AccueilFAQRechercherMembresGroupesS'enregistrerConnexion

CreativeJuiz

OuvrirFermer






Le forum est fermé. Vous pourrez nous retrouver sur notre nouveau projet ICI

Partagez | 
 

 L'étincelle d'Altaïr et Kochab [ft. Sasha Oudranov et Muda]

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage

avatar
Rang : 10ème siège de la 7ème Division

Messages : 197
MessageSujet: L'étincelle d'Altaïr et Kochab [ft. Sasha Oudranov et Muda]   Sam 21 Juin - 1:17

Terre.

Je n’ai pas peur de découvrir ce que je vais voir mais j’ai bien peur qu’il n’y ait pas assez de bras pour envoyer le plus d’âmes à l’abri des Hollows.

Nous sommes annexés. Haïs. Mis de côté.

Au vu de mon expérience, devrais-je être habituée ? Non. On n’est jamais habitué à un envahisseur, doux, juste, sévère, haineux ou implacable. Au milieu, il y a des victimes. Il y en aura toujours.

Tu dois rire à me voir écrire ces mots. Rire tristement. Ne crois pas que je ne te connais pas, tu es en train de regretter d’être mort, être avec moi, observer les Reapers de loin, le sourire poli figé sur ton visage.

Le signe ineffable d’une réalité que je connais que trop bien.

La guerre est toujours là.

Et ses victimes.


*****

La nuit approchait. Idjouher aurait dû déjà être dans le Dangai pour aller sur Terre mais partir sans attendre qu’Abbes ne revienne de ses corvées ne lui semblait pas juste. Il avait beau être silencieux, pragmatique et calme, il était l’homme de la famille, responsable d’elle quand Idjouher était loin. Depuis, s’assurer que Riheb prenne aussi une part de responsabilités en son absence lui ferait du bien, sentant qu’on compte sur elle aussi. En attendant, Idjouher contemplait le jour qui mourrait, toujours avec l’espoir de son renouveau et d’être là pour y assister. Rien n'était acquis, sur Terre comme au Ciel.

Et pourtant, il y a ces étoiles. Avant, elle n’y prêtait aucunement attention. Machinalement ou pas, Qismat essayait toujours de lui demander ce qu’elle y voyait.

Avenir ou passé. Cela ne lui évoquait que de la tristesse sans qu’elle ne le comprenne.

« Alors dis-toi qu’elles vivent et ne leur tire pas la tronche. Certaines sont mortes et pourtant, la lumière persiste à faire du chemin pour leurs derniers adieux. Pas étonnants que certaines grandes célébrités, on les appelle des étoiles. Qui n’aimerait pas une fin explosive et essayer de perdurer encore même dans la froideur de l’espace ? »

A ce souvenir, Idjouher déchira sa lettre pour laisser le vent en faire ce qu’il en souhaitait.

Et pourquoi essayait-il de philosopher quand il semblait un peu plus sympathique que d’habitude ? Il n’était plus là pour lui répondre. Seuls les appels joyeux de Riheb au loin pouvaient la rassurer dans cette absence cruelle. A peine le pied sur le sol pour les rejoindre, la Shinigami se retrouva avec la jeune fille serrant sa taille fort. Elles allaient se manquer comme pour toutes ses missions. Même courtes, c'était toujours trop long. Enfin, il était temps de rentrer à l'intérieur où les autres enfants, femmes et hommes de la maisonnée les attendaient.

Après quelques palabres chaleureux autour d’un thé à la menthe, Idjouher prit le temps d'informer à sa famille de son départ pour une mission. Ses tâches quotidiennes distribuées, l’heure était aux embrassades. Riheb était fort courageuse, déjà à faire à manger pour tout le monde avec le sourire, elle laissa Lalla Zohra et Idjouher parler seules dans un coin de l'arrière-cour pendant que la Shinigami appliqua ses bandages pour comprimer sa poitrine.

- Les temps changent mais pour nous, cela s’annonce comme un recommencement…
- Explique-moi.
- Cela te reviendra mais tu vois ces nouveaux venus comme des agresseurs et non des amis. Cela doit forcément te laisser un air de déjà-vu, n’est-ce pas ?

Lalla Zohra savait énormément de choses et elle était prête à parier de toutes les discussions avec Qismat dans le passé avait un rapport avec son expérience terrestre. Aucune d’entre elles n’avait le courage de l’avouer ou simplement en parler. Si toute cette expérience qui pour la Shinigami demeurait évanescente se sublimait en conseil avisé, elle préférait laisser Lalla Zohra gardienne de cette tâche.

Mettant son Shihakusho et plaça Saif-al-jawa à sa ceinture, Idjouher répondit doucement.

- Oui. Et ils ne nous aiment pas.
- Les détestes-tu ?


Idjouher ferma les yeux, cherchant dans son for intérieur, voulant délivrer une certitude.

- Non. Je n’approuve pas certaines méthodes. Ni plus, ni moins.

La vieille habitante du Rukongai sourit chaleureusement, presque fière.

- Bonne réponse. Pars en paix et reviens saine et sauve, ya benti.

Lalla Zohra gratifia Idjouher d’un baiser sur le front, fit quelques pas dans la ruelle sombre et s’effaça en un shunpô.

Destination, les décombres de Karakura. Les Reapers étaient surtout occupés par Tokyo mais parfois, certaines âmes, attirées par ce vide qu’était Karakura, déambulaient, cherchant une réponse à leur errance étrange vers un lieu vide de vie. Pas une route, pas un bâtiment, rien. Une âme restait humaine, cherchant des explications, il fallait leur faire retrouver une paix bien mérité. Un siège inférieur aurait pu se charger de cette mission, on lui avait même laissé le choix de déléguer. Il était impossible pour elle de ne pas faire son devoir. Un, déléguer n’était pas son fort. Deux, après avoir vu certaines séquelles de l’attaque des Maho Tsukaï, la moindre des choses étaient d’apporter un peu de repos sur une terre qui n’allait pas s’en remettre de sitôt.

Plus jamais.

Arrivée à Karakura, même Saif-al-jawza se refroidissait sous ses doigts. L’effroi d’un tableau trop noir pour être contemplé, rien ne vibrait dans les environs. Rien.

- Eclaire mes pas, Saif-al-jawza… murmura la kabyle, solennelle.

Doucement, sa flissa apparut, prête à recevoir ses ordres. Prudente, Idjouher camoufla son reiatsu puis…

- Tamalut al jawza…

…sa silhouette se fondit dans l’obscurité, invisible ange de la mort à la recherche d’âmes errantes dans les décombres silencieuses qui auraient mérité un hiver blanc pour cacher sa nature morte.

Ou du sable. A perte de vue.



Dernière édition par Idjouher Tamanart le Sam 21 Juin - 14:03, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.bleach-bsrpg.com/t2215-idjouher-tamanart

avatar
Messages : 752
MessageSujet: Re: L'étincelle d'Altaïr et Kochab [ft. Sasha Oudranov et Muda]   Sam 21 Juin - 3:44

Fouler du pied cet asphalte familier par où s'était brisé une énième fois sa vie. D'avancer, silencieuse, placide. Autour, pas âme qui vive. Et pourtant, le souvenir encore frais de ce confinement humain. Des traces concrètes de ses réminiscences douloureuses au travers de l'amoncellement de cadavres jonchant la route. Ce carnage l'émeut-elle ? Une existence à se complaire dans la solitude, jusqu'à ne plus se soucier du sort de ces étrangers. S'est-elle récemment rapprochée d'autres congénères qu'elle n'en garde pas moins sa froideur à leur égard. Balade macabre ; indépendante de la moindre raison ? De s'arrêter subitement, devant l'une de ces dépouilles, la tête retournée. Le visage grave. Fondre en larme ? Plus aucune larme qui ne tienne dans ses prunelles harassées.

De devoir payer chaque amorce de bonheur au prix d'une trombe de désespoir... Harassée. S'agenouiller devant le corps inerte de son géniteur. Tenir son visage entre ses mains. S'approcher lentement de lui, pour y incruster lentement ses canines dans sa boîte crânienne. Prendre le temps de savourer, pour fusionner à jamais avec ce trésor éphémère. Un rite morbide ? Le sauver de sa décrépitude. L'enterrer en elle, afin d'y conserver sa mémoire. Moyen inconscient d'atténuer la douleur de ses pertes ? Rien qui ne soit raisonné. D'être simplement poussée par l'instinct, comme cette fois là, dans cette baignoire... De ne pouvoir aller de l'avant autrement. Filent les heures. Ne rien laisser de sa carcasse qu'une masse flasque. À la fin de son rituel, rester plusieurs minutes en tailleur, les yeux ne se détournant pas une seconde de lui. Absente de son environnement. Une attitude de recueillement, selon toute vraisemblance. Se recueillir, jusqu'à se laisser interpeller par un bruissement infime.

L'expression aux aguets. La nature et l'origine de ce bruit... Une caillasse tombant des ruines d'une maisonnée ravagée. Plusieurs jours que la Muda n'avait perçu le moindre signe de vie. De laisser la curiosité guider son libre arbitre. S'y rendre, pour lever poutres, parois fractionnées de bétons et autres débris. Regard insipide, qui se trempe de surprise à la trouvaille du corps inerte d'une gamine. Balayer du regard les environs. N'y trouver aucun propriétaire apparent. Personne qui ne s'en occupe ?


La fixer, sans un mot. Un instant de flottement, avant de la dépêtrer du restant de ses entraves avec minutie, pour approcher son oreille de ses narines. La sentir respirer. Une émotion indéfinissable l'emporte. Une once de vitalité, pour rompre avec l'atmosphère mortifère ayant jusque là alourdi son quotidien. Tourner sa trombine vers celle de l'enfant, pour en caresser délicatement le visage. Une douceur... Tenir entre ses mains pareil cocon de fragilité n'était pas sans l'émouvoir. Seule... Trahir, par son expression, des bribes de fascination. Cette frêle créature sans plus personne pour la nourrir, la protéger, la consoler. Abandonnée. Défaussée de toute raison de vivre. Une vie dépourvue de sens, promise à l'affliction. D'éprouver à son encontre une profonde empathie. Une empathie qui l'amène à la prendre dans ses bras, pour l'enlacer avec une affection qu'elle ne se connaissait pas. Un sentiment chaleureux. Le même que ce jour tragique, délivré par cet homme... Pendant ce chaos cauchemardesque...

Soudain tressaillir, en prenant fin compte de l'état de faiblesse de l'orpheline. Une frayeur s'installe en son esprit. Celle de voir cette étrangère s'éteindre à jamais. Le sort de ces anonymes ne l'avait-elle pas toujours indifféré, pourtant ? Un attachement viscéral à cette petite fille. Attachement qu'elle ne s'expliquait pas. Attachement qui l'amenait à la porter dans ses bras. Courir dans toutes les rues, ruelles, venelles de la ville fantôme avec une énergie qui vacillait entre espoir et désespoir.  Courir de toute son âme pour trouver âme qui vive en ce lieu de désolation. Courir pour qu'on lui vienne en aide, afin de l'épargner d'une perte de plus. S’essouffler, puis trébucher. Se forcer à faire que son dos encaisse l'impact, pour se relever aussitôt et reprendre sa course. Course chaotique qui finit par trouver silhouette sur son chemin. S'arrêter devant elle, pour l'attraper par le haut du vêtement, d'une poigne ferme. En état d'épuisement... Haleter une poignée de secondes... pour enfin adresser à sa vis-à-vis un regard tourmenté, fragile, instable.

