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 Ghost in the Shell [PV Yachka]

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MessageSujet: Ghost in the Shell [PV Yachka]   Ven 10 Oct - 23:05

Ok. Mauvaise idée. Très mauvaise idée. Pourquoi je me suis réveillé un jour en me disant « ho et si j'allais visiter les ruines d'une ville rasée par... » Par quoi d'ailleurs? Non parce que je sais pourquoi je suis venue. J'ai un peu de mal à totalement l'avouer mais c'est ces démangeaisons dès qu'il y a une histoire un peu gore. Pas le genre dark émo des ninjas qui pleure du sang mais toutes les histoires de viol, les serials killer. Étrangement, je ne me suis jamais demandé ce qui n'allait pas avec moi. Je crois que quand c'est bon... on ne cherche pas trop à savoir pourquoi. Ou juste pour retenter l’expérience.

Alors me voilà sur un lieu où des millions de personnes sont mortes. Comme ça. Le son de mes doigts claquant me fait un bien fou. Un élément plus familier dans cet univers de fou. Parce que les fantômes, je connais. Ça me fout la frousse comme c'est pas permis je connais. C'est un peu con, je le reconnais. Être intrigué par la mort mais avoir peur des fantômes. C'est comme un historien n'aimant pas les dates quoi. Toujours est-il que les hollows... le vrai nom des fantômes d'après Biceps, ce n'est pas de simple ectoplasme qui font peur sous un drap. Non, non. Ce sont des foutues bestioles qui cherchent à te bouffer l'âme. Rien que ça. Ha oui, j'ai une âme. Un vrai. Petit choc lors de la découverte

Du coup je me suis demandé comment faisaient les rouquins comme Biceps, Ganryu de son prénom. Je lui demanderais la prochaine fois. En attendant, il faudrait que je me force à continuer sans tenter de me réchauffer les bras dans une vaine tentative de me rassurer. Me voici donc au milieu de la terre retournée. Au début, c'était plutôt sympa, il y a même des parcours touristiques. Probablement plus de personnes comme moi que je ne le pensais. Après tout si ces séries policières marchent, il doit bien y avoir une raison.

Mais ils ne s'amusent pas à aller plus profondément dans la cicatrice terrestre. La plupart des journaux ont statué sur un séisme sans précédent. Pourtant, aucun institut n'a réellement confirmé l’hypothèse. Échelle de Richter anyone? Probablement que je suis le seul à être si intrigué par le massacre. Faut dire que ça remonte à deux ans maintenant. Ça fait un paquet d'année. Sauf l'armée apparemment. Après une heure de marche, peut-être deux, on perd vite ses repères ici et ho, bien sûrs, je n'ai ni boussole, ni montre. Elles ont tendance à partir en freestyl à cause de ma petite bobine autour du cou.

Alors, un peu con mais surtout très curieux j'ai suivi le bruit des, ce que je crois être des explosions. Je ne suis pas très sûr en fait, d'autant qu'on voit rien dans cette brume. Une brume verte en plus. Le genre contaminé par une usine de déchets non loin, j'en suis sûrs.

-Au cas où je ne serais pas assez dans la merde.

Enfin bon... au moins je suis à karakura et j'ai ça pour ça, ce qui est cool. Je crois.
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MessageSujet: Re: Ghost in the Shell [PV Yachka]   Sam 11 Oct - 18:31

L’odeur de la poudre lui emplit les narines, la comble dans son ivresse et aiguise un peu plus sa soif de connaissances. Inébranlable malgré la puissance du souffle, Yachka se dresse devant l’explosion mourante et son déluge de débris qui pleuvent sur sa cuirasse comme autant de gouttes tentant vainement de percer l’épais blindage miroitant. Elle reste là, et admire le spectacle de son regard d’acier froid comme la mort. Dans ses mains une arme encore fumante, vidée de sa substance. A en croire le nombre de douilles gisant tout autour, on devine aisément la cause de ce malheureux accident. La ville brûle une nouvelle fois et gémit sous les coups de son unique maîtresse. Karakura est morte, mais sur ses cendres s’établissent les bases d’une nouvelle ère de terreur et de destruction. La silhouette caparaçonnée disparaît quelques secondes sous un voile de poussière et de gaz puis se dévoile aussitôt quelques mètres plus avant, près d’une carcasse dévorée par les flammes de Son enfer.

