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 Dans l'abysse le plus sombre [Riful]

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MessageSujet: Dans l'abysse le plus sombre [Riful]   Sam 13 Sep - 14:24



Les empreintes du Premier s’inscrivent en toute chose, à jamais. Vilmar le voit bien ; il flaire le sillage de destruction comme un limier, et là où le roi poussiéreux va, il n’y retrouve que les stigmates de l’appétit carnassier du Gouffre. Se peut-il qu’il en soit le seul capable ? Les autres ne regardent pas comme lui le fait ; ils se cachent des évidences, de la vérité dite, absolue, et si tous ont entendu l’appel, peu désire en connaître la finalité.
Or le vieil homme sait, avec une conviction fanatique, héritée par le saccage de sa propre chair, qu’il n’y a rien de bénéfique pour lui ou sa race dans les desseins du dieu. Les quelques fois où le colosse porte sa voix auprès d’autres Hollows, ceux-ci ne l’écoutent pas, s’écartant ou devenant hostiles, et Vilmar se retrouve de nouveau seul, ignoré de tous.
Qu’importe d’être prophète si personne ne daigne entendre les visions.

L’Ancien doute constamment de son propre combat, menacé par les faiblesses de sa propre psyché ; aux lisières de son esprit, il sent l’affluence de la douleur accompagnée par la folie, et ne doute pas de ce que cela signifie : il ne suffirait que d’un grain de sable pour que ses défenses si durement maintenues s’effondrent. Alors l’antique souverain ne serait plus qu’une bête, meurtrière et terrifiée.

« Je ne veux pas d’un tel avenir, dit-il à l’étendue rocheuse qui lui fait face. »

Vilmar se maintient là, droit et statique, figé dans une posture d’attente pour quelque chose qui ne vient pas. Ni le sable ni les pierres ne lui répondent, et le vent mort, qui n’a plus de souffle, se tait.
Subitement, une question se faufile dans sa conscience, lâche et mesquine. « À quoi bon ? » lui demande-t-elle. Pourquoi doit-il s’acharner à ce rôle qu’il n’a pas souhaité ? D’autres mondes s’ouvrent à lui, dans lesquels il peut se réfugier, jusqu’à ce que la tempête cesse.
« Cessera-t-elle jamais ? » interroge une autre question, plus brillante, plus écrasante que la précédente.
Existera-t-il un seul endroit où le concept de sécurité pourra survivre ?

La masse lourde de l’Aïeul s’effondre dans le tapis sableux qui l’accueille avec douceur. Etendu de tout son long sur le flanc, le vieillard s’abandonne à cette posture de détresse épuisée, et son visage, usé et fatigué, n’affiche plus qu’une résignation triste. Seule la mort pourrait les protéger tous de cet avenir qui s’annonce. Pourquoi s’acharner à repousser l’évidence ?
Ses doigts ridés se perdent dans la poussière, et l’ancêtre jauge d’un air morne le jeu des grains gris. Une larme, une seule, roule sur sa joue séculaire, et le vieil Arrancar s’enfonce lentement dans la torpeur doucereuse de son chagrin brisé.

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MessageSujet: Re: Dans l'abysse le plus sombre [Riful]   Mar 16 Sep - 20:16

L'ombre et le doute. Voilà bien des choses que Riful avait chassé de son esprit depuis un moment. Mais quelque chose avait changé la donne. Quelque chose avait remué les esprits des Hollows de ce monde. Alors qu'elle parcourait ces terres en quête d'une réponse, en quête d'une aventure à la hauteur de ses attentes, elle ne parvenait pas à comprendre la raison de ce silence renouvelé. Tous le ressentaient. Mais personne ne l'expliquait. Jusque dans les terres les plus reculées du Hueco Mundo, l'appel avait alerté les Hollows. Qu'importe sa nature, qu'il soit un Arraché ou autre, l'appel n'avait fait aucune distinction. Et lorsqu'elle avait questionné Isis, celle-ci n'avait pas été capable de lui apporter la moindre piste de réponses. Même à l'époque où elle servait l'autre Vasto Lorde, elle n'avait jamais entendu parler de cela. Les esprits des Hollows interrogés étaient brouillons, les rendant incapables de formuler une hypothèse. A moins que la peur de la croiser elle soit suffisamment forte pour les perturber ?

