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 Ce n'est pas facile tous les jours ! (PV Melody)

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MessageSujet: Ce n'est pas facile tous les jours ! (PV Melody)   Mer 7 Mai - 0:14

"Haï !"

Je regardais ces jeunes gens de mon âge, vêtus de leurs kimonos, alignés en bel ordre, imiter les mouvements de leur maître. Mes sens affûtés me faisaient percevoir avec netteté le bruissement des pieds nus sur les tapis, le froissement du vêtement sur les épaules, le sifflement des paumes ouvertes fendant l'air. Les Karatékas du Dojo Furin faisaient une démonstration publique, et l'animation avait du succès : je dénombrais plus de deux cents personnes rassemblées dans la salle, observant les pratiquants mimer un affrontement contre d'invisibles adversaires. Je n'avais jamais apprécié les arts martiaux asiatiques, en particulier le karaté. Khaïl Oudranov, mon père adoptif, m'avait appris les techniques militaires de l'armée russe : un savoir-faire direct, simple, efficace, dénué de toute morale et de tout précepte vide de sens.

J'étais venue à cause de quelqu'un. Une camarade dénommée Arisawa Tatsuki, qui allait au même lycée que moi. Pour ma part, c'était plus une couverture qu'autre chose, mais j'avais eu la surprise de constater que plusieurs résidents de l'établissement disposaient d'une énergie... peu commune. C'était le cas de Tatsuki.
Je préférais surveiller ça. On n'était jamais trop prudente, et si un jour je devais l'agresser, plonger mes crocs dans sa gorge, savourer les nuances écarlates de son sang...


"Sasha ! Ca alors ! Mais qu'est-ce que tu fais là ?"

Je fus forcée de revenir à la réalité au son de cette voix familière. Devant moi, une jeune humaine aux cheveux roux, de grands yeux candides, la bouche tressant une moue de surprise. J'ai oublié son nom, mais je sais qu'elle étudie avec moi dans un cours d'histoire auquel je ne comprends rien.

"Salut. Je suis venue observer, c'est tout."

J'enfonce l'évidence d'un haussement d'épaules, signalant clairement mon désintérêt pour la conversation qu'elle cherche à établir. Fuis-moi. Je ne recherche pas ta compagnie. Ôte-toi de ma vue. C'est ce que je lui dis à travers mon attitude en tournant les talons, esquivant la discussion, zigzagant parmi les badauds. La foule m'abrite, océan humain sur lequel je navigue et d'où, chaque nuit, je tire ma sanguine pitance.
Leurs odeurs me parviennent, multiples, chacune différente et chacune savoureuse. Ils ne sont pourtant pas mon met préféré, bien que je ne crache guère sur un repas. Je suis gourmande. Gourmande de vie. Est-ce mal ? Probablement pas, mais il n'empêche que je suis un monstre. Je le sais, et je l'accepte sans aucun problème.


"Arrête de t'enfuir !"

Je me fige, non pour obéir mais parce que je réfléchis. Ca y est, ça me revient. Cette voix irritante, cette obstination digne de la plus têtue des mules, cette absurde envie de parler à l'autre. Aiko Takasi, de ma classe.

"Je ne fuis pas. J'ai vu ce que je voulais voir, maintenant je m'en vais."

Je repars de ma démarche rapide. Je sais que je suis en train de briser ma couverture, celle de la jeune lycéenne timide et souriante, bien éloignée de la femme froide à l'intonation autoritaire que je lui présente en ce moment. Ca n'a pas d'importance : elle vit seule, peut-être est-elle orpheline. Ca fait d'elle un nom sur ma liste des victimes possibles.
Surtout si elle continue de me coller aux basques...

Je sors finalement du Dojo, retrouvant l'agitation de la rue et le soleil épanoui de l'après-midi. Il fait beau ces temps-ci, à Karakura. Je dois bien admettre que le climat du Japon est bien meilleur que celui de mon pays natal. La froideur de ce dernier ne me gênait pas vraiment : contrairement à ce que laisse entendre le folklore, je ne suis pas glacée, loin de là. Ma peau est brûlante au toucher. Une conséquence de mon métabolisme fébrile.
En parlant de fébrilité... Je levais l'une de mes mains devant mon visage, en notant l'imperceptible tremblement au bout des doigts. Ca fait vingt jours que je ne me suis pas nourrie. En pratique, dévorer un Hollow tous les mois me suffit... mais tout juste. Plus j'espace mes collations, plus le risque est grand que je ne craque. Et plus j'y pense... plus j'y pense, plus la tentation a d'emprise sur moi...

Regardez ces insolents. Ils passent tout autour de moi, innombrables, réserve infinie pour satisfaire ma satiété. Je hume leur fragrance acide, je devine le mouvement du sang dans les veines épaisses de leur cou. Ils me frôlent de l'épaule comme pour me provoquer tandis que je marche, les yeux fixés sur le lointain, essayant d'ignorer ces appels. Khaïl m'a appris à me cacher, à ne pas tuer par excès, et même à ne prendre la vie que de ceux que la culpabilité ronge. Jusqu'ici, je lui ai obéi, pas toujours de bon gré. Mais mon père adoptif n'est plus là. J'ignore même s'il est toujours en vie,,. Je suis libre.

Et cette liberté fleure dangereusement bon le meurtre.

C'est ce que je me disais en observant un jeune homme passer devant moi, sortant du Dojo lui aussi. Il a l'air fatigué, la démarche rendue hésitante par les efforts fournis. Je le connais, pas du lycée, mais justement parce que je fréquente aussi le club d'arts martiaux (bien que j'y vienne pour le kick-boxing, une discipline se rapprochant bien plus du savoir-faire inculqué par Khaïl que le karaté) et que je l'y ai déjà aperçu plusieurs fois.
De grande taille, brun aux yeux clairs, la barbe mal rasée, un tatouage à l'épaule. Je l'observe emprunter une de ces petites venelles qu'on aime traverser pour gagner deux minutes sur le trajet du retour. Nous sommes en plein jour, mais je sais que la rue qu'il s'apprête à arpenter est déserte. Je le... sens.

Sans que je ne m'en aperçoive, mes yeux auparavant vairons ont viré à l'ambre fauve. Il faut que je me calme. Ma gorge s'assèche, mes doigts se crispent, se décrispent, se referment à nouveau comme pour attraper une proie... Mes dents me font mal, poussant les unes contre les autres. Je devine mes crocs à deux doigts de jaillir. Je dois me ressaisir, apaiser les battements désordonnés de mon coeur. Mon sang frappe dans mes tempes comme si un fou avait pris mon crâne pour un clocher.
Je me mets à courir à sa suite, lui attrapant le bras et lui offrant un long regard appuyé, plein de ravissement. Je sais que je prends des risques, mais si je viens à craquer, mieux vaut que ça se passe vite. Loin des regards. Je ne peux pas prendre le risque de me transformer en bête sauvage au milieu de la rue.


"Salut ! Dis voir... j'assistais à la démonstration de Karaté. Tu es plus doué que ce que je pensais !"

"Je suppose que c'est un compliment" hasarda-t-il avec un sourire.

Je sais que je suis plutôt jolie fille, et j'en joue. Mais là, j'aurais préféré ne pas l'être. Je souhaitais ardemment qu'il me repousse, qu'il se détourne de moi, qu'il me fuie. Je n'ai pas besoin de manger, je peux encore tenir... j'aimerais vraiment ne pas le tuer... Mais il ne me facilite pas les choses, à poser sa main sur mon poignet, à rechercher le contact suite à la façon un peu cavalière, il est vrai, dont je l'ai abordé.


"Mais dis voir... tu as de la fièvre ? Ta peau brûle."

Mince. J'oublie que ma température a tendance à alarmer les gens. Effleurer ma peau revient à glisser la main entre les barres d'un radiateur en surchauffe.

"Non, c'est juste que... euh..."

Je m'écarte d'un pas. Il faut que je mette de la distance : son parfum agresse ma retenue, avive ma faim. Je devine tout ce... tout ce sang, qui circule, qui bouillonne, qui ne demande qu'à être déversé. Son enveloppe est si fragile, si agréable à déchirer de mes griffes.
Mes griffes ? Elles commençaient à sortir. Je fermais les poings, ignorant la piqûre de mes ongles rentrant dans ma paume.

Si quelque chose ne survient pas dans les minutes à venir, il va y avoir un meurtre. Et je n'ai vraiment pas besoin de ça en ce moment !
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MessageSujet: Re: Ce n'est pas facile tous les jours ! (PV Melody)   Mer 7 Mai - 11:40

En retard en retard en retard en retard en ret- Beuh ?

Freinant des quatre fers, Melody se rappela un peu trop tard que c'était une chose à ne jamais faire quand on charrie un écrin aussi corpulent que le sien – et pesant son poids de surcroît. Le sien-même, croyait-elle parfois, en ces jours (comme aujourd'hui) où l'acheminer paraissait lui cisailler l'épaule qui en assumait toute la masse. En être coutumière n'avait jamais modifié cet état de fait, pas plus que ses étranges habiletés. Et c'est bien dommage. À la suite d'une série burlesque de gesticulations anarchiques, c'est de justesse qu'elle rétablit une verticalité à la limite d'une chute et rechute. Il fallut toutefois attendre que le rythme de son palpitant s'en soit retourné à sa cadence conforme pour l'entendre épancher son soulagement d'un soupir discret, sous les acclamations des clients d'un café voisin ayant été témoins de ses prouesses.

Si gratifiant que ce soit d'être soutenue même dans les méandres du ridicule, ce n'était pas ce qui la déchargerait de sa distinction d'éternelle retardataire. Non qu'elle ne se soit pas montrée digne de cet égard, force était de le confesser. Aménager une place à des activités délassantes se révélait laborieux depuis que celles d'ordre professionnel étaient revenues à l'ordre du jour. Si jamais au grand jamais leur rythme trépidant ne l'avait ménagé, l'éreintement consécutif lui faisait d'autant moins de cadeau depuis son retour aux affaires. Le temps des flâneries s'était terminé sans préambule, et celui, élastique, de son dur labeur lui conférait dans son esprit des airs de mirage à la chaleur enfuie. Depuis lors, sur les doigts de la main s'étaient comptées les minutes de répit – et prodige que c'était si elles pouvaient se suivre.

Elle si prompte à se mêler aux autres en était réduite à grappiller les étiques heures de cours auxquelles ses horaires condescendaient à la laisser assister, sans pouvoir plus ou si peu sans que la rattrape la fatigue. Pour une fois que l'aubaine se présentait de socialiser comme bon lui semblait avec ses condisciples, des perturbations survenues alors qu'elle rentrait au pays (qu'il ne fut pas celui de ses origines importait peu) avait délayé son arrivée en terre nippone. Mise à mal par le décalage-horaire – et le concert qu'elle avait dans les jambes au surplus -, elle n'en avait pas moins été preste à se jeter dans un taxi pour gagner l'arrondissement où se tiendrait la représentation à laquelle elle était tenue d'assister. Le trajet fut le concernant mis à profit pour renfiler une tenue réglementaire si longtemps délaissée qu'elle lui parut étrangère. Si les sports de combat n'avaient guère ses faveurs – encore moins depuis qu'elle avait trouvé un autre moyen de se défendre -, l'opportunité n'en était pas moins belle, et son moral n'aurait su tolérer qu'elle la gâche.

Toutefois, si elle était encore dans les temps – ou pensait encore pouvoir l'être -, la soliste dut sciemment se résigner à ne pas s'y rendre. Car comme le cachait chaque occasion manquée ou presque, une affaire plus urgente requérait son attention. Concilier notoriété et mysticisme ne réussissait guère non plus à son état de santé, il est vrai, à plus forte raison lorsque les deux pôles entraient en collision comme à cet exact moment. Et, ce qui n'était pas sans l'importuner de même, les plans surnaturels de sa vie tendaient à prendre le pas sur la normalité à laquelle elle aspirait. En faire une priorité n'était hélas pas négociable. Le fatum avait de tout temps été dur en affaire avec elle. Un regard à la dérobée ne lui en apprit pas plus sur l'origine du trouble qui l'avait assaillie alors qu'elle remettait un ordre approximatif dans sa chevelure dorée.

Bon. Bah y'a plus qu'à.

Entrouvrir les lèvres pour laisser un filet d'air s'y engouffrer. Un nuage d'ambre se forma dans chacun de ses iris, étendant ses arabesques brumeuses jusqu'à en couvrir toute la surface, comme né de l'oxygène qu'elle venait d'inhaler. Du jade, il n'y avait plus trace, ne restait qu'un champ d'or au centre duquel dardait une pupille plus acérée que jamais. Ses compétences en matière de détection n'avaient que peu progressé, bien que cela fasse maintenant près d'un an qu'elle s'était éveillée à ce qu'elle devait être, avait toujours été. Néanmoins, cette vue altérée agissait comme des lunettes de vision nocturne et faisait apparaître en surbrillance sur l'écran de son radar mental tout foyer d'énergie. Un talent bien pratique, et qu'elle avait maintes fois songé à affiner, sans jamais en trouver le temps - ou même l'énergie.

Bientôt, se répéta-t-elle pour ce qui devait être au jugé la dix-huitième fois. Quand j'aurai un moment. Elle n'en aurait jamais. Que des bouffées d'aura avaient été exsudées ici, il ne fallait pas être bien finaud pour le sentir, pour peu qu'on y soit sensible soi-même. Savoir que ce qui apparaissait à qui savait les voir comme des stigmates dans l'atmosphère était encore frais n'en exigeait pas plus. En revanche, encore fallait-il en définir le point d'émergence, tâche qui de suite s'avérait un brin plus ardue pour qui n'était pas muni de l'acuité adéquate. Fort heureusement, celui ou celle qui semait ces indices ésotériques dans ses parages trahissait d'évidentes lacunes en terme de discrétion.