- Comment de si petites choses peuvent-elles faire autant de dégâts… J’ai beau savoir, il m’est difficile de comprendre…

Son regard parcoure la carlingue réduite à l’état de gruyère métallique, puis revient sur le coupable. La gâchette ne répondant plus que par un léger cliquetis, l’immortelle en déduit que le fusil d’assaut ne lui est plus d’aucune utilité. Elle le lâche donc machinalement, et s’en retourne vers une pile de ses semblables enchevêtrés à même le sol, s’empare du premier venu et se replace à bonne distance devant la prochaine victime. S’exercer sur les corps pourrissants ne lui avait rien appris car leur état de décomposition avancée ruinait toute tentative d’analyse balistique. Autant tirer avec ces curieux engins sur un tas de fruits trop mûrs. C’est pourquoi Yachka s’était rabattue sur les charrettes modernes, plus résistantes. Que celles-ci se mettent à exploser au bout d’un moment, ne faisait en revanche pas partie de l’exercice mais lui arrachait toujours un sourire. Que pouvait-elle craindre du feu, puisque la Mort en personne ne souhaitait toujours pas la prendre ?

- Hmm… Si de simples humains sont capables de trouer ma cuirasse aussi facilement avec de telles choses, il va peut-être falloir que j’y apporte quelques modifications…. A moins que…

Sans bouger un doigt, elle fit naître juste devant sa cible une reproduction miniature de sa fidèle hydre. Le but étant de savoir si les propriétés atypiques de sa brume et sa densité pouvaient venir à bout des projectiles. Le sort en fut jeté après quelques tirs seulement. La silhouette bien qu’impassible fut traversée de part en part, avant de disparaître dans le souffle d’une nouvelle explosion qui cette fois fit reculer la brindille en armure. Devant un tel constat d’amertume et sous un orage cacophonique de caillasse l’esprit habituellement si aiguisé de Pestilence mit un certain temps à s’apercevoir du signal naissant. Quelque chose, ou quelqu’un, venait tout juste d’entrer dans son territoire.

Difficile à dire tant l’empreinte énergétique de la cible était faible, Mais puisqu’un humain lambda aurait instantanément succombé sous l’effet du poison ambiant, il ne pouvait s’agir d’une créature ordinaire. Voilà la seule et unique raison pour laquelle elle daigna s’y attarder, lâchant sans plus attendre son nouveau jouet pour disparaître la seconde suivante et ne laisser qu’une vulgaire volute émeraude comme maigre substitut.

Dans un battement singulier la lourde forteresse de plaques avale l’écart creusé tantôt avec sa proie. La brume se tord, ondule doucement à la manière d’un océan en plein tumulte. Des milliards de bras invisibles cherchent et trouvent, caressent, griffent, transmettent. Un surnaturel, encore. Du menu fretin. Pourquoi diable se risquerait-il ici, insouciant et voguant entre les signes préventifs ? Outre la brume asphyxiante, les rues étaient jonchées de cadavres, d’impacts de balle et d’obus, de ruines croulantes…

La pression se mit soudainement à croître. Fortement. Le voile se fit plus épais, plus dangereux. Une multitude de silhouettes la peuplèrent bientôt, déambulant çà et là en quête d’un rien. Et au milieu de cela, non loin de l’intrus surgit une forme plus terrible, à la fois nette et instable. Animée par les ténèbres, glissant parmi elles pour s’y fondre et reparaître dans l’échine du malheureux, presque au contact. Deux formidables brasiers d’argent se fixent sur lui, le dévisage tandis qu’un bras armé se pose sur son épaule. Une mise en scène comme elle les aime, et qui souvent fait grand bruit chez le commun.

- N’as-tu jamais dansé avec le Diable au clair de lune, mon enfant ? Je pourrais te l’apprendre… Une fois seulement…

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MessageSujet: Re: Ghost in the Shell [PV Yachka]   Mer 15 Oct - 4:37

Mes yeux s’agrandissent tandis que tout le reste de mon corps s’arrête. Une expiration reste même coincée dans mes poumons alors que les poils sur mon corps se lèvent. Cette fois-ci, ce n'est pas ma petite électricité perso. Cette fois c'est la surprise.


