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 Retrouvailles [solo]

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MessageSujet: Retrouvailles [solo]   Ven 24 Oct - 16:19

Statique, en tailleur sur le bitume. Fixer creusement l'asphalte maculé de traces rougeâtres. Des corps ? Plus aucun cadavre qui ne soit exposé dans les rues. Alentours, les premières traces de vie. Des personnes habillées toutes pareilles, occupées à ramasser les corps, se chargeant de leur identification, en vue d'êtres retournés à leur famille. Une phase de nettoyage. À d'autres endroits, des groupes plus rares, dispatchés, se chargeant de prélever des échantillons, à droite, à gauche. S'attendre à ce que cet endroit soit réhabilité ? Couvrir si facilement une pareille stigmate ? Dans son esprit, que des réminiscences. N'être seulement capable d'entrevoir une telle possibilité. Demeure-t-elle figée qu'un homme se rapproche, surpris de trouver civile dans ce no man's land. Des vêtements loin de leur couleur d'origine, tissu imbibé de sang sec. De larges tâches assez anciennes pour que l'on doute un moment de leur vraie nature. Une seule interrogation qui vienne, dans de telles circonstances : une rescapée ? Interpeller un collègue.

-Hayato, ramène toi ! On a à faire ici !

Des mots viennent à ses oreilles, extérieurs. On lui demande si elle est capable de se lever. Zieuter ces étrangers dans le blanc des yeux. Les regarder sans les regarder. Du vide. D'alors se lever, avec apathie. Tente-t-on de la retenir que l'infime regain d'étincelle dans son regard, planté dans celui du gêneur, suffit à lui faire ôter la main de son épaule. S'éloigner, nonchalamment, laissant deux secouristes un temps hébétés, qui se ressaisissent bien assez vite pour retourner à leur mission.

La créature de la nuit chancelle, longeant sans peine les rues, malgré la claque du soleil en son dos. Sa pensée est ailleurs. Sa pensée est à un point précis. Sa pensée est dans l'attente de son enveloppe charnelle. À destination. Un bâtiment particulier, à l'écart des autres constructions, que la Muda avait jadis fui. Le contempler, silencieuse. L'avoir quitté pour récupérer son bien le plus précieux. Qu'en était-il maintenant qu'il avait disparu ? Verser chaque larme de son corps ? Ses prunelles sèches. Des jours que la chose n'avait plus la force de pleurer. Lasse, jusqu'à ce qu'une voix familière se manifeste de derrière. Un instant, penser rêver. Grande difficulté que celle d'assimiler une part de son passé qui ne soit inerte. Une part bien souriante, dont la créature ignorait si elle lui était alliée ou ennemie.

-Voilà bien longtemps que l'on ne s'était vu... Muda. Tu es seule à ce que je vois.

Cet homme... Celui-là même qui l'avait enfermé dans ce bâtiment désaffecté. Maintenue prisonnière du fait de sa singularité. Seule ? Ramenée à son expérience récente, afflictive. Son expression affligée suffisait à faire deviner à cet homme le sort qui avait été celui de Yoichi.

-J'ai beaucoup à dire depuis que l'on s'est séparé, tu le sais ? N'y vois aucun reproche ! À vrai dire, je n'aurais pu survivre autrement... Excuse moi d'être direct, mais le temps presse. Veux-tu bien me suivre ? J'aimerais te faire une proposition.

Qu'elle se tienne immobile, sceptique ; son interlocuteur n'affichait en réaction pas l'ombre d'une surprise.

-Ah oui... bien sûr... J'oubliais...

Comprendre son attitude, selon toute vraisemblance. De s'être préparé en conséquence. Preuve en est, de sortir de sa poche une photographie. Photographie bonne à attirer son attention, après qu'elle en ait discerné des traits familiers. S'approcher, tandis qu'il l'exposait face à elle. Derrière lui, un homme en noir, sa main dans sa veste, arrêté d'un geste de main par son supérieur, confiant. S'approcher, pour arriver à proximité directe. Saisir le bout de papier, tremblante.