Il ne s'agissait pas tant de comprendre que de s'assurer qu'il ne s'agisse pas là d'un danger potentiel pour son propre territoire. Sa volonté d’expansion avait été son unique but pendant plus de deux années et la belle n'était pas prête à laisser une force, quelle qu'elle soit, prendre possession de ce qu'elle avait récupéré. Mais ici, elle commençait à croire qu'elle n'obtiendrait aucun résultat. C'est perdu dans les méandres de son esprit qu'elle traversait ce nouveau territoire. Sa simple présence, ainsi que celle d'Isis, suffisait à calmer les pulsions des animaux du coin. Ils comprenaient qu'elle n'était pas à leur portée. Loin s'en faut. Et ne faisaient alors qu'attendre qu'elle passe son chemin.

C'était sans compter les aléas du destin. Et la présence de cette silhouette au loin, silencieuse mais dont l'aura ne pouvait qu'attiser la faim de Riful. Alors que son regard se braquait vers la créature, elle ne put s'empêcher de penser à son prochain festin. Avant de se raviser : l'odeur que charriait ce corps lui était trop familière. Plus forte que celle d'un simple Hollows. Et différente de celle des Arrancars. Il lui fallait savoir, maintenant. Malgré les protestations de la petite Isis.
    - Passons notre chemin, maîtresse. Je vous en supplie.

Une simple gifle cueillit les propos de l'Arrancar, preuve que Riful n'était pas d'humeur à subir les caprices de sa servante. Celle-ci baissa la tête alors qu’elle se frottait la joue, douloureuse. Comprenant qu'il était temps pour elle de se taire et de faire profil bas : sa maîtresse n'était pas patiente pour un sou et elle savait ce qui pourrait advenir si elle décidait de la punir.
    - Je ne te demande pas ton avis. Voyons d'abord ce que c'est et j'aviserais ensuite.

Il ne lui fallut guère que quelques enjambées pour arriver jusqu'à la silhouette allongée. Elle huma l'air une dernière fois. Elle n'avait finalement que peu de doute quant à ce que cette créature était. Ou avait-été, d'ailleurs. Cette odeur était trop caractéristique et trop rare pour être copiée.
    - Tu sembles à l'agonie, vieil homme.

Du haut de ses cinq mètres - la partie basse de son corps étant enfoncée dans le sol meuble - elle étudiait cet être si étrange. Bien sûr, elle ne se rendait pas compte de l'ironie de sa réflexion... Car s'il existait une créature étrange en ce monde, c'était bien elle et sa silhouette si spéciale. Mais qu'importe. Elle observait. Et ne savait pas encore ce qu'elle allait faire : s'il était mourant, peut-être en ferait-elle un festin. Sinon... Elle déciderait plus tard. Isis s'était perchée sur l'épaule du Vasto Lorde, main sur le sabre. Juste au cas où.



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MessageSujet: Re: Dans l'abysse le plus sombre [Riful]   Mer 24 Sep - 21:56



Sur ses lèvres passe le goût cruel de ses faiblesses, et le long de ses yeux coulent leurs aveux. L’Ancien se rétracte sur lui-même en une pauvre chose brisée qui se sent égrugée par l’acharnement inhumain d’une culpabilité incompréhensible et écrasé par un désespoir si profond qu’un martyr n’en voudrait pas, même par amour de son dieu. En l’instant, Vilmar ne se réduit qu’à un esprit perdu dans un corps grabataire, saisi par la violence d’une perte dont il n’a encore fait vraiment le deuil.

« C’est moi que j’enterre…, il souffle au vent. »

Sa main décharnée happe le sable, et l’Aïeul s’en recouvre, comme un tombeau où disparaître. Les grains roulent sur ses yeux, dans ses narines, dans sa bouche, et tombent au fond de sa gorge : pépins d’un fruit pourri nommé déréliction, plantés dès à présent au-dedans du vieux roi. Il creuse sans voir, il creuse sans entendre, aveuglé par sa tristesse, sourd à son espérance.