-Je veux pas la perdre... Pas ce sentiment... Pas encore... Pitié... Tout ce que vous voudrez... Mais sauvez là... Sauvez là !



_________________


Thème de la chose ♪


Eimi:
 



Dernière édition par Muda le Sam 21 Juin - 19:07, édité 2 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.bleach-bsrpg.com/t1547-muda

avatar
Messages : 606
MessageSujet: Re: L'étincelle d'Altaïr et Kochab [ft. Sasha Oudranov et Muda]   Sam 21 Juin - 11:16

Tama, ici, tu utilises une technique sans pour autant la mentionner dans un hide en fin de post, ce qui est obligatoire, même pour une simple technique de camouflage. Pense-y à l'avenir.

Krow
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://bleach-rinyuaru.forumactif.com

avatar
Rang : Vampire passionnée

Messages : 103
MessageSujet: Re: L'étincelle d'Altaïr et Kochab [ft. Sasha Oudranov et Muda]   Sam 21 Juin - 16:51

Mon péché est de n'avoir qu'une demie-âme
-------------------------------------------------------------------------------------

Une respiration rauque. Une douleur blanche, incandescente, qui fouette ma poitrine. Du fil barbelé rongeant mes épaules. De l'acide dans mes cuisses. Un râle, le heurt d'un poing fermé dans un mur. Je sens la transpiration qui recouvre ma nuque, mon dos, mon ventre. Une pression... écrasante... dévore mon esprit et les quelques bribes de raison déjantée qu'il lui reste. Cela fait un mois que je ne me suis pas nourrie. Un mois, l'extrême limite de ce que j'étais capable de supporter. Ce que... j'étais... capable.
Je ne le suis plus. Ca crève les yeux. Je m'essuie la bouche d'un revers maladroit de la manche, le contact du tissu ravivant les craquelures de mes lèvres gercées. Me nourrir...

Me nourrir n'avait jamais été si difficile ! C'est... sa faute... à elle... Une mèche blonde surgit de ma mémoire et me taquine le regard. Je n'ai jamais tant haï ses cheveux, son odeur, ses yeux de jade, le son de sa voix. Ces réminiscences que je me projette à la lisière de ma conscience font pulser une sourde colère dans mon coeur affolé. Cette putain de Britannique a instillé en moi ce dont j'avais toujours été affranchie ! Des... inhibitions. Une maudite retenue, une fichue hésitation dans l'acte de tuer. Pendant un mois, jour après jour, j'ai repoussé à plus tard mes envies... mes besoins... de meurtre. Et voilà à quoi j'en suis réduite. Voilà ce qu'il arrive ! Affaiblie, traquée par ma soif, poussée à bout.

J'en viens... à haïr le monde entier. Plus rien ne compte d'autre que la souffrance qui change mon corps en braises. Là où ma peau est d'ordinaire brûlante, elle est devenue ébouillantée. Mon organisme en manque, à l'habituel métabolisme accéléré, s'emballe à la manière d'un cheval terrifié par un prédateur. Ce prédateur, au creux de mon être, qui hurle à la mort et se débat au milieu des chaînes de mon éducation. Cette éducation... qu'il réduit en miettes de ses poings furieux, brisant les valeurs qui m'ont été péniblement inculquées au cours de mon enfance.

Je ne tuerai pas d'innocents. Leur goût est fade.
Je ne ferai pas connaître l'horreur de ma nature aux enfants. Trop peu de sang pour trop de peine.

Les commandements de fer de Khaïl, gravés dans mon âme par des balles gravées dans mon corps, et auxquels j'avais désespérément cherché une justification afin de mieux intégrer ces interdits. Je suis de bonne foi, papa... j'essaie de t'obéir... mais...
Je poussai un hurlement, depuis les hauteurs dévastées de l'hôpital sur le toit duquel j'étais perchée. Un hurlement sauvage long de haine, long de peine. Le défi accablé d'un oiseau de proie, aux serres fébriles qui depuis trop longtemps ne se sont plus refermées...

La fièvre écarlate enflamme mon sang tandis que je bondis depuis le dernier étage, ombre mauvaise fendant les airs à la rencontre du sol. Les rivières pourpres qui ruissellent dans mon âme sont presque taries. Les voix de mon instinct feulent avec rage dans une cacophonie qui noie toute pensée, écartèle toute réflexion. C'est ainsi que les sens de la bête en moi prennent le dessus, cognant sur ma raison jusqu'à ce qu'elle explose en éclats insensés. Je me réceptionne sur le macadam de mes bottes paramilitaires, enfonçant bitume et canalisations au passage. Dans ma détresse je sens circuler le long de mes veines la pleine puissance de mon désespoir, qui me pousse à la démesure. Je dois trouver quelqu'un, le tuer, le vider jusqu'à la dernière goutte.
Et là... est-ce mon imagination ? Est-ce le fantasme de dernier ressort d'un esprit qui déraille ? Ou bien... ou bien y a-t-il un coeur qui bat, à l'unisson d'un autre, à l'unisson d'un troisième ?

Combien sont-ils, ces insolents à me tenter ?! Je referme mes doigts griffus sur le cou froid et étroit d'un réverbère, le tordant de ma poigne hystérique. A vous qui me provoquez... à vous, dont j'ignore les noms, les visages, mais dont je sais déjà tout de cette chose adorable qui bat contre votre poitrine... je vous dis ceci : votre fin n'aura pas été vaine. Vous serez pleurés ou ignorés, mais moi, je ne vous oublierai pas. Malgré la fureur incontrôlable qui déborde de ma chair, une pointe de tristesse me taquine et me souffle, de sa voix douce, que vous n'auriez jamais dû vous trouver ici, en cet instant, en ce lieu précis. Je le regretterai pour vous après votre mort.

Et, après cet ultime sursaut d'humanité, le monstre jaillit des ténèbres de mon âme afin de revenir en pleine lumière.

Je me mis à courir, et ma course aux foulées violentes aurait pu être comparée à l'élan d'un squale en eau profonde qui a repéré sa proie. Je ne les voyais pas encore, mais je les percevais. J'entendais ce tambourinement familier qui, néanmoins, demeurait unique à chacun. La mélodie de leur vie. La mélodie de toute vie, qui liait chaque habitant de chaque monde, qu'il soit humain, ou Hollow, ou Shinigami. Votre coeur est à tous égal. Je le sais mieux que quiconque, pour en avoir embrassés des milliers du bout des lèvres...

J'apparais au détour de la rue, fauve haletant aux griffes déjà sorties. Mon regard dépareillé, d'azur délavé et d'ambre étincelante, avise aussitôt mes victimes à venir. Deux humaines, et une dont l'aura éthérée me fait deviner qu'elle appartient à ce monde de l'au-delà, cette Soul Society mystérieuse. Qu'importe d'où elles viennent l'une ou l'autre ! me crache mon instinct. Tue, tue !
Eclater la chair, exploser les muscles dans une gerbe de sang. Faire sauter les os de leur emplacement, d'un coup de genou bien placé. Mordre à la fontaine même. M'abreuver, jusqu'à l'ivresse capiteuse, jusqu'à l'oubli suicidaire.

Je m'élance, droit sur elles, et mes intentions n'ont aucune ambiguïté. Vous êtes-vous déjà fait sauter à la gorge par une bête enragée ? Peut-être... Ajoutez à cette bête une rapidité démoniaque, une force surhumaine, la précision d'un instinct de tueuse patentée couplée à l'adresse léguée par une formation militaire. J'étais née prédatrice, et avais grandi en me voyant enseigner comment chasser. Frapper en un éclair, faire couler les flots carmins...

A quelques mètres de mes proies, ma silhouette vacilla et donna l'impression de disparaître, embrouillée par les ombres. Diversion. Celle qui a les bras occupés, celle qui tient l'une de ses semblables... Poids mort, sans senteur en comparaison de celles qui l'accompagnent. Point faible repéré. Une seconde plus tard mon visage réapparaissait devant la première de mes proies, les traits distordus par la rage et la douleur. Un bond puissant, crocs en avant, mâchoire béante, dirigée vers une gorge blême à la nudité tentatrice. Un venin vicieux coulait déjà de mes canines démesurées, prêt à se déverser dans les veines, tandis que mon Reiatsu crissait autour de ma bouche comme une gerbe électrique écorchant tout ce qui entrait à son contact. Embrasser la carotide au milieu des cheveux d'ébène, inciser la peau qui, de toute manière, allait s'écharper au contact de mon énergie crépitante...

Un humain normal aurait eu la gorge arrachée par cette agression. Ce ne fut pas son cas ; aussi en devinais-je que mon repas ne serait pas aussi aisé à saisir que je l'avais supposé au premier abord. Mais qu'importait ! Mon saut m'avait déjà amené au-delà de ma première cible et j'atterrissais maintenant au pied de la seconde. J'impactais le sol avec assez de violence pour le fracasser de parts et d'autres, supprimant ses appuis. Déséquilibre. Créer une ouverture, et frapper. Ma jambe se détendit, cobra musculeux venant à l'encontre de sa poitrine afin de l'envoyer dans les airs. Et là, seconde impulsion, suivre l'hirondelle blessée dans son envol involontaire ; la saisir de mes bras, entourer sa taille de mes cuisses, à la manière d'une amante pressée. Lui délivrer un baiser ardent au creux du cou, et mordre avec volupté. Mordre, jusqu'à broyer la chair, jusqu'à faire couler le nectar sanglant. Sentir la douleur, une douleur qui ne soit pas seulement mienne ! Renifler l'agonie...

Le monstre était lâché.

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.bleach-bsrpg.com/t2209-sasha-oudranov

avatar
Rang : 10ème siège de la 7ème Division

Messages : 197
MessageSujet: Re: L'étincelle d'Altaïr et Kochab [ft. Sasha Oudranov et Muda]   Jeu 10 Juil - 13:49

Le temps s’étirait, fourbe éternel, comme dans le Repère des Asticots. Ses yeux restaient dans l’horizon, son regard, de temps en temps, ricochait contre des éclats de vitre, des portions de murs salis, des panneaux qui n’allaient guider plus personne. Ce silence était assourdissant, crissant contre la douleur muette de la Shinigami. Pour la première fois, elle semblait être un vrai dieu de la mort dans un habitat naturel, une solitude parfaite et une harmonie des cendres jubilante. Etait-elle trop humaine ? Ou la mort était-elle trop seule aux yeux des superstitions ? Personne ne pouvait lui répondre sinon par le mot devoir. Devoir contempler sans pleurer. Devoir sceller ses lèvres pour contenir une complainte. Devoir accepter leur faute. Oui, la leur. Les Shinigami étaient responsables, elle l’était et aucune justice tardive n’allait réparer ce raz-de-marée de morts. Pourtant, il subsistait toujours l’espoir d’être meilleur, essayant de gagner la grâce devant les victimes, l’espérance qu’elles puissent les voir faire. Déjà, commençons petit. Des âmes, oui, il fallait les guider à bon port. Sa raison s’interdit à toute possibilité de survivants. Pourtant, même infime ?

