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 Après le repas, le blabla ♫ [PV Fuan]

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MessageSujet: Après le repas, le blabla ♫ [PV Fuan]   Dim 16 Fév - 20:06

Le masque brisé d'un simple Hollow dans la main droite, je contemplais l'horizon d'un air pensif. Mon regard déshabillait le désert de son épais manteau blanc, ne retenant que l'essentiel : les tas informes de corps que j'avais semé à droite, à gauche, comme un enfant hyperactif occupé à éparpiller le contenu de la trousse de son voisin dans toute la classe. Enfin, plutôt la cour de récréation, car c'était un peu ce que le Yermo représentait à mes yeux.

Pour certains, immortels capricieux, il s'agissait ni plus ni moins d'un terrain de jeux. Pour d'autres, enfants immatures persécutés par leurs aînés, le Yermo était un véritable Enfer, une école où les enseignants s'enfermaient dans leur salle de classe à double-tour tandis que leurs élève se dévoraient, faisaient preuve d'une bestialité innommable. L'allégorie de la salle de classe représentait parfaitement Las Noches où les plus bestiaux d'entre-nous apprenaient la vie en société et regagnait peu à peu le civisme qu'ils avaient perdu en même temps que leur humanité.

Mais personne ne tentait de mettre un terme à la sauvagerie indicible qui animait le reste du Hueco Mundo. Même pas les Vasto Lordes, seigneurs à la tête de ce système qui ne pouvait même pas être considéré comme une oligarchie de fait puisqu'il n'y avait pas vraiment d'armées de Hollows sous le contrôle d'un même Vasto Lorde... du moins, à ma connaissance. Certes, on pouvait considérer que Las Noches constituait le siège du Hueco Mundo, et que Grimmjow en était le roi, mais c'était faire preuve d'une grande naïveté puisque, ni le Yermo, ni les terres au-delà, n'avaient de réel maître.

Je laissai soudainement glisser le masque à terre avec une lenteur calculée, m'extirpant du flot tumultueux de mes pensées comme un naufragé s'arrache à l'étreinte des vagues. Malgré mon apparence d'enfant, je ne faisais pas partie de ces « enfants immatures », mais plutôt des aînés. Et chaque jour, à ma manière, je contribuais à rapprocher le Monde Creux de la définition générale du terme « Enfer ».

Repu, je repris mon calme et ma posture peu orthodoxe : ne faisant qu'un avec le désert, je n'étais à présent plus qu'une simple statue sobrement vêtue, mon propre hommage à ma suffisance. Je pensais aux grands hommes, célèbres parmi les humains, à qui ces derniers érigeaient des statues afin d'honorer leur mémoire et un sourire sinistre étira mes lèvres. Moi, Salvador, n'avait besoin de personne pour honorer ma mémoire. Je n'avais nul besoin de laisser une trace de mon existence dans ce monde comme dans l'autre. J'étais ma propre « trace », vestige à moi seul de mon existence passée comme future, et, en guise de fidèles et d'admirateurs, je ne demandais rien de plus que ce que j'avais à présent : une masse de corps blafards et difformes, désertés par tout semblant de vie, dont les chairs déchirées et les os broyés formaient un spectacle aussi fascinant que morbide.

Enfin, il serait stupide de me considérer comme un individu profondément asocial, comme une espèce de brute sans cervelle qui se contente de dévorer ses congénères, ne faisant aucune distinction entre un individu et un autre. Non, c'était plutôt qualifier les créatures qui gisaient sur le sable, me considérant de leurs yeux mornes, inexpressifs. Elles étaient restés au stade larvaire de l'évolution tandis que j'avais déjà déployé mes ailes, dominant la masse grouillante d'insectes qui proliférait à la surface du Monde Creux avec un désintérêt empreint de tendresse.

Ressentez-vous des remords à l'idée d'écraser, par inadvertance, des insectes ? Je n'avais aucun regret à me repaître des moins évolués de mon espèce, dont l'utilité se limitait à celle de me maintenir dans une excellente forme. Par contre, les créatures douées de raison avaient le droit à mon respect -éphémère, certes- et ma solitude me pesait tant et si bien que je n'avais rien contre passer du temps avec certains de mes congénères, pour peu qu'ils attirent mon attention.