Un claquement retentit soudain et l’air s’emplit à la douleur et à la colère. Vilmar cligne des paupières, hagard. Des voix sont au plus près de lui ; l’une siffle l’orgueil, l’autre n’est qu’hostilité silencieuse. Les yeux du souverain déchu tournent dans leurs orbites jusqu’à ce qu’il puisse les voir s’approcher, les silhouettes sombres à l'horizon de sa vue. Lui ne bouge, semblable à un mort, mais quelque chose, un instinct se rebelle en lui et le somme de se lever, de combattre ou de fuir ce qui vient.
La première venue se penche sur lui, menaçante, mais elle n’importe pas, éclipsée par la présence effroyable de sa maîtresse. Celle-ci parle, le colosse écoute. Il se pensait mourir mais pourtant, c’est le trépas sous un tout autre aspect qui se distord devant lui. Sa langue s’assèche, et la peur se niche un peu plus dans le trou béant qu’occupait son cœur au début de l'éternité.

« J’agonise depuis bien longtemps déjà, mais je ne suis pas encore mort. Écarte-toi, fille, dit-il à la servante d’une voix ferme, dénuée cependant d’hostilité. »

Sur ces mots, il se redresse, et la haute stature du Roi Poussière étire de nouveau son ombre massive. Il n’en laisse rien paraître, tout en flegme monolithique, mais au fond de lui, sa vaillance gémit. Affrontant le regard inhumain du Hollow, il déclare :

« Je sais qui tu es. Tu es la Destructrice. Celle qui couvre le Yermo de son ombre et qui ravage les royaumes de son souffle. Tu es Riful, et je ne te connais que par nom et par réputation, et j’espérai qu’il en fût ainsi pour jamais. Je suis seul, tu es là, avec ta fille, et tu me surprends dans un état d’abandon. »

Jadis, lorsqu’il régnait sur la Montagne, au plus haut de sa gloire et de puissance, l’Ancien ne craignait cette prédatrice. Aujourd’hui, faible et blessé jusque dans sa volonté, il ne voit qu’un dénouement tragique à cette rencontre.

« Comment comptes-tu disposer de moi, Dévoreuse ? J’ai beau ne plus rien conserver des temps d’autrefois, je ne me rendrai pas à ton appétit, ni à celui du Père. S’il faut mourir, ce ne sera pas sans combattre.
Et je n’en ai nulle envie. Pars, je ne veux que ma solitude ; les choses changent et je ne les comprends plus, mais toi je te comprends que trop bien.
»

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MessageSujet: Re: Dans l'abysse le plus sombre [Riful]   Ven 28 Nov - 21:42

Isis frémit de rage en l'entendant prendre ainsi la parole. Mais il ne lui était évidemment pas possible de rétorquer : cet être était d'un tout autre niveau que le sien et elle sentait en lui une aura ancienne. Du même genre que celle que possédait sa maîtresse. Un vieil ennemi de ce monde à en croire son apparence. Et elle n'était certainement pas assez sotte pour se mettre en danger inutilement. D'autant que Riful n'accepterait pas qu'elle prenne la parole sans son ordre. Et elle craignait réellement sa maîtresse. Ainsi patienterait-elle pour l'heure que la Belle perde patience.

Alors qu'il se redressait, la Destructrice accueillait ces paroles avec un sourire béant. Il était toujours agréable de se savoir reconnue, surtout par ceux qu'elle savait appartenir à sa caste. Cette odeur ne pouvait la tromper, malgré l'évidence qu'il n'était plus réellement lui-même. Les Arrachés appartenaient aux deux mondes. De fait, leur essence se changeait elle-aussi sans pour autant écraser l'ancienne nature qui avait été la leur. Est-ce cela qui retint la faim de Riful ? Peut-être. Mais pas seulement. Cet Arrancar était bien différents des autres. Et elle ne se trompait que rarement sur ce sujet.

Elle ressentait le désespoir dans les propos du vieil homme. Mais percevait surtout qu'elle n'en était pas la cause. Pas véritablement. S'il ne souhaitait pas combattre, il n'en était pas au point de se laisser dévorer sans prendre les armes. Ainsi donc, tant qu'elle ne se jetterait pas sur lui, il ne tenterait rien lui-même. Elle hésitait. Elle le faisait toujours. Mais pour l'heure, elle était plus intriguée qu'affamée. Il venait de gagner un peu temps.
    - Tu es perspicace, vieil homme. Cependant, je n'ai pas l'intention de te dévorer. Pas tout de suite, j'entends. Et si tu me comprends si bien, sans doute auras-tu deviné pourquoi j'ai été attiré par ta présence.