Non. La peur.


Mon cœur bat la chamade. Ça en fait presque mal. Depuis que je suis ici, malgré les monstres et les tueurs de monstre que j'avais observés, malgré les déchaînements de pouvoir, j'avais pris grand soin de l'en écarter pour ne pas ressentir le danger. Mais là... à peine oses-je regardé la main sur mon épaule droite. Je sens même une larme naître au coin de mon œil quand l'image confirme le poids sur ma personne. Vinrent alors les voix et les ombres. Étaient-ils là auparavant? Peut-être. Je n'en sais rien. Je crois que j'étais autant perdu physiquement que dans mon esprit, tentant de trouver sens à cette brume verte. Tentant de supporter l'idée que je marchais dans les restes toxiques d'une centrale.

Mais dans cette étrange idée qui me poussait à avancer, qui me poussait à survivre en étant un peu mélodramatique. Je ne les aie pas vu. Je ne l'ai pas vu lui. Elle. IT. La voix. J'avale difficilement ma salive alors que des sensations remontent le long de mon dos. Des frissons qui font écho à des étranges perceptions quelques secondes plus tôt. Le doute s'installe vite dans mon esprit. M'ont-ils touché auparavant? Est-ce ma petite crise de panique qui me rend parano? Sont-ils vraiment là? En tout cas la voix l'est, ceci était sûr. Et si jamais je me demandais encore, les deux feux statuant non loin de moi continuent de m'immobiliser comme les phares arrêtent la course d'un lapin.

Le laissant à la merci de la faucheuse. Le reste de l'air emmagasiné en moi s'échappe tandis qu'un sourire crispé se métamorphose sur mes lèvres. Je ne suis même pas sûr si mes pensées émergent de ma gorge ou restent ma propriété privée. Les mots prononcés par la voix tournent dans mon crâne, le percutant de nouveau sens à chaque nouvelle rotation.

-Devil?

666. Le numéro de la bête. Satan. Le diable. Lucifer. Flash d'information et connotation de diverses cultures remonte en moi. Toutes se comparent à la situation présente sans parvenir à y apporter un éclairage adapté. Je ne peux que m'étonner. Un truc ne colle pas. Le réalisant, je me sens redevenir plus calme, mon souffle plus régulier. Les dernières paroles restent tout de même particulièrement claire. Ou l'était-elle vraiment? Y voyais-je un sous-entendu qui n'existait pas? Cela m'aurait particulièrement étonné. Réjoui mais très étonné tout de même. En conséquence, ma jambe recule. Lentement comme si j'avais peur d'effrayer la chose devant moi. Juste mettre un peu de distance pour me rassurer. Faire passer le message aussi.

-Non merci.

Tout ceci reste trop bizarre. Quiconque te propose une danse avec le diable, peu importe la brume, le clair de lune ou le nombre, ça ne peut qu'être mauvais. Très mauvais. Les centimètres prient pour m'éloigner de la chose me rassurent bien plus qu'ils ne le devraient. Bien plus qu'ils ne le sont réellement.

-Je n'ai déjà pas envie de traîner avec les hollows et les autres Fantômes alors le diable...

Autour de moi, tout est vert. Tout se résume à ce brouillard géant et maladif. En fait, je ne vois quasiment plus mes pieds. L'espace d'un instant, je me fais la réflexion qu'il est logique que j'ai été si perdu. Même sur quelques mètres seulement, j'aurais pu ne jamais retrouver mon chemin. En relevant le nez, prit un instant d'un courage chétif, je m'avance pour me libérer de la main lugubre et alors que je me retourne, je plante les yeux dans deux soleils grisés. Le mot "nitrate" me vient à l'esprit bien que je n'en sais pas la raison. Malgré la peur, probablement grâce aux derniers instants ayant atténué le choc, je sens ma curiosité reprendre le dessus.

-Qu'es-tu?