Une déficience qui n'était pas sans lui rappeler la sienne propre, jusqu'à très récemment. Qui que soit le quidam, nul besoin d'en savoir plus pour que lui aille toute son empathie au souvenir du nombre d'ennuis que cela lui avait valu. Comme une lumière dans la nuit pour tous les nuisibles du coin. Et c'est exactement ce que fut pour elle le « repère » que le pèlerin lui avait par mégarde décerné, tracé en surbrillance au pinceau de l'étourderie sur la vaste toile de la réalité. Refoulant le flux amer de sa mémoire, sa guitare toujours sur le dos, l'adolescente se lança à la recherche – ou était-ce une poursuite ? - de son ignorant protégé, ne fut-ce que pour le mettre au fait de sa propre dangerosité. S'il est encore temps.

Si tant était que la néfaste providence qui avait voilà longtemps levé son épée de Damoclès en suspens au-dessus de la ville de la Karakura ne s'en était pas déjà chargée. Moitié instinct, moitié spirite, la musicienne ne se fourvoyait qu'à titre exceptionnel sur la nature ethnique de ceux qui entraient dans son champ sensitif, même si elle y regardait à deux fois depuis que ça avait bien failli l'envoyer dans la gueule du loup, masqué de surcroît. Et quand bien même, elle était selon toute probabilité la personne la plus apte de toute la cité à se défendre contre cette menace fantôme – et le mot n'aurait pu être plus juste. Bridant son ouïe de sorte à mettre en sourdine le reste du monde pour n'avoir plus que l'écho de ses propres pas dans les oreilles, la demoiselle s'improvisa limier d'un jour, suivant les traces d'un semblable au parfum d'énigme.

L'atypique association d'un uniforme de son école et d'un crin flavescent ne correspondait qu'à deux personnes : une dénommée Sasha et elle-même. Elle ne l'avait jamais approchée de près mais les physionomies aussi exotiques ne couraient pas les rues - les couloirs du lycée encore moins. Vue de dos, une décoloration aurait pu la berner, mais pour l'être elle-même, elle savait reconnaître une vraie blonde quand elle en voyait une. Si le doute aurait pu être permis quant à savoir si c'était du garçon ou d'elle que saillait l'anomalie, le commentaire de l'intéressé sur sa chaleur corporelle fit office de preuve à conviction – non sans un notable coup de pouce de son intuition. Sans se douter du péril dont l'imminence aurait tout aussi bien pu lui éclater au visage, la britannique les rejoignit d'un pas pressé, adhérant au dialogue.

Elle est encore convalescente ! 'Faudrait pas qu'elle attrape froid. Je m'occupe d'elle, t'inquiète pas !

Et de poser les mains sur ses épaules avec plus de fermeté que l'oeil nu du sportif n'aurait pu le déceler pour la faire pivoter sur ses talons, ne lui en déplaise. L'avoir suivie dans sa rotation fut salvateur, car même au travers du tissu l'avait happée la brûlure qui, éphémère, lui cuisait les phalanges lui avait arraché une grimace. V'là autre chose. Paraître naturelle en toute occasion était l'un des bienfaits des dérives allouées à sa profession, et le talent certain qu'elle s'y était très tôt adjugé ne lui servait jamais autant que pour éviter que s'entrecroisent les fils de ses existences dépareillées. Compréhensif quoique perplexe, la proie en sursis qui s'ignorait finit par s'en aller, laissant entre apatrides ses camarades féminines.

Sitôt qu'il eut disparu au détour de l'obscur venelle, Melody ôta sa main aussi vivement qu'elle aurait voulu pouvoir le faire sur le moment, couinant piteusement. L'agiter pour calmer ses lancinantes palpitations ne l'apaisa aucunement. Que la douleur ardente ne soit plus continue était cependant déjà un soulagement en soi, tant et si bien que l'ocre de ses iris s'en fut pour leur rendre leur couleur naturelle. Dans la lumière tamisée de cet étroit passage - et dans son absolue méconnaissance de l'envers de la réalité -, le damoiseau n'avait par bonheur pas eu à loisir de s'en aviser. L'irradiation eut sans conteste été infiniment moindre pour qui que ce soit d'autre, mais à toute médaille son revers. Si solliciter ce don portait la réceptivité de ses sens à un degré inédit, ses nerfs les érigeaient en exemple sans lui demander son avis.

Aïe ! T'as avalé un barbecue ou quoi ? la tança-t-elle à mi-voix en se suçant le bout des doigts pour les libérer du mal, la larme à l'oeil. Une lourde expiration plus tard, quand enfin la souffrance illusoire se décida à passer : Je t'en prie, dis-moi que tu sais t'en servir, ce sera déjà ça de gagné.

Comprendrait-elle ce qu'elle essayait de lui dire ? Cela restait à prouver.

Citation :
Désolée pour le pavé, te sens pas obligée d'en autant surtout !

_________________


Destruction leads to a very rough road
But it also breeds creation
And earthquakes are to a girl's guitar
They're just another good vibration
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MessageSujet: Re: Ce n'est pas facile tous les jours ! (PV Melody)   Mer 7 Mai - 15:11

Attention focalisée. Toutes ressources mobilisées afin de me contenir, de tenir la bride haute au fauve sanguinaire tapi dans ma conscience, à deux doigts de libérer son indomptable sauvagerie. La nuque roide, les épaules raides...

Elle est encore convalescente ! 'Faudrait pas qu'elle attrape froid. Je m'occupe d'elle, t'inquiète pas !

Et une paire de mains de s'abattre sur ces mêmes épaules, m'arrachant un sursaut et un glapissement de surprise. La brise agita devant mon nez quelques mèches à la blondeur opaline, ne m'appartenant pas ; du coin de l'oeil je surprends un éclat d'émeraude en guise de regard. Melody MacKenzie. Je suis nouvelle à Karakura mais il semble que cette fille soit souvent absente, musicienne de renom, starlette de scène. Je ne comprends pas qu'on puisse apprécier de se donner en spectacle devant une foule ou seulement sous des projecteurs, moi qui aime me draper de ténèbres.
Un rictus apparaît sur ma figure comme je grince des dents, à la fois soulagée et frustrée. La fermeté avec laquelle elle me fait pivoter me met la puce à l'oreille.

Mais attendez voir...

Celui qui aurait dû devenir ma victime se vit bien dépité, lui aussi. Voilà de quoi m'apporter un peu de réconfort, tant amusante est la déconvenue transparaissant sur ses traits. Tandis que la Britannique me fait avancer sans briser le contact, comme on mène un animal rétif à bonne destination, j'en profite pour humer profondément l'air, encore, et encore. J'inspire son odeur, la fragrance étrange de son corps. Elle ne ressemble à rien de ce que j'ai pu sentir jusqu'ici. Oui, cette fille n'est pas normale, elle non plus. Karakura recèle décidément une population extraordinaire à tous les niveaux.
Vient finalement le moment où elle me lâche, visiblement incommodée plus que de raison par ma chaleur. D'accord, me toucher peut devenir un peu désagréable à la longue, mais sa sensibilité me paraît exacerbée. Cela vient-il du pouvoir que je lui soupçonne ?

Ma main se porta à mon épaule, que je massais comme pour en chasser le souvenir de ses doigts.


Aïe ! T'as avalé un barbecue ou quoi ? Je t'en prie, dis-moi que tu sais t'en servir, ce sera déjà ça de gagné.

Mon esprit affûté se met en branle. Sans doute possible, elle fait référence à l'ardeur de ma chair. S'imagine-t-elle que je suis capable d'un quelconque tour de pyrophile ? Son erreur me fait sourire.

"Absolument pas."

Je suis découverte, au sens où Melody me prête une nature anormale, ce en quoi elle a totalement et définitivement raison. Alors, à défaut de me cacher, je dois la tromper. La fourvoyer, prendre l'avantage du savoir, guetter une occasion de frapper. C'est ainsi que Khaïl m'a élevée : protéger mon secret, même dans le meurtre.


"Tout ce que je sais..."

Je croise les mains dans le dos, consciente que mes griffes à moitié sorties ne veulent toujours pas rentrer sous mes ongles. Cette pâle fille de l'autre bout du monde se substitue à l'heureux innocent qu'elle a sauvé, à l'insu de l'intéressé. Je ne veux pas tuer, mais la bête en moi corrompt mes pensées, m'allèche, me met l'eau à la bouche. J'imagine si bien mes crocs se refermer, claquer dans la masse tendre de son cou, mâcher jusqu'à l'os, engloutir la fontaine de sang...
Je déglutis laborieusement, luttant contre le trop-plein de salive qui envahit ma bouche.


"C'est qu'il faut que je rentre. Vite. Quelque part où il n'y aura personne. Idéalement, à l'hôpital abandonné Matsukura."

Nous n'en sommes pas très loin, d'ailleurs. C'est le quartier d'à côté. Je me cache d'ordinaire dans cet édifice déserté, surtout dans ce genre de moment, lorsque la folie plonge ma lucidité dans un brouillard incarnat.


"Sauf que si j'y vais seule, il va y avoir un problème."

Quoique... ça fait trois semaines que je n'ai pas mangé. Il faudra que je le fasse avant la fin de celle-ci, alors, pourquoi pas maintenant...? Non ! Je m'assène une gifle mentale. Si je commence à sombrer dans la facilité, la partie est perdue. Mon père adoptif m'a inculquée une discipline que je dois absolument suivre.
J'attrape Melody par le bras, prenant garde à ce que pas une parcelle de ma paume n'atteigne sa peau. Mon étau est le juste retour pour sa saisie d'il y a quelques minutes.


"Tu vas m'accompagner, pas vrai ? Melody..."

Merde. J'avais parlé normalement jusqu'ici, si l'on excluait mon accent slave. Ma voix était faite pour charmer, suave, endormir la vigilance... Mais en l'appelant j'ai eu sous les yeux la vision de moi me repaissant de son sang dans un bain de chair éclatée, une scène aussi délicieuse et effrayante qu'impossible à réfréner. Or l'avidité vorace régnant sur mon coeur s'est largement révélée dans la façon dont j'ai énoncé son prénom...
Un ange passe au-dessus de nos têtes. Ce pourrait tout aussi bien être l'ange de la mort.
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MessageSujet: Re: Ce n'est pas facile tous les jours ! (PV Melody)   Dim 11 Mai - 10:54

Un regard échangé lui fit savoir qu'elle l'avait reconnue. Bonne chose que cela, encore que ce ne fut guère ardu ainsi accoutrée. La dernière chose qu'il lui aurait fallu eut été d'être accueillie en ennemie alors que sa sauvegarde était tout ce qu'elle souhaitait. Le but de cette démarche à laquelle nul ne l'avait contrainte. S'il y avait bien une chose à laquelle elle ne se ferait jamais dans cette existence incertaine dont elle ébauchait à peine les contours, c'était l'omniprésence de l'hostilité. Se sentir menacée en tout temps et en toute place, traitée parfois en « gibier » - pour les horreurs osseuses -, parfois en curiosité – quand ce n'était en ennemie affirmée. Oh, elle pouvait comprendre qu'on puisse ne pas l'apprécier. Sa qualité de personnage public la rendait plus au fait que quiconque de combien il est ardu de faire l'unanimité.

Mais de là à ce que l'univers entier lui soit hostile, à elle qui commençait tout juste à deviner sa portée... Ce n'était pas sans passer auprès d'elle pour une injustice qui n'en finissait plus de la révolter. Si même ses congénères se mettaient à s'en prendre à elle alors qu'être la main tendue quand les choses allaient mal était bien tout ce qu'elle souhaitait, la surcharge n'aurait plus été loin. Rejetant pour l'heure ce défaitisme – non sans s'être laissée rassurer par le fait de l'avoir présentement évité -, elle finit par lâcher des yeux sa nouvelle trouvaille – les teintes dépareillées des siens lui ayant fait perdre le cours de ses actions au moins autant que celui de ses pensées. Une longueur d'avance au compteur de l'exotisme, ça. Bien qu'il ne lui fallut pas longtemps pour se dire que ce devait être une horreur pour y assortir sa tenue.

Tu es... Sasha, c'est ça ?

Sa mémoire lui faisait rarement défaut, au comptoir des noms et visages encore moins. Mais des frénésies telle que celle dont l'implacable courant l'avait emportée au creux de ses vagues au cours des récentes semaines s'étaient déjà montrées à même de semer la confusion. Même dans cet esprit qu'elle s'évertuait à organiser de son mieux – sans plus de succès que cela, s'il fallait l'avouer, ne fut-ce que pour les traits d'humour (ou d'humeur) auxquels sa conscience lui faisait – trop – souvent goûter. Elle fit l'inventaire de ce qu'elle savait à son sujet, ou croyait savoir. Le tour fut rapidement effectué : Sasha, étrangère, arrivée en cours d'année. Point à la ligne. Pas vraiment le genre à se faire remarquer, à moins qu'elle ait intégré un gang ou versé dans le terrorisme alors qu'elle s'était absentée. Tant mieux ?

Cela ne se voulait en rien offensant, mais c'était l'évidence même que de se dire qu'un élève à la cote de popularité trop élevée serait fort en peine de se faire oublier du jour au lendemain le temps d'apprendre à vivre avec son secret. Elle-même n'osait imaginer ce qu'elle aurait enduré si elle n'avait tu et falsifié son identité lors de son inscription. Le fait de n'avoir aujourd'hui plus le droit de poser un pied dans l'un des couloirs de l'établissement sans se faire sauter dessus le lui certifiait. Si elle devait avoir elle aussi souffert de son lot d'indiscrétion du fait de son allure et de ses origines – l'originalité attire autant qu'elle peut entraîner le rejet -, l'on était en droit de supposer que cette mauvaise passe s'était depuis lors terminée. Une réflexion qu'elle garda pour elle de peur de la vexer une fois qu'elle se fut convaincue que ce n'était pas – plus – une complication à surveiller.