Elle se redressa à son tour. Une Vasto Lorde ne s'intéressait d'ordinaire pas aux Hollows. Trop faibles pour représenter un danger réel, ces derniers savaient éviter la présence des Seigneurs de ce monde. Cette constatation était d'autant plus vérifiée lorsque le Vasto Lorde en question possédait une telle puissance. Riful ne portait d'intérêt qu'à ceux qu'elle considérait comme des parents. Des frères de par leur statut. Les anciens Seigneurs étaient rares. Et certains avaient répondu à l'appel de l'évolution en brisant leur masque.
    - J'ai perçu des changements qui ne me plaisent pas. Des forces - une en particulière - qui dépassent de loin celles qui régissaient ce monde jusqu'alors. Je suis en quête de réponse, l'Ancien. Et je fonde de grands espoirs dans cette rencontre. Mes sens ne me trompent pas. Tu es de ma race, n'est-ce pas ?

Des réponses. Et peut-être que cet homme allait pouvoir les lui donner. Les autres étaient trop faibles pour supporter sa présence. Il en serait tout autre de cet entité.

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MessageSujet: Re: Dans l'abysse le plus sombre [Riful]   Mer 3 Déc - 20:46



De n’être à livrer déjà le combat pour sa vie intrigue Vilmar. Il s’était vu mourir, le corps déchiqueté sur le sable à la façon d’un grand lys sanglant ; or, le soudain pacifisme de l’Hollow lui fait reconsidérer ses chances de survie. Toutefois, pour autant que la chasseresse l’ait surpris, il ne se sent nullement ébranlé dans ses croyances envers elle : il la sait bourreau, impitoyable et vicieuse, perverse dans sa sauvagerie pleine de dignité. Et, si cette image que le vieux roi a de Riful n’avait résidé jusqu’alors uniquement sur des on-dit, à présent qu’il la tient en son regard, il s’accorde à prêter aux rumeurs une plus grande foi. De ce constat, il n’en retire finalement consolations, et le vieux roi tait cet espoir minuscule, car au fond, il se doute d’être la victime d’une farce odieuse et cruelle.
En dépit de cette appréhension, l’Ancien conserve sa majesté ; le trouble est définitivement absent de ses traits inertes, le vieil homme jaugeant la monstruosité tentaculaire avec le même calme qu’elle-même le dédaigne, d’égal à égale.

« Je suis un des seigneurs légitimes de cet endroit, si telle est ta question. Tout comme tu l’es, en témoigne cette enfant qui t’accompagne, et tremble dans ton ombre. »

Les yeux impénétrables de Vilmar fixent un instant la servante. La constatant frémissante, par ce qu’il interprète comme de la peur, il éprouve à son égard un sentiment proche de la pitié. Quelle existence hasardeuse cela doit être que de servir une maîtresse aussi capricieuse, qui fait fi des vies avec ce mépris des créatures puissantes. Puis le regard de l’Aïeul s’écarte, indifférent : cela n’est son combat, mais celui de cette jeune femme.
Il porte à nouveau son attention sur la prédatrice du Yermo, s’attarde sur les ondulations de ses appendices menaçants, surveillant attentivement le moindre de leurs mouvements, afin de se tenir prêt lorsque de lianes indolentes, les tentacules se tourneront en serpents haineux.

« Je ne sais quelles pensées t’habitent, Dévoreuse, répond-il sobrement. Je crains ta faim, mais ton esprit m’échappe. On te dit vivre de prédations nomades, et c’est chose que j’ai abandonné il y a longtemps. Je sais ton essence, mais tu me demeures obscure. Tout comme je le serai pour toi, car nous sommes tous deux si anciens que les mots n’ont plus d’emprise sur nous, pas plus que l’imagination.