Je ressens comme une impasse. Ma question se transforme en supplique pour connaître la raison d'être de la chose devant moi. Autour de moi. Dans ma tête, ce n'est pas une personne. Je pourrais parler au vent et ne pas m'adresser autrement. Alors surgit une forme de respect venu de nulle part. Comment réagit-on face à un élément de la nature? Plie-on le genou? Subissons-nous le courroux du tremblement de terre, priant pour notre survie? Probablement. Sûrement. Un instant j'ai l'impression d'avoir une ligne directe avec la veine créatrice de Dieu. L’appellation du Diable n'en devient plus si fausse... et une goutte de sueur inquiète se met à descendre le long de mon cou.


Dernière édition par Slovodan Mitrovic le Jeu 30 Oct - 22:40, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Ghost in the Shell [PV Yachka]   Jeu 30 Oct - 13:56

Une fois encore, le spectacle horrifique dont elle était aussi bien l’auteure que l’actrice principale vint toucher son public en plein cœur. L’individu resta un instant pétrifié face au cauchemar, avant de doucement s’écarter afin non seulement de fuir l’étreinte mais surtout se faire une meilleure idée du péril encouru. Il put dès lors l’admirer dans toute sa splendeur macabre, auréolée d’une brume plus redoutable encore. Yachka, impérieuse, le jaugea de ses phares incandescents et ne se perdit pas en courbettes et autres démonstrations. Sa seule présence suffisait à instaurer la peur ou du moins, la crainte. Ce qui, bien entendu, ne la laissa pas indifférente.

Pour autant ses émotions demeuraient aussi imperceptibles que ses intentions véritables, sorte de cuirasse naturelle forgée sous l’épaisse armure de jais et qui jadis la sauva à plusieurs reprises d’une mort certaine. Si ce n’est évidente. Car bien plus qu’en son jeune temps la matriarche doit aujourd’hui se méfier de l’autre, imposer ses choix et ne laisser aucune chance aux éventuels traîtres endormis. Partager une nature, qu’elle soit divine pour les uns ou surnaturelle pour les autres, ne doit en aucun faire loi et forcer l’entente cordiale. Bien au contraire. S’exposer, est une faiblesse. Indubitablement.

- Le Diable, petit, est en chacun de nous. Ce que je suis… J’incarne, a marqué l’Histoire. Pour ces pauvres chrétiens je suis un messager de l’Apocalypse, pour d’autres la Mort à cheval. Pour toi je serais Pestilence, Reine de ces terres et bientôt d’ailleurs. Qu’un insecte s’introduise sans y être invité ne saurait plus me courroucer.

Ses pensées se tournèrent vers les anciens textes mythologiques chers aux groupuscules religieux dont elle avait été un jour la cible et qui aujourd’hui comptaient plusieurs millions de fidèles. Une menace grandissante basée elle aussi sur la peur et l’incompréhension devant ces étranges phénomènes qui pour le commun des mortels ne peuvent mener qu’au concept de la création divine. Or pour ceux que l’on appelle les Fullbringers, cela n’a plus aucun sens. L’existence ne se limite à la simple perception des sens et s’ouvre, pour eux, sur des plans infinis. C’est pourquoi ils ont non pas le devoir de s’en cacher mais d’éduquer le bétail, le former. Qui mieux que l’Homme est en mesure de connaître les rouages de la guerre et du manichéisme, après tout ?

L’ancienne monarque comptait bien s’imposer de nouveau, revendiquer le titre et les fonctions d’un général tyrannique ne vivant que pour asservir les faibles et les envoyer au front combattre ceux qu’elle considère comme des ennemis. En agissant seule, la victoire est exclue. Il lui manque une armée, des pions. Des officiers, et du matériel. La technologie moderne commence seulement à ne plus lui être étrangère, mais il reste tant de chemin à parcourir. Si son idéologie ne rassemble pas les foules, rien ne l’empêchera d’emprunter d’autres chemins moins pacifiques et utopistes. Pourquoi ne pas soumettre, si on en a la force ?

La pratique. Ce vers est malléable, tourmenté, ouvert à l’endoctrinement par la force. Elle le ferait plier, ou mettrait un terme à sa misérable existence.

La cuirasse s’anima de nouveau, clignotant de ses reflets de jade au rythme d’un cœur immortel. Tout autour d’innombrables silhouettes erraient en affichant des mines sinistres, des expressions crispées de douleur. La brume ne tarda pas à faire glisser Yachka au plus près de sa proie, vulnérable. Malgré sa petite taille et sa carrure à peine gonflée par l’épais rempart de métal elle ne manquait pas d’assurance et se planta ainsi devant le jeune homme, plongeant toujours son glacial brasier dans les tréfonds de l’âme en nage. Servir, ou mourir.

- Tu… As le choix. Je t’offre la possibilité de renaître, ou d’embrasser l’Oubli. Nul ne foule ce sol putride sans en repartir avec les Stigmates. Qui de ton corps ou de ton esprit, désire le plus recevoir cette marque indélébile ?

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MessageSujet: Re: Ghost in the Shell [PV Yachka]   Jeu 30 Oct - 23:20

Une salive qui s'avale difficilement. Des yeux affolés ne pouvant s'accrocher quelque part comme un noyé à la recherche d'un rocher. Alors que la chose est à quelques centimètres de moi, ses mots me traversent comme des couteaux. À chaque nouveau, une nouvelle blessure se crée. Un espoir brisé, une culpabilité dévorante, une peur glaciale. Ma poitrine s'alourdit dans cette brume irréelle. J'en pleurerais presque. Dans quoi me suis-je fourré? J'ai juste voulu voir un lieu de massacre. Témoigner d'une tragédie. Je n'ai jamais voulu en faire partie. Si ça ne tenait qu'à ça, je me serais jeté dans le premier hollow croisé ! Cette fois une larme se crée au coin de mon œil, je la sens. Je la vois, floutant une partie de mon champ de vision.

Pourquoi ai-je voulu venir ici? Pourquoi? C'est comme si j'avais volontairement sauté par-dessus d'un pont. Je vous en supplie, sauvez-moi. Quelqu'un ! Dieu, monstres, astres, nature...quelqu'un.

J'ai beau remonter le menton dans un fol acte de défi, je le sens trembler. Mes joues sont trempées. Quand est-ce que j'ai commencé à autant pleurer? Les secondes se mélangent dans un tournis de pensée. Tout mon corps est engourdi comme plongé dans les profondeurs de l'océan. Je sens quasi-littéralement un poids sur tout mon corps. Est-ce l’œuvre de la chose? Je n'en sais rien et n'arrive même pas à y réfléchir. Tout ce que je vois, tour ce que je sais est cette position démente. Ce film d'horreur se déroulant pour de vrai. Ici. Là. Maintenant. Il n'y a plus de futur, plus d'avenir. Juste la brume et les joyaux d’émeraude. Le diable réincarné.

Mais je m’arrête de pleurer. Je suis toujours mortifié mais un étrange orgueil résonne en moi. Quitte à mourir, crache dans l’œil de la mort. Je le ferais bien si je pouvais ouvrir les lèvres. À défaut, ma bobine est en train de dégager une fumée à force de me brûler la peau... et cette douleur n'est rien. Un moustique au loin dans la nuit. Dans une autre vie.

Le choix donc. Quel choix? J'essaye de regarder durement la chose. Put-être que je peux l'attaquer. Ma bobine a beau briller d'autant plus, je n'en trouve pas le courage. J'ai déjà trop de retard dans cet affrontement qui n'a pas encore eu lieu. Non, tout ce à quoi je peux penser est ce mot : les stigmates. Un jour différent, j'aurais rit que mon japonais se soit amélioré pour en comprendre le sens. Aujourd’hui je le maudis lui et mon séjour en ce pays étranger. Je maudis cette porte des enfers qu'est Tokyo alors que je me vois déjà recouvert de vers, dévorant mon esprit et parcourant mon corps. Ma main se lève doucement, tremblante énormément. Renaître. Oubli. Renaître. Oubli. Renaître. Oubli. Je sers ma bobine, me brûlant les doigts. La douleur est libératoire. Une expiation souhaitée de tous mes vœux.

Alors je lâche mon cœur électrique. Alors je tends le bras. Alors une flamme s'allume dans mes pupilles. Alors je vrille mon regard dans celui du diable. Alors ma voix sonne dans l'air. Forte, stable, assurée.

-La renaissance.


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MessageSujet: Re: Ghost in the Shell [PV Yachka]   Sam 1 Nov - 15:48

De toute évidence sa proie n’est plus en mesure de lutter. Déjà ses yeux pleurent une liberté sur le point de s’évanouir dans les ténèbres toxiques sans aucun espoir de retour. Ses lèvres tremblent, ses gestes sont hésitants. Son regard rencontre enfin celui de Yachka et semble soudain aveuglé par tant de force, de haine. La peur nécrose son âme et gagne son cœur mortel. Le poison coule dans ses veines, elle n’a aucun mal à le sentir fluctuer. Jusqu’à atteindre le noyau de son être, et le faire imploser.

Pour une raison qui lui échappe cette larve humaine lui tend le bras, oubliant un instant l’étrange amulette qui scintille et pend misérablement sur son thorax asphyxié. D’abord hésitante, Pestilence lui offre sa poigne ferme et glaciale, prête à rompre l’os. Il ne s’agit pas là de sa véritable force mais d’une impulsion spirituelle. L’armure est en effet vivante, une seconde peau d’acier et d’énergie pure qui renferme son corps frêle d’adolescente malingre. Sans fardeau, elle n’aurait pas même été capable de porter la maille plus de quelques minutes avant de s’écrouler inerte, haletante. Son immortalité n’est qu’une facette, un maillon de la chaîne. Il en existe tant, bien plus que ces clones qui surgissent à présent tout autour du malheureux et reproduisent aussi bien les traits que les gestes ou les mots de leur invocatrice. Car sa force est multiple, infinie pour le commun. Un chœur ne formant qu’une seule et même entité.

- Slovodan. Un nom lointain, familier. Perdu sur une terre qui t’es étrangère, mais ne le sera plus une fois que j’en aurais fait un royaume. Et tu m’y aideras, car je lis que tu possèdes ce que mes autres serviteurs cadavériques n’ont pas : une vie, et un pouvoir. Par ma main l’une mourra pour que l’autre s’élève.

Du corps de l’unique naît alors un râle, un vrombissement terrible. L’armure grince. Une gigantesque vague se creuse dans la brume, se propage et se démultiplie de manière concentrique. La pression se fait intense, insoutenable et pousse l’insecte à s’agenouiller. Toute résistance de sa part aurait de toute manière été interprété comme un affront, un acte automatiquement puni de mort. Car l’heure était cette fois venue de stigmatiser, d’adouber cet être qui allait devenir peut-être un pion non négligeable au sein de son armée, à défaut d’avoir été jusqu’ici un piètre représentant de leur race commune.

Après avoir négligemment rejeté son bras d’un revers Pestilence ôta le gantelet de sa main droite, la découvrant ainsi dans toute sa blancheur macabre. Sa paume auréolée de jade se posa presque immédiatement sur une partie du visage de l’Autre. D’innombrables bras filiformes grimpèrent alors le long de Yachka afin de rejoindre la zone convoitée dans le but évident de récolter un maximum d’informations. Ce qui ne devait être à la base qu’une manœuvre visant à briser son âme, dégénéra à mesure que le processus avançait. Une chaleur inhabituelle se fit sentir, et très vite de la fumée se dégagea de sous sa paume alors que Slovodan se crispait sous le regard amusée de son bourreau.

- Vois, insecte, les preuves de ta faiblesse, Vois cette argile de mauvais aloi qui sculpte ton âme. Laisses-moi te rendre moins friable, plus solide et valeureux. Laisses-moi te détruire.

Et la brume s’intensifia. Et les flammes de la souffrance consumèrent son visage comme une bougie bon marché.

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MessageSujet: Re: Ghost in the Shell [PV Yachka]   Lun 15 Déc - 6:35

Quel son étrange. Comme une alerte dans un village loin dans les montages alors que j'habiterais près d'une rivière. Comme si j'entendais le crépitement d'un feu ravageant la forêt alors que je l'observe, bien protégé chez moi. Je me demande d'où ça vient. Mes souvenirs sont floues et j'ai du mal à me rappeler où je suis. De fait, je ne vois rien. Je ne vois plus rien. Ou vois-je trop bien ce qui m'entoure? Suis-je si près que l'illusion théâtrale disparaît devant mon regard? Perds-je tout recul et vision d'ensemble au point de ne laisser qu'un brouillard devant mes pupilles?

Puis cette odeur. L'idée du feu semble la plus plausible, l’arôme de fumer envahit mes paupières, m’étouffe et m’asphyxie. Mon appartement est-il en train de brûler et je suis encore endormi? J'essaye de tousser mais je n'y arrive pas. Quelque chose obstrue ma gorge. Et ce bruit toujours. Ce n'est pas un bruit de forêt. Ce n'est pas non plus une alarme. Est-ce le plastique du réveil qui fond sous la combustion? Les rideaux qui sont des torches entourant la liberté? Et je n'arrive toujours pas à parler. Dans ces fumerolles, tout se mêle sauf la vérité. Cela me semble déjà arrivé, le réveil qui sonne en étant totalement intégré à mon rêve. Sorte de transe étrange où mon cerveau refuse la réalité.

La réalité c'est qu'il faut me lever. Si mon appartement prend feu, je dois m’éveiller et partir. Je dois fuir, courir plus loin, sauter due deuxième étage, je m'en fous, tout pour éviter de cuire dans un quartier miteux de Tokyo. D'ailleurs, maintenant que j'y pense, si mes affaires brûlent, celle des voisins aussi. Les pompiers devraient bientôt arriver. Peut-être est-ce eux et leurs alarmes qui font tant de bruit d'ailleurs. Mais plus j'y pense, plus ça ressemble à autre chose. Un cri.



Mon cri.



Tout me revient. Tout s'éclaire. La douleur frappe. Mes yeux sortent de leurs orbites. Mes veines vont exploser. Ma gorge va se déchirer. Mes propre tympans semble demander grâce face à ma souffrance. Il n'y a plus de place que pour la douleur. Même la peur est remise au placard, je sens que je m'étouffe et des points noirs viennent danser devant mes yeux. À genoux, manquant de tomber encore plus bas, je ne meurs pas. J'agonise.

Je ne peux même plus demander pitié, enfermé dans ma déliquescence. Mon propre corps me retient prisonnier. Il est tellement tourmenté qu'il empêche l'esprit d'être et d'agir. Involontairement, mon regard tombe sur la cruauté personnifiée. Elle m'a tout enlevé en quelques secondes, jusqu'à l'articulation de ma propre chair. C'est alors qu'elle me regardait amusée, qu'elle reprit la parole, pleinement en contrôle. Je n'étais plus qu'un morceau de bois qu'elle sculptait en garçon soldat de son choix.

Enfin, je passais un tournant. Mon corps continuait de subir la transformant la plus horrible qu'il était donné d’expérimenter et pourtant, la souffrance semblait s'éloigner. J'étais arrivé au bout de ce que je pouvais endurer et ma voix venait de s'éteindre, ne laissant qu'un cri silencieux. Mon esprit reprenait place dans mon crâne, bien que boiteux. Si j'avais pu, je me serais mis à rire. Même ma main, paume tournée vers la chose dans une soumission que beaucoup auraient rejeté, préférant mourir plutôt que quémander, Elle, l'avait rejeté. D'un revers de la sienne, comme si je n'étais qu'un insecte de plus. Si je ne pleurais pas déjà, j'aurais commencé.

Dans ces quelques minutes qui ont scellé mon existence, je fus dénié de tout. De mon futur, de ma vie, de mon destin. Également et je crois que c'est ce qui me touche le plus étrangement, de tout honneur, récompense ou pitié. Même celle qui m'a récupéré, qui me fait endurer tout ça se gausse de moi et avait refusé ma soumission. Comme une ultime moquerie au cadavre que je deviens. J'ai failli en tout, laissant derrière moi une vie risible et dans cette même faillite, je ne vois accorder aucun réconfort. C'est en ceci, plus que tout, que je tombe.


Je ne sais combien de temps ont passé par la suite. Mon esprit brisé, mon corps transformé, j'avais sombré dans les limbes, perdant connaissance. Ironiquement, c'est d'abord un son qui m'a ramené à la surface, tout comme un son m'avait amené à la douloureuse réalité plus tôt. Un son rauque de ma gorge qui aspirait le peu d'air disponible au ras du sol sur cette terre maudite qu'avait été Karakura. J'avais voulu la voir, attiré par son existence de charnier humain. J'en avais donc logiquement fait partie. Rien qu’ouvrir les yeux me semble être un effort surhumain. Toute force échappée de mon être, je ne reste qu'une blessure béante. À peine sens-je être sur mon côté gauche au milieu des ondes de douleurs. Lentement, je lève un regard brisé. Autant mentalement que physiquement car je me rends compte que mon œil gauche n'est qu'une tache sombre. Mon seul œil valide tombe sur une jambe verte et remonte de plusieurs dizaines de centimètres vers sa propriétaire.