Si fait, nous la protègerons.

A toute question, il y avait réponse. Pleine de gratitude, Idjouher serra le manche de sa trancheuse d’âme avec douceur. Elle ne la lâcha pas pendant toute sa ronde.

Une heure plus tard, Idjouher décida de visiter les ruines de bâtisses plus ou moins stables. Autant dire qu’il y avait plus de cadavres que d’abris de fortune potentiels et pas de temps pour les enterrer dignement, le seul réconfort était que les Humains travaillaient aussi rapidement qu’ils le pouvaient pour identifier les corps, la mauvaise était que cela allait prendre un temps fou et beaucoup de moyens. Tokyo avait ses experts, ses infrastructures… Et tant de familles dans le doute…

Finalement, la kabyle réussit à se glisser dans ce qu’il semblait avoir été une épicerie de quartier. Des éclats de sucre à sucer s’étaient répandus, mêlés au verre et au plastique fracassé, les étagères des rayons renversés, laissant les denrées et un pauvre vieil homme pourrir dans la flaque de détergeant et de boisson gazeuse. C’était trop, peu importait le fait qu’elle compromettait un lieu qui n’était pas sien. Facilement, elle écarta une étagère, retourna la dépouille, visage libéré du sol poisseux et le tira vers le comptoir qu’elle libéra de tous décombres. Délicatement, la Shingami déposa le corps pour ausculter ses vêtements. Une chemise autrefois blanche, un tablier vert où était épinglé son nom.

Sasaki…Hideo.

Le gérant avait été surpris dans son quotidien comme tout le monde. A son regret, Idjouher ignorait tout des croyances de ce disparu, la seule prière qui réussit à percer sa mémoire nébuleuse ne fut trouvée qu’en arabe. En cherchant dans ses poches, elle en tira un mouchoir propre miraculeusement qu’elle déposa sur le visage de feu Sasaki Hideo. Sa tâche était accomplie, pas la trace d’âme malheureusement, elle s’en alla le cœur lourd en prenant la peine de s’incliner devant lui avant de quitter le magasin en prenant soin d’éviter les gravats.

De retour dans la ruelle, Idjouher crut avoir laissé son esprit divaguer, sentant pulser une source de reiatsu brièvement. Espérait-elle à ce point une étincelle de vie dans ce champ Elysée profané ? Non, ça continuait à venir vers elle. Machinalement, Idjouher serra le manche de Saif-al-Jawza, toujours au fourreau et marcha tranquillement dans la direction opposée à la source. Il valait mieux prétendre ne rien voir pour déterminer si c’était un ami ou un ennemi.

Rapidement, ça s’approchait. Trop beau pour que ça ne soit qu’un hasard, on l’avait forcément détectée.

Une puissance loin de l’ordinaire, Sai.

A l’unisson, les deux âmes jumelles étaient prêtes à recevoir leur invité. Idjouher pria de toutes ses forces pour que cela ne soit pas un Hollow.

Encore un pas. Approche.

Encore un. Approche donc.

Presque là, un souffle qui se raréfiait, cherchant l’air où qu’il soit.

Non, pas un Hollow.

Une main sur son Hakama, le contact visuel entamé vers cette allégorie de l’espoir à ses derniers retranchements. Sa prudence mise à néant par cette silhouette blanche, ces yeux qui ne l’avaient sûrement pas lâchée depuis que la malheureuse avait senti sa présence. Pourtant, cette odeur de sang… Cette puissance… Tous ces signes de danger qui tentaient de garder un fragment d’existence intacte entre ses bras. Un piège ?

Tout à coup, des mots sortirent entre les lèvres rouges de la frêle apparition du fin fond de ses poumons, tout ce que le corps arrivait à produire, elle essayait de l’utiliser pour ce simple souhait : sauver.

Tant pis.

N’écoutant que son instinct, Idjouher se précipita pour aider à soulever la petite, tâta son pouls. Faible. Ses lèvres étaient desséchées. Le convini market. Il y avait forcément une bouteille d’eau intacte dans ce magasin. De sa voix posée, ses yeux marrons dans les prunelles alarmées de la main salvatrice, Idjouher expliqua rapidement.

- Il faut d’abord la réhydrater avant d’aller plus loin. Il va falloir que je la transporte pour que l’on aille plus v…

C’était trop rapide. A peine senti qu’Idjouher n’eut le temps que de tenter de pousser au loin les deux Humaines, c’était trop lourd, trop tard, trop lent.

Un prédateur qui avait senti le sang encore chaud ruisseler dans ces artères desséchées de feue Karakura. Qui que ce fut, c’était une folle idée de continuer à déambuler ici pour obtenir satisfaction. A leur grand dam.

Prête, Sai.

Sa flissa était effectivement on ne peut plus prête mais la frénésie de la bête inconnue ne connut aucune retenue, déjà ses crocs étaient encastrés dans la gorge de la lourde Humaine qui était bien décidée à garder son trésor. C’était à son tour de la récompenser pour son courage. Dans son mouvement préparant l’estoc, Idjouher put à peine voir le sombre oiseau de proie s’abattre de plein fouet à ses pieds, projetant des débris de macadam sur elle et soudain, l’air de ses poumons fut expulsé aussi bien que son corps hors du sol tel un astre au supplice. A peine la douleur à sa poitrine pointait le bout de son nez creusant sa cage thoracique qu’un étau fulgurant emprisonna son corps puis des éclairs de souffrance piaillaient de rage dans sa tête. Elle était mordue à son tour, son corps éthéré conditionné pour réagir comme celui d’un humain se fit fouetter par un jet d’adrénaline fantôme mêlée à la brûlure des coups. Elle se permit le luxe de mordre sa lèvre pour garder ce flot d’énergie brève aussi longtemps que possible puis ordonna mentalement à Saif-al-Jawza de générer un prisme invisible et tangible à sa gauche. Suffisamment éloignée, Idjouher prit le risque de stopper le vol quitte à subir une ponction de douleur supplémentaire dû à l’embrassade amer de cette ombre assoiffée de sang.

Et elle ne put que siffler…

- Yid…al…nora !

…si péniblement qu’elle faillit ne pas y arriver.

Soudain, une concentration de reaitsu partit au loin, manquant l’oiseau de proie à tête blonde exprès, percutant le prisme laissé derrière elles pour revenir, gorgé de lumière stellaire, source de pouvoir de la Shinigami, frapper le dos de son assaillante. Le but était au moins d’avoir la main tenant son zanpakûto de libre afin d’entailler la peau de l’autre bras constricteur de cette sangsue à la fluidité effarante.

Il fallait qu’elle la lâche à tout prix, prendre de la distance et garder son attention sur elle. Pas question que les deux Humaines soient prises entre deux feux.

Pas le choix.

Très rapidement, Idjouher ordonna la sublimation d’un prisme très près de la tête de son adversaire, invisible et non tangible cette fois pour ne pas perdre cette chance.

Encore un effort.

- Yid…AL NORA ! maugréa-t-elle dans un élan de courage face à cette tempête d’affliction qui régnait dans son corps.

Aveuglant, un nouveau faisceau de lumière percuta le prisme pour assimiler toute sa puissance et la relâcher droit à la tête et à bout portant de son ennemi. Oui, elle risquait d’en récolter quelques brûlures. On n’avait rien sans rien. Pour une fois qu’il y avait quelque chose à protéger en ces ruines, la kabyle allait se donner à fond.

Sa vie pour deux Humaines, pourquoi pas ?


_________________
"The wind is free, but the sand goes where it is blown. Unaware of the world around it. Whirling on the breath of the gods, at the mercy of the storm that engulfs it.

What is one grain of sand in the desert ?

One grain amongst the storm ?"

Avatar fait par Klaus =3
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.bleach-bsrpg.com/t2215-idjouher-tamanart

avatar
Messages : 752
MessageSujet: Re: L'étincelle d'Altaïr et Kochab [ft. Sasha Oudranov et Muda]   Dim 13 Juil - 19:45

La laisser, impuissante, aux bons soins de l'étrangère. Contrainte à la confiance aveugle. Aveugle ? De surveiller maladivement le moindre fait et geste de cette femme, prête à la lui arracher des mains au premier mouvement suspect. Comme aide fortuite, une shinigami. Créature dont la prédatrice avait eu des expériences fort différentes. Des expériences néanmoins plus nombreuses parmi les plus mauvaises. Méfiance accrue. Méfiance factice, au vu de sa détresse. Que se croisent leur regard, la Muda ne perçoit aucun artifice dans ses yeux. Sincère ? L'écouter, attentive. Réhydrater. Un mot compliqué... Une vague idée de son sens. L'avoir déjà entendu, pour constater son utilisateur se servir une boisson. Boire ? Mais pourquoi la transporter ? N'a-t-elle rien sur elle ? Plus que de simplement boire ? À moins que la créature ne se fourvoie.

Une telle concentration sur l'objet de ses inquiétudes qu'elle en oublie la menace arrivante. Menace qui n'aurait pas dû passer dans les mailles de ses perceptions, en temps normal. Un état à la rendre vulnérable aux ennemis. Ne s'en rendre compte qu'après que la shinigami ne les repoussent, tant bien que mal. Sauvées pour autant ? Une manœuvre adverse directe, mais pas moins critique. En effet, d'être inquiétée par le poids mort à préserver à tout prix.

Un bref instant, ses yeux plantés dans ceux de la nuisible. Des yeux qu'elle connaissait bien. Des yeux qui hurlaient pour leur survie. Une survie passant par le trépas des proies sur son passage. D'être la proie en question ? Celle dans ses bras n'y survivrait certainement pas. Se retourner, juste assez pour que ne soit à portée de cette chasseresse que sa propre chair. Chair qui trouva acquéreur auprès des crocs de cette créature étrangère mais pas moins familière, dans son attitude. Prise par la nuque. Vive pression sur sa peau épaisse, ne la faisant pas pour autant grimacer. Du moins, pas avant que ne s'écharpe son cou ainsi que son épaule, entamant le haut du dos. À peine le temps d'envisager la contre-attaque que son agresseur se défaussa d'elle pour meurtrir celle venue lui prêter main forte.

Un premier réflexe. Non celui de se ruer sur la menace, ce qui relevait pourtant du bon sens ; mais de poser à terre la petite fille, afin de mieux faire couler son sang par ses lèvres. Boire... Ce rien suffirait-il ? Inerte... Toujours inerte... Pour soudain voir se manifester le premier signe tangible de vie. Paupières qui tremblent, avant de s'ouvrir et de laisser se découvrir des prunelles d'un noir profond. Un regard faible, mais pas moins empreint d'un soupçon de vitalité. Espoir ravivé. Espoir qu'elle savait bien capable, la seconde d'après, de servir un désespoir plus grand encore.

Que faire pour s'en prémunir ? Jeter un regard sur son alliée se faisant malmener. L'aider ? Mais cette fille... De voir clair en elle. Semblable ? Était-elle également de ceux qui ne chassaient qu'en ayant profondément faim ? L'empêcher de se nourrir, en la supprimant simplement. Une pensée l'ayant bien traversée. Mais de constater sa supériorité sur la shinigami... Ne serait-il pas plus simple de l'aider à réduire ce qui, au fond, n'était qu'une inconnue... en repas ? D'être la mieux placée pour comprendre cet instinct animal. La même masse d'instinct, intuitivement appâtée vers la voie la plus propice à la survie. La lacérer. La dépecer. La dévorer. Le propre du monstre solitaire.