Alors qu’il parle, le froid effroi se niche dans sa gorge en un nœud serré d’angoisses muettes qui n’ont, cette fois-ci, pas pour objet la Destructrice mais un être bien plus terrible. Il prend une inspiration, unique, glaciale ; il retient l’air dans ses poumons desséchés, pour l’en empêcher d’en jaillir sous la forme d’un cri tonitruant retenu depuis trop longtemps. Il maintient son emprise, se calme, se tait. Les hurlements, il les lancera au ciel et à la terre avant de les fracasser de sa colère.

- Tu sens à raison ces changements, déclare l’Aïeul d’une voix qu’il souhaiterait moins vacillante, de même que toutes les fois où il devait se rappeler de ce cauchemar. Le monde change. Ses seigneurs ont été jetés à bas de leur trône ; d’aucuns ont survécu infirmes, et tous les autres de leur race subiront bientôt un sort identique. Tu perçois l’influence du Père, Dévoreuse. Tu perçois les premières marques de la Terreur sans âge.

Et quand revient son silence, le visage du vieil homme n’est plus que ravages et désespoir.


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Dernière édition par Vilmar le Mer 14 Jan - 19:39, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Dans l'abysse le plus sombre [Riful]   Ven 12 Déc - 21:16

Par réflexe, son regard se posa sur l'enfant en question. Isis. Il est vrai qu'elle pouvait avoir cette apparence pour les vieux monarques qu'ils étaient. Mais aux yeux de la belle, cette fille n'était tout juste qu'une esclave. Une enfant véritable aurait-elle eu une plus grande importance à ses yeux ? Non, sans le moindre doute. Car elle était une solitaire. La Destructrice. Et ce statut lui suffisait. Cet homme pouvait la comprendre, elle le sentait par instinct.

Il ne pouvait lire en elle, tout comme elle-même ne lisait pas en lui. Il avait le verbe juste. Et un instant, elle se surprit à repenser aux temps anciens. Temps où ils étaient plus nombreux. Plus puissants. Mais trop téméraires et bien trop attachés à des valeurs futiles, qui en avaient menés plus d'un à la mort. Ils étaient de ceux qui survivaient, qu'importe la manière. Mais ce qu'elle pouvait lire sur ce visage, en ce jour étrange, c'était le désespoir véritable. Il avait peur. Lui, l'Ancien. Le Père approchait ? L'évocation la ramenait à ce qu'avait perçu son esprit. Cet appel. Cette force. Terriblement ancienne. Et affamée. Elle ne pouvait se tromper sur ce dernier point. Elle savait ce qu'était la faim. Insatiable. Intraitable. Guide de toute une vie. De toute sa vie.

Elle se surprit à avoir un mouvement de recul face à ce spectacle. Face à cette peur antique. Son instinct était si développé qu'il ne pouvait que la mettre en garde. Mais maîtresse de ses émotions, elle se reprit. Elle n'était pas sereine pour autant. Seulement avoir peur de ce qu'elle n'avait pas vu, de ce qu'elle ne pouvait même pas imaginer, ce n'était pas possible. Pas pour elle. Elle ne mettait pour autant pas en doute les propos de ce Monarque. Tout autre qu'une créature similaire à elle aurait été ignoré. Et tué. Mais pas lui. Il était un fils véritable de ce monde. Et un fils ne pouvait avoir peur de son parent. Ce n'était pas naturel.
    - Crains-tu un sentiment ou la réalité, vieil homme ?

Elle le fixait désormais. Sa faim n'était plus. Demeurait seulement la curiosité. Et l'envie de comprendre. Comprendre ce qui pouvait amener un être millénaire à se sentir si impuissant. Son corps réagissait en écho à ses sentiments profonds. Ses bandelettes cessèrent de jouer, s'immobilisant. Isis sentait la peur la paralyser. Riful poussa un simple soupir, consternée par la faiblesse d'esprit de sa suivante.
    - Ces marques. Ces sensations. C'est donc ça que j'ai ressentie. Toutefois, je ne comprends toujours pas ta peur. Toi mieux que quiconque devrait savoir qu'aucun Puissant n'est indétrônable. Le temps seul est le véritable roi de ce monde. Qu'importe que ce "Père" arrive.