La manière qu'elle avait eue de humer l'air l'intriguait aussi. M'étonnerait qu'elle ait chopé un rhume, avec une chaleur pareille. se dit-elle en songeant non pas à la température ambiante, mais à celle qui lui avait laissé un souvenir au bout des doigts – littéralement. Elle se souvenait avoir eu momentanément ce genre de comportement, elle aussi, lorsqu'elle avait commencé à voir des gens qui sont morts – comme elle le prononçait dans sa tête en se munissant de la voix la plus lugubre dont elle soit capable. Ce qui n'allait pas bien loin, mais là n'était pas le sujet. « Sentir » à la manière des esprits était quelque chose d'entièrement neuf, comme un authentique sixième sens implanté sous la peau qui se grefferait aux cinq autres. Comme s'ouvrir à une nouvelle dimension. Le fond de vérité du blabla new age, si l'on peut dire.

Bon ! Si c'est pas ça, alors qu'est-ce que tu - Oookay, je vois.

Elle n'avait pas eu le temps de finir sa phrase que son interlocutrice lui plantait déjà ses griffes sous le nez, quand bien même son imperceptible mouvement de recul aurait volontiers laissé croire qu'elle avait voulu les planter dedans. Et même si ce n'était pas ce qu'elle préférait dans son anatomie, ce n'était pas pour autant qu'une amputation lui paraîtrait être une riche idée. Même si cela s'avéra n'être pas le but de l'opération, l'idole conserva sans s'en apercevoir une distance de sécurité, ne se sentant guère à sa place à proximité d'objets coupants. Surtout quand celle qui les tient avoue ne pas savoir s'en servir. S'efforçant de ne pas trop lorgner anxieusement dessus, même si elle savait que cela lui serait impossible, la jeune fille se demanda de quelle aptitude ce pouvait être la manifestation. Que cela se limite à si peu était à son sens fort peu crédible. Bah tiens, ce serait trop facile !

T'en fais pas, je suis là.

Compatissante, elle refréna ses angoisses et lui offrit son sourire le plus chaleureux. L'un de ceux qu'on lui enviait tant ils semblaient assez chaleureux pour jouer un rôle dans la fonte des glaces – encore qu'elle ait toujours trouvé l'image un brin déprimante, mais on ne lui avait pas demandé son avis. Elle aussi avait été dans le même cas et elle n'avait alors personne à qui se confier. Tout au plus avait-elle réussi à apprendre sur le tas les règles de ce jeu morbide entre le bien et le mal – même si son premier contact avec des Shinigamis continuait d'alimenter ses doutes sur la bienfaisance de ceux qui composaient leurs rangs. Faisant taire toute réticence, elle alla même jusqu'à lui prendre la main – en évitant autant que faire se peut de se lacérer au passage – dans l'espoir de lui communiquer une once de chaleur tant physique que morale.

Au fait, tu dois déjà le savoir mais je m'appelle MeloHÉÉÉ !

Sa camarade de classe l'avait vigoureusement saisie par le bras, manquant de peu de la faire trébucher. Lui apprendre à maîtriser sa force, ce serait pas une mauvaise idée ! se dit-elle alors qu'elle se cramponnait à elle pour ne pas aller voir de près le gravier sur lequel elles se tenaient toutes deux. Il ne lui serait pas venu à l'idée qu'elle l'ait fait exprès tant le geste paraissait désemparé, mais ce genre de maladresse n'était pas pour la rassurer sur la suite des événements. Elle avait beau savoir ce que ça faisait d'être une catastrophe ambulante, cela ne lui faciliterait apparemment pas la vie autant qu'elle l'aurait espéré. Si fatiguant que ce soit par avance, sa bonne volonté et son désir d'aider étaient intacts pour leur part, et c'était toujours ça.

...Doucement, s'il te plait. demanda-t-elle, contrite, paumes jointes en une parodie de prière.

La brusquerie ne donnerait rien de bon aussi longtemps qu'elle serait aussi instable, elle en savait quelque chose. La denrée rare appelée patience était – hélas – sine qua non à toute forme de compréhension et de domestication de ces talents si singuliers. Elle se savait parfois en manquer cruellement, et de toute évidence Sasha était dans le même cas. Eh bah, on est pas sauvées. soupira-t-elle sans le montrer. Ses bras lui retombaient encore le long du corps quand la jeune femme lui demanda de l'accompagner. Prise de court par cette requête, l'adolescente resta un instant dubitative, la fixant d'un oeil scrutateur sans que l'oscillation dans sa voix ait l'air de l'avoir frappée. Juste une seconde de trop que pour avoir l'air aussi naturelle qu'à l'accoutumée, même si sa réaction - enjouée - se fit dans la plus grande sincérité :

Bien sûr ! J'te l'ai dit, je vais pas te laisser tomber. C'est par où ?

Et de retrouver son tonus de toujours, cherchant la fameuse résidence du regard sans même savoir dans quelle direction regarder. Ce fut cette fois elle qui l'entraînait à sa suite, d'un pas si volontaire qu'on l'aurait cru euphorique. Trouver quelqu'un « comme elle », même si source de problèmes, était toujours une bonne nouvelle. D'autant plus quand ce n'était pas pour essayer de la tuer ou quoi que ce soit d'autre du même acabit. Et au moins n'aurait-elle pas à chercher très loin pour la tenir à l'oeil, puisqu'elles fréquentaient la même institution – ce qui devrait en toute théorie enrayer bon nombre de bévues, du genre de celles qu'elle-même avait commises avant de se familiariser avec tout ça. Être frappée par la lumière du jour au sortir de la sombre ruelle l'aveugla succinctement, mais un sourire fendit bien vite ses lèvres. C'était à chaque fois un ravissement pour elle de la retrouver. Radieuse comme elle l'était, la nuit ne lui seyait guère.

Montre-moi. Au fait, tu es russe, si je me rappelle bien ?

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MessageSujet: Re: Ce n'est pas facile tous les jours ! (PV Melody)   Dim 11 Mai - 19:55

Ma bouche s'ouvrit légèrement et s'arrondit de stupeur lorsque Melody me rappela, enjouée comme le pépiement d'un rossignol, qu'elle ne m'abandonnerait pas. La déclaration fit infuser une infinie douceur dans mon regard, me plongeant dans les affres de l'indécision. C'était la première fois qu'on m'offrait un tel soutien. Jamais, au grand jamais Khaïl, mon père adoptif, n'avait fait montre d'une chaleur telle que la starlette m'en réservait. Peut-être pouvait-elle devenir mon am-...
Non ! Je réprimais le grondement sauvage qui avait manqué monter de ma poitrine. Je refusais de me laisser apprivoiser ! Je refusais cette sympathie que la blonde Britannique laissait insolemment germer en moi, plante abreuvée à un soleil jusque là toujours défié, toujours rejeté. Je n'avais besoin de personne. Il y avait dans la compagnie de l'autre plus de risques que de bénéfices.

Chacun étant susceptible de devenir ma proie, j'étais l'ennemie inavouée de tous.

Dans mon esprit rusé se superposaient différents itinéraires que nous pouvions emprunter, certains moins directs que d'autres. Je connaissais la ville que ma poche bien que j'y sois nouvellement arrivée, ayant passé les longues heures solitaires de la nuit à en reconnaître les recoins, là où serait aisé d'amener et de piéger une proie. Je ne pouvais m'empêcher d'imaginer de tels stratagèmes : c'était là ma nature. Les ignorant du mieux que je le pouvais, je pris la direction de l'avenue qui nous offrait le plus court chemin jusqu'à mon repaire.


"Oui, en effet. Si on peut dire."

J'ajoutais ce "si on peut dire" car, en effet, je ne me considérais pas vraiment comme telle. Je n'avais pas appartenu à la société de mon pays natal davantage qu'à celle du Soleil Levant. Je ne m'étais pas mêlée aux gens, pas fait d'amis, pas été à l'école. Khaïl s'était chargé de mon éducation autant que de ma formation paramilitaire, et j'avais grandi dans l'ignorance de bien des plaisirs qui sont pourtant élémentaires aux jeunes filles de mon âge. Je venais d'avoir dix-neuf ans... Mais je n'avais jamais goûté au confort d'un siège de cinéma. L'idée m'effrayait. Se retrouver assise dans le noir, à fixer un écran à la brillance oppressante, à devoir ignorer la sensation de tous ces battements de coeur, tout ce sang circulant dans les veines de la foule calmement installée autour de moi... Mettez un loup dans la bergerie, à minuit, et demandez-lui d'observer les fétus de paille. Vous verrez bien quelle teinte ils auront le lendemain.
Ma faim... ou plutôt mon appétit, devenait un réel problème. Je n'étais pas forcée de me nourrir maintenant, et pourtant, j'en avais envie. Je coulais un regard d'une rare intensité en direction de Melody, brûlant d'envie. Oui, elle me faisait envie, dans un sens terrible et monstrueux. Si elle avait pu s'immiscer dans mes pensées... qui savait quelle pourrait être sa réaction ?

J'essayais de réprimer mes griffes, et plus j'essayais, plus mes doigts tremblaient d'avidité. Je finis par fourrer les mains dans mes poches, mes fins ergots écharpant la doublure intérieure du jean.


"Tu as pu noter ma température. Le climat en Russie est bien moins... clément... qu'ici. Ce n'était pas vraiment un problème pour moi."

Donner le change. Un vieux réflexe : je devais raconter quelque chose, n'importe quoi, mais qui la détournerait de moi et de mon passé atypique.

"J'aime bien l'hôpital Matsukura. C'est relativement propre, pour un édifice abandonné. Les étages inférieurs ont tendance à recevoir des visiteurs pas très... fréquentables"
grimaçai-je. "Mais je me suis mise plus haut. C'est tranquille."

De la tranquillité. Il m'en fallait absolument. L'itinéraire le plus direct jusqu'à destination était bien évidemment celui qu'empruntaient la majorité des citoyens, qui auraient bien mieux fait d'aller voir ailleurs si j'y étais. La circulation m'agaçait, et la foule mettait ma patience à rude épreuve. Cela se sentait dans les regards que je jetais à droite et à gauche, plus venimeux que celui d'une vipère sur la queue de laquelle on viendrait de marcher. Et de fait, mieux valait marcher sur une vipère que d'être sur mon passage lorsque ma soif sanguine se faisait sentir.
Avez-vous déjà été amoureux, d'une passion confinant à la folie ? Lorsque vous êtes en face de l'être aimé, ne vous sentez-vous pas fébrile, votre souffle ne s'accélère-t-il pas, suivant le rythme débridé de votre coeur ? Le sang ne frappe-t-il pas avec insistance à vos tempes ? Vos iris ne se dilatent-ils pas, enténébrant vos yeux ? Le même phénomène me saisissait lorsque j'étais dans cet état. Un état de manque, purement mental, purement lié à la tentation la plus brute qui soit.

Et elle grandissait, cette maudite tentation. Je m'écartais de Melody tout en marchant, de façon notable. Un bon mètre et demi séparait nos épaules, ce qui n'était pas anodin pour deux jeunes femmes marchant de concert.


"C'est moi qui passe devant" indiquai-je d'une voix rauque tandis que nous arrivions en vue de la clinique délaissée.

Si jamais la Britannique venait à se retrouver devant moi, pour une quelconque raison, par mégarde et innocence... je ne promettais pas de ne pas profiter d'un tel angle d'attaque. Mordre à la nuque, enrouler les bras sous les épaules et croiser les mains dans les cheveux de la victime... un mouvement de mâchoire, faire sauter les vertèbres, ouvrir la peau, boire de tout mon saoul...
Un trop-plein de salive humecta ma bouche, auparavant sèche tant grande était la pression pesant sur moi.

J'ouvris la marche, sautant par-dessus une barrière à hauteur d'homme signalant via un petit panneau la fermeture de l'hôpital datant de plusieurs années maintenant. Je me réceptionnais en souplesse, me tenant à disposition pour filer un coup de main à Melody. L'escalade avec son étau à guitare ne devait pas être une sinécure.
Dans le hall nous attendaient tout un groupe hétéroclite, mélangeant des individus de chaque genre et d'âges divers : on allait du morveux mal luné au trentenaire à la mine mauvaise. Je ne m'attardais pas ici, entraînant ma camarade aux yeux de jade dans une série d'escaliers balafrés de lézardes et de graffitis.

Cinquième niveau. Mon antre.

Salles de soin vides, couloirs aux murs vierges, néons entretenus en état de fonctionnement. Ici, le bâtiment aurait pu être fonctionnel si on y avait remis le matériel et le personnel. Je m'assurais de sa propreté, refusant de vivre dans un dépotoir. Cela n'empêchait pas, par-ci par-là, quelques gravats d'avoir chuté au sol. J'avais disséminé un peu partout dans cet étage ce que j'appelais affectueusement mes caches, et dont le secret ne résisterait pas à une exploration sommaire : tiroirs, placards, cage d'aération, soupirail... recélant mes affaires, et il y en avait beaucoup. Des tenues de cuir ou de polymère moulant, des ceintures, des cordes d'ascension, des rossignols, quelques ordinateurs portables munis de clés USB au contenu absolument illégal, et même certaines armes à feu dont je n'avais pas l'usage. Je guidais la Britannique jusqu'à ma chambre proprement dite : une vaste pièce qui avait dû servir de salle d'attente, maintenant débarrassée de ses sièges au profit d'un matelas posé à même le sol froid. Un canapé défoncé traînait dans un coin (et j'avais sué sang et eau pour le ramener ici, croyez-moi), en face d'un vieux poste téléviseur trafiqué. Diverses revues égaillaient l'endroit, traitant des sujets les plus divers. Le magazine scientifique en langue anglaise y côtoyait la presse people de mauvais goût, expression de mon ignorance absolue de ce qui était à la mode dans les discussions quotidiennes avec autrui. Je m'assis sur ma couche, les mains sagement croisées entre mes genoux.


"Voilà. C'est chez moi." Un sourire nerveux. "C'était gentil de ta part. Mais tu ferais mieux de t'en aller, maintenant."