-C'est... Comment ?
-Des sources fiables m'ont laissé entendre que tu attachais un grand intérêt à cette petite. Souhaites-tu la revoir ?

D'alors enfermer entre ses serres la boîte crânienne de son vis-à-vis, plantant son regard dans le sien, cherchant à y trouver une réponse particulière. En face, non de la panique dans sa voix, juste un rappel à l'ordre contre son subordonné trop en zèle. D'entreprendre de désamorcer toute mauvaise interprétation que la cannibale pouvait se faire de ce qui avait pu être dit et sous-entendu. La voix la plus prévenante qui soit.

-Du calme ! Ho ! Du calme je te dis ! C'est bon... Aucun mal ne lui a été fait ! Inutile de prendre la mouche ! Tu dois te souvenir de l'état dans lequel elle se trouvait... Elle est maintenant en de bonne main ! Je t'assure !

Un temps de flottement, d'hésitation, avant de relâcher lentement cette personne ambigu, qu'elle échouait définitivement à cerner. Qu'il arrive de nulle part, tantôt souriant, tantôt menaçant. Ne parvenir à se faire une idée fixe de lui. Ne comptait-il pas simplement l'isoler à nouveau dans l'une de ces salles aseptisées ? Constamment observée... Non libre de ses mouvements... Privée de son libre arbitre... Soumise à un traitement dont elle était bien capable de comprendre le sens. Situation somme toute rebutante, qu'elle ne songeait pas à supporter de nouveau. Et pourtant, dans ce qu'il disait, un petit rien qui justifiait qu'elle ne s'échappe pas, voire qu'elle soit tentée.

-Je vais te mener à elle. Pas d'entourloupes, c'est promis. De toute, nous éliminer ne te demande pas grand effort, je me trompe ?

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MessageSujet: Re: Retrouvailles [solo]   Dim 2 Nov - 2:19

Dans le compartiment des passagers, trois personnes, plus quelques employés dénotant du confort du jet. Sentir que l'appareil se met en marche. Qu'il avance sur la piste, prêt à décoller. À côté de lui, la jeune fille ayant justifié leur déplacement dans cette ville fantôme. Selon toute vraisemblance, peu à son aise. Quittaient-ils la terre ferme que des premiers élans de panique apparurent. Empoigner son costume, le regard désappointé, appréhendant l'expérience à venir.

-On... On tombe dans le ciel...

Ne perdre contenance. Maîtrise de soi qu'il nourrissait à mesure qu'il demeurait avec cette bombe instable, au point de paraître naturel. Simplement, s'adapter à cette personnalité. À force d'observation, arriver à en distinguer les traits directeurs.

-Calme toi. C'est tout à fait normal.

Que ses doigts squelettiques relâchent prudemment le tissu limé, l'expression non moins inquiète.

-Dangereux... C'est pas dangereux ?
-On ne court aucun risque. Détends toi un peu.


Une turbulence bonne à la faire tressaillir, se tenant fermement à sa ceinture.

-Mais... Pourquoi on se laisse tomber dans le ciel ? Je vois pas son fond... Je vais mourir ! Faut retourner par terre ! Vite !
-C'est notre moyen de transport le plus rapide. Ne disais-tu pas que tu voulais la voir maintenant ?


Dilemme devant sans doute la torturer. Preuve en était, qu'elle se recroqueville sur elle-même, silencieuse. Sans doute qu'à plusieurs dizaines de kilomètres du sol, cette créature devait se sentir prise au piège, une position bien inconfortable. D'en convenir. Un signe de main adressé à l'hôtesse. Qu'elle arrive dans la minute, amenant un plateau de mets divers devant une bestiole qu'elle n'aurait certainement jamais accepté de côtoyer si elle avait su son degré de dangerosité. Se remémorer ce moment singulier, son éveil sur cette table d'opération. Qu'au sortir de son coma, une grande partie de la cellule de surveillance rende l'âme de manière brutale, son supérieur compris.