Elle n'avait pas tout à fait tort. Mais il était notable qu'elle ne se rendait pas compte de l'importance de cette force qui s'était déjà fait ressentir. Ni de la rencontre que cet homme avait fait. Comment craindre cette chose alors que peu étaient susceptibles de représenter une menace réelle pour eux ? Bien sûr, ses dires mettaient aussi dans la balance sa propre personne. La Destructrice tomberait un jour. Et elle n'avait pas la folie de le nier. Pas à elle-même en tout cas.
    - Que sais-tu de lui. L'as-tu vu ?



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MessageSujet: Re: Dans l'abysse le plus sombre [Riful]   Mer 14 Jan - 20:57



Sa bouche est sèche ; ses dents sont des dunes, et dans sa gorge glisse la poussière jusqu’au puits de sa gorge, saisie par le silence. Les yeux du vieillard roulent dans leurs orbites, aveugles et ne voyant plus, hormis les souvenirs d’avant ; ses blessures se ravivent, et quoique guéries, leur morsure d’aujourd’hui est semblable à celle d’hier. La mâchoire de l’Aïeul se serre, ses muscles se contractent : son corps tordu par la douleur se fige de revivre, une nouvelle fois, ce tourment qui l’a mis à bas.

« Mes cicatrices sont des témoins, déclare l’Ancien dans un souffle. Je l’ai vu, oui, aussi sûrement que je te vois. Si tu me trouves à présent en cet état, ce n’est pas le fait de la confusion de l’âge. J’ai vu mes dernières heures, celles de tout ce que j’ai jamais connu, et puisqu’elles sont passées, je n’ai plus que de vieux os pour trône, et des regrets à ne savoir qu’en faire pour couronne. »

Soudain, il se secoue, s’agite et se met en branle avec lourdeur ; marchant de gauche à droite, de droite à gauche, ses pas creusent le sable, et lui habituellement si inerte, le voilà à circuler d’un coté et de l’autre sans réussir à rester en place. Son visage est de craintes pétrifiées, ses mains se serrent et se desserrent telles des masses impuissants ; le colosse bouillonne de cette énergie propre à l’angoisse contre laquelle même la pierre se fissure.
Il s’oublie quelques instants, et fixe Riful ; il ne parvient à percevoir toute son émotion, pourtant, il lui semble voir à travers ce masque pâle, un bref éclat de cette même terreur qui l’affecte, lui. Cette idée seule le rassure, et le berce, et le porte : c’est en partageant sa peur qu’il pourra éveiller la conscience de ses semblables, et les faire se dresser contre ce qui les menace.

« Nous savons qu’aucun puissant ne peut le rester pour l’éternité. Celle-ci se fait d’ascensions et de déchéances ; regarde-toi, tu es au sommet de ta gloire, et j’en suis au pied. Autrefois, je ne t’aurais pas crainte ; autrefois, je t’aurais accueillie en mon royaume et ma mort n’aurait été pas même une éventualité en mon esprit, Destructrice. Ma rencontre avec le Père a changé tout cela. Je lui ai survécu. Je me sens en cette longue nuit pareil à un nouveau né.

Cet aveu lui est une douleur pour sa fierté, mais sert ses mots. Sa sincérité, non loin d’être une faiblesse, pèse en son discours bien plus lourd que quelque arrogance, et Riful peut-être, malgré sa sauvagerie, le perçoit néanmoins.

- Il m’est venu une terreur, Destructrice, qui m’a happé au cœur de mes songes. Cette créature dont je te parle n’est ni comme toi, ni comme moi. Tu parais accorder parole à mes dires, alors laisse-moi t’instruire un peu plus.
Je crois que le Père n’est pas vivant. Qu’il n’est pas simplement le Père qui nous a forgés, et qu’il n’est pas régi par les lois de vie et de mort qui nous régissent. Alors que je sombrais, j’ai formulé sur mes lèvres meurtries, la folie que le Père était le monde lui-même, et que le monde avait pris cette forme pour écraser les enfants futiles courant sur son échine.
Alors, Destructrice, aussi puissante sois-tu, te sens-tu prête à affronter ce qui peut être un univers entier qui aspire à ta perte ?


Les pupilles claires et hagardes du titan se plantent dans celles de nacre de l’Hollow. N’était cette majesté dans le regard de l’Ancien, n'en aurait demeuré que la détresse.

- J’y ai échoué. »



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