Je l'ai dit sur un ton aimable. Trop aimable pour être honnête, d'ailleurs. Mes crocs se devinent au coin de mes lèvres craquelées par la soif surnaturelle dont je suis l'esclave. Je ne fixe plus les yeux de mon invitée, mais sa poitrine : là où bat son coeur. Là où son sang se rassemble et est chassé dans ses veines, d'une grande contraction de son palpitant.

Spoiler:
 
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MessageSujet: Re: Ce n'est pas facile tous les jours ! (PV Melody)   Mar 20 Mai - 15:08

C'est gentil, mais ça ira, j'peux me débrouiller !

Après vérifié que nul n'en serait témoin d'un rapide coup d'oeil, Melody refusa poliment la main que lui tendait sa vis-à-vis et sauta. Si rien au niveau du sol n'en laissait présager, et la masse conséquente qu'elle transportait encore moins, elle s'éleva en un clin d'oeil à plusieurs mètres du sol, au mépris de son absence d'élan. Mais plus encore que la hauteur qu'elle atteignait « à froid » - laquelle aurait fait pâlir les meilleurs athlètes de la scène olympique -, ce fut de la voir défier la gravité qui devrait donner à son interlocutrice un petit avant-goût de ce que l'habileté qu'elle était en train de développer devrait lui permettre à terme. En douceur, elle n'annula son état d'apesanteur qu'une fois passée de l'autre côté, touchant le sol avec grâce et légèreté.

On appelle ça le Bringer Light, je crois. Alors, qu'est-ce que t'en dis ?

Sans plus attendre de réponse, Melody suivit Sasha avec la candeur de l'agneau qui se laisse emmener sans savoir qu'il va à l'abattoir. Quelle raison aurait-elle eu de douter d'elle ? Ce n'était qu'une jeune fille perdue, désorientée comme elle-même l'avait été et qu'elle se jurait d'aider de son mieux. Elle doutait de faire un bon professeur – déjà que je suis pas encore très au point... – mais au moins ne pourrait-on pas lui reprocher de n'avoir pas même essayé. Si le peu de choses qu'elle serait en mesure de lui transmettre pouvait lui permettre de mieux le vivre au quotidien, voire même d'y survivre – c'est que c'est dangereux ces conneries... -, ce serait déjà un franc succès, en ce qui la concerne.

Il n'y avait pas de solution miracle : c'était avant tout un travail à faire sur elle-même, par ses propres moyens. On n'apprend pas à du jour au lendemain à vivre une vie qui n'est pas la sienne. Qui diffère de tout ce qu'on a toujours connu. C'était littéralement dans un autre monde qu'elle était sur le point d'entrer, même si elle ne faisait pour l'heure que se tenir sur le seuil. Parlant de seuil, l'attente fut brève avant de rallier celui du pavillon de Sasha. Un rien prise au dépourvu, la guitariste ne cacha pas son effarement, médusée par ce qu'elle voyait. Comment était-ce seulement possible ? Pensant tout naturellement que sa camarade tentait de lui faire une mauvaise blague, elle la dévisagea avant de reporter son pavillon sur la ruine qui lui tenait lieu d'abri.

Sasha ne plaisantait pas. C'est quoi le plan, elle veut me filer des remords parce que je suis riche et en profiter pour me racketter tout mon pognon ? Vivre dans un carton lui aurait paru plus rassurant. La seule idée de vivre au coeur de ce bâtiment délabré lui donna la chair de poule. Pas encore tout à fait convaincue que c'était pour de vrai, mais forcée d'y croire à défaut d'autre possibilité, la célébrité lui emboîta le pas en silence avec un dernier coup d'oeil rétif aux habitants du rez-de-chaussée. Qu'ils soient hagards ou lubriques, tous ces regards braqués sur elles étaient plus qu'il n'en faut pour savoir que ce n'était pas un endroit pour une jeune fille. Saisie d'un nouveau frisson, elle força l'allure.

Et... Ça fait longtemps ?

Elle parlait bien sûr de ses pouvoirs. Relancer la conversation s'avérait être une urgence, si elle voulait oublier un peu dans quel environnement elle évoluait. Melody était loin d'être insensible à la misère humaine, et plaignait tous ces pauvres bougres du plus profond de son coeur pour avoir à vivre dans des conditions aussi précaires, pour ne pas dire intolérable, mais force était d'admettre qu'elle n'était pas à son aise. Et ce n'était pas faute d'être téméraire, sans quoi elle ne serait pas ici, marchant aux côtés d'une fille qui avait – malgré elle mais tout de même – bien failli l'ébouillanter. Si ce n'était brûler vive. D'accord, les grillades c'est vachement bon, mais je tiens pas à finir au menu. songea-t-elle en le ressassant. Si elle avait su...

Pour ce qu'elles en savaient, elle et sa notion du temps défaillante (merci le décalage-horaire à répétition !), la jeune slave n'était pas des leurs depuis longtemps. Mais la façon qu'elle avait eue de parler du comportement de son pouvoir face aux températures peu clémentes de son pays natal laissait à penser qu'elle avait eu tout le temps de s'en faire une idée... Si c'était le cas, c'était une chance qu'elle soit encore en vie, que ce soit pour avoir su passer entre les mailles du filet de la boulimie des bêtes masquées ou pour n'avoir pas accidentellement causé sa propre perte par accident. Si elle voulait pouvoir l'aider efficacement, elle aurait besoin d'en savoir un peu plus à son sujet, et risquait fort pour cela de devoir se montrer intrusive. Bah, ce n'était pas comme si elle ne se mêlait jamais des affaires des autres...

C'est à cause de ça que tu es venue t'installer ici ?

L'excuse du déménagement lié au travail de ses parents aurait du mal à passer ici, surtout en voyant le palace du pauvre dans lequel elle avait élu domicile. L'immigration aurait sans doute été une théorie plus plausible, à tout le moins si elle n'avait pas été aussi bien vêtue et inscrite à l'institut avec tous les frais que cela induit. Non, définitivement... Y'a quelque chose qui tourne pas rond. Et la soliste doutait fort de découvrir ce dont il était question sans fourrer son nez dans des affaires qui ne la concernaient que trop peu. Bah, pas comme si j'avais pas l'habitude ! Perdue dans ses sordides pensées, le craquement sinistre de l'escalier vermoulu la fit tressaillir. Dans quoi j'ai encore mis les pieds, moi... pensa-t-elle alors qu'elle évitait justement in extremis un trou béant dans le sol d'un saut millimétré.

L'étage qu'habitait Sasha était vaguement plus entretenu, moins en proie à la dégradation et à la déchéance qui avaient conquis l'endroit il devait y avoir un paquet d'années déjà, mais tout aussi inquiétant que le reste. Si elle avait encore eu le moindre doute sur le fait qu'elle essaie de lui faire gober n'importe quoi, il disparut à cet instant. Un élan de sollicitude s'éleva en elle, tandis que dans le même temps son appréhension pour elle lui nouait les tripes. Melody n'avait jamais su rester indifférente au malheur des autres. Et même si la demoiselle d'Europe de l'est n'avait pas particulièrement l'air de se plaindre de son cadre de vie, la guitariste avait peine à croire que l'on pouvait prendre plaisir à rester là-dedans à longueur de temps. Quelle que soit la véritable histoire derrière tout ça, elle lui serrait le coeur par avance.

Alors c'est vraiment là que tu vis... dit-elle d'une voix absente, les yeux rivés sur le décor, plus pour se le confirmer à elle-même que pour faire la conversation.

Sasha... Pourquoi ?

Euh, c'est... Mignon, chez toi. commenta-t-elle nerveusement, reprenant de ses esprits ce qu'elle pouvait.

Melody fit quelques pas dans la pièce, sans vraiment savoir où aller. À plusieurs reprises, elle avança la main comme si elle voulait toucher quelque chose avant de brusquement se raviser, comme si tout ceci n'avait été qu'un mauvais rêve que le moindre contact aurait suffi à briser. Ce n'aurait peut-être pas été plus mal tant elle était dépitée d'avoir à digérer que l'une de ses camarades de classe vivait dans ce taudis. Sans offense. Au moins était-ce gardé propre, presque trop pour croire qu'elles n'avaient pas changé d'immeuble d'un étage à l'autre mais ce n'était pas ce qui la détournerait de cette dure réalité – quel que soit le mal qu'elle puisse avoir à s'en accommoder. Trouver son portrait sur l'une des revues écornées qui jonchaient les lieux ne la fit même pas sourire tant tout ceci la préoccupait. Se délestant de sa guitare et la posant avec milles précautions sur le canapé en fin de vie, elle fit demi-tour et vint se jeter sans honte sur le matelas aux côtés de son honte.

Partir et te laisser seule ici ? Et puis quoi, encore ?

Ceci étant dit, elle prit sa mine la plus sérieuse et lui tira la langue pour étayer son propos. Elle avait raté la représentation qu'elle avait voulu voir, et sans doute la demi-douzaine d'activités diverses et variées censées prendre la suite dans son agenda surchargé. Qu'importe : tout ceci ne comptait pas à côté du soutien qu'elle pouvait donner à quelqu'un qu'elle considérait, qu'elle le veuille ou non, déjà comme une amie. Probablement l'empathie que lui inspirait son air de fillette laissée pour compte, même si elle était selon toute vraisemblance plus débrouillarde que la métisse ne l'avait jamais été. Étalée de tout son long, elle croisa les bras derrière sa tête. Elle dut faire de son mieux pour ne pas esquisser de grimace en se rendant compte qu'on sentait la dureté du sol sous la couche de plumes bien plus qu'elle ne l'aurait cru. Plus vulnérable que jamais, sans doute, mais comment aurait-elle pu se douter du danger qui guettait ?

Si tu y tiens vraiment, je m'en irai. concéda-t-elle tandis qu'elle se redressait quelque peu pour mieux la regarder. Mais pas avant que tu m'aies parlé de toi. Ça marche ?

Elle la gratifia son plus beau sourire. Même maintenant qu'elle avait dans sa manche de quoi détruire le monde, elle ne se connaissait pas meilleur moyen de persuasion.

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MessageSujet: Re: Ce n'est pas facile tous les jours ! (PV Melody)   Jeu 22 Mai - 20:09

Ses questions étaient demeurées sans réponse, faibles tentatives d'une brise du Sud égarée pour briser la glace d'un lac de montagne. Pourtant, de glace, je ne l'étais pas. J'étais une créature ardente, au sang-chaud, gouvernée par la main implacable de mes passions. La teinte vaironne de mon regard s'embarrassait des lueurs brûlantes de l'envie tandis que je couvais la Britannique de mes yeux criant famine. Une famine que je haïssais autant que je l'accueillais à bras ouverts, pour la félicité capiteuse dans laquelle elle me plongeait au moment précieux où je parvenais à l'assouvir.

Et voilà l'ingénue qui s'étale, dans la volupté de son corps appétissant, juste à mes côtés. Elle était à la fois le serpent et la pomme, et l'interdit tentateur, et la main provocante apportant le fruit convoité. Sans le vouloir, Melody me plongeait dans le gouffre d'affres nouvelles qui atteignaient, en moi, encore un autre degré de frustration. Il n'avait jamais été si difficile de lutter, jamais je ne m'étais sentie si... écartelée... entre mes besoins et ma discipline. Lorsqu'elle me dédia son sourire chaleureux, je ne vis que la plaine accueillante de sa gorge offerte.
Je me levais brutalement, saisie d'une raideur à la hauteur des efforts que je déployais pour ne pas me jeter sur elle et lui ouvrir le ventre de mes griffes. Quelques pas chancelants m'écartèrent de l'innocente démone.

Parler, vite. Rompre le fil de mes pensées. Répondre à ses questions.


"Longtemps que je suis... ainsi ? Aussi loin que je m'en rappelle. Mon premier souvenir, c'est..."

Un souvenir empli de violence, mais qui ne me fait ni chaud ni froid. Le problème n'est pas d'en parler : le problème est que c'est un souvenir sanglant, et même imaginaire la vision de ce sang ravive ma soif à l'extrême.

"Un accident de voiture avec mes parents, des roses incarnates dans la neige, des flammes, des éclats de verre brisé. J'avais quatre ans, du moins d'après l'homme qui m'a recueillie après ça. Déjà à cet âge-là, je n'étais pas... normale."


Normale. Nous aurions pu l'être, Melody et moi, à nous raconter des confidences sur ce matelas comme le font les jeunes filles de notre âge. Les jeunes filles normales. Oui, deux amies se seraient retrouvées ainsi dans la chambre de l'une pour évoquer des petits secrets, discuter de tout et de rien, aborder leurs problèmes respectifs, échanger des points de vue oiseux...
Je décrivais un accident, mais au cours de mon enfance j'avais fini par deviner qu'il n'en était rien. Ca avait été un meurtre.

"Curieux comme je n'arrive toujours pas à me contrôler après tout ce temps. J'ai dix-neuf ans, et je ne parviens pas à me brider. Rien qu'un tout petit peu, mais enfin, il faut des monstres pour tuer des monstres..."

Grâce à Khaïl. Sans lui, je serais probablement en train d'égorger ce jeune homme de tantôt dans la ruelle.


"Si je suis venue au Japon, c'est parce que j'ai perdu mon père adoptif."

La formule pouvait prêter à confusion, comme je ne précisais pas s'il était défunt ou juste hors de vue. Je laissais volontairement le mystère, ne souhaitant pas approfondir le sujet ni de son identité, ni des circonstances de notre dernière rencontre. Parler de soi amenait inévitablement à révéler des défauts, des informations que vous auriez préféré que tous ignorent. Je posais la main sur le mur, appréciant sa froideur réconfortante et le support qu'il offrait à mon corps tremblant. Je tremblais, oui ; pas de faiblesse, mais d'énergie contenue, muselée.
Oui, une muselière m'irait bien, parfois.