Au moins put-il accélérer sa promotion professionnelle. Pour autant, une vétille à côté du souvenir de cette adrénaline singulière à cet instant macabre. Et quelle vétille en comparaison cette fois avec cet événement survenu quelques semaines après. Réchappé. Tout devoir au hasard l'ayant fait communiquer un rapport de l'expérience à sa charge aux têtes pensantes de la capitale. Un malaise particulier, envolé dans un soulagement au constat d'une puce GPS encore en activité, qui transcrivait mouvement, dans les ruines de Karakura. D'y être revenu au plus vite, après l'assurance que la zone ne soit contaminée. Plusieurs spéculations, de loin mésestimées au regard de ce qui avait pu être constaté sur le terrain. Assister de loin à un combat opposant des surhommes. Néanmoins, garder assez de lucidité en vue de lire les rapports de force, d'en tirer partie. Nul doute qu'il lui aurait été malaisé de convaincre cette chose de le rejoindre à Tokyo sans appât.

Par la fenêtre, reconnaître la banlieue tokyoïte. Quelques minutes, et ils arriveraient à l'aéroport. Se masser la tempe. Le rappel d'un jeu dangereux auquel il jouait. Tout se déroulerait-il pour le mieux ? L'appréhension de trahir une fausse note devant ces technocrates méprisants. Dos au mur, quel pourrait être son sort ? Jauger sa détermination à mener ses desseins à terme.

-Monsieur, nous sommes arrivés.

*

Se précipiter. Traverser foule. Des indications de données par cet homme, aussitôt laissé en plan. Au fond, de n'en avoir besoin. Suivre son odeur. La chambre suivante, y entrer, faisant fi de son environnement. À destination, la même petite fille sur un lit d'hôpital, reconnaissable malgré le masque respiratoire couvrant la moitié de son visage. Éveillée, mais faible, amorphe. Se mettre à proximité directe, larmoyante. La main sur son front, s'assurer de son bon état de santé. L'instant d'après, l'étreindre avec la plus grande affection. Simultanément, qu'arrive haletant son accompagnateur, reprenant un temps sa respiration avant d'interpeller la téméraire.

-Muda... S'il te plaît... Ne me fais plus ce genre de frayeur... Et fais plus attention ! Elle est encore convalescente ! Tu lui fais plus de mal que de bien là !

Sursauter. Coup de pression. Sitôt, relâcher l'étreinte assez maladroitement. L'air désolé, voire légèrement affolé. Ses mains hésitantes devant elle.

-Pardon... Pardon ! C'est pas ce que je veux... Je...

Tenter de se rattraper, sans vraiment savoir comment. Un handicap social manifeste. Malgré tout, une intention discernable. Du moins, qu'il discernait. Un œil qui cherche à identifier ce dont il peut tirer parti dans l'optique de servir ses intérêts, obscurs. Laisser un court laps de temps filer, avant d'intervenir rebelote, captant son attention.

-Elle s'appelle Eimi.Tu dois t'en douter, mais elle a tout perdu ce jour...

Qu'elle le scrute, lise de lui tous les signes qu'il émettait, plus ou moins consciemment. Sentir une retenue. Un lien avec ce dont il parlait ? Ce jour... Effectivement, un seul qui puisse porter cette perte. Ce même jour aillant porté la sienne. D'alors se demander... de compter lui aussi une perte dans ce drame ? Ses tympans vibrant de nouveau. Un sujet pour lequel elle attachait le plus grand intérêt.

-Le bon-sens voudrait qu'on la place dans une famille d'accueil... Seulement, si Eimi a pu survivre à cette catastrophe, c'est qu'elle doit être aussi spéciale que toi. Il me serait dommageable de perdre tout contact avec... Si tu veux bien, venons-en au pourquoi je t'ai amenée ici, dans cette ville. Muda... Veux-tu bien devenir sa mère ?

En son sein, un frisson qui parcourt son échine tout du long. Des mots employés faisant mouche, indéniablement. N'être capable de réagir au tac-au-tac, prise de court. Une dizaine de secondes, avant d'acquiescer, la trombine masquant à grande peine une étincelle des plus vives. Un sourire des lèvres de son interlocuteur. Clairement, avoir visé juste. Pouvoir dès lors passer à l'étape supérieure. Par là, lui tendre une carte plastifiée.

-Tiens, prends là. