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 Birds of steel ? [Melody]

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MessageSujet: Birds of steel ? [Melody]   Mar 11 Fév - 19:09

Les mois défilèrent, et avec eux nombre d’escarmouches, de découvertes ou bien encore de rencontres. Toutefois rien de comparable avec la gigantesque bataille durant laquelle Yachka s’était retrouvée face à de redoutables monstres de puissance. Sa convalescence fut longue et éprouvante, semée de doutes. Les paroles de l’agent humain à l’aura de glace s’insinuèrent dans son esprit. Celle qui se faisait nommer autrefois le Fléau des steppes ou tout simplement la Mort en armure de jais se retrouva une nouvelle fois en proie à de terribles questionnements sur sa condition d’être surnaturel. Elle n’avait pas tardé à comprendre toute l’ampleur de cette guerre aux allures de récits fantastiques ou apocalyptiques. L’éternelle campagne manichéenne, la quête et conquête de territoires au nom du bien, du mal, d’une idée relative et malléable selon le bon vouloir de chacun. Car ce concept n’est pas un fait établi, propre aux êtres doués d’une intelligence. Il est façonné puis et assimilé en chacun d’eux et de manière propre à chacun. De même que les principes ou les valeurs diffèrent selon l’individu sujet à la question, la notion de bien ou de mal reste fondamentalement subjective. De sorte que Yachka croyait profondément en sa version des choses, quitte pour cela à éradiquer dans la mesure du possible toute notion contradictoire.

Mais malgré ses connaissances en matière de combat, son pouvoir ou ses autres prédispositions plus subtiles l’immortelle avait été dans l’obligation de revoir sa conduite, de se tempérer. Sans pour autant altérer sa fougue elle ne se contentait plus de parcourir les rues en fauchant ces misérables mortels et ce malgré leurs innombrables provocations. Elle ne semait plus le chaos dans son sillage, ou très peu car il lui fallait bien entretenir le brasier qui à son tour devait lui fournir les forces nécessaires dans l’accomplissement de son existence pluri centenaire. Là encore il fallait donc faire preuve de ruse et élargir son champ d’action afin de ne pas frapper là où on pourrait l’attendre. Pour l’heure donc le cavalier de l’Apocalypse jouait plus qu’il ne menait campagne. Et ses pérégrinations l’amenèrent souvent en des lieux reculés, surprenants, instructifs. Une autre soif à étancher, moins sanguinaire.


- Dans quel monde ai-je bien pu renaître, Kryuk ? Quelle est donc cette sorcellerie…


Derrière l’épais heaume finement orné de motifs triviaux à la signification depuis longtemps oubliée par ses pairs les amandes glacées de la jeune femme s’écarquillèrent, clignèrent comme pour ôter le doute quant à la nature de ce qui défilait devant son regard médusé quelques centaines de mètres plus loin. Après plusieurs heures d’errance à travers les quartiers en périphérie de la ville sa monture famélique mais aussi increvable qu’elle se mit à longer un muret surmonté d’un grillage. Sortes de murailles modernes censées protéger les lieux contre l’intrusion de ces pitoyables insectes nommés Humains. Les choses situées au-delà du rempart dérisoire laissèrent toutefois la cavalière sans voix. Tirant un instant sur les rennes pour stopper leur course, elle en profita alors pour mieux observer. Et chercher une explication. Car il était naturellement inconcevable pour un être de son époque, d’imaginer qu’un objet de la taille d’un manoir puisse voler. Qu’il puisse contenir autant de péons, ne posséder aucune similarité avec les volatiles habituels et… S’envoler, embrasser les cieux sans le moindre battement d’aile. Et ce bruit, insoutenable, dont la puissance était décuplée par le port du heaume essentiellement fait de métal.

Par curiosité, et pour ne pas souffrir davantage elle ne s’attarda pas plus longtemps et reprit la route mais cette fois vers un objectif bien défini. Ses collectes d’âmes apportaient toujours en plus de l’essence vitale nécessaire au bon fonctionnement de son don une quantité d’informations aussi diverses et variées que le permettait un cerveau humain. Elle avait ainsi pu connaître l’existence de ces choses et leur utilité sans jamais les voir de ses propres yeux ni donc confirmer leur existence. C’était chose faite. Restait à connaître leur fonctionnement, et leur possible utilité concernant ses plans. Elle se dirigea donc sans attendre vers ce qui ressemblait à une entrée puis démonta avant de pénétrer dans l’enceinte du complexe sous le regard de badauds. Personne ne chercha toutefois à l’aborder dans un premier temps puisque l’aura aidant, tout organisme vivant l’approchant de trop près se mettait aussitôt à dépérir puis mourir. Les premiers volontaires jonchant désormais le sol en crachant leurs poumons, il n’est alors pas difficile de s’imaginer avec quelle aisance le reste de la populace enregistra l’échec d’une telle manœuvre.

D’autant qu’à cette heure le hall central ressemblait davantage à une fourmilière qu’à un complexe de transport moderne, ce qui eut pour effet d’éprouver très largement le sang-froid et la patience de Yachka qui malgré tout se fraya un chemin dans la foule apeurée. Son regard impérial ne quitta pas un instant le tarmac où étaient stockés puis envoyés ces gigantesques oiseaux déplumés. Le seul bip insistant d’un portail détecteur de métaux suivit d’ordres vociférés détournèrent son attention. L’agent en charge de la sécurité ne souhaita visiblement pas qu’elle poursuive sa route. Le pauvre n’avait malheureusement pas conscience de la gravité de la situation.


- Carnaval ? Garde-à-vue ? Police ? Cessez donc vos jérémiades insensées pécore, et ayez l’obligeance de vous ôter de mon chemin. Vous m’obligeriez…


Devant la ténacité du bougre et voyant sa main se rapprocher de son ceinturon, elle comprît que l’issue ne serait pas celle désirée. Déjà la pression spirituelle augmenta et avec elle la densité du gaz. Les derniers grains de sa patience venaient de rejoindre le fond du sablier.

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MessageSujet: Re: Birds of steel ? [Melody]   Sam 15 Fév - 12:43

Les bruits de réacteur de part et d'autre du terminal manquèrent de lui coûter un tympan. Son ouïe déjà sensible était encore exacerbée sous le coup de la fatigue. Et pour être fatiguée, ça, Melody l'était. Le décalage-horaire du voyage aller n'avait pas eu le temps de se résorber que déjà elle s'infligeait celui du retour. Même s'il aurait été facile de rester un peu plus longtemps, elle ne pouvait – ne voulait – se permettre de s'attarder. Car sans cela, elle savait que tous ses souvenirs continueraient d'affluer, mais cette fois les bons comme les mauvais, ôtant à sa terre natale ses airs de havre de paix. Elle avait fière allure, avec ses bandages de tous les côtés : il s'en serait fallu de peu qu'on croie qu'elle s'était préparée pour une soirée déguisée.

La plupart n'avaient déjà plus leur utilité, cependant, l'un des bons côtés de ces étranges pouvoirs étant d'écourter sensiblement sa convalescence. Quelques jours, et il n'y paraîtrait plus. Mais pour le moment, sa mode personnelle serait au « une momie dans la ville ». Même si elle espérait tout de même être un peu plus agréable à voir que les tas de bandelettes semi-décomposé que l'on voyait régulièrement dans les films... À peine cette pensée lui eut-elle effleuré l'esprit que l'air autour d'elle lui parut s'emplir d'une odeur nauséabonde qui manqua de lui faire rendre le peu qu'elle avait dans l'estomac.

Déjà que le plateau-repas était pas fameux dans un sens, je doute qu'il soit meilleur dans l'autre... se justifia-t-elle auprès de cette révolte intestinale. La vague de dégoût passée ou du moins vaguement dissipée, sa main couvrant nez et bouche pour en atténuer les effets, la soudaineté et l'ampleur de la chose la poussa à vouloir en connaître l'origine. Aussi regarda-t-elle tout autour d'elle d'où cela pouvait bien provenir... Et trouva sans trop de mal, regrettant aussitôt sa curiosité. Jaugeant de son regard d'émeraude cette nouvelle curiosité, elle oscillait entre perplexité et consternation dans un équilibre précaire.

Depuis qu'elle était entrée sans trop comprendre pourquoi ni comment dans « ce monde », ça n'en finissait plus. Elle passait de l'une à l'autre, sans discontinuer. Sans jamais pouvoir s'arrêter. De curiosité en anomalie, en passant par les erreurs de la nature. Pourquoi moi ? ne pouvait-elle que se demander. Comme si l'univers entier lui en voulait et avait à ce titre décidé de lui faire la totale. Déjà que j'ai pas demandé à monter sur le manège, si en plus j'ai droit à des tours gratuits... Et une fois de plus, en dépit du fait que son bon sens la pressait de quitter les lieux, elle allait finir par s'en mêler. Parce que c'était plus fort qu'elle : elle se sentait concernée. Altruisme, quand tu nous tiens. Fait chier.

Enjambant avec prudence les corps tordus de douleur que la créature en armure avait semé ça et là dans son sillage, ne pouvant de toute façon plus rien pour eux, la guitariste s'approcha comme elle le put. C'est à dire laborieusement, forcée de jouer des coudes pour se frayer un chemin dans la foule, son sac de voyage à la main et sa guitare sur le dos. Joie. Quand enfin elle parvint à leur hauteur, ce fut pour constater que cette chose, quoi qu'elle puisse être, était déjà sous la menace d'un revolver – ou sur le point de l'être. Expirant lourdement, l'adolescente força le passage parmi les badauds pour venir se dresser entre elle et l'agent de sécurité – qui ne connaissait pas sa chance. Se forçant à paraître aussi radieuse que sur scène, elle se jeta à l'eau :

Ah, c'est là que tu te cachais ! Sans laisser le temps à aucun des deux de transiger avec l'incompréhension, elle pivota vers l'argousin. Excusez mon amie ! On se rend à une session de jeu de rôle, et elle a pris la mauvaise habitude de mettre son costume à l'avance pour... S'imprégner du personnage. Vous voyez le genre. Se penchant vers lui, elle continua sur le ton de la confidence. Elle est pas méchante, mais elle est du style à être... Un peu trop à fond dedans, si vous voyez ce que je veux dire. Je lui avais bien dit que la peinture au plomb pour son armure c'était dangereux, mais elle m'écoute jamais !

Ayant brodé cette histoire en une fraction de secondes, elle n'était pas sûre du crédit que le brave homme pourrait y accorder, surtout en terre nippone. Mais pour avoir déjà eu maintes fois le loisir d'observer les regards médusés des passants à une sortie de convention, lorsque les fans habillés comme leurs personnages favoris se déversaient dans les rues par centaines, elle pensait pouvoir miser dessus dans une moindre mesure. Le commun des mortels voyait les adeptes de jeu de rôle comme de vrais givrés. À elle d'en jouer. Elle espérait en tout cas avoir vu juste en parlant « d'elle » au féminin : sous les sonorités gutturales qu'accentuait l'écho du casque métallique, il lui semblait avoir décelé quelque chose de vaguement féminin. Puisse-t-elle avoir vu juste.

Dans le même temps, elle avait croisé les doigts derrière son dos pour que la cuirassée puisse le voir – elle et elle seule. Une manière de lui dire de jouer le jeu. En espérant qu'elle soit plus coopérative qu'elle ne l'avait été avec le gardien de la paix, et surtout qu'elle comprenne le signal. Difficile de savoir à quoi s'attendre avec cette entité qui paraissait avoir été arrachée à une autre époque – voire même une autre réalité. Avec un peu de chance, l'aura qu'elle émettait lui ferait comprendre qu'elle pouvait voir en elle une alliée, à condition bien sûr qu'elle soit à même de s'en aviser. Melody devant ressembler à un néon clignotant pour quiconque est en mesure de lire les énergies, ce ne devrait pas être bien compliqué.

Suspens. Une goutte de sueur roula sur sa tempe, bien cachée par ses mèches blondes, alors que cette pure invention restait en suspens, soumise au jugement populaire. Bien qu'encore sceptiques pour certains, les spectateurs semblèrent croire au moins en partie à son bobard, puisque la foule qui avait commencé à se masser à l'entour se clairsema dans les secondes qui suivirent. Pendant ce temps, elle chercha un éclat dans le regard du garde qui lui permettrait de savoir si oui ou non son petit stratagème avait fonctionné... Une lueur, un changement d'attitude, n'importe quoi qui puisse lui permettre de savoir ce qu'il avait dans la tête. Enfin, l'intensité avec laquelle il la dévisageait depuis sa soudaine apparition finit par payer.

Dites, vous seriez pas...

Le visage de Melody s'éclaira. Elle porta l'index à ses lèvres pour lui intimer d'en rester là.

Si. Un autographe et on oublie tout ça ?

Soit le type n'était pas bien regardant, soit l'alléchante perspective d'un autographe d'une des vedettes les plus en vue de ces dernières années avait balayé les derniers doutes qu'il aurait pu avoir. Toujours était-il que cet appât du gain l'arrangeait bien, pour le coup, aussi ne se fit-elle pas prier pour signer sa matraque. Un dernier signe de la main et il repartit comme il était venu, non sans qu'elle ait réitéré sa promesse que son « amie » ne causerait plus de problème à qui que ce soit. Les épaules de Melody s'affaissèrent en même temps que son sourire et un long soupir de résignation monta de son buste dès qu'il eut quitté son champ de vision. Bonne chose de faite. Ce qu'il restait d'attroupement se dissipa dans les mêmes temps, l'abandonnant à une solitude que n'atténuait que la source de toute cette agitation.

D'ailleurs, pourvu que ceux qu'elle avait mis à terre s'en remettent, sinon ce serait une autre paire de manches... Elle avait sincèrement l'impression d'avoir désamorcé une grenade sur le point d'exploser. Se retournant, la demoiselle chercha un regard à soutenir dans l'ombre du heaume. Me remercie pas, surtout. pensa-t-elle si fort que cela aurait presque pu se lire au fond de son regard, mais hélas elle doutait fort que cette intruse tout droit sortie de quelque roman fantastique comprenne en quoi elle aurait du lui être redevable. Écartant ces considérations d'un revers de la main psychique, elle en vint aux raisons qui l'avaient poussé à la secourir – outre la situation de crise à laquelle elles avaient échappé de justesse. S'efforçant de paraître aussi amène que faire se peut, elle l'apostropha sans ambages :

Bon ! Maintenant que c'est réglé, et si tu me disais qui tu es ? Ou devrais-je dire ce que tu es ?

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MessageSujet: Re: Birds of steel ? [Melody]   Mar 17 Juin - 23:56

Profitant de la diversion créée par cette curieuse humaine Pestilence rangea discrètement sa panoplie meurtrière. En un claquement de doigts l’air devint moins nauséabond, de multiples tentacules invisibles relâchèrent leur étreinte empoisonnée au grand soulagement des victimes parfois au bord de l’asphyxie. Sa posture se fit plus naturelle, moins froide et autoritaire. Visiblement la créature ayant fait irruption des deux pieds dans le nid de vipères tentait par la présente d’empêcher un massacre. Pour une raison encore obscure, Yachka avait été démasquée. Encore une de ces rencontres surnaturelles, encore l’un de ces apôtres de l’équilibre dont la préoccupation première doit être de traquer les fauteurs de troubles au profil très particulier. Une sorte de milice divine. Le monde en était-il arrivé là ? A dissimuler l’évidence pour le bien de la masse ? Si dans sa prime jeunesse la démone en armure aurait pu comprendre un tel mécanisme de défense, ce ne fut malheureusement pas le cas ici. Et pour cause, à peine s’était-elle éveillée d’un sommeil centenaire qu’il lui avait été donnée l’occasion, plusieurs fois, de rencontrer des semblables. Alors que des siècles durant aucun ne vint jamais la percer à jour, ni même lui proposer des services ou tout simplement se confesser. De quoi prendre radicalement parti pour un idéal bien spécifique, à savoir celui de l’éclatement. Du chaos. De l’éternelle loi du Talion.

Il lui faudrait malgré tout encore du temps pour assimiler à la fois les connaissances nécessaires à son acclimatation tant qu’à la mise en place de sa stratégie de conquête. Du temps, il lui en restait une quantité inimaginable. Ses seules contraintes concernent essentiellement sa force et sa maîtrise du fléau qui jadis pouvait sans mal terrasser des armées entières. Affaiblie par son long emprisonnement, la jeune slave déracinée ne pouvait plus guère aujourd’hui compter sur cela pour assoir son autorité. Elle devrait maintenant jouer de ruse. Quitte à amadouer ses congénères plus puissants, s’en faire des alliés jusqu’au jour où ils ne lui seraient plus d’aucune utilité. Pour l’heure donc, elle se ravisa et suivit la femelle à la crinière d’or par-delà les murs du complexe où une foule dense continuait à errer. Toujours les regards sur son accoutrement atypique, un détail qu’il lui faudrait également changer dans un futur proche. Attirer le regard, cela voulait aussi dire attirer d’autres prédateurs. Un conseil sur ce point, donné plus tôt par un autre de ces guerriers mystiques. Pensée qui d’ailleurs, ramena son attention sur sa compagne de l’instant. En faisait-elle partie ? Était-elle, finalement, un pion dans les rangs de cette milice divine ? A l’entendre, de par la nature de sa question… Rien n’est moins sûr.

- Ce que je suis dépasse l’entendement, pour peu que votre vision soit aussi biaisé que celle de ces misérables insectes. De mon temps, ils se seraient contentés de mettre genou à terre. Le droit royal et divin ne fait donc plus Loi en ce monde ?

Elle s’excusa, intérieurement, de ne pas mentionner certaines phases de son existence. Comme celle lui ayant presque coûtée la vie, et où le fanatisme religieux avait eu là aussi raison de sa supériorité hiérarchique. En d’autres temps, d’autres âges. Comme à son habitude, les prunelles d’argents plissées derrière un heaume aussi étouffant qu’inconfortable ne quittèrent pas son vis-à-vis. Mains dans le dos, la Reine se mit à faire les cents pas sans jamais la perdre de vue. Ni elle, ni le vacarme assourdissant des oiseaux de fer qui hurlaient par-delà le fort cubique. Et pendant ce temps-là, une légion de bras filiformes glissa au hasard le long du pavement grisâtre à la recherche d’informations. Certains osèrent même s’agripper avec douceur sur la semelle de la blonde, sur un ourlet, une mèche de cheveu, afin de récolter et de se munir de réponses sans forcément avoir besoin d’en poser. Encore faudrait-il pour cela, que la proie en question ne s’en offusque comme avait pu le faire une certaine Real et son aura de glace à l’épreuve de toute moisson.

- Dites-moi, jeune enfant, n’y a-t-il donc parmi Nous que des Paladins au service d’une cause juste ? De pitoyables idéalistes cherchant la paix sans au préalable mener une guerre qui devra la précéder ? Mais d’ailleurs, êtes-vous bien des Nôtres ?

Elle n’avait de fait, pas eu le temps de s’attarder sur la nature même de la chose. S’il s’agissait d’un être de chair, d’un spectre ou d’une Elue qui comme elle s’était un jour vue offrir ce fardeau que l’âme humaine ne peut décemment supporter sans que cela ne lui cause sa perte.