Pulsation brute. Monstre... Les yeux exorbités. Entrevoir des visages. Répulsion... Ce souhait... Ne l'avait-elle pas déjà eu ? Que ne se reproduise plus jamais ce schéma... Des êtres capables de la voir autrement. Une volonté de vivre autrement. N'être plus esclave de ses bas instincts... Libre de son destin... De mûrir... D'hésiter... Une expérience singulière. Une amorce d'émotion. Émotion paradoxale, si ce n'est contradictoire. Un chemin plus menaçant, mais à la fois plus aisé à emprunter. Occasion inespérée. Une décision propre à l'alléger, pour arborer une expression plus franche.

Ce choix... Une possibilité gagnante... Du moins, dans la première volonté qui l'animait. S'avancer lentement, l'air affaibli, naturel. Sang qui continue de longer son vêtement pour ne jamais faiblir. Débit anormalement régulier. Douleur particulière à l'endroit de la morsure. Un poison ? Sentir que ne devrait durer le combat, sous peine de vite tourner en sa défaveur. Un moment propice à l'action. La déesse de la mort qui renvoie des lumières intenses sur sa cible. Synchrone à l'action, pour dépasser la distance intime. D'alors vaciller vers le bas, faible ; et pourtant, son énergie interne circulant à toute vitesse. Que se déboîte son coude, un pieu se fichant aussitôt vers le genou de sa cible, pour s'encastrer dans l'asphalte. La maintenir à proximité. Effacer toute opportunité de fuite. Ne lui laisser le temps de respirer. En parallèle, d'attraper d'un geste vif la mâchoire de l'animale. Que commence à se rabattre son pieu... Ne sûrement pas s'arrêter là. Viser à l'immobiliser, jouant de son poids, pour la tenir au sol, les genoux visant à restreindre les bras de la chasseresse et ce, de tout son poids. Bien sur ses appuis, ses yeux exorbités incrustés dans les siens. Sans les détourner, d'interpeller la shinigami, la voix forte.

-Prenez ! Partez ! Sauvez-là ! M'en occuper... seule ! ... VITE !

Qu'elle l'emporte. Elle ne semblait, de toute, guère capable de faire beaucoup plus. Sauver ce qui pouvait l'être. L'en séparer ? Elle la récupérerait bien assez tôt. Après que... meurt sa semblable. Serrer la mâchoire dans l'optique de l'écrabouiller. Déterminée à faire de sa bouche une salade rougeoyante de dents. Au dernier moment, hésiter...



_________________


Thème de la chose ♪


Eimi:
 

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.bleach-bsrpg.com/t1547-muda

avatar
Rang : Vampire passionnée

Messages : 103
MessageSujet: Re: L'étincelle d'Altaïr et Kochab [ft. Sasha Oudranov et Muda]   Lun 14 Juil - 2:49

Vous êtes-vous déjà senti trop... petit ?

Trop petite pour contenir toutes ces émotions qui traversent votre esprit, votre crâne, votre poitrine, comme des poignards acérés déchirant la moindre pensée. Trop petite pour les assemble de façon cohérente, trop petite pour ne pas, dans une tourmente déchaînée, leur laisser à tous la bride libre et exploser en morceaux. C'était cette impression qui dominait chacun de mes sens, réduisant la conscience que j'avais de moi-même à l'état d'un magma bouillonnant de rage, de souffrance et d'instinct. Ma tête me brûlait, empalée par toutes ces visions resplendissantes de sang que je n'arrivais pas à réfréner, ces visions où je voyais s'entasser les corps dans une si jolie harmonie, où je voyais les ruisseaux pourpres se marier, s'embrasser, s'unir, se pourlécher les uns les autres en une infinité d'arabesques rubescentes. N'était-ce pas le même genre de folie qui saisissait les plus grands artistes de ce monde, qui les poussait irrésistiblement à saisir toile et peinture, à danser devant leur œuvre une danse à eux seuls compréhensible, à éclabousser, projeter selon des motifs dont la finale beauté n'apparaîtrait que plus tard mais qui, à leur doux regard, était déjà évidente des heures à l'avance ? C'était le même phénomène qui me jetait en avant, dans la douleur et la hargne, pour dessiner de mes griffes et de mes crocs. Une force impérieuse, un mouvement si naturel et jouissif qu'il n'était pas possible de seulement songer à le défier.

Une lumière intense étincela soudain, et envahit mon regard dépareillé d'or et d'azur. Cela venait de la Shinigami, la femme au teint hâlé ; manipulation d'un verre, ou d'un cristal... une forme que je n'identifiais même pas dans ma fureur, mais qu'une voix timide au fond de mon âme trouva jolie. Un instant avant que la douleur ne se manifeste, incandescente ardeur fulgurant au travers de l'iris pour vriller mes rétines. Je grognais en baissant la tête, un bras passé sur le visage, dans un geste aussi en retard qu'inutile. C'était désagréable, blessait quelque peu... mais croyait-elle vraiment m'arrêter avec ça ! C'était le genre de tour de passe-passe qui allait me retenir beaucoup moins de temps qu'elle n'en avait besoin pour s'échapper... J'ignorais quel était ce rythme effroyable qui battait dans mes membres ; ce n'était pas la pulsation de mon sang, ce n'était pas le battement de mon cœur en liesse... c'était véritablement un rythme, un tempo, la sensation d'être au bon moment prête à agir, prête à frapper, et frapper encore. Je connaissais mes capacités, les terribles exécutions synchronisées que mon corps pouvait accomplir afin de...
Je manquai de le voir trop tard, à cause de la maudite lumière. C'était un long épieu osseux qui avait percé la chair de l'humaine afin de chercher à m'atteindre à une vitesse surprenante, fouaillant l'air là où je me tenais une seconde plus tôt. Il m'avait fallu bondir lestement dans les airs, à la manière d'un rapace prenant son essor, et me réceptionner plus loin en retrait. Le simple fait d'avoir perdu du terrain fit luire une lueur courroucée au travers des fenêtres donnant sur mon âme. Des proies plus lointaines, c'était une souffrance plus longue... Le sang m'appelait comme des sirènes charment des naufragés, comme l'océan séduit le marin, comme la montagne nargue l'aventurier. Ce n'était pas qu'une question de simple absorption ; c'était un attrait réel, physique, quasi palpable.

Ainsi l'une manipulait à sa guise ces rayons chatoyants que j'eus trouvé beaux en d'autres circonstances, et l'autre, d'une bien plus prosaïque façon, usait de sa propre chair, de son propre squelette, pour combattre l'ennemi. Cela me rappelait étrangement quelqu'un... Un sourire intensément mauvais étira mes lèvres sur un rictus, que je perdis bien vite lorsque l'auteur de la dernière agression bondit à mon encontre.
Vraiment ? Réduire la distance me séparant de soi n'avait jamais été une très bonne façon de faire. Plus un combat s'éternisait, et plus je parvenais à atteindre ma proie, plus elle risquait de fatiguer et de saigner. Plus elle saignait, plus je m'endiablais. Tous mes instincts hurlèrent de plaisir lorsque nos chairs se touchèrent, que la surface affriolante de ses paumes s'accola à mes joues et que sa masse incroyablement lourde me clouait au sol. Mon Reiatsu s'échappa par toutes les pores de ma peau, crissant une nouvelle fois dans l'air, écharpant et raclant ses doigts à ce seul contact. Mon bras se détendit par pur réflexe conditionné en réponse à la saisie qu'elle exerça sur ma mâchoire, mes griffes cherchant à fouailler le bras tendu, à rejoindre l'interstice délicieusement craquant du coude pour y sectionner le nerf. Une contre-attaque rapide, inculquée par Khaïl en réponse vicieuse à ceux qui, comme elle, pensaient me surclasser à bras-le-corps.

Je me rendis compte du danger un peu trop tard. Je n'étais pas la seule à posséder une force démesurée.

La pression qui s'exerça subitement d'un bout à l'autre de la courbe de mon visage fut telle que l'os craqua presque instantanément, la peau écrasée sous l'emprise. Celle-là avait si bien cerné ma nature prédatrice qu'elle avait aussitôt deviné le fer de lance de mon arsenal : mes crocs, qu'elle cherchait à détruire en massacrant toute la mâchoire. Le sang jaillit brutalement au moment où le squelette se fractura sous la puissance de l'étau, à la manière d'un rameau courbé atteignant son point de résistance. Un grondement sourd monta de ma gorge, mâtiné de haine et révélateur du calvaire qu'elle m'infligeait. Je n'étais pas foncièrement sadique, mais c'était la première fois qu'une victime me contestait jusqu'à ma nature même de chasseresse. Pour cette raison, l'envie furieuse de supplicier ma détractrice manqua prendre le dessus sur le concert hurlant des commandements de mon instinct, qui m'intimait d'en finir au plus vite, avec la plus grande violence dont j'étais capable.

En réponse à cette sommation, la digue de mon pouvoir véritable se fissura. Le sang qui avait coulé, le mien et celui de mes adversaires, s'agita d'un frémissement ainsi que la surface d'un lac balayée par une brise automnale. Une seconde insensible caresse agita les flux carmins, puis une troisième, et encore une autre. Et soudain, les fleurs écarlates que nous avions semées muèrent, s'agitèrent, s'affolèrent. Dans une succession de chuintements liquides, ce nectar que nous avions déversé sembla s'animer d'une vie propre et vint envelopper mon corps à la manière d'un délicat linceul. Un rugissement féroce s'échappa de mes lèvres comme je me soulevais à la force des membres, évacuant le double quintal pesant sur mes bras d'une secousse accompagnée d'un feulement révolté. Les filets d'amarante s'infiltrèrent alors dans ma peau pâle, effaçant les marques, régénérant mon corps, reconstituant l'architecture brisée de ma mâchoire.

La nature première du vampirisme. Ne jamais mourir, grâce à la vie des autres. Payer ma mort avec une monnaie qui ne m'appartenait pas.
Il y eu comme un instant de flottement, à ce moment précis. L'humaine avait crié à la Shinigami de s'enfuir, de... sauver sa congénère ? Je jetais un œil rapide à ce que j'avais immédiatement évalué comme un poids mort. Blessée, inconsciente, aux portes du trépas, elle gisait au milieu des monstres sans se rendre compte de la situation. C'était probablement pour le mieux... Un sursaut de lucidité me souffla que ce que j'étais en train de faire allait à l'encontre de la volonté de Khaïl, à l'encontre de tous ces préceptes qu'il avait péniblement enfoncés en moi afin de m'aider à me tenir droite, comme un clou entre chaque vertèbre. Mais je n'écoutais plus la voix du passé ; je ne l'entendais plus, assourdie par celles d'un instinct que j'avais trop puissamment réprimé dans un effort pour bien faire. Dans un effort pour plaire. Un effort qui, j'en étais fiévreusement convaincue à cette seconde, n'avait jamais été remarqué, aussi longtemps qu'il avait duré.

Et ce constat... cette certitude... me blessait plus profondément que la soif sanguinaire me brûlant la poitrine.

L'unique larme qui s'échappa de mon œil azuré roula le long de ma joue alors que je me tenais bien droite devant mes proies se rebiffant, le menton relevé, une morgue et un venin infinis au fond du regard.

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.bleach-bsrpg.com/t2209-sasha-oudranov

avatar
Rang : 10ème siège de la 7ème Division

Messages : 197
MessageSujet: Re: L'étincelle d'Altaïr et Kochab [ft. Sasha Oudranov et Muda]   Ven 18 Juil - 21:55

« C’est toujours dans ces moments-là où tu penses à moi ? Trop gentil. Il faut obligatoirement une bête pour que ça fuse. Je vais prendre ça comme un compliment. Tu m’as toujours vu comme une bête intrigante et intriguée. Mon territoire ? La Soul Society. Un requin parmi les requins, de sourire et de miel, de cruauté et de stupeur… Oui, j’étais dans mon élément.

Désespérément seul.

Et là, le terrain est un Karakura en miettes face à deux créatures semblables à moi. Que vas-tu faire, ma chère petite perle ? Vas-tu leur briser le cœur comme tu as su si bien le faire avec le mien ? Tu vas les rejeter car tu ne veux pas les comprendre ? Allons. Ce n’est pas un mal. Tu t’es toujours refusé au goût du sang. Rejeter ceux qui ne peuvent s’en passer est prévisible.

Et pourtant, Tama…tu m’as accueilli. Auprès des tiens, dans ta maison, celle que tu as durement protégée, tu m’as laissé la partager.

Ta pitance, ton toit pour la nuit, le réconfort de Lalla Zohra…

Et si c’était la même chose ? Et si cette belle tête blonde était comme moi ?

Humains, Shinigami, Hollows…on vient tous du même terreau.

On partage les mêmes instincts, les mêmes désirs.

Qu’est-ce que tu vas faire ?

Même un oiseau de proie a besoin ET envie d’un nid. »



Cet océan…

« Oui. Tu le connais bien. Tu l’as connu pendant des années. »

Si rouge, si vivant, si pur.

« Exact. La vie t’a préparée à ta mort, à ton après-vie. A moi. »

Dans d’autres circonstances, la guerrière aurait communiqué pleinement la même intensité. Il ne s’agissait ni de mort, ni de vie. Si seulement il n’y avait aucune soif, aucune précipitation. Même si l’autre devait en payer le prix du sang, la confrontation restait et resterait à jamais une manière pour deux âmes de chanter.

« Et tu chantais si bien. Portée par la mélodie de ton cher Emir, l’envie de protéger ton peuple. Belle étoile, chante, chante, chante. »

Pour l’amour du ciel… Arrête…

« Chante pour ceux qui veulent ta bénédiction !!! »


Depuis la mort de Qismat, aucun moyen de savoir si elle divaguait ou pas à force de l’entendre dès que son cœur s’emballait pour un oui ou un non. C’était comme s’il était encore en vie, sous une autre forme, à travers elle, un souffle, une voix, un subconscient qui se manifestait. Et ses souvenirs qui l’assaillaient chaque nuit. Y’avait-il assez de siècles dans la vie d’une Shinigami comme elle pour revivre celle d’un mentor ?

Assez d’expérience pour faire le bon choix. Ça, oui. Comme toujours.

Elles n’étaient pas seules. Faim, colère, envie. Les impératifs étaient si rapides que même la douleur se faisait rattraper aisément. Les Humaines. Les Humaines !

La source de reiatsu arrive, Sai !

Non !!

Elle voulait absolument faire partie de la danse à ce point ? Elles étaient sur la même longueur d'ondes d'une façon si cruelle...

Impératif un : juguler la blessure au cou.

Fébrilement, Idjouher atterrit fissa sur le sol en ouvrant son shihakusho pour en sortir ses bandages. Elle n’en aurait bientôt plus besoin si elle échouait de toutes manières. Le temps de couper un morceau pour bander rapidement son cou. Bien, elle sentait de nouveau une tension qui remontait, son corps éthéré provisoirement entier pour ses dernières cartes. Avant de voir celles de sa jeune alliée se consumer trop tôt.

Elle l’interpelait. Encore une fois, comme si elle était sa dernière chance.

Tout à coup, la kabyle sentit un afflux de reiatsu, ce n’était pas celle de la jeune Humaine mais celle de l’autre bête assoiffée de sang. Cette énergie, ce torrent qui forçait sa gorge à déglutir du fer à la place de sa salive, celle du sang, celui de la bataille. Et pourtant, ça n’avait rien d’une guerre, elle était terminée.

Ce lieu était-il maudit au point de faire souffrir la moindre parcelle de vie trouvée sous les craquelures d’asphalte ?

« Tu sais que ça n’a rien à voir. Fadaises. Superstitions. Vous vous êtes trouvées toutes pour cette âme… »

C’était encore un soupir de vérité. Loin ou près, Qismat avait toujours raison.

Au pas de course, Idjouher fonça droit vers les deux combattantes. A la voir regarder leur protégée, la bête allait passer à l’action. Rapidement, la créature fut libre et comme un portrait gâché par la violence, le portrait se reconstitua peu à peu, regagnant les armes d’une puissance fabuleuse capable de se déchainer comme se mouvoir à pas feutrés. Crocs, peau sans imperfection, des miroirs de l’âme aux allures de ciel demeurant imperturbable face à leur condition. Son aura avait changé, Idjouher, malgré les réminiscences d’une voix d’outre-tombe dans son esprit et les complaintes de son corps, était sûre de son constat.

Impériale, elle n’allait pas fuir, elle n’allait point cacher sa larme solitaire, la bête avait pris bien des reliefs. A croire qu’elle n’était pas seule à être rattrapé par son passé en cette nuit si morne.

Sans quitter les yeux en proie à la haine et aux ombres, Idjouher s’approcha lentement de la Fullbringer au squelette étonnant pour lui tendre le reste de ses bandages. Même dans cette tempête de coups, il était aisé de voir que sa blessure était plus sérieuse que la sienne. Cela n’allait que lui faire gagner du temps, rien de plus mais il fallait qu’elles tentent une chance. Leur seule chance de ne plus hésiter.

Il fallait que personne ne meure. Impératif deux.

Un miracle demandé ? Un miracle demande plus qu’un cri. Il demande rétribution pour qu’il s’exauce. Et pour une fois, les étoiles pouvaient bien s’aligner pour faire de son vœu une réalité. Personne n’avait demandé que le cataclysme s’abatte, ni ces victimes, ni ce désespoir, ni cette cruelle soif.

Ni cette haine.

Idjouher se fit plus douce, elle n’avait aucune haine contre quiconque, ni devant ce rapace de sang. Sa haine n’allait pas attiser sa colère. Sans sentir le sourire doux se dessiner sur ses lèvres, la kabyle se fit entendre. D’une voix aussi profonde que la nuit qui les observait, aussi douce que la chaleur d’Orion en hiver.

- Je vous ai entendues. Toutes.

Jamais elle ne s’était entendue parler ainsi à des étrangers. Jamais. Pourquoi s’était-elle murée à ce point au monde qui l’entourait ? Avait-elle si peur d’être corrompue, fallait-il continuer d’aiguiser au mieux son esprit pour devenir une parfaite Shinigami ? Etait-ce réellement ce qu’on attendait d’elle.

« Pas moi. Je t’ai bien appelée Tamanart ? Non ? »

Tamanart. Orion.

Rapidement, la Shinigami se débarrassa de ses tabi si inconfortables.

- Je compte sur toi. Sois prête. Il ne faut pas qu’elle meure.

Elle se savait comprise par sa complice. Il n’en fallait pas plus. La mort n’était pas la seule solution à tous les problèmes, et si ce n’était pas compris, elle allait donner l’exemple.

A peine le deuxième atterrit sur le sol qu’en un clin d’œil, sa silhouette se fondit dans le décor en un shunpô. Oui, elle allait demander beaucoup à son corps et oui, il allait s’exécuter prestement. Elle avait une promesse à tenir.

Tanazart.

Au milieu de son effort, à peine devant son obligée revigorée, la kabyle dévia sa course à l’aide d’un flux de reiatsu sur son flanc gauche pour se retrouver derrière son opposante, séparant définitivement cette dernière de la petite Humaine sauvée in extremis.

Tazenzer.

Le résidu de reiatsu qu’elle avait utilisé sublima l’image de son corps pour l’occuper, elle avait besoin de cette fraction de seconde pour son prochain mouvement, amplifiant le reiatsu au bout de son arme, Saif-al-Jawza. Rapidement, les deux entités jumelles communiquèrent pour matérialiser un courant ascendant puissant, une petite tornade pour soulever le corps de la Fullbringer à haute vitesse.

Tenran.

A présent, Idjouher héla son compagnon d’infortune, priant pour qu’elle ait assez d’énergie pour l’aider une dernière fois

- Maintenant ! Immobilise-la !

Ni une, ni deux, Idjouher prépara son incantation le plus rapidement possible, comme elle avait l’habitude de prier sous l’effet de l’urgence.

- Raimei no basha, itoguruma no kangeki, hikari mote kore o mutsu ni wakatsu…

Une prière. La deuxième. Puis la dernière, scellant le reiatsu mêlée à la volonté et à l’art des mots. L’art de la magie mortuaire. La puissance des Shinigami.

- Bakudō no rokujū ichi : Rikujōkōrō !

Pointant sa main vers sa cible, refermant son poing, Idjouher fit apparaitre un trio de rayons de lumière puis trois autres fusèrent en un éclair à travers le corps de la chasseresse, réduisant leur cible à l’entrave, digne divine apparition des étoiles venu au secours des âmes destinées à créer des étincelles dans ce Paradis Perdu.

L’heure était au calme, à la discussion, non au conflit.


_________________
"The wind is free, but the sand goes where it is blown. Unaware of the world around it. Whirling on the breath of the gods, at the mercy of the storm that engulfs it.

What is one grain of sand in the desert ?

One grain amongst the storm ?"

Avatar fait par Klaus =3
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.bleach-bsrpg.com/t2215-idjouher-tamanart

avatar
Messages : 752
MessageSujet: Re: L'étincelle d'Altaïr et Kochab [ft. Sasha Oudranov et Muda]   Lun 28 Juil - 21:30

Entendre craqueler les os sous sa poigne, pour sentir toute résistance céder dessous. Ainsi livrait-elle sa semblable à une douleur qui devait l'amener à la torpeur. Loin s'en faut. La trombine grimaçante d'affliction tandis que lui charcutait le bras une force invisible, pour soudain ne plus rien éprouver après que cette femme lui enfonce ses griffes profondément dans le coude. Perdrait-elle son bras que la sensation serait à peu de choses près la même. D'alors se laisser déborder par une situation que la Muda s'imaginait quasi maîtrisée. Renversée sous la force de la captive, pour perdre toute emprise dessus. Hors de portée. Ramenée au point de départ.

Se lever brusquement. L'impression tout aussi brute que s'alourdisse sa tête. Fourmillement cérébrale à lui faire perdre l'équilibre, vacillante. Tomber face contre terre, haletante ; en proie au calvaire. Un œil affaibli sur son avant-bras dégoulinant d'hémoglobine, son vêtement maculé du flot ininterrompu s'écoulant depuis ses plaies autour de sa nuque. Fermer un instant les paupières, pour rouvrir son champ de vision sur une silhouette qui pourrait bien devenir son bourreau. Disparaître ?

Jetée vers des pensées évidentes. Mal en point comme elle l'avait rarement été. Succession de miracles lui ayant valu de survivre jusqu'à présent. Un instinct de conservation primaire, pour aujourd'hui se complexifier. Sa main droite pince ses orbites. Au creux de la main, non une simple ombre comme il serait commun de l'imaginer, mais une vision autre. Y voir un visage. Y voir un avenir. Y voir une raison limpide de se garder du trépas ce soir. Incapable de sauver cette ombre familière. Non une ombre familière, une menace. Menace à cette promesse de lendemain. Lendemain qui appelait à céder à ses plus bas instincts pour se préserver de ce mal. La détruire, pendant que la chasseresse le pouvait encore.

Tremblotements anémiques fondant en tremblements de rage. Grands efforts dans l'acte de se relever, pour enfin y parvenir. Encore voûtée, de ne pas moins dégager du plus profond de son âme une aura de plus en plus dense, autant désespérée que patibulaire. Aura qui monte en puissance. Le plafond d'expansion qui ne saurait tarder à être atteint. Grimper dangereusement pour soudain se figer après que ses iris de rubis se soient plantés dans ceux de sa proie.

Non le fait d'y trouver la même étincelle meurtrière qui l'arrête. Un signe en filigrane, à faire mentir les apparences. Simple larme à raviver l'empathie. Détresse empreinte sur cette figure bestiale. Figure bestiale la renvoyant à la sienne, pour se rendre compte aussitôt de l'erreur irréversible qu'elle avait bien failli commettre. D'avoir déjà cédé à la pleine expression de sa force intrinsèque, semant la mort de toutes les âmes en présence alentours. Se tourner vers la fillette encore inerte non loin d'elle. Le souhait sincère de la voir s'en sortir proscrivait de céder à cette tentation de mettre en œuvre tous les moyens pour mettre hors d'état de nuire le miroir de son passé. Passé que la Muda espérait qu'il demeure comme tel, du passé.

Ne plus jamais renouer avec ce quotidien... Sensibilisée à l'espoir animé par cet homme. Pour le retrouver, arrêter sa congénère. Pour y parvenir, trouver dans son alliée un moyen. Une alliée qui lui tendit un objet, un tissu, qu'elle saisit, non sans trahir quelques bribes de méfiances dans son attitude. Caractère inédit que celui de la coopération, que celui de cesser de ne compter que sur ses propres compétences. La foi en l'autre. Une foi fragile. Une foi qui pourrait bien avorter de manière précoce. Ce tissu grossier... Similaire à ce que Calum avait utilisé pour recouvrir ses plaies. Bandages enlevés au partir afin d'enterrer en elle son père. Des bandages refusant leur apparition, selon toute vraisemblance, utilisés pour presser ses plaies au cou et ce, avec son seul bras opérationnel.

Ne lâcher son regard de leur cible, n'accordant pas moins son attention à sa camarade de fortune. Déterminée à maintenir son regard sur sa vis-à-vis, et pourtant, de rompre cette détermination devant les mots forts de l'autre créature venue d'un autre monde. Ses yeux empreints de surprise, pendant qu'un frisson lui parcourt l'échine. Compter sur elle, un sentiment partagé ? Compter sur elle, malgré sa vraie nature ? Une vraie nature que cette étrangère ne connaît pas, que la prédatrice n'a pas trahi. Un passé qui peut n'appartenir qu'au passé ; perdant toute sa valeur, du moment que l'instant le faisait mentir. Prise de conscience tardive, pour une vérité frôlant l'évidence. Prise de conscience soudaine, la confortant dans son choix de ne point trahir ses nouvelles convictions balbutiantes.

Être prête... D'attiser sa concentration... Ne pas l'éliminer... Sur la même longueur d'onde. Confiance réciproque. Sa partenaire rentre-t-elle dans l'action que la Muda trouve intuitivement le rôle qui est sien, entamant son intervention avant-même que ne l'interpelle son alliée. Se déporter vers l'opposante au sortir de la tornade, à son dos. Les bandages ensanglantés jetés sur la trombine adverse. Projectile quasi synchronisés avec un mouvement véloce, celui de sa poigne vers son cou. Faire pour rendre ce mouvement décisif le moins perceptible qui soit.

Trouver prise et serrer fort, mais pas assez pour que la tête de cette bête pende depuis l'épaule. La tenir fermement pour l'emporter avec elle dans sa chute. Une chute lourde, qui pourrait faire pour elle le travail de mettre en miettes les os de la femme sous ses serres. Malgré tout, d'encaisser la majeure partie de l'impact. Impact aussitôt suivi d'une intervention extérieure. Des bandes lumineuses visant à la sceller. D'enfin pouvoir relâcher l'étreinte, si ça n'avait pas déjà été fait, sa paume se posant sur l'épaule de l'humaine. Le souffle court, peinant à maintenir le contact visuel avec.

-Je sais... Je sais comme c'est dur... T'aider... Je veux t'aider... Mais arrête... Arrête...

Les lèvres tremblotantes. Puiser dans son restant d'énergie pour simplement se tenir debout. Un choix qui pourrait lui coûter cher. Il était de toute trop tard pour faire marche arrière. Déterminée à aller au bout.


_________________


Thème de la chose ♪


Eimi:
 



Dernière édition par Muda le Jeu 9 Oct - 11:12, édité 2 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.bleach-bsrpg.com/t1547-muda

avatar
Rang : Vampire passionnée

Messages : 103
MessageSujet: Re: L'étincelle d'Altaïr et Kochab [ft. Sasha Oudranov et Muda]   Jeu 31 Juil - 3:59


Une infinie colère au fond du ventre, pareille à un brasier crépitant projetant sa hargne et son envie de faire mal dans le moindre recoin de mon être. Ces escarbilles de haine qui se répercutaient contre les parois de ma conscience jetaient des étincelles dont le reflet était visible au fond de mes yeux. Oui, je commençais à les haïr... j'exécrais ce visage bronzé aux traits harmonieux, au regard empli d'une limpide sérénité. Mon aversion pour sa camarade à la si magnifique crinière d'ébène semblait ne pas connaître de limites, elle non plus. Briser, fracasser, réduire en morceaux épars, arracher cette gangue charnue à son support osseux m'apparaissait comme un besoin de plus en plus pressant et impérieux. Il n'était plus seulement question de me nourrir, il était question de répandre la douleur pour tous les torts qui m'avaient été causés. Pour réparer l'injustice qui m'était faite... Retrouver la paix de mon âme et sa tranquillité, en ôtant tout souffle de vie à la leur.
Leurs âmes, à elles deux... Anima in carne. Je les sentais. Elles portaient leur propre fragrance, bien différente, bien douce. Pas parmi les plus attirantes qui soient, et cela n'avait pas forcément de lien avec la puissance spirituelle. Non, j'étais bien en peine de décrire ce qui m'interpelait le plus dans mon désir de me gorger du sang de quelqu'un. Sa force n'était qu'un facteur parmi d'autres, plus troubles et mystérieux.

Néanmoins...

Je vous ai entendues. Toutes.

Que veut-elle dire ? La déesse de la mort se déchausse sous mes yeux. Etrange. Qu'espère-t-elle accomplir ? Je la vois s'élancer... avant de disparaître. Rapide, à la manière d'une étoile filante traversant les cieux enténébrés, fugacement. Je la flaire dans mon dos, mais je n'ai guère le temps de me retourner ; une bourrasque spirituelle me frappe de plein fouet. Je grogne, lutte pour conserver mes appuis, en vain. Instinctivement je devine que ce pouvoir n'est pas tant lié à son arme qu'à sa personne, ce qui remet complètement en question le peu de choses que je savais au sujet des Shinigamis.

Je vais... commençai-je d'une voix rendue rauque par la rage.

Je ne devais jamais finir ma phrase. Une volée d'encoches lumineuses emplit mon champ de vision, m'aveuglant momentanément. Je ressentis leur impact tout autour de mon bassin, froid et engourdissant mais pas vraiment douloureux. S'imagine-t-elle que ça peut me...
Brider ? J'essaie de bouger mon bras, qui refuse de m'obéir. Son espèce de sorcellerie à deux sous est une sorte de chaîne spirituelle. Je n'en vois pas les maillons, mais de toute évidence, elle compromet mes capacités. Les entraves... comme j'abhorre les entraves... J'ouvrirai le ventre du premier qui s'aviserait le contraire. Qu'on m'écrase, qu'on me déchire... mais nul ne m'enchaînera ! Jamais !

Jamais ! rugis-je en écho à mes pensées, bandant ma volonté.

De la volonté. Ce n'est pas tant chez moi le produit d'une réflexion étayée sur des possibilités, des peut-être futurs, des agencements prévus d'actes projetés en vue d'obtenir un résultat. Loin de là ; c'était plutôt la certitude instinctive et innée qu'un acte était la juste réponse à l'agression, le coup exact dont j'avais besoin et que j'allais jouer afin de mettre en échec mon ennemie. Melody aurait sans doute pu m'expliquer ce que je m'apprêtais à faire, mais tout ce que je sais, c'est que je laissais mon âme se déchaîner une nouvelle fois. Elle se démena contre ces liens qu'on lui infligeait. Probablement que si on avait pu la matérialiser, on aurait vu une silhouette embrumée s'agiter au mépris de toute physique dans un concert de vociférations stridentes.
Les pales étincelantes volèrent en tessons, ne tardant pas à s'effriter eux-mêmes et disparaître à l'air libre. Je posais un regard brûlant sur la kabyle, le souffle court. Et... qu'est-ce ? Un bandage taché du sang que j'ai versé à la pointe de mes crocs, défilant sous mes yeux stupéfaits. Une seconde avant qu'une poigne d'acier ne me saisisse à la nuque et ne m'envoie à l'encontre du sol que je heurte avec fracas. Le choc me sonne un instant, et en retrouvant mes esprits je constate que l'autre humaine s'est juchée sur moi, ajoutant son poids à son emprise. Encore une fois.

Je retrousse les lèvres dans un grondement bestial de mauvais aloi. Je veux parler, mais les mots se pressent dans ma gorge, s'écharpent contre mes crocs, s'entassent au bord de mes lèvres. Je ne parviens pas à formuler autre chose qu'un long feulement assourdi, les griffes creusant des sillons dans l'asphalte à défaut de pouvoir le faire dans la chair. Si j'avais pu donner corps à mes émotions, c'est une véritable vague de ressentiments qui se serait abattue sur mes adversaires. Mes mâchoires claquèrent, frustrées de ne se refermer que sur le vide.

- Je sais... Je sais comme c'est dur...

Des sons. Rien que des sons, avec une tonalité particulière. Irritants. Cela frappe à la porte de mon esprit. Cela veut dire quelque chose, mais je n'en ai rien à foutre ! Cela... cela veut dire quelque chose...

- T'aider... Je veux t'aider...

Aider. Je comprends ça, aider... je sais que je connais la signification du terme, mais elle ne m'atteint pas au travers du brouillard rouge. Cette brume écarlate qui empêche mes souvenirs, mes expériences, mes réflexions de me rejoindre. Mais quitter la nappe carmine de ma fureur, c'est retrouver la souffrance de la soif. C'est la laisser reprendre le contrôle de mes sensations. Je ne veux pas. Je m'y refuse.

Je t'aiderai à maîtriser tes pouvoirs.


D'où vient cette voix ? De ma mémoire... une voix qui signifie beaucoup de choses, cela, je ne l'ai pas oublié. Une existence qui, peut-être, n'était pas obligée d'être vécue seule. Une voix m'ayant fait croire que le monde n'était pas forcément une vaste place à traverser en solitaire. Cette croyance à laquelle j'avais accordée foi... m'avait fait tant de mal, dans les longues heures pleines de solitude de la nuit...

- Mais arrête... Arrête...

A te contrôler.

Je rejetais la nasse pourpre qui me noyait intérieurement. Mon regard perdit sa fièvre fauve, mes griffes se rétractèrent et rejaillirent, compulsivement, par intermittences incontrôlables. Mes crocs demeurèrent, mais ils me devinrent douloureux ; la soif et le manque s'abattirent sur moi plus lourdement que n'importe quel fléau. Je poussais un cri, mais cette fois le bruit qu'émit ma gorge n'avait plus rien d'animal ou de prédateur. C'était un simple cri, humain, vibrant de douleur, débordant de détresse. J'avais mal. Atrocement mal. Une souffrance aigüe et blanche à la manière d'un entrelacs de fils électriques gainant mes nerfs, m'abrutissant de calvaire. Je rejetais le monstre pour redevenir capitaine de mon âme, mais à quel prix ?
Au prix de faire face à l'appétit sanguin me tenaillant.

Du sang... je veux du sang...

Je serrais si fort mes dents que ma mâchoire se crispa durablement et je ne pu que gémir pendant plusieurs secondes. Lorsqu'enfin je parvins à la rouvrir, mes canines me lancèrent horriblement au point que je souhaitais brièvement qu'on les arrachât. Tétanisée, je n'aurais plus la force de m'en prendre à qui que ce soit, mais si je venais à poser mes lèvres sur une chair, nul doute que j'y mordrais avec une puissance et un désespoir immenses.

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.bleach-bsrpg.com/t2209-sasha-oudranov

avatar
Rang : Vasto Lorde

Messages : 511
MessageSujet: Re: L'étincelle d'Altaïr et Kochab [ft. Sasha Oudranov et Muda]   Dim 3 Aoû - 22:18

Comme d'habitude, ces connards peuvent pas détecter ce genre de truc dans les temps... Scientifiques à la con.

Comme d'habitude, oui. Choc spirituel, puissantes énergies regroupées toutes en un même lieu. Énergies qui se libèrent, qui se déchainent en même temps. Sérieux, vous faut quoi de plus pour comprendre qu'on a un combat sur les bras ?

Le topo fut rapide, chaques secondes comptaient, on avait un troisième siège dans la merde, là. Et pas la peine de compter sur l'intervention d'un Reaper pour aller faire son taf. Parce que nous annexer et nous piquer notre taf, oui, mais quand ledit taf, c'est venir en aide à un Shinigami, ah bah là, le discours passe très vite de "laissez nous prendre les commandes, on s'occupe de tout" à "démerdez-vous, c'est votre merde, gérez là".

Le topo, donc. Troisième siège Idjouher Tamanart, seconde division. Envoyée sur Terre dans les ruines de Karakura, pour libérer les éventuelles âmes qui pourraient continuer à parcourir ce champ d'ruines. Une tâche bien facile (et bien ingrate compte tenu de son grade) à accomplir sur le papier, mais ça, c'est sans compter sur la présence d'indésirables. Deux fortes présences détectées par les têtes d'ampoule de la douzième division. Deux fortes présences qui n'ont été détectées que lorsque leur puissance s'est déchainée, au début de l'affrontement, donc. Ensuite, jauger ces puissances, et avertir les gradés disponibles. Apparemment, on avait affaire à du lourd, quelque chose qu'un troisième siège, aussi puissant soit-il, ne sera jamais en mesure de gérer seul. à partir de là, la question ne se posait plus, si renfort il devait y avoir, le niveau Vice-Capitaine minimum était de rigueur, autrement, ce qu'on enverrait ne serait qu'une victime supplémentaire à déplorer. Dans ces conditions, le gradé envoyé aurait très bien pu être Serpiente, on parlait après tout de son troisième siège, mais il était déjà en mission sur Terre.

Au final, qu'est-ce qui s'passe ? J'me pointe au Senkaimon, dis aux gus d'm'ouvrir un portail pour Karakura, et de se grouiller, dans l'idéal. Pas de temps à perdre, on va pas passer des heures à débattre sur "qui c'est qu'on envoie".

Sur les nerfs, à bout de la situation actuelle à la Soul Society, une opération sur le terrain me fera le plus grand bien. J'ai besoin d'me défouler, de faire parler les poings. Soit, à défaut de taper sur du Reaper, j'vais taper sur du fullbringer.

J'arrive sur place, plutôt loin du lieu de l'affrontement. Me demandez pas pourquoi, ces histoires de portes inter-dimensionnelles et tout l'bordel, j'y comprends que dalle. Quelques shunpo en direction du déferlement de Reiatsu, je sens que j'approche, j'me fous en haut d'un bâtiment en ruine, histoire d'avoir la meilleure vue possible. Une bonne vue pour un spectacle des plus perturbants. Je croyais qu'on parlait ici de l'assaut de deux fullbringers sur un Shinigami, mais apparemment, ce serait un seul fullbringer complètement déchainé qui s'attaque aux deux autres, et un quatrième élément, une fillette l'air inconsciente, étendue sur le sol.. Parmi les trois autres, notre troisième siège, que je reconnais sans peine grâce à sa tenue, et -...

Oh putain. Tu t'fous d'ma gueule, là. Nan mais tu t'fous d'ma gueule, j'te pose pas une question, j'te l'affirme.

La grognasse. La putain de tarée zombie. J'tâte la marque de morsure, toujours présente dans mon cou. Mâchoire qui se serre, veine apparente à la tempe, poings serrés, puis hausse du Reiatsu. Reiatsu qui redescend aussi vite qu'il est monté, risque de s'faire repérer autrement. Pas de bons souvenirs liés à c't'horreur d'os, ça non. Et pourtant, qu'est-ce que j'vois d'mon perchoir ? Elle, qui agit de concert avec la Shinigami pour neutraliser l'autre fullbringer. Hum... Ok, quand j'déboule, j'lui arrange pas le portrait de suite, et lui laisse le bénéfice du doute.

L'autre par contre, clair et net qu'elle va prendre cher.

J'm'apprête à descendre de ma jolie tour, et v'la que quoi ? ça y est. L'ont maitrisée. Immobilisation, le tout fait très proprement, net, sans bavure. Putain. Enfin j'veux dire, ouf. Ouais nan, va pas t'mentir à toi-même Krow, au fond, t'aurais préféré débouler en plein milieu du combat et calmer tout le monde à coup de méga-gifles dans la gueule. Ça, c'était plus ou moins l'objectif de départ quand tu t'es pointé ici. Te défouler. Et ton toi grosse brute se retrouve bien contrarié, maintenant. Ouais, vrai. Vrai que... Savez quoi ? J'ai limite envie de dire "osef, même s'ils l'ont maitrisée, j'la tabasse quand même". Idem pour l'autre cannibale d'ailleurs, "merci d'avoir filé un coup d'main" et bam, droite dans ta gueule. Halalala, ce serait beau n'empêche. J'descends d'mon perchoir, fait un gros boum à l'atterrissage, cratère et tout l'bordel. Si on m'avait pas remarqué jusque-là, maintenant, c'est fait. J'm'avance lentement, lance un regard méfiant à zombie-girl, lance un regard neutre à la Shinigami Kabyle, assez mal en point.

Joli travail, troisième siège, t'as bien gérée la situation.

Et maintenant, regard suspect pour l'aut' tarée. Du sang, hein ? Hum ... De ce que j'ai pu voir de là haut, elle se bat avec des griffes, elle a des canines grandes comme des crans d'arrêt... Quoi, tu vas m'dire c'est un vampire ? Désolé de m'répéter, mais, tu t'fous d'ma gueule, là ? UN. VAMPIRE. Rien que ça. On a déjà la zombie, on a un putain de vampire sur les bras maintenant. Elle souffre, elle souffre mais alors, salement. Tout le monde est mal en point ici, le sol est recouvert de sang, mais c'est elle, et de loin qui a l'air la plus en danger. Mais s'aggisait pas d'blessure ici. C'était le sang. Elle a besoin de sang. Comme un Vamp-... logique Krow. Logique.

Je m'avance lentement vers elle, pas lourds, démarche assurée. Arrivé à son niveau, un soupire. Pourquoi j'ai l'impression que je vais faire une connerie ?

Du sang, hein ?

J'regarde autour. J'suis le seul en état de l'aider. Mais l'aider, c'est vraiment ce qu'il y a de mieux à faire ? Qui m'dit qu'elle risque pas de retaper une crise du genre ? Tout ça aurait été tellement plus simple si elles s'étaient contentées de la buter. C'aurait été moi, l'aurait jamais été question d'immobiliser. Immobiliser ? Nan nan. Annihiler, détruire, réduire en poussières. Voilà de quoi on aurait parlé avec moi. Mais maintenant que c'est fait, je me vois mal me pointer, grand sourire aux lèvres, et sortir un "bon bah en fait non, il faut qu'elle meure. Désolé." Puis faut avouer que ma méthode "on casse en deux et on réfléchis après" n'est pas toujours la meilleure solution. Hum...

Rah, aller, soyons fous. J'fais rarement confiance à la première inconnue venue, surtout quand j'ai vu ladite inconnue complètement déchainée quelques secondes plus tôt, mais j'ai toujours fait confiance à mon instinct.

Fais ça vite et bien, et t'es gentille, tu m'en laisses un peu.

Bras gauche tendu, bras droit prêt à lui tomber sur la gueule si elle est trop gourmande. Je l'aidais, mais j'faisais bien comprendre par mon expression et par la présence que je dégageais qu'il allait pas falloir me prendre pour un con. J'accorde ma confiance à cette jeune fullbringer, plus sur un coup de tête qu'autre chose, et elle avait pas intérêt à me faire regretter cette décision. Ah et, J'imagine que sa manière de consommer passe par l'étape morsure extrêmement douloureuse, autrement ce serait pas marrant. Hum... Soit, j'ai vu pire, la douleur, c'est quequ'chose qui finit par ne plus te toucher une fois que t'y es habitué.

Quoiqu'il en soit, le problème ici restait entier, j'allais ici sauver cette Fullbringer, mais cette affaire n'allait pas s'arrêter à "je t'attaque, je perds, j'me fais soigner, et on me laisse me tirer tranquillement". Non non, et j'espère bien que cette Idjouher en est consciente. J'suis arrivé tardivement, pige la moitié de la situation. J'compte bien demander un topo de la situation à la troisième siège une fois que je me serais fait bouffé l'bras. Mais quelle qu'en soit la raison, une attaque sur Shinigami de la sorte ne pouvait pas rester impunie, ou en tout cas pas ignorée. Ce fait concernait autant la jolie brune ensanglantée que le sac d'os ambulant. Elle avait aidé ici, mais m'a déjà attaqué, et j'doute avoir été sa première victime, autant que je doute qu'elle soit étrangère aux disparitions inexpliquées de certains Shinigamis à l'époque de Karakura.

Qui sait, j'suis peut-être en train de sauver cette meuf pour l'exécuter dans la minute qui suit, selon la tournure que vont prendre les événements. J'ai décidé de jouer le jeu, de leur accorder une chance. Je le fais une fois, pas deux. Donnez-moi un seul prétexte valable, et j'vous envoie dans l'Rukongai par le chemin le plus rapide. Et non, j'parle pas du Senkaimon.

_________________
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.bleach-bsrpg.com/t3114-kafar

avatar
Rang : Vampire passionnée

Messages : 103
MessageSujet: Re: L'étincelle d'Altaïr et Kochab [ft. Sasha Oudranov et Muda]   Dim 24 Aoû - 19:25

Du sang, hein ?

Je ne semble pas être la seule à apprécier de chuter depuis les hauteurs pour venir fracasser le bitume. Un grand Afro-Américain en survêtement et pantalon froissé, qu'on pourrait imaginer sorti de la ruelle d'à côté. Cela dit, son aura spirituelle ne me trompe pas : c'est un Shinigami, comme l'autre femme au teint hâlé. Et de l'énergie, il en a à revendre. Je le sens dans son corps comme un sourcier devine l'eau sous la roche, prête à exploser, à se déchaîner. Son Reiatsu est gorgé d'une violence qui n'est pas aussi primaire que la mienne, mais paraît encore plus grande.

Fais ça vite et bien, et t'es gentille, tu m'en laisses un peu.

J'aurais écarquillé les yeux si la souffrance n'avait pas été en train de me ronger comme une flaque d'acide qui vous collerait à la peau. Je ne comprenais pas ces décisions qui se prenaient au-dessus de moi, qui déterminaient, en réalité, si j'allais continuer à vivre ou non. Ces Shinigamis étaient plus humains que je ne l'étais moi-même. Je pariais sans hésitation que ces deux-là s'adapteraient mieux à la société de mon monde que je n'y parviendrais jamais. Et si j'en jugeais à l'autre Fullbringer quelques mètres plus loin, je ne devais pas être la seule dans ce cas.
Mes paupières se fermèrent de leur propre initiative et un faible soupir m'échappa. Si je le pouvais, un jour, je la retrouverai et je lui apprendrai ce que je savais des mœurs des humains. Sans m'être jamais intégrée, j'étais du moins faite pour charmer, lorsque la soif écarlate ne me tenaillait pas. Cela, je pouvais le lui enseigner, si elle l'acceptait ; et peut-être en userait-elle d'une meilleure manière que je ne le faisais.

La senteur de la chair sous mon nez. De même que vous apprécieriez la fragrance d'une peau d'orange en train de brûler, je m'enivrais de la proximité d'autrui pour la bonne raison que je savais ce qui se cachait derrière ce parfum. Je n'avais pas qu'une paire de canines proéminentes, car chacune de mes dents se prolongeait en une pointe d'ivoire aigüe lorsque venait l'heure de mordre. Mon sourire, au moment de me battre, était la seule chose que je ne pouvais pas faire mentir. Mes mâchoires se refermèrent dans un claquement que même l'imminence de la mort ne pouvait affaiblir, entaillant la barrière mince de l'épiderme, fendant les veines irriguant son avant-bras.
Je n'avais pas conscience, à cet instant, qu'une morsure trop lourde le pousserait à m'achever. Il n'y avait aucune malice ou agressivité dans la blessure que je lui infligeais ; les yeux fermés, les mains crispées sur ce membre qu'on m'avait proposé, je me mis à boire avec ce qui chez moi se rapprochait le plus de l'innocence.

Cet acte auquel je me livrais depuis ma tendre enfance n'avait jamais été malveillant. J'étais une vampire de Reiatsu : mon corps carburait dans une sorte d'hyper-activité inégalée, ce qui lui donnait une chaleur anormale et sa force hystérique. En retour, je devais dévorer l'essence que produisaient les âme, m'en emparant au travers du sang que j'arrachais aux êtres. C'était là ma nature monstrueuse.
Malgré tout, ce Shinigami s'était proposé de me sauver. Avait-il ces cartes en main au moment de prendre sa décision ?

Ma lucidité me revenait, grève révélée par la marée sanglante de mon appétit qui refluait au large, dans la mer ténébreuse de mon esprit. Mon cou s'arquait comme j'assurais de plus en plus ma prise sur le poignet du dieu de la mort... avant qu'un sentiment de danger ne me saisisse. Aller trop loin était périlleux, j'étais suffisamment revigorée pour le sentir à présent. Je m'immobilisais, rouvrant les paupières. Mon regard vairon d'ambre fauve et de saphir délavé se leva pour croiser celui plus sombre du grand noir. Il pouvait y lire l'incompréhension, le doute, la méfiance.

Je desserrais mon emprise pour rouler péniblement sur le côté et m'asseoir. Je m'étais battue avec trop de rage et de fureur alors que j'étais en manque, et cette saignée n'avait fait que repousser la douleur sans combler le besoin. J'allais devoir me nourrir dans les jours à venir, pour de bon. Consumer un Hollow, dans l'idéal. Ils se faisaient de plus en plus nombreux et aisés à trouver...
Une moue contrite passa sur mon visage. Avec ma raison revenait un peu de mon humanité.

Euuuh... j'peux tout expliquer, vous savez, si vous m'en laissez le temps avant de me traîner au bûcher.

C'est ça, ma fille. Baratine. Aggrave ton cas.

Enfin... expliquer... plus ou moins. Mais y a des blessés ici... Bravo. Un sens de l'observation et de la franchise tel qu'une lentille de cristal s'en sentirait flouée. ...et il s'avère que j'ai quelques pouvoirs de guérison.

Grand sourire éclatant malgré le sang qui me peinturlurait les lèvres.

Mais il faut que je morde la personne. Promis, ce n'est pas un piège ! Trop de risques, et puis, ce n'est pas mon genre.

Mes joues reprenaient des couleurs, un éclat pétillant se glissait au fond de mes pupilles. Je pouvais présenter un masque espiègle, avenant, celui qui faisait chavirer de sympathie le cœur des humains. Mais derrière cette jolie façade était tapi le même monstre sanguinaire que je venais de museler brièvement, et nul ici ne serait dupe, bien entendu. C'était là ma dualité, ma troublante personnalité aux sautes d'humeur lunatiques. Personne ne pouvait vraiment s'y faire, et moi la première...
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.bleach-bsrpg.com/t2209-sasha-oudranov

avatar
Messages : 752
MessageSujet: Re: L'étincelle d'Altaïr et Kochab [ft. Sasha Oudranov et Muda]   Ven 10 Oct - 15:43

Menace fermement tenue entre ses doigts squelettiques. Pourtant, malgré ses débattements, sentir de moins en moins la chaleur de son cou sous sa paume poisseuse. Des cris, des hurlements qui lui paraissent extérieurs, émanant d'une autre pièce. File un temps insaisissable. Avance-t-il qu'une impression de plus en plus forte lui vient. Chassée de son propre corps. Regard vide et insipide sur un visage oublié. Que fait-elle ?

Achevée dans son désappointement par un choc retentissant non loin d'elle. Un impact puissant d'une masse étrangère, imposante. Déséquilibrée. Vaciller sur le côté. Perdre toute emprise sur l'objet de son étreinte. Renversée contre terre. Réflexe instinctif, celui de se relever. Pénible et brutal. Chanceler. Virer sur le côté. Peine-t-elle à demeurer debout qu'un gravât l'amène à trébucher. S'étendre sur tout son long. L'effort harassant de soulever un tant soit peu le poids de son buste. Les appuis tremblotants, tandis que ses mirettes fixent une silhouette trouble, d'envergure. Deux formes humanoïdes qui se rapprochent et se confondent entre elles, pour n'en former plus qu'une.

Aucune réaction de sa part. Ses forces qui s'évanouissent peu à peu. Le son de son crâne claquer contre l'asphalte. Incapable de se redresser. Impuissante. Sa douleur l'intériorise. Sa douleur la rend étrangère à ce qui se passe hors de son enveloppe charnelle. Enfermée. Nul stimulus extérieur n’interagit avec son esprit. Prisonnière. Coupée de la réalité, embourbée dans une mélasse d'incompréhension. En perdition. Hors de sa coquille... que se passait-il ? Manipulée par ses perceptions. Rien ne se passe hors d'elle. Tout se fait en son âme et conscience. Captive, elle s'épuise, s'affaisse et se laisse à la merci de l'abattement.

Douleur qui la prive de tout. Ce que la Muda pensait assimiler. Pour autant, se tromper. En voie de disparaître, à jamais. Étincelle. D'alors éprouver un battement cardiaque. Immobile ? Des pulsations de plus en plus fortes. Convulsions par à-coups. Un corps étranger, faisant fi de son libre arbitre, bougeant par lui-même. S'accélère le tambourinement de sa cage thoracique. Sensations bonnes à l’écœurer, du plus profond de son être. Contre toute attente, toute raison, toute logique ; se relever. Orbites bonnes à révéler un regard médusé. La plante de ses pieds humides. Filets chauds caressant son corps dans sa longueur. Ses iris de rubis s'abaissent. Rouge. Noyée dans son propre sang. Écoulement incontrôlé depuis ses plaies béantes. L'instinct de conservation en panique.

-Non...

Que ça coule, s'écoule sans s'arrêter ni faiblir. Promesse d'une mort éminente. S'arrêter. Incapable de l'arrêter. Panique. Hystérie. Folie.

-Non... Non ! NON !

Rien qu'elle ne puisse faire. Une seule réaction qui lui vienne. Animale. Fuir. Fuir pour sa survie. Fuir en espérant se sauver de son propre corps. Focalisée sur cette pensée, oubliant tout le reste, y compris le plus important. En jeu, sa raison.




[Fin du RP pour moi. J'ouvre sous peu un sujet se passant non loin juste après cette action. Si intéressé il y a... je le mettrai en libre. Sinon, ce fut un plaisir o/]

_________________


Thème de la chose ♪


Eimi:
 

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.bleach-bsrpg.com/t1547-muda
Contenu sponsorisé
MessageSujet: Re: L'étincelle d'Altaïr et Kochab [ft. Sasha Oudranov et Muda]   

Revenir en haut Aller en bas
 

L'étincelle d'Altaïr et Kochab [ft. Sasha Oudranov et Muda]

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

 Sujets similaires

-
» Sasha Oudranov
» Dirty Little Sasha. [Done.]
» Sacha Louise Ryan une nouvelle riche Feat Sasha Pivovarova
» SASHA VLADIMIRA - terminée (aa)
» (F) Amanda L. Becker ft. Sasha Pieterse ♥

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Bleach - Before the Shadows :: Chroniques & Flashbacks :: Chroniques & Flashback-