Une transpiration luisante recouvrit ma nuque, mon front, mes épaules. La fièvre sanguine se mit à cogner à mes tempes avec la régularité d'un lutteur face à son sac de frappe, me faisant perdre le fil de ma réflexion. Le monde troqua son gris et ses couleurs fantoches pour les éclairs étincelants du sang deviné dans les veines, du mouvement du coeur, de la senteur du vivant. Mes doigts se crispèrent, creusant des sillons hystériques dans la surface bétonnée.
Un cri retentit. C'était un cri sauvage, vibrant d'une férocité ne demandant qu'à être déchaînée. Je mis quelques secondes à réaliser qu'il montait de ma propre gorge.

Je me retournais vers Melody, dans une posture sans équivoque. J'avais les mains ouvertes, les jambes fléchies, prête à bondir. Mes traits ne s'harmonisaient plus selon les critères de l'humanité, mais ceux de la bête tapie au fond de moi et qui, en cet instant, se libérait de ses entraves. Je ne demandais qu'à plonger dans l'orgie, plonger dans les ténèbres de l'instinct. Griffes et crocs jaillis, Reiatsu explosif.


"Je fais des rêves, sais-tu ?" lançai-je d'une voix tendue, alourdie par mon conflit intérieur. "Des rêves où je dors dans un champ d'orchidées en sang, où je pose mes lèvres sur le coeur des humains. Des songes enfiévrés où la nuit m'entoure de ses bras apaisants, et que j'écharpe d'un claquement de mâchoires pour révéler la mer écarlate qu'elle me dissimulait."

Je posais les doigts sur ma poitrine, à l'endroit où je sentais y frapper un battement endiablé. Je pressais ma chair si fort qu'elle se lacéra par endroits.

"Il y a là-dedans un monstre, Melody. Il me hurle de te tuer, d'ouvrir les vannes de tes artères, et ce depuis que je suis une morveuse haute comme trois pommes !"


Je fis un pas en avant, marchant sur l'une des revues arborant la silhouette de mon invitée en page de couverture. Ma botte paramilitaire froissa la page, brouillant son visage. Je me ramassais sur moi-même, m'apprêtant à...
Je n'en eus pas le temps. Le mur ouvert sur le vide et la rue en contre-bas explosa dans une pluie d'agglos fracassés et de morceaux de revêtement, laissant apparaître le faciès grossier d'un Hollow. Aujourd'hui, j'ignore encore s'il avait humé mon âme survoltée ou celle de Melody, mais quoi qu'il en soit, je le remercie pour son flair providentiel. Il me fallut une fraction de seconde pour me projeter à son encontre d'une impulsion, pareille à quelque joueur de rugby exerçant un placage. Il était massif, comme le sont ceux de sa race, mais ma force n'était pas celle que laissait entendre ma silhouette. D'une pirouette, je l'envoyais sans merci s'écraser au milieu de la pièce, à quelques coudes à peine de ma blonde congénère. Un instant plus tard j'enfonçais mes longues canines dans la chair épaisse de son cou, sourde à ses plaintes mugissantes.

La mise à mort dura le temps de ma satiété. Je le maintenais au sol, dépourvue de la moindre pitié, les yeux fermés comme une jeune fille embrassant son chéri, engloutissant le flot bileux de son sang. Cela me faisait l'effet d'une renaissance, d'une véritable cure de jouvence. Le flux de son existence transita de son être au mien, apportant un plaisir auquel je m'abandonnais tant que j'en oubliai complètement Melody. Combien de temps me fallut-il pour le rendre exsangue ? Quelques minutes ? Quelques secondes ? Je l'ignore.
Je lui en voulus lorsqu'il commença à se désagréger, sans plus d'énergie pour maintenir cohérentes ses particules spirituelles. C'est dépitée que je fus forcée de m'interrompre, alors même qu'une douce satisfaction allégeait chacun de mes membres.

Et je croisais un regard de jade.


"C'est... euh..."


Apaisée, j'en devenais bien plus humaine et hésitante. J'avais envie de dire que j'étais désolée, de réclamer pardon, sans trop savoir pourquoi. Le spectacle que je venais de lui donner me mettait horriblement mal à l'aise, à ce point que je m'en sentais presque menacée.
J'allais m'asseoir sur le canapé informe, remontant les genoux et passant mes bras autour.


"Si tu le souhaites, j'irai m'installer dans une autre ville. C'est l'affaire de quelques heures à peine, et puis, ce n'est pas comme si j'étais attachée à quelque chose ici."
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MessageSujet: Re: Ce n'est pas facile tous les jours ! (PV Melody)   Lun 26 Mai - 15:36

Sasha était nerveuse. Elle pouvait le sentir. Ça n'avait rien à voir avec ses pouvoirs. Elle avait toujours été sensible aux variations d'humeur de son entourage. Toutefois, elle ne se souvenait pas – ou si peu – avoir jamais senti quelqu'un aussi à cran. Bien qu'elle se refusât à porter un jugement hâtif, le parallèle avec un drogué en manque ne lui avait pas échappé. En manque de quoi ? Quelque part en elle, à une strate instinctive, inconsciente de sa personnalité, elle n'avait pas envie de le savoir. Quand enfin, au prix de ce qui sembla être un effort surhumain, la jeune slave rassembla tant ses forces que ses esprits pour éclairer sa lanterne, Melody se fit oreille attentive.

Ce n'étaient pas les commentaires qui lui manquaient – certains pertinents et d'autres moins – mais elle avait l'intime conviction que ce n'était pas le moment de lui couper la parole. Tant parce que si personne n'aimait cela, elle n'était de surcroît vraisemblablement pas d'humeur à se montrer conciliante que parce qu'elle paraissait avoir un besoin pressant de s'y raccrocher comme on étreint de toutes ses forces une bouée de sauvetage. Mais quel était cet océan dans lequel elle se noyait en silence et dont les flots glacés menaçaient de conquérir ses poumons ? La guitariste n'en savait guère plus, hormis la petite idée qu'elle s'en faisait ; c'est-à-dire pas grand chose.

En compensation de quoi elle serait la main tendue pour la sortir de l'eau. Si bien sûr elle ne se faisait pas entraîner à son tour dans ce courant contre lequel sa vis-à-vis semblait avoir toutes les peines à lutter. Bien qu'elle n'ait jamais vécu de situation similaire, Melody n'eut aucun mal à visualiser la scène décrite par sa camarade. Un frisson d'effroi la secoua, suite à quoi elle se recroquevilla comme pour se protéger de ce souvenir – comme si l'évoquer le rendait réel et le faisait vivre, revivre. Si encline soit-elle à partager sa douleur et sa peine, à lui prêter l'épaule, elle ne voulait pas de ça. Pas dans sa tête. La mine basse, elle émit un murmure brisé, pensif.

Ça a dû être terrifiant...

Elle se sentit stupide. Bien sûr, que ça l'était. Comment aurait-il pu en être autrement ? Quand tout ça lui était tombé dessus, elle avait paniqué. Une peur rationnelle de ce qui ne l'était pas. Et elle avait bien failli envoyer la ville en orbite à cause de ça. Pourtant, c'était il y a à peine un an de cela et depuis, tout était différent. Qu'est-ce que ce devait être alors, de s'éveiller enfant pour se rendre compte que les monstres sous le lit et dans le placard sont aussi réels que tout le reste ? Pire encore, que personne ne peut les faire partir à part soi ? L'adolescente se sentait dans l'embarras. Plus le récit avançait, plus elle avait le sentiment de voir Sasha s'arracher un pansement pour lui montrer ce qu'il cachait.

Une blessure secrète. Si sa condisciple était une personne qu'elle qualifierait d'« aiguisée », le couteau planté dans son âme l'était plus encore. S'était-elle déjà ouverte de tout ça à qui que ce soit ? Melody n'était pas sans savoir qu'il flottait autour d'elle une certaine aura bienfaisante qui incitait les gens à se confier à elle. Néanmoins, elle aurait trouvé triste d'être la première à qui elle ferait part de ses mots alors qu'elles ne se connaissaient pas le matin-même. Elle était bien placée pour savoir ce que ça faisait d'enfin trouver quelqu'un comme soi, quelqu'un qui ne vous prendrait pas pour une folle alors que c'étaient eux qui ignoraient tout mais ce n'était pas un fardeau avec lequel on pouvait vivre...

Melody avait des questions plein la tête, et aucun moyen d'ouvrir les vannes pour les en faire sortir. Amorphe, comme éteinte, elle garda les yeux rivés sur Sasha même alors que la tension fragile qui régnait dans la pièce commençait à se fissurer, modifiant l'atmosphère. Monstre. Le mot résonna à travers elle, tel un galet répandant ses cercles concentriques à la surface du lac de sa conscience. Un terme qui lui rappelait une entrevue plus si récente et qui pourtant lui semblait dater d'hier. Un mauvais souvenir. Son hôte était forte, elle pouvait le sentir malgré son sens des mesures défaillant. Mais moi, je le suis encore plus. Il lui aurait été facile de la maîtriser dans l'instant, mais son reiatsu demeura désespérément stable. Au repos.

Elle choisissait de lui faire confiance.

Mais tu ne le feras pas. rétorqua-t-elle avec un sourire sans joie.

D'une manière ou d'une autre.

Mais elle avait envie de croire en elle.
Ce n'était pas une comédie qu'elle jouait. L'idole n'avait pas peur. Sa chair ne s'animait d'aucun tremblement. Elle savait qu'elle ne lui ferait aucun mal, aussi distinctement que si elle avait pu le voir dans l'avenir. Ses dons n'ayant que trop peu à voir avec quelque forme de divination que ce fut, elle supposa que ce n'était l'oeuvre que de sa bonne vieille intuition. Laquelle ne la trahit pas cette fois encore, en lui donnant raison. Livraison à domicile ! Qui a commandé un Menu Hollow ? commenta-t-elle pour elle-même, sans plus broncher lorsque le mur céda sous la pression des griffes, ne se décalant que pour éviter la retombée du nuage de plâtre.

Une légère crispation avait parcouru son être lorsque le monstre avait fait son apparition. La force de l'habitude. Elle se contraignit toutefois à rester bien en place. Sa nouvelle amie avait grand besoin de se défouler. Lui couper l'herbe sous le pied ne lui rendrait pas service. En sus, n'être que spectatrice lui donnait toute latitude pour se faire un avis de ses capacités, de la maîtrise qu'elle en avait. Ce qu'elle avait au départ pris pour une lutte désordonnée était en fait composé de mouvements rudes mais précis, attestant d'un partiel contrôle de soi même dans l'ivresse et la frénésie.

C'était rapide. se manifesta-t-elle pour rappeler sa présence.

Elle avait suivi la scène dans son intégralité avec une fascination morbide, se sentant soudain sénateur romain en plein coeur du colisée où s'entre-tuaient homme et bête pour son bon plaisir. Ne manquait que le verre de vin. Et après ce qu'elle venait de voir, elle doutait fort de pouvoir en approcher un de ses lèvres avant un certain temps. Qu'elle se révèle encore incapable de dominer ses pulsions après tout ce temps était un réel problème, mais pas forcément insoluble. Tout ce qu'il fallait, c'était d'y croire vraiment... Et peut-être un petit coup de pouce. Étirant ses jambes, elle finit par se lever de sa tribune de fortune et marcha droit vers elle, sans dévier de sa trajectoire.

Il n'en est pas question. balaya-t-elle sa proposition d'un ton sans réplique. Te laisser partir ? Et quoi, que ça continue comme ça autre part ? Ça ne peut pas durer éternellement. Désolée, mais je ne peux pas permettre ça.

Elle leva les mains et les approcha du cou de Sasha, fin et frêle malgré sa condition...
Pour finir par l'entourer affectueusement de ses bras, qui ne l'étaient pas moins. Que l'étreinte soit à son goût ou pas, elle ne lui demandait pas son avis. Certes, lui présenter ainsi son cou revenait pratiquement à l'inviter à y mordre à belles dents, mais elle n'en avait que faire. Par crainte de ce qu'elle pourrait leur faire, sa compère européenne n'avait guère dû avoir le loisir de profiter de la douceur d'un congénère. C'était un luxe qu'elle ne pouvait s'offrir. Ce dont elle avait besoin, c'était de contact humain. La soliste n'était pas assez idiote pour croire qu'une vulgaire étreinte suffirait à balayer toutes ces années de solitude et de déréliction... Mais il faut bien commencer quelque part.

Tu restes ici, avec moi. Tu n'es pas la seule a avoir été traitée de monstre. Je sais ce que ça fait, de pas savoir ce qui t'arrive et d'avoir l'impression que personne ne pourra te comprendre. Je ne revivrais ça pour rien au monde. Alors je refuse de te l'imposer. De toute façon, je ne peux pas te laisser sans surveillance.

Elle eut un sourire affecté, sans savoir si elle le verrait.

Je suis sans doute pas la mieux placée pour ça, mais... Je t'aiderai à maîtriser tes pouvoirs. À te contrôler. Tu... As le droit de me mordre, si tu veux. 'Pas le genre de phrase que je m'attendais à prononcer un jour, mais pourquoi pas, hein. Je préfère ça que de te laisser t'en prendre à quelqu'un d'autre. Alors vas-y, si tu es prête à essayer de t'arrêter. Si tu y arrives pas... Bah... Je devrais pouvoir me débrouiller pour t'y obliger.

Elle se recula de quelques centimètres pour soutenir son regard, la mine toujours joviale. Les émeraudes que gardaient jalousement ses paupières leur furent enlevés pour être remplacés par des ambres aux milles nuances, oscillant entre coulée de miel et or en fusion. À hauteur de ses omoplates se dressèrent des ailes d'acier qui n'existaient pas un instant auparavant tandis que les fluctuations de son aura faisaient étinceler leur surface chromée. Sa présence emplit la pièce, écrasante, suffocante. Elle s'était efforcée de ne la relâcher que graduellement pour que Sasha n'y voie aucune forme d'agression, mais avait encore bien des difficultés à dompter ce flux déferlant. Celui-là même qui avait anéanti des capitaines du Gotei 13, sans possibilité de riposte. Tu veux du monstre ? 'suffisait de demander. se dit-elle, retrouvant la verticale.

Je suis forte, tu sais.

D'un geste que la langueur définissait, la célébrité leva le bras vers son étui à guitare. Les verrous sautèrent comme un seul homme et il s'ouvrit à la volée comme une porte mue par la seule volonté des courants d'air. Un effort de concentration plus tard et l'instrument émettait une douce mélopée sans que qui que ce soit ait besoin d'y toucher – si ce n'était sa pensée. Ce genre de tour tendait à la frustrer, lui faisant regretter le contact des cordes, mais elle avait persévéré pour le mettre au point malgré tout, juste au cas où. Le rythme s'intensifia tandis que Melody pliait les doigts et, lentement, méticuleusement, les tournait vers la pile de gravats qui jonchait le sol.

Une note plus forte que les autres ; une secousse ébranla la pièce - elle préférait ne pas présumer de la solidité de l'immeuble dans son ensemble - et, la seconde d'après, les indélicats reliefs n'étaient plus que poussière et esquilles. Son bras retomba mollement le long de son corps alors que la gaine de son « arme de prédilection » se refermait à la hâte, comme pour cacher son implication dans ce qui venait de se produire. La force si dense qu'elle en devenait presque palpable qui tourbillonnait entre ces murs commença à s'étioler, comme fuyant par la fenêtre improbable que le monstre avait percé, comme avalée par le siphon de la baignoire qu'était la pièce une fois la bonde ôtée.

Peut-être un peu trop. admit-elle en se mordant la lèvre, un rien morose.

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Destruction leads to a very rough road
But it also breeds creation
And earthquakes are to a girl's guitar
They're just another good vibration
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MessageSujet: Re: Ce n'est pas facile tous les jours ! (PV Melody)   Mer 28 Mai - 15:10

Qui est-elle, cette insolente ? Qui es-tu, oiseau charmeur à la voix envoûtant les foules, idole d'une société que je rejette avec mépris, jeune fille aux mèches d'ambre me proposant ce que, dans ma fébrilité, j'arrache aux tiens sans vergogne ? Pourquoi m'offrir ce que tous refusent à raison de donner ? Je cherche le piège dans sa posture, la couteau caché qui ne peut résider que dans sa main, et n'en trouve aucun. Cette absence loin de me rassurer m'exhorte, par tous mes sens à l'affût, à me méfier de celle qui met sa vie dans la balance de cette amitié qu'elle invoque entre elle et moi. Voilà bien une preuve, s'il en fallait, qu'avoir de l'affection pour quelqu'un est une grave erreur. Le prix à payer est bien trop grand, s'il vous amène à tendre la gorge aux vampires !

Ses bras autour de mon cou n'ont rien de la strangulation que je meurs d'envie de lui infliger. J'ai été formée à neutraliser, à éliminer, et tous les mécanismes inscrits dans mes nerfs, soigneusement affûtés par la bête cachée en moi, n'attendent qu'une étincelle pour se mettre en branle. Je résiste, je les réprime d'une main de fer. Avec une lenteur telle que la progression en est presque imperceptible, je me détends dans cet enlacement se voulant... rassurant ? Plein de compassion ?
Plutôt de compréhension.

Je pose ma main contre le ventre de Melody. Le geste n'est pas anodin : au contraire, il est menaçant, comme si je la mettais au défi de poursuivre l'étreinte que pourtant je ne fais rien pour repousser. Le défi est relevé avec brio. Au bref tressaillement de son visage enfoui, je devine qu'un sourire a éclairé ses traits. Je m'en rappelle : elle a vraiment un sourire chaleureux, là où le mien est froid comme la mort.
En guise de réponse à sa proposition, je laisse traîner mes canines sur la courbe de son oreille. J'ai le souffle ardent, la peau non moins bouillante, détentrice d'un organisme qui fonctionne au quart de tour. Une hésitation d'une rare cruauté me saisit, mais je refuse de faire couler son sang. Pas maintenant que j'ai pu étancher un peu ma soif.

Le fait qu'elle prenne un peu ses distances aide aussi dans ma décision.

C'est alors que son regard vire du verdoyant au rutilant, subitement chargé d'or fondu depuis la fonderie de son âme. Peut-être est-ce là qu'elle forge les soleils de ses sourires ? Ca ne m'étonnerait pas, car l'atmosphère s'alourdit tandis qu'elle se met à rayonner d'une présence invisible et pourtant de plus en plus écrasante. Une paire d'ailes métalliques lui vient, arrondissant mes yeux de stupeur. Ainsi toi aussi tu peux en déployer, rossignol d'acier du vingt-et-unième siècle ? Elles sont bien différentes des miennes. C'est là un compliment.

Elle affirme sa puissance. Je la crois sans peine. Je suis ici dans mon antre mais elle en paraît la propriétaire la plus légitime, de nous deux, car la loi du plus fort est celle qui prévaut. Son intention n'était pas de m'impressionner, je pense, mais je fais tout de même un pas en arrière, soudainement raidie, prête à une détente agressive. Sans me le reprocher, la Britannique dégaine alors son arme à elle : son instrument. Bien sûr.
Elle en joue, mais les doigts taquinant l'air plutôt que les cordes. Elle en joue, et sa musique n'est pas création mais destruction. Melody me le montre, en quelques accords disrupteurs ; je ne sais quelle offense lui a fait ce tas de morceaux épars, murs et plafond, mais elle devait être grave. Des tessons elle fait du sable, des grains de la poussière. Je n'ose imaginer l'effet de sa mélodie sur le vivant.

Je danse les pas de la mort, mais elle pourrait se mettre au diapason de l'apocalypse, je le vois sans peine.

Je remue les épaules en percevant sa présence envahissante qui faiblit, en ce geste instinctif que l'on a lorsqu'on cherche à se débarrasser d'un poids gênant.


"Assez pour me jeter loin de toi si je venais à craquer."

Peut-être même plus. Je le dis sur un ton amusé, mais en fait, cette remarque a allumé d'étranges lueurs dans mon esprit. Et si, pour être sereine, il me fallait quelqu'un qui puisse me maîtriser ? Et si savoir qu'il existe une main assez ferme pour m'arrêter pouvait me permettre, paradoxalement, de me sentir davantage en sécurité ? Oui, le contrôle était, chez moi, ce qui se rapprochait le plus de l'idée de sûreté.


"Maîtriser mes pouvoirs ? Oh, je les maîtrise : je t'ai menti en prétendant le contraire. Je sens bien que j'ai encore à apprendre sur moi-même, mais je sais mettre mes talents à mon propre service. Ce que j'ignore, c'est si j'arriverai toujours à museler mon appétit. Je me nourris de ce qui coule dans les veines des humains et des Hollows, Melody."

Elle n'est pas idiote et l'a bien vu, mais préciser les choses ne saurait faire de mal. Mettre les choses à plat, pour espérer bâtir dessus.

"Jusqu'ici j'ai fait de mon mieux pour ne pas causer de mal. Ce n'est pas dit que j'y parviendrai toujours. Non, en fait... c'est certain que je finirai par échouer. Lorsque ce moment viendra un homme, une femme ou un enfant de passage connaîtra une fin monstrueuse."

Un bruit de déchirure se fit entendre lorsqu'une autre paire d'ailes fit son apparition sur scène : dans mon dos claquèrent deux vastes membranes de cuir, sombres et puissamment veinées. Elles se refermèrent avec une trompeuse délicatesse sur Melody, nous enfermant dans cette enceinte de peau ténébreuse. Je m'approchai d'elle, mais avec une prudence qui était de mise : la Britannique n'était pas une humaine comme les autres. Je m'apprêtais à la mordre comme il me l'avait été proposé, cédant en définitive à la tentation. C'était là une épreuve de confiance qui marchait dans les deux sens : étais-je capable de subvenir à mes besoins sans tuer ? Etait-elle à même de respecter sa parole lorsqu'elle se sentirait en danger ? L'une de nous deux pouvait mourir dans les instants qui allaient suivre.

Mes lèvres déposèrent des baisers brûlants sur son cou tendre. N'es-tu pas effrayée à l'idée qu'on t'ôte une part de ce qui te fait respirer, musicienne de malheur ? Ta confiance en toi me trouble, car jusqu'ici j'ai toujours été la prédatrice, la reine de cette jungle qu'est notre monde. Je découvre aujourd'hui que d'autres ont le pouvoir de me contester ce droit.
Je voulais la mordre avec douceur. Il n'en fut rien.

Les ergots de mes ailes se refermèrent sur ses épaules menues, mes crocs incisèrent la peau sans toutefois la broyer comme je le faisais d'ordinaire. La plaie serait propre : c'était là tout ce que je pouvais faire avant que la soif ne prenne le dessus. La soif, cette espèce de parasite creusant des gouffres en moi, des gouffres que je devais combler avec des cascades de sang. Je goûtais au sien en découvrant la saveur nouvelle du pouvoir, me gorgeant d'une coulée écarlate resplendissante d'énergie.
Oubliez vos référents et pénétrez dans mon esprit. Tombez dans un tombeau d'obscurité, où les ombres vous chuchotent un discours sans fin de violence, où l'on vous répète encore et encore que la vie humaine n'a pas de valeur, que seule votre survie importe et qu'à cette fin, tous les moyens sont bons. Faites chuter une rivière d'or incarnat dans cette crypte sans échappatoire, un cours d'eau rouge abritant dans son lit tous les trésors de ce monde dépourvu de couleurs. J'aurais voulu m'y noyer, m'y abriter, mettre ces reflets pourpres entre moi et les voix hargneuses de mon instinct.

Mais on n'ignore pas sa nature.

Je rouvris les yeux, m'apercevant que je les avais fermés en saignant Melody. Mes ailes se dissipèrent dans l'air ainsi qu'une poignée de cendres s'éparpille au gré du vent, la libérant de mon étreinte. Le regard que je lui jetais était plein de défi et de contrition entremêlés.


"Tu sais qu'un jour nous allons nous battre, n'est-ce pas ? Tu es forte, c'est vrai. Je l'ai senti dans ton sang. Je n'avais encore jamais rien... goûté... de semblable." J'en eu un frisson. "Mais en prévision de ceci je vais accroître mes pouvoirs. Tu vas m'aider, et cette aide finira par se retourner contre toi. Le mieux que je puisse faire est de t'en prévenir."

Délicatement je massai les muscles de sa nuque, d'une façon appuyée et précise. Mon Reishi s'échappa de mes doigts pour infuser en elle, libérant une énergie réparatrice.

"Mais avant qu'on en arrive à s'écharper, on aura bien le temps de faire quelques choses... Une sortie cinéma mardi soir ? Je n'ai jamais osé y aller, par peur de céder à la tentation, mais si jamais ça arrive tu feras bien un don..."

J'éclatai d'un rire sincère. J'ignore ce qu'en dira le futur, mais à mes yeux cette blonde aux yeux changeants pouvait tout aussi bien être ma sauveuse que mon bourreau. Croyez-le ou non, mais c'était rassurant à savoir.
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MessageSujet: Re: Ce n'est pas facile tous les jours ! (PV Melody)   Jeu 12 Juin - 17:46

C'est l'idée.

Le regard de Melody n'avait pas quitté la fine couche de poussière, seule survivante de sa force démesurée. Qu'elle n'en ait pas été affectée sur le moment ne voulait pas dire que les mots de sa tortionnaire n'avaient pas fait leur bout de chemin à travers elle – dans sa tête et dans son coeur. Elle était trop puissante pour son propre bien, et pour celui des autres. Et elle n'avait, à l'évidence, pas l'expérience pour contrôler une puissance de cette envergure – pas plus qu'elle ne l'aurait jamais. Pas plus qu'aucun humain ne pouvait ambitionner de l'avoir un jour.
Car son pouvoir était de ceux qu'on ne manie jamais avec assez de justesse, dont on ne méfie jamais assez. Elle passerait sa vie entière à tenter de lui mettre des limites, des barrières qu'il ferait sauter comme si de rien n'était, toujours, sans coup férir. Chaque jour serait un combat contre elle-même pour ne pas que la bombe humain qu'elle était en passe de devenir – qu'elle était déjà devenue – n'explose à la face du monde et ne l'emporte dans une explosion du feu de Dieu, des feux de l'Enfer qu'elle ne serait pas en mesure d'arrêter.

Les yeux fixés dans le vide, vers l'Immanent, la méditation la prit sans qu'elle ne s'y attende.

Tout ça... Était trop sérieux pour elle.
Ce n'était pas qu'elle soit irresponsable, mais elle aimait pouvoir traiter les choses avec désinvolture, au moins en apparence. Donner l'illusion que rien n'était grave ni n'avait d'emprise sur elle. C'était ainsi que la musicienne gardait bonne humeur et joie de vivre au beau fixe. Mais depuis qu'elle avait mis les pieds en coulisse - dans l'envers d'un décor que la race humaine appelait « réalité » -, rien n'était plus pareil, et il lui arrivait de se demander combien de temps elle pourrait encore sourire.
Si elle ne finirait pas par y perdre tout son éclat. Se sentant morose, elle chassa cette pensée, agitant légèrement la tête comme si la bulle de son rêve venait d'éclater juste sous son nez. Son jovial minois reprit ses droits, et la fascination pour le néant qu'elle n'avait montré qu'un instant se dissipa. Ça n'arrivera pas. Contempler son oeuvre de destruction ne l'avait toutefois pas rendue sourde (bah tiens, ça aurait été le ponpon) ne lui fit pas perdre un mot de la tirade de Sasha.

T'as très bien compris ce que je voulais dire.

Et, pivotant sur ses talons, de lui tirer la langue, l'air épanoui.
S'il lui avait encore manquée une pincée de candeur pour être vraiment elle-même, la recette était à présent suivie à la lettre. Que la slave pense se dominer était une chose : qu'elle le fasse vraiment en était une autre. Melody n'avait certes pas l'arrogance de tout comprendre au monde dans lequel elle gravitait désormais, mais la fringale qu'elle lui décrivait avait en son chef tout l'air d'un effet secondaire. Un contrecoup ô combien adapté certes mais non moins explétif. Ablatif, donc, ou du moins enrayable.
Cela restait à prouver, mais l'éminence musicale ne se ferait pas la raison inverse sans d'abord avoir essayé. Une chétive parcelle de sa toison d'or trouva refuge derrière son oreille sous le suprême commandement de ses doigts. Malgré tous les efforts de sa vis-à-vis pour en faire la cible de tous les regards – quand bien même le sien était seul à disposition -, l'adolescente ne s'attarda pas sur les excroissances qui lui avaient jailli du dos sans faire plus de casse que les siennes. Copieuse. fut d'ailleurs la seule pensée qu'elle eut à ce sujet.

Non, elle n'y ferait pas plus attention qu'à n'importe quelle autre partie de son anatomie – qui, si parfaite soit sa plastique, n'avait pas suscité d'attention plus prolongée qu'il n'est permis avant que cela devienne gênant. Un coup d'oeil distrait lui avait amplement suffi. Ce n'était pas que cette particularité ne l'intéressait pas, mais plutôt car elle refusait que cela définisse Sasha à ses yeux, à son esprit, et n'y accorder point plus d'intérêt était sa manière à elle de lui communiquer cet état de faits. Et puis, c'était somme toute plutôt commun en comparaison de tout ce dont elle avait été témoin pendant l'année écoulée. Je m'attendais au moins à une brume sanglante ! En réponse, elle secoua la tête par négation.

Pas si je suis là pour t'en empêcher.

Son sourire s'était adouci, étiolé, mais n'avait pas disparu. Si son hôte se faisait une règle d'or de ne rien cacher du péril qu'elle personnifiait, au moins à elle, et que Melody lui en était à ce titre pleinement reconnaissante, elle prenait quant à elle le parti de procéder tout en douceur - presque comme on gronde gentiment un enfant avant qu'il n'ait eu le temps ne serait-ce que d'échafauder la bêtise qu'on lui devine au fond du regard. Ses traits n'auraient-ils plus été pris dans les filets de la puberté qu'on l'aurait taxée d'avoir l'air maternel.
La raison en était que ce n'était pas non plus une mise en garde – pas que. Car aussi longtemps qu'elle serait dans les parages, elle se ferait une joie de donner son sang (la croix rouge puisse-t-elle me pardonner mes infidélités) plutôt que de détourner les yeux lorsque Sasha ferait mine de vouloir un peu écorcher le premier pèlerin venu. Et elle le lui prouva en ouvrant les bras pour l'accueillir à son côté - bien plus près que ne l'autoriserait la décence pour une personne que l'on vient de rencontrer.

Sers-toi. l'incita-t-elle, moins assurée qu'elle aurait aimé l'être.

La cantatrice des temps modernes eut le réflexe aussi inexplicable que salvateur de passer les bras autour de la taille de celle qu'elle venait, de la plus bizarre des manières, d'accueillir à sa table. C'était en même temps une sorte de baptême ; c'était la première fois qu'elle occupait le rôle de plat principal. Chaque fibre, chaque cellule de son corps était accaparée par une seule, unique pensée : ne pas trembler. Toute sa belle assurance lui donnait l'impression d'avoir été un de ces cornets de glace qu'on tient trop longtemps par grande chaleur jusqu'au moment de s'apercevoir que ce qu'ils contenaient s'est mystérieusement changé en flaque multicolore.

Vas-y doucement. voulut-elle murmurer, mais elle n'eut même pas besoin de se raviser ; sa voix mourut dans l'oeuf tout aussi bien que si ce dernier – si métaphorique soit-il – avait été jeté contre le mur le plus proche. Ses muscles étaient tellement raides tout à coup qu'elle faillit s'étonner de ne pas entendre les quenottes de la prédatrice grincer dessus comme une clé sur une portière avant de s'y enfoncer. L'idée étrange que c'était un moment d'une grande intimité prit le pas sur le peu de réflexions qu'il lui restait en tête avant que toutes, jusqu'à la dernière, ne soient occultées, comme anesthésiées.
Ce n'était hélas qu'une image ; car l'analgésique, elle aurait bien voulu y avoir droit. Fallait y penser avant. La crispation envahit ses mains, mais le peu de conscience encore sous sa houlette commanda à l'instinct de survie de ne point planter les ongles – quelle que soit l'envie qu'elle avait de se raccrocher désespérément à tout ce qui passait à sa portée. Il n'aurait plus manqué qu'elle lui fasse faire un faux mouvement au plus mauvais moment. C'était qu'elle y tenait, à sa carotide, bien que n'ayant que rarement l'occasion de le lui montrer – à son grand dam désormais.

Elle émit un son comique, entre le couinement et la complainte.

Le parfum cuivré du sang oblitéra tout le reste de ses perceptions ; le monde était vermeil. Elle n'était pas hématophobe mais soupçonnait que toute victime de la fille de la pénombre ait subi la même hallucination à peu de choses près. Sa gorge s'assécha aussi promptement que si ses entrailles avaient abrité un soleil miniature et de même pour ses lèvres, alors que pourtant elle s'attendait à cracher son fluide vital à tout instant tant son goût ferreux paraissait être devenu la clé de voûte de son existence. Ses viscères étaient de glace, mais l'Effroi y avait été écrit en lettres de feu. Elle crut perdre toute consistance, n'être plus que rubis liquide.

Le monde se renversa. Son estomac suivit le mouvement. Rien ne le quitta – il était de toute façon dépourvu de contenu – mais le malaise engendré lui noua la gorge mieux que ne l'aurait fait un noeud coulant. Le vide dans ses veines était si douloureux qu'on aurait pu facilement lui faire croire qu'on y substituait de l'acide alors que, pourtant, son organisme largement au-delà de celui d'un humain normal s'appliquait déjà à recréer ce qu'il manquait. Ce n'était, pour sûr, pas une expérience qu'elle ferait toujours les jours.
Pour ne pas dire qu'elle s'en porterait tout aussi bien si elle pouvait ne plus jamais la refaire. Voire aimerait revenir en arrière avant qu'elle n'ait pu suggérer quoi que ce soit en ce sens et se filer une trempe tant qu'il en était encore temps. Ce n'était hélas pas comme si elle avait encore le choix – plus maintenant. T'en as d'autres, des idées aussi lumineuses que celle-là ? s'adressa-t-elle à elle-même. Il faut croire qu'elle était trop intimidante même pour elle, puisqu'elle n'obtint pas de réponse, sous quelque forme que ce fût.

C'est pas pour tout de suite. Mais... Ça me va comme ça. trouva-t-elle néanmoins le moyen de lui répondre, faussement sereine, avant de devoir resserrer les dents de plus belle. Et puisque tu y tiens, je t'attendrai de pied ferme.

Et en une seconde, tout s'acheva.

Les paupières qu'elle avait fermé pour oublier battirent, s'ouvrirent. La lumière ne la ménagea pas en la frappant de plein fouet, aussi violente qu'au premier jour, crevant la surface des ténèbres qui l'avaient abrité le temps de l'opération – le sinistre empire de Sasha. S'ils avaient gardé le vert des grandes étendues, des plaines à perte de vue, ses pupilles étaient aussi vidées de leur contenu que si on y avait bu à la paille la source de sa vie. Cette dernière continuait d'y pétiller mais évoquait sur le moment des braises aigue-marine sur le point de s'éteindre.
La rhapsode voulut se mettre en branle, mais dénombra à cette seule pensée un tel nombre de courbatures tout le long de son corps - pourtant resté à l'état minéral tout du long - qu'elle y renonça sans avoir essayé. Que la ponction ait duré une seconde, une heure ou un siècle, elle n'en avait aucune idée. Tout ce qu'elle savait, c'était qu'elle était contente que ce soit terminé. Pour cette fois. Bien que toujours affaire à remettre ses idées dans le bon ordre, Melody n'hésita pas un instant quant à ce qu'elle devait dire en premier. Elle lui attrapa le bras.

Promets-moi. lui demanda-t-elle, douce mais ferme. Promets-moi que tu ne feras de mal à personne à part moi... Et ceux que je te désignerai.

À défaut de miroir, elle leva la main pour examiner la percée chirurgicale que la vampire avait menée à bien, suscitant au passage une complainte généralisée de ses muscles – dont certains dont elle ignorait l'existence avant qu'ils lui fassent l'effet d'un coup de poignard particulièrement bien placé. En sentant les deux minuscules évasures – propres, minutieuses – dans sa chair, le frisson qui la chahuta l'obligea à pincer les lèvres pour s'empêcher de geindre – et au passage ne pas paraître plus piteuse encore. Naoko ne va pas aimer ça. Melody eut la déplaisante impression que cette marque, cette empreinte s'apparentait à un titre de propriété. Mettant de l'ordre dans ses idées, elle restaura le dialogue, n'hésitant pas un instant quant au choix de ce qu'elle devait dire en premier.

Et maintenant, qu'est-ce qu'on fait ? demanda-t-elle d'une voix pâteuse. Je ne peux pas te laisser toute seule ici.

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MessageSujet: Re: Ce n'est pas facile tous les jours ! (PV Melody)   Jeu 12 Juin - 23:03

Elle voulait une promesse ? Une promesse de moi ? Je pris le parti de lui rire au nez, d'un éclat de joie mauvaise. Cela dura quelques instants avant que je ne me rende compte du sérieux de sa demande, et un sérieux égal apparut au fond de mes yeux dépareillés. Une promesse était comme un hameçon dans la poitrine, une lame à la poignée tendue vers l'autre qu'il lui suffisait d'appuyer si jamais vous veniez à faire un pas de travers. Et tu veux que je m'enfonce ce genre de pieu dans le coeur ? Me prendrais-tu pour une imbécile ? Mon avantage sur les humains est mon manque total d'inhibition, mon absence d'hésitation devant la violence et la fureur d'un poing engoncé dans un thorax. Si je me mets à faire des promesses, à donner ma parole en vue de m'obliger à la respecter, je me crée cette laisse que je méprise sur vos cous. Non, tu n'auras aucune promesse.

Et puis... si je t'inquiète, cela m'aide à attirer ton attention, n'est-ce pas...?

Je m'ébrouai mentalement, ignorant complètement d'où me venait une telle pensée. Alors, comme à chaque fois que j'étais troublée devant quelqu'un, je me réfugiai dans l'acide d'une remarque désagréable.

Pour faire de moi ton chien de garde ? Certainement pas. Une grimace amère. Ce n'est pas comme si tu ne pouvais pas m'empêcher de m'attaquer à ceux que tu apprécies, en plus, non ?

J'avais la diffuse impression d'enfoncer là un clou qu'elle n'appréciait pas plus que ça. Si je disposais de la puissance que je lui soupçonnais en ayant goûté son sang, je... je fronçai les sourcils. Qu'en ferais-je ? Jusqu'ici je m'étais toujours contentée de vivre le fil de mon existence avec autant d'intensité et de passion que je le pouvais. Une passion noire, amère, dégoulinante de solitude. J'avais toujours pensé, oui, que nul n'était à même de me comprendre. Bien sûr que Melody ne me comprenait pas entièrement, de même que j'ignorais quasiment tout d'elle : mais elle savait que le monde des humains n'était qu'une façade, qu'il existait d'autres réalités au travers des cauchemars d'où surgissaient les Hollows, que les monstres tapis dans les ténèbres n'ont jamais été des fables. J'en étais un moi-même, après tout. Cette compréhension de l'irréel... c'était ce qui m'avait manqué pour me rapprocher de qui que ce soit. Et si la vie n'était pas faite pour être traversée en solitaire ? Cette réflexion amena un sourire dérisoire sur mes lèvres.

Ma morsure avait laissé le rossignol un peu patraque : cela se devinait dans la légère brume atténuant l'éclat rieur de ses yeux.

Comment ça, tu ne peux pas me laisser toute seule ici ?

J'avais envie de plaisanter, de me fendre d'une badinerie quelconque devant sa remarque... mais de fait, je ne comprenais réellement pas. Mon esprit rigide et pragmatique à l'excès me cachait l'affection que devait dissimuler ses mots, se concentrant uniquement sur la découverte du problème qui l'empêchait de me laisser retourner à ma solitude. Je m'assis sur le canapé défoncé en l'invitant du plat de la main à en faire de même, n'ayant aucunement envie qu'elle se mette à chanceler le temps de récupérer. Qu'elle montre un signe de faiblesse alarmait désagréablement mes instincts primaires, ce dont je me passais bien.

Il y a tout ce qu'il faut. Un toit, comptai-je en levant un doigt à chaque élément énoncé, des commodités, de quoi m'occuper, et... Regard peiné vers le mur démoli par l'irruption du Hollow....un peu de ré-aménagement à faire.

L'or et l'azur de mes prunelles s'égara alors en direction de son étui, abritant son arme la plus meurtrière. Curieux comme Melody pouvait se donner en spectacle et détruire des édifices au travers d'un même acte, accompli de différentes façons.

Ca ne t'arrive jamais de faire sauter une salle de concert par mégarde ? minaudai-je avec un sourire fielleux. J'étais prête à parier que cette peur l'avait déjà effleurée, mais pariais également qu'elle devait l'avoir chassée depuis longtemps - elle était du genre à tout faire pour ne pas mettre en danger ses pairs, surtout par sa faute, même si cela devait signifier la fin de sa carrière. Non, je t'assure qu'il vaut mieux que tu t'en ailles à présent.

C'était une façon un peu cavalière de la congédier, mais l'impolitesse ne m'avait jamais empêchée de faire quoi que ce soit. Je n'étais pas habituée à la compagnie d'autrui, et le lien étrange qui venait de se tisser entre cette fille et moi était encore flou, embrouillé. J'ignorais de quoi il était fait exactement, car j'ignorais bien des choses de ce qu'un bon sentiment peut être. Cette incertitude me taraudait au fond de mon être à la manière d'un enfant enfermé dans une cave, qui gratte à la porte dans l'espoir qu'elle s'ouvre et lui révèle la lumière. Cette clarté-là m'était encore inconnue.
Peut-être était-ce Melody qui m'ouvrirait la porte. Et peut-être lui sauterai-je à la gorge lorsqu'elle le fera.

Parce que malgré tout, elle demeurait humaine. Parce que malgré la chaleur de ses sourires, malgré l'optimisme de ses dires, une infinie distance nous séparait. Jusqu'à la moindre et la plus infime des fibres de mon être me criait, je l'entendais à présent... me criait qu'elle était une proie, quelque chose que l'on pouvait - que je devais - frapper, mettre à bas, consumer. Une colère dont j'ignorais complètement la provenance pulsait de plus en plus fort au fond de mon estomac.

Fais-moi plaisir et dégage.

°°°°°°°°°
Longtemps après qu'elle fut partie je restais assise, les bras autour des genoux, dans les ténèbres d'une pièce isolée du cinquième niveau. A compter les heures en espérant qu'elles cessent de s'écouler, en proie à un sentiment de mal-être qui me plaisait en ce qu'il m'était familier, bien loin de l'agréable compagnie que la Britannique, pendant ces instants, m'avait faite miroiter. Sirène au chant trompeur, insinuant à mes oreilles que d'autres valaient la peine d'être côtoyés, que l'existence pouvait s'embarrasser d'amitié. J'y avais cru, mais le prédateur en moi refusait cette doctrine. Hérétique misanthrope, il me susurrait qu'il valait mieux n'avoir foi qu'en soi-même, envoyer paître toutes les paroles mensongères du bonheur. Qu'il n'existait que la satisfaction de la chasse accomplie.

C'est la larme s'échappant du coin de mon oeil azuré qui me rappela à la réalité. Je ne ressentais aucune tristesse, pas plus que du chagrin. Rien qu'un... qu'un immense froid, un vide confortable dans ma poitrine. Ce n'était pas une mauvaise émotion... si ?
J'étais désespérément ignare des sentiments. Poussant un soupir, j'attrapais mon téléphone et l'un de mes minis-ordinateurs performants. Il ne me fallut pas longtemps pour trouver le numéro que je convoitais, mais de longues secondes furent nécessaires afin que je le compose. Peu habituée à en user, j'entrais maladroitement les chiffres sur l'écran tactile du mobile.

Oui... une amie... non, mais c'est vrai, je ne suis pas une fan à la co-... vous dites ? Pas disponible ? Mais vous m'emmerdez, à la fin ! Non, ce n'est pas ce que je... hé, répondez...!

La communication avait coupé. Maudissant le genre humain dans sa dégoûtante entièreté, je projetais l'appareil contre le mur où il explosa dans une pluie de puces, de plastique et de cristaux. Deuxième mobile : j'étais du genre têtu.

Non, je ne suis pas une énième groupie qui veut lui parler. Vous pouvez prendre un message pour elle ? Signalez-lui que la vam-... Mauvaise idée. ...vendeuse de l'hôpital peut lui proposer des billets à moindre prix pour la séance cinéma de ce soir. Ou, si elle est occupée, de... d'un autre soir... enfin, voilà... m'avez compris...

Je coupai fébrilement et lâchai le téléphone comme s'il s'était agi d'un serpent hautement venimeux. Et de fait, un étrange poison aux relents de fièvre semblait courir dans mes veines. J'ignore quel nom on lui donne : il faudra que je pose la question.
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MessageSujet: Re: Ce n'est pas facile tous les jours ! (PV Melody)   Mar 24 Juin - 17:05

Ce n'était rien. Presque rien. Qu'une imperfection, un détail à la surface de la peau. Rien que de très bénin. De loin, on aurait pu les prendre pour de simples grains de beauté curieusement placés. Et encore, puisque sa chevelure était désormais assez longue pour faire disparaître son cou sous une pluie de boucles d'or. Personne ne remarquerait rien. Elle-même n'y aurait pas prêté attention si elle n'avait pas su exactement où regarder. Elle était même sûre de ne plus y penser d'ici quelques jours. Et encore, si ça n'avait pas déjà disparu d'ici là – son métabolisme faisait des merveilles depuis qu'elle avait pris conscience de ce qu'elle était. Du monstre caché. Alors pourquoi avait-elle l'impression qu'une partie d'elle-même s'en était allée... ?

Je préférerais que tu évites... Tout simplement.

Sa voix était incertaine, somnolente, comme si elle doutait des mots qu'elle employait. À croire que ce n'étaient pas ses veines mais son esprit qui avait été dépossédé d'une partie de son contenu, et qu'il peinait à colmater la brèche. Toute amoindrie soit-elle, Melody fut néanmoins prompte à se dire que puisque Sasha tirait tout comme elle ses pouvoirs du monde des esprits, il se pouvait fort bien qu'elle draine – consciemment ou non – l'énergie en même temps que la moindre goutte de sang. C'était en tout cas la seule explication plausible qu'elle puisse trouver à son soudain état de faiblesse alors qu'elle était plus forte que jamais depuis des mois, depuis bientôt une année déjà. Elle conclut avec un sourire dolent :

Surtout maintenant que je suis là pour ça. Tu ne voudrais pas me rendre jalouse, quand même ?

Elle s'en assurerait plus tard : en l'instant, elle était trop vaseuse pour vérifier. Son estomac avait assez souffert... Jusqu'à la prochaine fois. se répéta-t-elle une fois de plus, devant encore se faire à l'idée. Cette absorption n'était que le point de départ, la première d'une série qu'elle devinait déjà bien trop longue – ad vitam. La plupart des contes macabres disent que les contrats avec les créatures de la nuit se passent dans le sang. En ce cas, ne venait-elle pas d'en sceller un ? Une promesse à son âme. Un serment qui durerait autant qu'elle vivrait – tant qu'elle aurait une goutte de sang dans les veines. Lourd tribut que voici, mais c'était le prix à payer pour le bien-être des habitants de cette ville – et pour Sasha elle-même.

Moins au courant qu'elle – c'est dire ! – sur les mystères et les dangers que recelait ce seuil où elles vivaient désormais à chaque instant, elle n'avait sans doute pas idée de ce sur quoi elle pourrait tomber. Sans juger utile de lui en parler, du moins pas pour le moment – elle doutait fort de pouvoir s'en ouvrir de manière claire et intelligible, de toute façon -, la métisse se faisait un devoir de l'en protéger. De faire en sorte que jamais elle n'y soit confrontée... Ou le plus tard possible. Dans son intérêt, oui, mais aussi parce que la musicienne doutait de tout et surtout d'elle-même. Comment pourrait-elle mettre autant d'ardeur à sauver un Shinigami qu'un humain, après ce qu'ils lui avaient fait... ?

Ce n'est pas ce que je voulais dire. s'interrompit-elle elle-même de peur de s'abîmer dans cette réflexion, sans être capable de s'en expliquer plus avant. Laisse tomber, c'est pas grave. On en parlera une autre fois.

Elle laissa cette pensée de côté, se releva tant bien que mal, percluse de douleurs. On l'aurait forcée à se contorsionner pour rentrer dans une valise qu'elle ne s'en serait pas moins bien portée. Elle espéra que les effets secondaires (si on peut appeler ça comme ça...) iraient en diminuant mais savait déjà que ce ne serait pas le cas, ou si peu. Eh bah ça va être joyeux quand j'aurai concert le lendemain. Pour peu qu'elle se laisse retomber sur la couche qui l'avait accueillie le temps de la saignée, elle aurait pu dormir une journée entière et même plus, mais l'idée que ce serait pour ne jamais se réveiller l'en dissuadait. Déjà que j'suis sûre de faire une crise cardiaque si je regarde de quoi j'ai l'air...

Plus maintenant, non. répliqua-t-elle en regardant ses pieds, avant d'ajouter plus bas : Plus jamais...

C'était arrivé, une fois. Elle le savait maintenant. Elle l'avait toujours su même si ce n'était que récemment qu'elle avait osé se l'avouer. Se regarder en face. Oui, je l'ai fait. Oui, c'est ma faute. Mais comment j'aurais pu savoir... ? Qu'elle soit partie pour Karakura à ce moment-là ressemblait à un odieux coup du sort. Comme si la main du destin l'avait attrapée par le col en plein milieu de son rêve américain pour n'accepter de la déposer qu'à l'endroit où elle aurait le plus de chance de révéler son plein potentiel – et il n'était dès alors plus question de musique depuis longtemps. Avec les conséquences qu'on connait. Y repenser lui faisait mal. Même si c'était involontaire, elle était seule en tort. Seule fautive de la mise en danger de plusieurs milliers de personnes.

S'il n'y avait eu aucune perte à déplorer - Dieu merci... -, les blessés se chiffraient par dizaines parmi son public. Qu'elle ose encore se produire après un tel incident était une aberration. Se replonger dans cet épisode tragique lui donnait envie de tout arrêter. La dernière chose à faire alors que sa vie se remettait en ordre, retrouvait un semblant d'équilibre. Machinalement, elle se frictionna le bras pour se réconforter elle-même, relevant finalement la tête - aussi pesante qu'elle lui paraissait vide à cet instant. Ayant toujours un pied dans la prison des rêves, la britannique ne s'attendait pas du tout à l'animosité de Sasha, qui lui sembla sortir de nulle part – ce qui n'était pas si loin de la vérité. Elle cligna des yeux, l'air de ne pas comprendre ce qu'on lui voulait, puis les baissa à nouveau. Elle avait voulu dire quelque chose, mais rien n'était venu ; elle ne pouvait que s'avouer vaincue.

Comme tu voudras.

Son rôle était rempli. Maintenant elle pouvait s'en aller. À quoi d'autre s'était-elle attendue... ? Ridicule. En temps normal, elle aurait refusé. En temps normal, elle aurait tout fait pour rester, même s'il lui avait pour cela fallu insister jusqu'à ce que la jeune slave lui concède par dépit. En temps normal, Melody aurait été elle-même et en pleine possession de ses moyens, ce qui n'était pas ici le cas. Elle aurait bien voulu, mais elle n'en avait pas la force. SI sa présence n'était plus requise, elle n'avait qu'à partir. C'est tout. Que ça lui serre la gorge n'avait pas la moindre espèce d'importance. Son regard – de retour à son vert d'origine, mais d'un vert si terne qu'on l'aurait cru appartenant à la nuit – arpenta la pièce une dernière fois, comme pour en capturer le souvenir, puis elle prit ses affaires et disparut.

À bientôt... murmura-t-elle une fois assez loin pour avoir la conviction qu'elle ne l'entendrait pas.

* * *

La sonnerie stridente du téléphone brisa son songe éveillé en milles morceaux. L'adolescente n'était pas rentrée depuis longtemps, mais s'était mise au lit sur le champ, prétextant n'avoir pas assez dormi la nuit dernière. Se sentant toujours barbouillée, bien que plusieurs heures se soient déjà écoulées – sans doute plus pour les mêmes raisons -, elle s'était inventé une escale avec des amies à quelque supérette du coin avant de rentrer pour échapper à un repas qui, de toute manière, l'attendait déjà dans le frigo. Ainsi s'était-elle jetée sur son matelas pour n'en plus bouger, à recruter fixement un plafond dont l'idée saugrenue qu'il la regardait également l'avait traversée au bout de quelques minutes – à moins que ce ne soient des heures. Pouvoir voir et manipuler « l'âme » des objets donnait parfois lieu à des théories qu'elle qualifierait de « douteuses au mieux ».

Melody ne savait pas pourquoi elle n'était pas rentrée tout de suite. Elle ne se rappelait pas de ce qu'elle avait fait tant c'avait été morne et sans intérêt. Elle croyait se rappeler avoir effectué une balade en forêt avant que le soleil ne soit tout à fait coucher, ce que pouvaient confirmer les légères éraflures dont ses jambes étaient semées. Tout ce qu'elle avait trouvé à faire, alors même que le mieux aurait été de se reposer pour reprendre des forces, c'avait été d'errer sans but, comme une âme en peine. Des soucis en tête dont elle aurait voulu se débarrasser, elle en avait plus d'un, mais ne s'était appesantie sur aucun d'entre eux tout le temps qu'avait duré la promenade. Pas plus qu'elle ne l'avait fait depuis qu'elle gisait ici dans l'obscurité – s'imaginant y voir parfois une ombre en mouvement. Elle savait dorénavant que le royaume des nocturnes n'était lui non plus pas dépourvu d'occupants, après tout...

Ôtant de son visage l'avant-bras qui lui cachait partiellement la vue, l'amazone en herbe dut se faire violence pour redresser le buste, s'appuyant sur des coudes qui ne lui offrirent tout leur soutien que de mauvaise grâce. Le pourquoi de ce geste lui échappait en une heure où elle ne demandait pas mieux que de dormir, se perdre dans un sommeil sans rêve – et voir au passage combien d'heures il lui faudrait pour récupérer tout à fait de cette prise de sang d'un genre nouveau. Son intuition lui dicta de se lever et elle lui obéit alors qu'un filet de voix, celui de sa tante, réduit à un simple murmure, lui parvenait à travers le mur. Se coulant hors de son lit, elle décrocha non sans précaution l'autre combiné, traînant sur sa table de chevet, pour ne rien rater d'une conversation qui lui était destinée sans l'être. La communication n'était pas encore finie qu'elle recopiait déjà soigneusement le numéro de l'appel entrant sur son portable, l'étrennant d'un message de circonstance.

D'accord, mais c'est moi qui paie le popcorn.

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Ce n'est pas facile tous les jours ! (PV Melody)

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