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MessageSujet: Re: Birds of steel ? [Melody]   Dim 6 Juil - 22:08

D'humeur conciliante, sa protégée pas-si-petite-que-ça s'était désarmée – tant au sens propre que de la moindre animosité. Melody s'en trouva détendue. Se faire une force de ne pas perdre son sang-froid ne voulait pas dire qu'elle n'était pas sensible à la pression, et celle-ci venait de désenfler brusquement comme on éclate un ballon. J'vais pas m'en plaindre. Pour une fois que ça marche ! Les rencontres avec d'autres entités spirituelles avaient en effet le malheur de se solder presque systématiquement avec perte et fracas – borner le danger à un lieu où on ne pourrait le voir et le subir encore moins en devenant une lutte de tous les jours. Étant l'une des rares élues à avoir toute sa tête et sur les épaules encore bien – ce qui, de ce qu'elle avait pu en voir, avait trait au miracle -, la demoiselle se félicita d'avoir pu pour une fois contourner l'étape des effusions de sang, même si c'était rarement le sien qui abreuvait le pavé.

Si menaçante soit l'armure, son occupante semblait ouverte au dialogue - la changeant déjà de la plupart des cas qu'elle avait eu l'infortune de croiser. La guitariste gagnait à ne pas juger les gens au premier regard mais à plutôt se fier à son instinct – lequel s'était toujours avéré d'une rare pertinence. Discernement fourbi à outrance ou don du ciel, elle ne se prononçait pas sur le sujet, mais s'en accommodait fort bien. En l'occurrence, quand bien même demeurerait encore une certaine réserve, ce qui vivait sous l'épaisseur du métal s'avérait enclin à la mesure et à la réflexion – civilisé, en un mot. Elle lui inspirait confiance, toutes proportions gardées. À tort ou à raison, la britannique s'était vue répéter à satiété la leçon qu'on ne tardais jamais vraiment à le savoir. Pour l'heure et jusqu'à nouvel ordre, elle ne voyait point d'excuse à ne pas lui donner les réponses attendue. Elle-même s'était trop languie d'avoir quelqu'un à qui parler lorsqu'elle était perdue que pour ne pas l'aider.

Essaie quand même. insista-t-elle avec un sourire chaleureux. On va dire que je me considère comme assez ouverte d'esprit dans mon genre.

J'ai vu tant de choses que vous, humains, ne pourriez pas croire ! ironisa sa propre voix dans un coin de sa tête. Il s'en était fallu de peu qu'elle ne le fasse de vive voix, mais corser l'entretien de références cinématographiques inopinées ne semblait pas être une si bonne idée. Si la réplique avait été somme toute spontanée, la seconde question demanda un tant soit peu plus de réflexion de sa part. Si elle en avait parfaitement compris la teneur, la petite amazone se demanda un instant si elle n'était pas elle aussi confrontée à quelque citation tant le propos semblait hors-sujet. Serait-elle vraiment la férue de jeu de rôle que Melody avait imaginé pour les besoins de la couverture ? À moins qu'il ne faille précisément y voir une manière de tourner ladite excuse en dérision. Elle l'aurait sans doute fait elle-même pour relâcher la pression, une fois le danger - façon de parler : vient un temps où même les armes à feu ne vous font plus peur – écarté. Elle secoua la tête sans se départir de sa mine espiègle. Bon bah... Jouons le jeu, hein ?

Eh non, ma bonne dame ! Les gens ne respectent plus rien. Bon, en même temps, je suis mal placée pour parler, pauvre païenne que je suis. Par contre, excusez-moi mais est-ce que je peux vous demander votre â... Votre année de naissance ? Simple curiosité.

De mon temps, avait-elle dit, mais de quel temps parlait-elle ?
C'était là le mystère qu'il lui faudrait élucider en premier lieu pour poursuivre ce dialogue qu'elle aurait voulu plus simple. L'adolescente préférait largement chercher des réponses à se retrouver sous le feu nourri d'un nouvel ennemi, même si ce n'était pas ce qui lui éviterait une migraine carabinée si la situation perdurait. Son regard de jade tomba une fois de plus sur l'armure, s'attardant sur ses nuances similaires. Ce qui aurait pu – avait dû - être un outil d'intimidation remarquable en d'autres temps en était réduit au statut d'attraction pour les regards indiscrets du tout-venant. Bien que sa connaissance en costumes soit bornée à ceux qu'elle avait elle-même porté – même si ça en fait un sacré paquet -, Melody pouvait dire sans même avoir à la toucher que cette cuirasse était authentique. Et quant à savoir comment elle se l'était procurée – ou d'où elle ressortait pour l'avoir tout ce temps gardée -, il n'y avait qu'elle à pouvoir la renseigner.

Silencieuse mais attentive, Melody suivit du regard sa vis-à-vis alors qu'elle rôdait de droite et de gauche, s'amusant de la curiosité empreinte de défiance que dénotait sa gestuelle. Laquelle paraissait fluide et naturelle en dépit du poids manifeste de l'armure, trahissant sans délai les facilités physiques inhérentes à leur condition commune. Si elle s'était pour sa part réjouie de bien moins pâtir du transport de sa guitare, qu'est-ce que ce devait être quand on véhicule une pareille masse métallique à toute heure – s'en séparer étant quelque peu plus malaisé que de déposer un étui à son côté. La guitariste se raidit mais n'eut aucun mouvement de recul quand ce qu'elle pensait être le pouvoir de cette âme cuirassée – en même temps, qu'est-ce que tu veux que ce soit d'autre, pauvre truffe ? – entreprit de l'examiner de plus près. Même si la manoeuvre était assez cavalière que pour s'en offusquer, elle choisit dans un premier temps de n'y voir qu'une maladresse.

Aussi ne broncha-t-elle pas, bien que rigidifiée par un malaise de circonstance, laissant l'inspection minutieuse s'effectuer en paix tant que point de menace n'en transpirait. Elle effleurait l'une des mains qu'elles étaient seules à voir pour en cerner la nature quand l'interrogatoire reprit.

Oh que non... J'aimerais bien, mais c'est même tout le contraire ! Encore qu'on ne peut pas dire que je sois moi-même bonne à grand chose, mais au moins je sais me tenir. Pour le reste... Et bien, je ne suis pas sûre de comprendre tout ce que vous dites, mais...

Elle se visualisa tournant la clé de la volonté dans la serrure du pouvoir. En un instant, son aura explosa autour d'elle avec une brillance que les plus fastueuses décorations de Noël lui auraient envié. Melody elle-même fut obligée de fermer les yeux pour ne pas en perdre l'usage quelques secondes durant, ce qui ne l'empêcha pas de devoir étouffer un gémissement plaintif. Depuis son séjour au pays, son pouvoir avait encore grandi. Le garder en cage était de plus en plus compliqué malgré la gymnastique spirituelle à laquelle elle se pliait chaque matin pour en consolider les barreaux. Faute de pouvoir le réguler, du moins devenait-il urgent que la soliste apprenne à l'escamoter. Elle était déjà assez repérable comme ça, pas besoin de se tracer une cible sur la poitrine en supplément. Ce n'est qu'une fois au centre de ce déferlement qu'elle se fit la remarque d'en être revenue au vouvoiement – le parler de son interlocutrice y étant pour beaucoup. Avant que son halo de puissance ne prenne trop à la gorge, elle remit en place son verrou psychique, posant une main sur sa hanche alors que l'ambiance distordue revenait à la normale.

Est-ce que ça répond à votre question ?

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MessageSujet: Re: Birds of steel ? [Melody]   Mar 12 Aoû - 16:13

Comme à chacune de ses moissons, le regard étincelant de Yachka se perdit dans le vague, vitreux. Mort. Pour mieux se focaliser sur l’information reçue, décortiquée et stockée à une vitesse incroyable au plus profond de son être. Des connaissances aléatoirement prélevées, mais qui l’aideraient sans doute à en apprendre toujours plus sur son environnement. Mais aussi sur son interlocutrice, d’apparence si jeune et pourtant si confiante. A croire que dans ce monde moderne ne demeurait que les pitoyables vestiges des innombrables dangers auxquels s’exposaient autrefois les insouciants. Ou alors ces problèmes avaient-ils eux aussi, évolué. Alors le schéma ainsi retourné la mettrait probablement dans une position délicate. Sa vision des choses, obsolète, à l’image de son accoutrement improbable. N’était-ce précisément pas là où avaient voulu en venir tous ces curieux humains, démons et anges ayant croisé sa route depuis qu’elle s’était échappée de prison ?

Fin de la lecture, du questionnement. Sombre avenir pour le commun des mortels, mais plus sombre encore celui des êtres doués de pouvoirs car ils s’entredéchireraient jusqu’à la fin de toute chose. Alors que le gibier lui, disparaitra avant eux, avant cela. Une pensée lugubre et plaisante à la fois, qui la fit de nouveau ressurgir des limbes. A temps pour entendre la réplique, donnée sur le ton de l’humour, de l’arrogance dissimulée ou inconsciente, et saupoudrée de curiosité malsaine. Si l’adage veut qu’on ne demande son âge à une dame, dans ce cas précis il en allait de l’outrage pur et simple. Encore une fois, le choc des cultures. Des époques, et des mœurs.

- L’Histoire telle que nous la connaissions, ne se serait abaissée à nous apprendre le Paganisme ni même à l’inclure dans des expressions courantes. Tu ne sais sans doute pas de quoi tu parles, comme la plupart des humains de cette époque m’est avis. Quant à mon âge, je…

Son visage, toujours masqué derrière une épaisse couche de métal, se crispa soudain en une expression mêlée de stupeur et de mélancolie sinistre. Le temps de reprendre sa sentence et sa manière aussi froide que l’hiver, pour contrebalancer cet excès de faiblesse spontanée.

- … Ne sais pas, ne sais plus. Cela n’a jamais eu la moindre importance pour la plèbe. Qu’en est-il en ce monde aujourd’hui, je ne saurais encore le dire. Laissez mon temps au Temps, et il finira peut-être par vous le murmurer.

Sur ces mots tranchants, emplis de promesses futures, le colosse en armure stoppa son errance pour fixer la jeune femme de son regard impassible. Son attention ne se porta guère sur les plaintes infantiles, pas plus que sur ses innombrables tentacules encore en place ça et là. Non. Le poids de son corps, de son âme toute entière se pencha soudainement vers l’aura monstrueuse, la vague spirituelle monumentale qui tentait de la fouetter brusquement, et dont la source se trouvait être cette pauvre enfant à la crinière de feu. Il s’en fallut de peu pour que l’ancienne monarque se fasse avaler, contrairement à sa brume qui elle fut littéralement soufflée avant de reparaître comme toujours. Le changement le plus notable face à cette agressivité sournoise et indicible fut pourtant visuel. Presque mystique. Un œil humain ne remarquerait sans doute pas les marbrures changeantes, la palpitation émeraude d’une armure banale aussi noire que la suie. Son interlocutrice en revanche, qui déjà se vantait d’une telle preuve de force, ne manquerait pas de noter ce changement et par la même de trouver quelques réponses à d’éventuelles questions passées sous silence.

Elle se retint toutefois de lui avouer à quel point sa prestation la décevait. Si tous les êtres doués de pouvoirs qui dépassent le communs, s’étaient jadis amusés à en faire ainsi étalage au grand jour, leur espèce n’aurait pu perdurer jusqu’à aujourd’hui. Un espoir toutefois s’interposa, lorsque la matriarche constata l’ampleur de la chose. Elle avait pu en rencontrer bien plus depuis son éveil que durant le reste de son existence. Cela voulait donc dire qu’il devait en exister un nombre incalculable comme eux et que, par conséquent, les ignares ou les insouciants ne représentaient qu’une minorité. La sélection pseudo naturelle ferait le reste. Utiliser cette gamine dans un premier serait donc fortement recommandé dans le cas où d’autres hostiles viendraient lui chercher querelle. C’est ainsi qu’elle opta pour l’hypocrisie. Après tout, c’est ce qui la maintint en vie pendant des siècles. Entre autres choses…

- Bien souvent, je n’ai besoin de poser mes questions pour obtenir ce que je veux, Miss Melody. Je ne sais si cette intervention est incluse dans vos numéros de troubadour… Mais sachez qu’avec moi cela n’est pas nécessaire. Je dirais même que c’est déconseillé. Voyez-y bien une forme de menace, qu’elle n’est pas pour autant aveugle car j’ai pleinement conscience de votre force. Pouvez-vous en dire autant à mon égard ? Impossible.

Elle porta aussitôt une main à son ceinturon, où Kryuk dormait paisiblement dans l’attente d’un nouveau festin. L’autre se contenta de se fermer sur ses hanches d’adolescente immortelle à peine formées sous l’épaisse muraille palpitant au rythme d’un cœur depuis longtemps assoupi. Impossible, ne faisait plus partie du vocabulaire. Pas depuis la découverte de son fardeau, depuis la découverte de l’éternité. Et du poison qui lui rongerait les entrailles jusqu’à la fin des temps. Impossible, n’est pas un terme qui puisse s’intégrer dans la logique de ce monde. Des esprits guerriers, des Humains dotés de pouvoirs monstrueux… Comment peut-on encore croire à l’impossible ?

Le hasard. Dernier pilier rattachant ce mot au siège de la connaissance. Yachka ne croyait plus à l’impossible, mais s’était évertuée à en faire usage pour cette raison. Sa nature même baignait encore dans le hasard. Surtout maintenant. Elle se dressa donc devant l’autre, releva son poing fermé et le dirigea vers son heaume. D’un geste rapide et franc, elle ôta finalement le masque qui lui couvrait le visage. Sous le murmure de la dépressurisation, sous le voilé verdâtre fuyant sa prison de métal, on le vit bientôt apparaître. Juvénile, pâle comme la mort, innocent et froid. La beauté d’une statue de marbre, aux veines légèrement violacées et aux prunelles d’argent. Ces yeux, qui hurlaient tant de choses à la fois.

- Ne te joue jamais de l’inconnu, petite. J’ai vu bien des dynasties tomber, par excès de confiance. Une force telle que la tienne doit être apprivoisée, où tu retourneras au néant avant même d’avoir pu le regretter. Avant que cela n’arrive, j’aimerais user de tes connaissances. D’une manière ou d’une autre. Pour commencer, il nous faut trouver asile ailleurs.

Et d’invoquer sur le champ sa monture famélique, dans le but évident d’inviter son interlocutrice à forcer les choses.

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MessageSujet: Re: Birds of steel ? [Melody]   Ven 5 Sep - 10:12

Melody dut se faire violence pour oublier le fourmillement inquisiteur à la surface de sa peau. Que ce soit la manière bien à elle qu'avait son interlocutrice d'appréhender le monde qui l'entoure, la rockstar l'avait bien compris. N'en restait pas moins que se sentir mise à nu par ces crochets brumeux hérissait chaque bribe de sa pilosité, si habile qu'elle soit à passer sous silence ses frissons d'épouvante. Par sa soumission à cet examen, elle délivrait la preuve de sa bonne foi, aussi mauvais que soit le moment à passer. Mais elle n'aurait jamais tant pensé avoir à le regretter. Être inspectée sous toutes les coutures était quelque chose d'habituel, partie intégrante de son quotidien, ne fut-ce qu'à cause des bataillons de tailleurs qui se disputaient la chance de lui confectionner qui une tenue de soirée, qui un costume de scène.

Même ainsi, cependant, elle n'avait jamais tant eu l'impression qu'on l'épiait sous tous les angles – qu'on jetait un oeil tout droit dans son âme. Cerise sur le gâteau, elle ne savait si c'était le fruit du malaise ainsi causé, mais plus le contact se prolongeait, plus elle le trouvait éprouvant. Au-delà de sa forme peu avenante, ce brouillard surnaturel avait quelque chose de mauvais, de malsain. Ces émanations n'avaient ni d'odeur ni de parfum, mais si elle avait dû leur en donner un, c'eût été celui du danger. C'était hélas tout ce dont elle était à même de juger, n'ayant d'autre choix que de se fier moins à son aura qu'à son instinct. L'important fût que cela finit par toucher à sa fin, la laissant pâle et lasse – le jetlag se faisant sentir par-dessus le marché. Si consciente qu'elle soit du coup de fatigue, il lui fallut encore un instant pour réaliser en avoir eu le souffle coupé.

Je ne prétends pas connaître grand chose à la vie... admit-elle en exhalant. Et encore moins à ce qui m'arrive depuis quelques temps. Mais je fais avec, reprit-elle en même temps que sa contenance, et j'essaie d'en apprendre autant que possible en me laissant porter par le courant.

Pas comme si je pouvais faire grand chose d'autre, hé.

Elle se risqua à sourire, si laborieux que ce lui soit dans l'immédiat. Elle se doutait qu'au travers du prisme de la rigidité qu'elle devinait chez cette nomade temporelle ça ne passerait pour rien d'autre que de la nonchalance, mais qu'y pouvait-elle ? Elle n'avait pas choisi de vivre cette vie ; pressée par le temps et les circonstances, elle n'avait fait que s'y adapter. Et continuait de le faire, un jour après l'autre, à mesure qu'elle ramassait une par une les pièces du puzzle qui peut-être lui donneraient un jour une vision d'ensemble. Le tableau était vaste, aussi n'était-ce point encore pour demain qu'elle y arriverait, mais ce n'était pas faute d'essayer. La cime de ses doigts à la rencontre de son buste, la rhapsode finit par reprendre possession de la tempérance qui l'avait quittée, sans jamais quitter des yeux cette ineffable entité. Voyageuse du temps ou cuirassée animée ? Le mystère restait entier.

Et... J'aimerais savoir quand même. Désolée si vous considérez que je suis pas à la hauteur ou je sais pas trop quoi, mais le meilleur moyen de vous aider, c'est encore de savoir d'où vous venez. Que je sache par où commencer, ce genre de truc, vous voyez ? Enfin, j'imagine que ça attendra.

Elle ne demandait qu'à aider, oui, mais encore fallait-il qu'on lui en laisse l'occasion – et, méfiante comme elle l'était, sa vis-à-vis n'avait pas l'air d'être femme (en boite) à collaborer. Par bonheur ou par malheur, la guitariste était à l'opposé, plutôt du genre à s'impliquer dans ce qui ne la regardait que trop peu et à dispenser son aide à tort et à travers jusqu'à ce qu'on soit forcé de l'accepter. Cela ne lui réussissait pas toujours, même si sa bonne humeur, sa chaleur naturelle faisaient souvent la différence. C'était certes sans compter que l'actuelle concernée soit parfaitement hermétique à ses vertus apaisantes, mais sait-on jamais. Si l'idole avait bien appris quelque chose au cours de cette dernière année, c'est que tout est possible, et le plus improbable pour commencer. Se faire accepter d'une rescapée des Croisades ne devrait pas être si compliqué.

Vous pouvez me menacer tant que vous voulez, c'est pas ça qui y changera quoi que ce soit. C'est pas comme si je pouvais y faire quelque chose : c'est tout ou rien. Je pourrais dire que j'ai que le bouton ON – OFF sans position intermédiaire, mais vous ne comprendriez pas. À part ça, vous m'excuserez de ne pas trembler, mais avec tout ce qui m'est déjà tombé dessus je suis devenue difficile à impressionner. Ah, et à « notre » époque, on ne met plus que rarement le couteau sous la gorge de quelqu'un pour le faire parler, vous savez.

Au sens littéral, du moins. Mais l'étoile montante jugea préférable de ne pas s'attarder sur ces futilités, qui n'auraient servi qu'à densifier le propos qu'elle lui servait placidement. La demoiselle blindée l'avait dit elle-même, elle n'ignorait rien de sa puissance – fallait-il dire que de toute façon, Melody n'avait rien à cacher, ni ne l'aurait pu même si elle l'avait voulu. Pour peu qu'elle dise vrai, pragmatique comme elle en avait l'air, elle avait déjà dû comprendre qu'il y avait tout intérêt à s'en faire une alliée. Son esbroufe ne changeait rien à cette réalité. Sans s'adonner à l'arrogance gratuite, la rockstar savait ce que valait son pouvoir. Si jamais elle n'irait croire que le sommet du podium lui échoyait, à tout le moins pouvait-elle jurer qu'il était de ceux avec lesquels il faut compter. Et cela, sa nouvelle amie avait, toute parade gardée, déjà dû s'en aviser. La main sur la hanche, elle la jaugea sans plus ciller.

Vous m'apprenez rien, mais j'en fais mon affaire ! Et chaque chose en son temps. On va s'occuper de vous en premier. Moi au moins j'arrive à donner le change en société. J'imagine que dans votre cas, ça doit être plus compliqué.

Comme pour lui donner raison, la dame de métal fit appel à un destrier que tout renseignait être en fin de vie – bien qu'elle se doutât que ce ne soit pas plus le cas que celui de sa propriétaire. Fallait-il encore s'en étonner ?... Sa paume dévala son visage, chassant les gouttes de sueur éparses à y avoir perlé sans qu'elle s'en aperçoive.

...Qu'est-ce que je disais. Au moins, on est d'accord sur un point : on ferait mieux de ne pas traîner dans le coin. Une chance que j'aie fait livrer mes bagages directement chez moi, déjà que trimbaler la guitare c'est pas toujours la joie... Et elle doutait fort que la cavalière apprécierait de voir sa monture transformée en mule par la « ménestrelle » qu'elle venait de rencontrer. Et donc, je suppose que pour la suite c'est à moi de gérer ?...Eh bah c'est pas gagné. Bon... On va voir ce qu'on peut trouver ! C'est pas vraiment comme ça que j'avais prévu de passer mon après-midi, mais puisque ça a l'air d'être bien parti pour, je peux au moins savoir comment j'dois vous appeler ? Soyons claires : « maîtresse », c'est exclu.

Sans le savoir, ni probablement le vouloir, l'exilée de son époque la mettait face à un cas de figure inédit. Si les Hollows (et Shinigamis, se sentit-elle obligée de rectifier sa propre pensée) posaient leur lot de problèmes, celui de ne pas divulguer leur existence au monde ne se posait qu'à moitié. Ce qui les rendait d'autant plus dangereux dans leur rôle de prédateurs auprès du commun des mortels était qu'ils échappaient à la vue de ces derniers. Une menace invisible que nul n'aurait pu imaginer. Si les détruire était difficile et plus encore de justifier les dégâts causés, la flagrance de leurs manifestations s'en trouvait d'autant atténuée. Or, on ne pouvait dire la même chose dans le cas présent, et c'était à elle et à elle seule de se débrouiller pour remédier à ce désagrément. Autrement dit, on est pas sortis de l'auberge. Elle se mit en branle sans tarder : le trajet serait encore long.

Aidée de son peu de connaissances géographiques de Karakura, Melody avait pris soin d'éviter les passages les plus fréquentés, mais cela ne s'était pas avéré bien utile : les rues étaient désertes. Les rares badauds à les fréquenter ne les croisaient pas d'assez près pour se poser des questions, ou ne leur jetaient qu'un regard distrait, hagard avant de passer leur chemin. Si elle se doutait bien qu'ils étaient à force devenus coutumiers des curiosités de toutes sortes au vu de ce qui grouillait dans les profondeurs de la ville, la musicienne ne pensait pas que c'était à ce point – mais ça arrangeait bien ses affaires. Elle n'en resta pas moins prudente aussi longtemps qu'elle le put jusqu'à déboucher sur le quartier commerçant où elles ne pouvaient guère faire autrement que de rester à découvert. Tout ce qu'elle pouvait souhaiter était de ne pas s'y attarder assez longtemps pour que sa « compagne de route » soit élevée au rang de curiosité, si ce n'est d'attraction.

Profitant de la paire de mètres qu'elle avait d'avance sur elle, son bras se tendit pour désigner une échoppe. De faible envergure, coincé entre une pâtisserie et une laverie automatique, elle paraissait elle aussi surgie d'un autre temps. De l'ère où les garde-robes victoriennes étaient encore à la mode. Faute de savoir de quand elle « datait » exactement, la métisse s'était naturellement dirigée vers ce qu'il y avait de plus vétuste – en apparence – dans les environs après avoir conjecturé qu'elle serait plus à l'aise avec les vieilles choses. La blonde en avait elle-même été cliente à l'occasion, les articles proposés, en plus d'être d'excellente facture, s'agrémentaient d'accessoires promettant un look steampunk des plus convaincants. Peut-être pas ce qu'il y avait de plus discret, mais ce serait un début – et toujours mieux que d'avoir assez de métal sur le dos pour avoir à redouter les aimants industriels.

Je ne sais pas si l'expression « à Rome, fais comme les romains » te parle, mais c'est plus ou moins l'idée. Je me doute que tu tiens à ton armure, mais c'est pas vraiment ce qu'il y a de plus passe-partout, alors j'me suis dit que ce serait pas un si mauvais plan de la mettre de côté pour le moment.

Melody repoussa ses mèches blondes derrière son oreille, se disant que puisqu'elle était à l'évidence vouée à frayer avec elle pour un long moment, en revenir au tutoiement lui semblerait plus naturel – si tant était que le présent schéma puisse l'être en quoi que ce soit.

En espérant qu'elle puisse virer sa quincaillerie sans tomber en morceaux, ce serait moyennement arrangeant...

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MessageSujet: Re: Birds of steel ? [Melody]   Mer 24 Sep - 19:11

Alors qu’elles prenaient ensemble la route vers une destination encore inconnue, Yachka se surprit à ressasser les paroles de son interlocutrice. Au moins celle-ci faisait-elle l’effort d’adapter son langage afin de paraître plus claire car, bien qu’abreuvée de connaissances en tout genre depuis plusieurs semaines l’ancienne dirigeante nomade ne pouvait ici se défaire des mécanismes linguistiques ancrés dans sa mémoire depuis si longtemps. Elle s’appliquait déjà à travailler son accent, on ne pourrait guère lui en demander davantage à l’heure actuelle. Toujours est-il que la belle, juchée sur son palefroi moribond, resta ainsi plongée dans ses songes sans trop prendre garde au chemin parcouru ni au temps durant lequel nulle parole ne vint trancher l’épais voile de silence.

Au détour d’un carrefour, qui lui remémora sa toute première rencontre avec l’un de ses semblables, et la découverte de ces étranges véhicules motorisés, elle sembla sortir des limbes. Ses prunelles s’illuminèrent, parcourant la scène de gauche à droite avant de finir sur l’échine de la lionne. Sans la moindre introduction ni liaison, elle continua alors cette curieuse discussion. Mélange de menaces et de conseils, comme si nous avions affaire à deux redoutables prédateurs se jaugeant en territoire inconnu.

- Encore une fois, sachez que je n’ai que très rarement besoin de recourir à la violence ou la parole pour recueillir les informations dont j’ai besoin. J’ai grandi dans les steppes, à une époque où la diplomatie n’avait sa place que dans les hautes branches de la société. Mais personne n’avait ce que je possède encore aujourd’hui et qui, pour tout vous avouer, m’est fort utile comme fardeau. Je trouverais donc ce que je cherche, peu importe la manière. Que vous y consentiez n’est pas nécessaire, juste préférable.

Une façon bien à elle de lui faire comprendre qu’en plus de la sonder à loisir, il lui serait tout aussi possible d’accéder aux informations souhaitées sur son cadavre, pour peu qu’il ne soit encore trop attaqué par la putréfaction. Mais puisque le potentiel de son vis-à-vis dépassait de loin le sien, pour l’instant, il valait mieux tenter de jouer avec sa proie dans l’attente d’un rétablissement total. Alors, peut-être, qu’elle s’en débarrasserait. Pour l’heure il était préférable de sympathiser, point trop n’en faut, et voir ce qu’on pourrait lui offrir dans ce monde nouveau. Des terres aux coutumes étranges, où le simple fait de croiser une monture et sa cavalière en tenue semblait nourrir les curieux, là où jadis on se serait contenté de poursuivre sa route ou de ployer le genou en guise de respect envers une figure royale.

De quoi la perturber, l’irriter même, avant de se rappeler le but de cette parade et surtout, le gouffre qui la séparerait éternellement de cette époque. Il lui faudra bien s’adapter après tout, afin de mieux apprivoiser, recruter, apprendre. Lorsque le temps sera venu, et que sa puissance sera rétablie… Alors Yachka pourra reconquérir le cœur des Hommes, et imposer sa vision du monde. Une vision qui n’aurait jamais dû être altérée.

- Pour ce qui est de mon appellation, vous êtes libre de choisir. Miss Melody. J’ai abandonné l’idée du protocole, vu les circonstances, et répond à tant d’autres noms qu’il vaudrait mieux… Adapter. « Votre époque » ne m’inspire pas. Tâchez simplement de ne pas faire dans le quolibet, vous pourriez bien avoir à le regretter.

Suite à quoi le troubadour et Pestilence continuèrent leur route pour arriver, après moult détour et peu de rencontres, jusqu’à une avenue marchande. Nombre d’échoppes aussi diverses qu’étranges s’étalaient à perte de vue, sans enseigne traditionnelle, mais surplombées d’écriteaux aux enluminures pauvres. Certaines d’entre elles étaient baignées de lumière, d’autres portaient un nom que l’on aurait été en mesure de traduire proprement à moins d’en connaître le sens profond. L’envie ici de récolter la sève des badauds alentour se fit plus violente, mais la matriarche tenta bien malgré elle de s’en dissuader, ne laissant de place à sa brume que dans un périmètre relativement faible. Il n’était d’ailleurs possible de l’apercevoir qu’en la fixant longuement, pratique jadis employé lors de son accession au trône du Khan dans le but de ne pas trahir sa couverture en société, puisqu’on lui imposait régulièrement de se montrer à la cour et d’afficher son titre aux yeux de l’élite.

Dès l’instant où Melody lui désigna un commerce en particulier, joignant les mots au geste, la reine stoppa net sa monture et mit pied à terre, tout en scrutant les vitrines avec assiduité. S’y présentaient des tenues d’époque, en apparence, ou assez fidèlement reconstituées d’après les critères historiques en vogue. N’attendant pas qu’on l’invite à s’y rendre, elle pressa l’allure, jeta une brève œillade à sa comparse en arrivant à son niveau, traversa la route et son ballet de voitures sans guère se soucier du trafic ou des coups de klaxons, pour finalement se planter devant la marchandise en exposition et pouffer.

- Sans vouloir vous offenser très chère, je n’ai pas souvenir d’avoir vu quiconque porter de tels atours depuis ma renaissance. Et je ne suis pas plus portée sur les futilités de la haute. On pourrait m’assassiner avec une vulgaire fourchette ! Pour autant, je veux bien m’abaisser à quelque essayage, pour vous prouver ma bonne foi.

Elle fit donc disparaître sa monture d’un claquement de doigts, empoigna fermement son heaume de l’autre main et disparut derrière les portes du magasin. Aussitôt son regard d’argent balaya les rayons vides de toute clientèle. Seule une femme, probablement la coutrière en chef et maîtresse des lieux, fixa quelques secondes la combattante d’un œil craintif avec de, timidement, s’avancer.

- Ola manante ! J’escompte de tes frusques qu’elles honorent mon rang, et que le renom de ton modeste bazar ne soit une odieuse chimère. Si tu tiens à ta misérable vie et à ton commerce, tâche de ne pas me décevoir ! Maintenant au travail…

Fidèle à ses anciennes habitudes, elle considéra la vendeuse avec mépris avant de lui lancer négligemment son casque à la figure et de prendre la direction des cabines d’un pas lourd de sens. Lorsqu’elle se mit à tendre les bras sans un seul ordre évoqué, sa victime prit le temps de comprendre et, voyant l’air mauvais de sa cliente ne chercha plus longtemps et s’affaira. En l’espace de quelques secondes, les différentes parties de l’armure tombèrent une à une au sol dans un fracas assourdissant. Mailles et veste matelassée suivirent, et laissèrent la matriarche en haillons. Celle-ci renvoya la marchande en quête de tenues, le temps d’en finir.

Lorsqu’elle revint les bras chargés, ce fut pour découvrir non sans une certaine gêne clairement affichée sur son visage que sa cliente était maintenant dans le plus simple appareil, et nullement dérangée par cet état de fait. On pouvait voir au-delà de ses mensurations à peine plus glorieuses que celles d’une adolescente, un corps athlétique d’une fraîcheur incroyable. D’innombrables cicatrices, dont la plus importante lui scindait le buste de haut en bas, zébraient aléatoirement une silhouette qui aurait pu rivaliser celle d’Athéna en personne. Voire de n’importe quel modèle de beauté antique, garanti sans matière grasse superflue.

- Qu’est-ce que vous attendez ? Qu’il me pousse des cornes ?



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MessageSujet: Re: Birds of steel ? [Melody]   Lun 1 Déc - 15:43

Melody ne put réprimer un léger soupir en l'entendant poursuivre sa tirade sur la même note passive-agressive. Cette manie de tout ramener à un climat de guerre et de violence l'amusait plus qu'autre chose pour l'heure. Toutefois, cela pourrait bien n'être que très temporaire au cas où la femme en armure déciderait de passer à l'acte. Si la métisse acceptait de le prendre avec humour, elle estimait aussi que recevoir une menace à peine voilée pour toute rétribution de sa main tendue avait de quoi refroidir.
Fort heureusement, son âme charitable était plus qu'il n'en faut pour excuser ce comportement et le mettre sur le compte d'une acclimatation défaillante. Autres temps, autres mœurs. Probablement que là d'où elle venait - ou de « quand » elle venait ? -, il était admis et même courant de s'exprimer en ces termes. Son commentaire sur la diplomatie le laissait à penser, en tout cas, de ce que l'idole en comprenait.

Qu'à cela ne tienne, donc, elle ne pouvait pas savoir... Quand bien même la britannique avait la vague impression de ne faire que tendre l'autre joue en raisonnant de la sorte. Mais les mois passés avaient aussi exacerbé sa méfiance plus que de raison, et comment lui en vouloir ? Aussi était-elle dans l'obligation de relativiser, de se tempérer en tout temps.

La gestion du stress faisait partie du bagage de tout personnage public, et elle ne faisait pas exception à la règle. Chacun de ses pairs se devait de trouver son petit rituel pour y remédier. Dans son milieu, il n'était point rare que ces exutoires soient narcotiques, et à la frontière de la légalité. Ce n'était pas son cas, pas plus que ça ne le serait jamais.
Pour tout rempart contre la crise de nerfs, elle n'avait que le sourire et la bonne humeur qu'on lui connaissait... Et ça ne suffisait pas toujours. Plus maintenant, parce que tout la dépassait. Ce n'était plus de trac qu'on parlait. Sans plus s'appesantir sur ces considérations bassement humaines, elle en revint à son interlocutrice – qui, elle, ne l'était pas tant ; ou du moins n'en avait-elle aucune certitude.

Si tu veux, convint-elle en haussant les épaules. En attendant, sans vouloir décevoir Madame et son martinet, je vais collaborer de mon plein gré. J'ai de toute façon rien de mieux à faire et je crois que ça évitera des problèmes... Pour toi ou pour quelqu'un d'autre.

Même si j'aurais eu bien besoin de me reposer et que j'sens d'ici que je vais regretter de pas l'avoir fait... Au moins avait-elle pu recueillir un indice sur la provenance de sa vis-à-vis. Ce qui n'expliquait certes toujours pas ce qu'elle faisait en armure de plates, mais la délestait, au moins en partie, du manteau de brumes dans laquelle leur rencontre l'avait plongée.
Le lieu de ses origines ayant été divulgué, fût-ce approximatif, encore fallait-il les situer dans le temps.Ce qui était d'autant moins gagné que l'histoire n'avait jamais été son fort. Mais... Pas à pas, et avec une prudence de circonstance, elle avançait dans le brouillard, dissipait le mystère de son identité.

Elle-même s'étonna de pouvoir à ce point se captiver pour cette petite enquête, si loin au-delà de la normalité. Ce qui sortait hier de l'ordinaire était devenu son quotidien, sa banalité... Et ce n'était, tout compte fait, pas tant pour lui déplaire. S'y accoutumer ne ferait que l'emprisonner un peu plus dans ce cycle de bizarreries. Mais ne s'était-elle pas résignée à ne plus pouvoir en sortir jamais ? Dès lors, qu'elle s'y adapte à l'envi, elle ne pourrait s'y gagner. Tant qu'à y avoir une place, s'y sentir chez elle était dans son intérêt. S'étirant paresseusement, semblable à un félin qui se déroberait tout juste au royaume des songes, la musicienne pressa la cadence pour échapper aux antiques sabots qui lui filaient le train.

Malgré ses efforts pour l'entraîner à sa suite sur les passages piétons, la profusion de coups de klaxon assassins – entre autres commentaires imagés – suffirent à lui faire comprendre que sa tentative n'avait obtenu qu'un succès mitigé. L'avantage à avoir une cavalière dans son sillage étant de devoir marcher à bonne distance pour la précéder, Melody était à peu près sûre qu'on ne l'associerait pas à ce menu méfait. Ce qui ne l'empêcha pas de rentrer réflexivement la tête dans ses épaules ; on ne sait jamais. Fort heureusement, aucun incident ne fut à déplorer – du moins ne compta-t-elle aucune victime, fusse une carcasse de métal fumante, les rares fois où elle se retourna pour s'assurer de ne pas l'avoir perdue.

Que ce soit sur le trajet ou une fois en poste devant la boutique, Melody s'occupa l'esprit à lui trouver un nom qui conviendrait. Si elle avait pris au fil du temps le pli de donner un nom à ses instruments, baptiser une personne n'était pas si aisée. Encore moins quand il s'agissait d'une adulte, quel que soit son degré d'étrangeté. Avoir l'assurance de pouvoir se défendre si – à son corps défendant – elle la contrariait ne l'empêcherait pas de s'en passer si elle le pouvait. Et si elle avait désormais une idée approximative de sa terre natale, ce n'était pas ce qui allait lui donner la science infuse des appellations pratiquées. L'entendre s'esclaffer l'extirpa néanmoins de sa rêverie – avait-elle bien dit « renaissance » ?

Je sais pas avec quel genre de fourchette vous mangez par chez toi, mais je pense que tu sais comme moi qu'il en faudrait une fameuse pour te faire du mal. Et 'vaut mieux avoir à se méfier d'elles que du regard des autres, crois-moi. De nos jours, on peut contrôler un type juste parce qu'il a l'air louche, et t'as pas la bonne quincaillerie sur le dos pour leur faire gober l'excuse de la reconstitution historique made in Japan.

À ce titre, la monture posait aussi problème – si certaines villes proposaient bien des tours en calèche, elle doutait fort que Karakura en fasse partie. Une chose après l'autre, cependant, et l'avoir convaincue de reprendre visage humain était déjà un pas de géant. Visage qu'elle avait fort joli, par ailleurs ; rien qu'à voir la finesse de ses traits, la noblesse qui en ressortait, l'idole pouvait dire qu'elle n'avait pas menti. De sa lignée, elle n'avait aucun soupçon, mais qu'elle fut issue des plus hautes sphères se vérifiait sans souci. Accotée à une proche paroi, la guitariste se contenta de croiser les bras et de suivre de loin le concert des étoffes non sans être de tout coeur avec la vendeuse à qui elle avait infligé cette absurdité.

Se frottant les yeux pour en gommer superficiellement la fatigue, la starlette crut d'abord avoir cédé à la fatigue quand reparut la dame de fer, à présent femme de soie. Aurait-elle souhaité passer sa stupeur sous silence qu'elle ne l'aurait pas pu tant le sursaut qu'elle lui valut fut pour le moins incontrôlable. Le terme de métamorphose ne lui avait jamais paru aussi adapté à quoi que ce soit, n'en déplaise à ses occurrences naturelles. Quant à savoir si c'était pour le mieux, la rhapsode n'aurait pas été en jurer – l'ampleur de la transformation étant telle qu'elle se refusait à en jauger le produit fini.

L'opulente robe noire bordée de blanc dans le plus pur style gothic lolita mettait l'emphase sur l'inquiétante pâleur de sa peau, comme si elle n'était pas tout à fait revenue à la vie. Sa crinière, car il n'y avait d'autre mot, était excessivement plus longue que ce qu'elle avait imaginé – et, en dépit de cela, parfaitement ordonnée, tressée et sertie d'un ruban d'un carmin aussi voluptueux que discret. L'adolescente faillit en perdre sa station debout, quand bien même elle avait la cloison pour la soutenir. Tout en ouvrant de grands yeux effarés, elle porta une main à sa bouche pour qu'elle ne bée pas de même, sans que ce soit cette fois dû à un quelconque épuisement – lequel parut soudain s'être envolé. Elle s'avança à pas prudents pour mieux la détailler, inspectant sous toutes les coutures cette poupée d'un autre temps que la petite fille qu'elle était se payait le luxe d'habiller.

Eh ben. s'extorqua-t-elle enfin après une longue seconde de silence. Au moins on peut pas dire qu'on voit pas la différence. Et... Comment tu te sens ?

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MessageSujet: Re: Birds of steel ? [Melody]   Mar 9 Déc - 0:34

- Il est vrai que votre milice urbaine est assez… A cran. J’ai déjà eu affaire à eux lors d’une de mes nombreuses rencontres avec l’un des vôtres. Cela ne s’est pas réellement passé comme ils l’espéraient…

Et d’accompagner l’aveu d’un rire enfantin moqueur à l’égard de ces pauvres bougres qui, à l’heure qu’il est devaient sans doute croupir six pieds sous terre dans un état de décomposition bien trop avancé compte tenu de leur récent trépas. Plus qu’une nécessité le fait de tuer ses semblables lui permettait non seulement de regagner des forces endormies depuis plus d’un siècle, mais de récolter par la même occasion bon nombre d’informations susceptibles de l’aider à comprendre ce monde. Si elle ne rechignait pas à faucher des innocents, punir de son glaive ceux qui osaient lui barrer la route ou pire, la menaçaient d’une arme s’avérait alors presque récréatif pour l’immortelle. D’autant plus que leur arsenal, bien que plus moderne, ne faisait clairement pas le poids face à son unique brume toxique. Alors le reste…

Elle dû d’ailleurs faire attention à ne pas trop embaumer les lieux sous peine de voir sa propriétaire tomber raide morte en quelques secondes à peine. Cela lui demanda une certaine concentration puisque dès lors que les limbes l’extirpèrent de son royaume abyssal au fin fond des archives du musée national sa faim et son état de faiblesse furent tels que le besoin de contrôler la masse vaporeuse ne lui vint pas à l’esprit une seule seconde. Jusqu’à ce que son chemin croise celui de la jeune blonde insolente qui se tenait maintenant non loin d’elle, spectatrice muette assistant à une métamorphose dont Yachka se serait bien passée. Mais comme l’autre le lui suggéra tantôt : « A Rome, fais comme les romains ».

Et si le discours sonnait fort bien en tête, force est de constater qu’il n’en est rien une fois les actes accompagnant la parole. Son regard vieillot ne s’était bien entendu pas attardé sur l’accoutrement de ses victimes ou des autres quidams vagabondant au hasard des voies labyrinthiques, pour autant elle ne rappela pas avoir vu de telles frusques vaguement brodées de noblesse et aux accents criards. Avant d’y poser les pieds, ainsi que le reste de sa coque d’acier noire Pestilence consentit malgré l’état des vitrines à entrer dans ce magasin sous l’invitation insistante de son guide. Dans l’espoir d’y trouver quelques chose d’adapté à son rang et sa personne, paraître moins brusque et austère, se fondre dans la masse, s’adapter en somme. Ce que tenta visiblement la couturière apeurée, osant à peine palper ce corps incroyablement fragile d’apparence.

Lorsque cette dernière eut enfin fini son labeur, l’Anu Dara mondaine fut invitée dans un coin de l’échoppe où se trouvaient plusieurs miroirs formant un demi-cercle presque parfait. Elle put dès lors s’y mirer à loisir, et constata non sans un certain plaisir que sa silhouette n’avait point trop souffert malgré le temps et les péripéties. Seule ombre au tableau les cicatrices, nombreuses et disgracieuses qu’elle gomma avec une facilité déconcertante d’un simple revers de la main en direction du reflet. Puis elle fit volte-face et, devant l’évidente surprise de sa comparse s’osa même à sourire.

- Je ne saurais dire… Le temps des doléances du Khan sont bien loin désormais, et je n’ai pas souvenir d’avoir revêtu pareils atours depuis. Paradoxalement, je n’y vois nul confort et pourtant…

La vendeuse s’empressa de lui porter assistance, lui annonçant qu’elle pourrait adapter au besoin et apporter quelques modifications si d’aventure sa cliente lui indiquait où opérer. Devant tant d’attention, Pestilence n’eut d’autre choix que de répondre par un haussement d’épaule, désignant d’un geste ample la tenue dans son ensemble. L’air gênée, elle s’expliqua plus avant sur la nature de son inconfort, lui narrant plusieurs anecdotes tirées d’un âge révolu que la vieille femme ne comprit absolument pas, tandis que son visage semblait acquiescer machinalement comme pour ne pas avoir à la vexer. Voyant que son discours n’atteignit pas sa cible et que ses attentes demeureraient insatisfaites, elle désigna alors l’armure en tas sur le plancher.

Pour l’immortelle, se passer de l’armure serait impensable au même titre qu’un roi ne saurait se passer de sa couronne au quotidien. A la différence près que cet amas de métal lui apporte une protection contre la plupart des attaques, là où son actuelle tenue ne permet que de parader lors de banquets ou soirées protocolaires. Chose qu’un individu vivant avec son temps, ne sera jamais en mesure de comprendre. Ce pourquoi elle ne chercha pas davantage, et se retourna une nouvelle fois vers son interlocutrice première afin de lui partager ses dernières impressions.

- Disons, que je saurais m’en contenter lors de certaines occasions. L’adaptation se fera progressivement et, si tu dis vrai alors probablement que l’armure deviendra obsolète et que mon pouvoir seul sera en mesure de me défendre comme il se doit.

Peu lui importait d’engager la conversation sur un tel sujet, aux côtés du bétail ignorant. La pauvre tenancière, malgré toute l’imagination du monde ne serait jamais capable de se représenter ce qu’elle avait sous les yeux. Deux déesses redoutables s’abaissant à faire du shopping, quoi de plus improbable ?

Faisant finalement signe à Melody, Yachka se retourna ensuite afin de se renseigner sur les tarifs en vigueur et, consciente là encore du gouffre temporel les séparant ne protesta pas plus. Elle se dirigea donc vers sa cuirasse inerte, y plongea ses mains fragiles avant d’en extraire une bourse en cuir lacée qu’elle apporta au guichet. En guise de paiement, elle lui tendit une large et lourde pièce d’or frappée d’un emblème inconnu. Devant la réticence de son vis-à-vis l’ancienne monarque dut lui expliquer, après quelques secondes de réflexion pendant lesquelles son esprit tenta de convertir, que la valeur de ce seul écu suffirait à racheter son commerce, et les deux bâtiments voisins si l’on devait se baser sur les critères tels que l’immobilier ou la découverte d’un vestige archéologique. La stupeur fit place au silence, dont elle profita pour lui adresser ses salutations avant de se diriger vers la sortie. D’un claquement de doigt son armure se recomposa, habillant un spectre de brume qui la suivit aussitôt sous le regard médusé de la vieille encore sous le choc de la précédente révélation.

Après quoi, sous la surprenante chaleur d’un soleil habituellement inoffensif pour elle Pestilence ordonna à sa monture d’accueillir son chargement atypique, et de rester en retrait le temps que les deux femmes se retrouvent et continuent leur périple. Ou pas.

- Et maintenant, très chère ? Porter la toge ne fera pas de moi un moine. Que proposes-tu ?

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MessageSujet: Re: Birds of steel ? [Melody]   Lun 29 Déc - 7:58

Bizarrement, je m'en serais doutée. ironisa-t-elle en se massant l'arête du nez. Elle ne voulait pas savoir ce qui se cachait sous ces insinuations. Non, vraiment pas. Elle avait la fâcheuse impression que ses craintes gagneraient en réalisme si elle s'en enquérait... Et avait raison de le penser. Bref, raison de plus pour éviter de te faire remarquer. Une fois, ça va, deux fois... Enfin, j'imagine que tu connais la chanson.
La transformation était totale. Et le papillon sorti de sa chrysalide se révéla d'une beauté que lui auraient jalousé des filles plus complexées que Melody. Cette dernière comprenait d'autant moins ce besoin maladif de se cacher sous une carapace de métal. Surtout à une époque ou une armure ne valait pas plus qu'une feuille de papier face aux armes terrifiantes que l'humanité avait été capable d'inventer. Enfin, si elle se sentait mieux ainsi, qu'y pouvait-elle ? Et ce qu'elles étaient était plus terrible encore que ce que la folie des hommes pourrait jamais bâtir, à bien y réfléchir. La musicienne n'aimait pas voir les choses sous cet angle, mais ne pouvait non plus le réfuter. Y'a que la vérité qui blesse.