Un soudain bruit de pas me sort de ma réflexion et me force à dresser l'oreille, comme un vil cabot.

Spoiler:
 

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MessageSujet: Re: Après le repas, le blabla ♫ [PV Fuan]   Dim 23 Fév - 16:27

Des mois qu'il est passé sous l'égide de Koshiro, un humain balafré, en échange de sa pleine collaboration dans le maintien de la paix à Karakura. Une cause noble, mais ô combien dangereuse. À se demander si, au fond, il ne s'était pas fait un tantinet rouler par ce charismatique monsieur. Certes, face à un pépin, le Candide pouvait toujours compter sur l'aide d'un terminator, Ganryu par exemple... Néanmoins, faut quand même nuancer le truc. Chaque fois qu'il en rencontre un, de pépin, ça a toujours un rapport avec sa nouvelle fonction. Protéger la veuve et l'orphelin, repousser les envahisseurs, tous ces trucs et bidules. Oui, l'avait beaucoup moins de soucis avant. Seul dans sa boîte, à lustrer la couronne de son seigneur d'antan.

Un brin de nostalgie ? Faut croire. Que diable ferait-il dans ces contrées arides sinon ? Brrr... Et il y fait pas chaud... La belle dune. À peu près à cet emplacement, non ? Le lieu que Barragan lui avait montré, son ancien palais. Un palais qui n'a de toiture que la voûte céleste. Quelle belle lueur ça avait éveillé, ce jour là, dans ses iris d'opales. Grand waw, comme quand on apprend l'estimation faîte du nombre d'étoiles dans le ciel des humains. Ici-bas, qu'une lune pour habiller l'abysse. Beaucoup moins emballant déjà.

Oui, un endroit vraiment déprimant. Fallait vraiment qu'il ait besoin de se remémorer ses moments passés avec les autres. Son dernier lien de vassalité, avant celui passé sur terre. Quoi que c'est là ? Une espèce de rituel ? Un rituel pour cristalliser sa nouvelle vie de servitude ? Un rituel avant de se dévouer corps et âme à ses nouvelles responsabilités ? Une sorte d'abandon de soi inconscient ? L'en sait rien le bambin. Sans doute appréhende-t-il son devenir. Tant d'adversaires puissants, là où jadis, il ne craignait que d'être vu. Triste constat.

Le regard creux, une étincelle en émane quand l'alarme son peskis. Un reiatsu qui, quelques mois plus tôt, ne l'aurait invité qu'à déguerpir au plus vite. Énergie spirituelle braillarde, s'échappant d'un être définitivement peu maître de sa puissance. Une constance notable. Sans doute s'ennuie-t-il dans son coin. Quelques sonido pour arriver à une dizaine de mètres de lui. Une portion d'énergie spirituelle relâchée, juste de quoi ne pas trahir une volonté non effective de le surprendre. Silhouette enfantine. Aura obscure. Très certainement, n'est-il pas habitué à entretenir des conversations normales avec d'autres gens.

-Salut toi ! T'as l'air tout blasé ! Pas étonnant, c'est tout mort ici ! Vraiment déprimant... Comment qu'tu t'appelles ? T'serais pas de l'Espada ? Quoi qu'tu fais là ?

À le bombarder de questions, n'en fait-il pas trop pour une première approche ? C'est vrai, après tout, c'est pas Karakura ici. Détail qu'il oublierait presque.

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Rang : Dernier des Arrancars Intéressants

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MessageSujet: Re: Après le repas, le blabla ♫ [PV Fuan]   Lun 24 Fév - 11:22

L'individu que je venais d'entendre n'était qu'à quelques mètres de moi. Chevelure blanche, tatouage étrange qui égayait un faciès visiblement humanoïde, vêtements plutôt atypiques qui contrastaient terriblement avec le désert aux couleurs de l'ivoire : tel était l'être qui s'offrait à mon regard. En effet, rien qu'à la manière qu'il avait eu de venir jusqu'à moi, je ne pouvais m'empêcher de me sentir privilégié d'un tel spectacle : je n'avais pas ressenti sa présence avant qu'il ne soit à quelques mètres de moi, et c'était la première fois qu'une telle chose m'arrivait.

Quelles conclusions pouvais-je en tirer : l'être que j'avais devant mes yeux n'était là que de son plein gré et, plutôt que de s'éloigner de la puissance que je représentais, avait décidé de s'en approcher comme un papillon de nuit attiré par la douce lumière de l'astre lunaire. Pourtant, de nous deux, le plus subjugué était sans nul doute moi. Après tout, comment pouvais-je juger de ses pensées alors même que je n'étais pas maître des miennes ? Peut-être ne ressentait-il qu'une vague curiosité, ou alors ne m'avait-il pas remarqué. Je conservais à grand peine mon calme intérieur, maintenant la couleur neutre et blanchâtre de ma peau, m'abstenant de prendre des couleurs plus humaines, plus vivantes.

C'était comme si le moindre souffle, le moindre geste, pouvait effacer la réalité que représentait cette créature à la chevelure si blanche. Mais ce qui me choquait le plus, dans cette scène si étrange, c'était mon propre émoi : pourquoi étais-je si émerveillé par cette créature ? Qu'avait-elle de si spécial ? Pourquoi ne la considérais-je pas différemment, comme les cadavres qui jonchaient le sol ? Pourquoi n'irait-elle pas les rejoindre, d'ailleurs ?

La créature me semblait être un arrancar. Et la forme humanoïde qu'elle possédait signifiait qu'elle n'avait rien à m'envier en terme de puissance et, sans nul doute, de longévité. Je savais manifester mon mépris à l'égard des êtres inférieurs, mais je savais avant tout montrer mon respect à mes semblables, aussi laissais-je au nouvel arrivant le privilège de débuter la conversation. De toute manière, mes lèvres semblaient aussi immobiles que elles avaient été constituées de pierre.

La créature me salua, me qualifia de « blasé » et mon environnement immédiat de « déprimant ». Puis, elle laissa échapper un véritable torrent de questions. J'étais partagé entre la déception et... l'amusement ? Cette créature qui s'exprimait presque comme une enfant, d'un air candide, me rappelait le paradoxe que constituait mon apparence physique, mais également des souvenirs d'antan. Et ce n'était pas désagréable.

Ceci explique donc pourquoi mon estime pour elle ne diminua pas. Bien qu'elle ne sembla pas d'une intelligence frôlant le génie, un profond pressentiment me forçait à penser que cette créature était capable de disparaître de ma vue aussi vite qu'elle lui était apparue. Alors, autant profiter de cette discussion tant qu'elle m'était possible.

Après tout, ce n'était pas tous les jours que j'avais un interlocuteur capable de s'exprimer sans déféquer sur lui-même !


- Déprimant... Oui, c'est un fait. Quant à mon nom, la logique voudrait que tu me donnes d'abord le tien, tout comme la bienséance. Toutefois, je n'ai que peu de respect envers toutes ces marques de civisme aussi hypocrites que futiles. Je me fais appeler Salvador et je ne suis pas de l'Espada bien que ma nature d' Arrancar puisse laisser penser le contraire.

Une nouvelle fois, je manifestai ma propre hypocrisie en critiquant ces « marques de civisme » dont j'abusais bien trop souvent lorsque l'occasion s'y prêtait. Le pire, c'est que je ne m'en rendais même pas compte : est-ce l'orgueil qui m'aveuglait ou pensais-je vraiment mes dires ? J'étais déjà un paradoxe millénaire au regard de mon physique, un peu d'incohérence supplémentaire n'allait pas y changer grand chose.

- Ce que je fais là ? J'attends, tout simplement. Que ce soit ta venue, ou celle d'un autre.

Je balayais d'un geste de la main la totalité des dunes présentes aux alentours, non sans englober avec mon mouvement les restes de mon repas.

- Comme tu peux le voir, certains de ces « autres » viennent ajouter du relief au paysage. D'autres, comme toi, m'intriguent assez pour que je leur fasse la faveur d'une conversation. Mais revenons en à toi. Qui es-tu et que viens-tu faire ici? Et que sais-tu de l'Espada ?

Le Yermo était aussi creux et vide que le monde à la surface duquel il s'étendait. Aussi, n'y avait-il aucun mal à remplir l'air ambiant de paroles et de questions.

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