu lui passer par la tête à ce moment là... Sans doute suis-je optimiste de croire l'avoir un jour comprise... Reste que je n'ai jamais abandonné de la retrouver... C'est elle. Je ne me trompe pas. Je le sais.

Un blanc dans leur conversation. En même temps, que pourrait-il répondre à ça ? Curieuse histoire que voilà. Curieuse famille, surtout. Qu'il le fixe, soudainement, avec une force considérable. Quelque chose de glacial dans l'atmosphère...

-Vous n'en ferez pas un rat de laboratoire. Pas tant que je respirerais.

_________________


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