Si détendue qu'on puisse la croire au vu de sa posture, Melody restait sur le qui-vive. Non que sa nouvelle copine ne lui inspire pas confiance (en fait, si) mais l'aperçu qu'elle avait eu de ses pouvoirs ne lui avait suffi à en cerner la teneur. Fidèle à son image, la brume était la gardienne de bien des mystères. Même si sa propriétaire faisait des efforts visibles pour ne pas la laisser sortir, qui savait si cela allait durer ? La célébrité ne pouvait qu'appréhender le résultat si cela venait à changer. Que ce soit ou non intentionnel. Oh, bien sûr, elle aurait préféré penser que cela n'arriverait pas... Mais plus encore qu'avant que l'autre monde lui délivre un pass VIP, elle savait que ce genre d'utopisme payait difficilement. Cachant tout de sa défiance latente, elle se prêta au jeu de l'amicale juge des textiles.
Le moins qu'on puisse dire, c'est que ça te change. commenta-t-elle sans but, lui tournant autour comme un papillon de nuit que la lumière fascine. C'est pas forcément celle que j'aurais choisi, mais ça aurait pu plus mal tomber. En tout cas, ça me rassure de voir qu'il y a bien un visage humain en-dessous de tout ça.
Espiègle, la guitariste tourna la tête en direction des plaques disloquées, gisant telles tant de carcasses échouées sur leur plage de linoleum. Melody avait songé à les rassembler pour les ranger dans un coin, mais la boutique n'était pas des plus fréquentées – et elle doutait que qui que ce soit ait pour premier réflexe à leur vue de les embarquer. Même elle, pourtant rompue au transport de poids lourds (foutue guitare) n'aurait pas cru pouvoir se carapater avec sans être repérée. Et ce n'était pas la petite musique d'ambiance du magasin qui en cacherait le vacarme de tous les diables. Pour la lancer encore depuis le moment où ses fragments s'étaient fracassés au sol, ses tympans pouvaient en témoigner.

Laissant la mannequin éphémère à ses récits d'un autre temps, elle vérifia que son étui était bien là où elle l'avait laissé. Soit à portée des dites pièces détachées. Sans avoir aucun moyen de s'en assurer, elle soupçonnait la cuirasse d'être la source de sa puissance. Toute marginale qu'elle soit, Fullbringer elle demeurait jusqu'à preuve du contraire. À ce titre, il lui fallait s'en remettre à un support matériel pour exercer sa « sorcellerie ». Quoi mieux que ce qu'elle avait toujours sur elle pouvait répondre à ce besoin ? Sa réticence à s'en alléger prendrait alors tout son sens, indépendamment de sa conscience du sujet. Ainsi donc voulait-elle se croire à l'abri de toute activation malheureuse. Je me balade déjà avec une bombe à retardement, alors si on peut éviter le gaz moutarde...
On va dire que c'est un début. lui répondit-elle néanmoins avec le sourire lorsque ladite mine (ici parfaitement déterrée) lui transmit son appréciation. 'va bien falloir t'y faire, je crois que ça va être difficile de « rentrer chez toi » au sens où tu l'entends... Ou entendais.
Plus curieuse qu'inquiète, l'idole glissa un regard à la vendeuse pour voir ce qu'elle pensait des déclarations peu subtiles de sa vis-à-vis sur leur nature réelle. Pas grand chose à dire vrai – ou alors elle le cachait très bien - : sa clientèle habituelle devait l'avoir familiarisée aux références à la limite du socialement acceptable au point qu'elle ne relève même plus. Une aubaine pour les deux demoiselles, qui, par et pour ce qu'elles étaient, paraissaient incarner le fantasme de bon nombre de geeks hardcore. Cette pensée fit frémir l'adolescente avant qu'elle parvienne à se l'ôter de la tête. Bah tiens, comme si j'attirais pas déjà assez de tordus... Ce qui, curieusement, avait plus tendance à la faire penser aux Shinigamis qu'autre chose.

Quand elle eut fini de couper le sifflet à ses divagations, la slave avait semble-t-il trouvé le moyen de régler le butin de sa première séance de shopping sans son aide. Toute dubitative qu'elle soit, elle n'eut pas le loisir de s'interroger. Le spectre brumeux qui venait de lui passer sous le nez lui indiquait assez clairement de ne pas traîner à suivre la marche. Un timide signe de la main plus tard, elle regagna à son tour le pavé – sans oublier sa guitare -, priant pour n'entendre aucun cri d'effroi résonner dans le lointain. Par bonheur, la circulation piétonne était la même qu'à leur arrivée – quasiment nulle. Prisonniers de leur routine, les rares âmes à peupler ce paysage lui portaient trop peu d'intérêt pour s'enquérir que quelque chose clochait. Grand bien leur fasse.
Euh, ben... J'y ai pas trop réfléchi. Quoique maintenant que j'y pense, c'est peut-être par là que j'aurais dû commencer : t'as un endroit où loger ? Parce que c'est bien beau d'être bien sapée, mais si c'est pour bousiller tes fringues en dormant dans un carton...
Ne pouvant s'empêcher d'épier du coin de l'oeil le destrier mal en chair, Melody ne cessa que pour se le frotter. Un bâillement sonore lui vint aux lèvres tout de suite après, qu'elle ne jugula qu'in extremis. Le décalage horaire se faisait sentir, d'autant plus que devoir jouer les granny-sitters l'astreignait à un stress dont elle se serait bien passée. Mais il y avait aussi autre chose, comme si le simple fait d'être en sa compagnie la vidait progressivement de ses forces – pour le peu qu'il en restait. Comme si elle la vampirisait, un mot que la blonde n'emploierait plus si légèrement quelques mois plus tard mais qui pour le moment seyait parfaitement. Juste une impression, ou bien... ?

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MessageSujet: Re: Birds of steel ? [Melody]   Sam 14 Fév - 23:21

Spoiler:
 

Une journée difficile, éprouvante lorsqu’il est question d’agir et de paraître selon des lois qui ne régissent pas sa nature profonde. Cette habitude-là, l’Immortelle s’en accommodait bien jadis. Dans sa prime jeunesse il aurait été suicidaire de se pavaner ainsi, bouffie d’arrogance, exhibant sans pudeur la malédiction qui l’accable encore aujourd’hui. Elle aurait tôt fait se retrouver la tête sur le billot et le reste du corps dans une fosse commune. La sorcellerie, la religion, et tant d’autres choses qui désormais ne l’inquièteraient plus. Car si une chose lui avait sauté aux yeux le jour où elle les posa sur ce nouveau monde, c’est qu’il transpirait la peur. Faute de pouvoir compter sur une véritable force armée, une milice urbaine ou toute autre forme de protection civile le peuple qui aurait alors dû comme à son époque faire son possible en s’armant avec les moyens du bord se contentait ici d’assister impuissant, impassible, à sa propre perte. Qu’une créature étrange s’en prenne indirectement aux habitants d’une ville, qu’elle détruise des biens publics, cela suffisait à peine à faire réagir les autorités en place qui, de toute manière n’étaient pas plus efficaces lorsqu’elles daignaient s’y intéresser de près.

Pourtant ce monde regorgeait visiblement de ses semblables, mais tous n’aspiraient qu’à entretenir leur utopie propre, ou l’élever jusqu’à en faire conte. Des mythes qui remontent aussi loin que la raison elle-même, où les dieux luttent entre eux et se disputent le trône des Hommes. Mais qui mieux que des dieux mortels pour assurer la protection du bétail ignorant ? S’en soucieraient-ils seulement, devrait-on éveiller les dormeurs ou bien abréger leur imperceptible souffrance ? Que le jeu en vaille la chandelle, rien n’est moins sûr…

Tandis que l’astre brulant s’octroyait le plaisir sadique de rôtir sa carcasse laiteuse trop peu habituée aux caresses du jour, l’esprit de Yachka déambulait dans les limbes d’une époque qu’elle regretterait presque. Affublée de tissus et dentelles comme s’il s’agissait là d’une parade nuptiale ou encore d’une réception de la haute société victorienne, accoquinée d’un palefroi famélique et de sa monture fantomatique la jeune femme scruta les alentours avant que ses perles d’argent ne tombent finalement sur Melody. Sans son attirail voilant en partie sa vue, elle pouvait dès lors profiter pleinement de celle-ci et remarqua même nourrir un certain intérêt mystérieux pour la demoiselle en question qui, sans se soucier du regard soutenu à son égard continuait de déblatérer. Ses esprits se ranimèrent lorsqu’on lui posa une question loin de nourrir quelconque indifférence.

- Hm… Oui je possède une sorte de… Campement. Il ne fait aucun doute que ces frusques sauront trouver un conteneur adéquat le temps que nous nous trouvions asile plus salutaire.

Car comme le lui faisait indirectement remarquer son interlocutrice, il était bon savoir où ranger ses affaires sans altérer leur état avant même de penser à se les offrir. Mais pour l’heure la matriarche ne faisait priorité de cet état, préférant à juste titre la quête d’un refuge qui l’abriterait des intempéries et du besoin. Quel qu’il soit. En attendant ce jour elle se forcerait à vivre comme elle le fit des siècles durant. Sans attaches, constamment sur le départ, dans le but de ne pas trahir sa présence trop longtemps et par la même donc attirer convoitise sur sa personne ou le précieux fardeau.

Et de ces principes elle en fit usage quand, remarquant la fatigue évidente sur le visage de sa comparse et le doux coloris du jour tombant sur les façades de la ruelle, le besoin de se retirer s’imposa. Il n’était pas nécessaire de remercier son guide pour l’intervention introduisant leur rencontre, pour autant elle le lui signala en courbant l’échine par respect. Sans cette citadine rompue aux usages modernes Pestilence se serait probablement contentée de détruire une nouvelle fois le quartier avant de fuir vers les montagnes et contempler son œuvre d’un air passablement satisfait. Au lieu de quoi on venait de lui apprendre quantité de choses que ses servants n’auraient été en mesure de lui apporter. Et il n’y a aucun doute quant au fait qu’elle saurait les utiliser ultérieurement. Mais pour l’heure, partir.

- C’est d’ailleurs ici que nos chemins se séparent, chère Melody. Si nous sommes bien ce que nous prétendons être, il y a fort à parier qu’ils se recroiserons très prochainement.

Et son image, peu à peu s’effrita pour ne devenir qu’un voile brumeux emporté par la brise du soir venant.

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