ELLE est là.
ELLE sera toujours là désormais.

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MessageSujet: Re: Ghost in the Shell [PV Yachka]   Lun 15 Déc - 22:24

Les derniers filaments de peau finirent par céder à mesure qu’elle reculait sa main encore tiède et fumante. Elle ne loua que trop peu d’attention, à l’incident comme à sa victime qui gisait maintenant aux pieds de sa nouvelle maîtresse. La fragilité de son corps lunaire disparut bientôt sous son habituel rempart d’ébène, préoccupation première de l’immortelle. S’exposer même un court instant pourrait lui coûter la vie, car qui sait ce qui se cache dans ces ruines ou ailleurs. Ce sentiment de paranoïa l’habite, l’anime depuis des siècles au point qu’il ne lui arrive que trop rarement d’ôter son immonde carapace vivante. Jadis cela lui sauva la mise, excepté lors de l’escarmouche chrétienne qui lui valut de pourrir une bonne centaine d’années dans un sarcophage de pierre en plein cœur du désert de Gobi.

Mais depuis que Pestilence foulait de nouveau le sol en propageant la mort toxique dans son sillage les choses ne se déroulaient plus à sa manière. Le temps s’était écoulé. Dieux et déesses, démons et chimères de récits immémoriaux arpentaient aujourd’hui tout comme elle auparavant ces terres devenues étrangères. Davantage d’ennemis capables de nuire à son existence infinie, mais autant d’alliés à convaincre de reprendre le contrôle du monde. Même si pour certains d’entre eux, il ne serait pas à exclure d’envisager la manière forte, ce que la précédente opération démontra avec brio.

Son premier véritable cobaye ne supporta pas l’exercice, ni son investigation prolongée. Son visage s’était mis à fondre en partie à cause d’une trop longue exposition. Elle contempla les stigmates, se mit à renâcler vigoureusement plus par dépit que par écœurement puisque cela fit germer en son esprit malsain quelque idée morbide. Briser l’esprit des faibles est un incroyable divertissement, et une source d’alimentation non négligeable si le sujet se plie aux vœux de la matriarche. Le soldat, une fois remanié devient un élément à part entière du mécanisme, et plus seulement un corps que l’on manipuler vaguement selon ses désirs. Du bétail. Voilà l’idée.

Une armée de cadavres et de bétail à sa solde. Des créatures insignifiantes mais dotées de pouvoirs extraordinaires, le corps marqué d’une empreinte indélébile reconnaissable entre toutes. Du bétail. Le sien.

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- Je n’avais encore eu l’occasion d’entendre un homme pleurer dans son sommeil. C’est pitoyable.

Elle le dominait de toute sa ridicule hauteur, emmurée derrière sa forteresse de plaques. L’homme répondant au nom de Slovodan venait juste de se taire, de reprendre un cycle respiratoire normal, et d’ouvrir péniblement les yeux après une éternité de sommeil. Des heures, peut-être des jours, Yachka n’aurait su le dire. Elle s’était contentée de mettre cette larve inconsciente sur le dos de son cheval peu de temps après que le malheureux se soit abandonné aux songes. Après quoi tous deux regagnèrent la base arrière, le cœur même de son royaume où elle avait fini par lui aménager un coin au niveau du hangar principal, non loin de l’atelier afin de ne pas le perdre en cas de rémission.

- Tu devrais te hâter mon cher Slovodan. Ta faiblesse n’a certainement d’égal que mon impatience, et je n’ai que trop attendu ta renaissance. Le temps est venu, de te forger à nouveau. Debout.

C’est elle cette fois qui lui tendit la main. Peut-être par altruisme malvenu, peut-être était-ce une manière d’introduire quelque lien autre que celui qui se rattache aux protocoles en vigueur dans les armées régulières. Qui sait.

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Ghost in the Shell [PV Yachka]

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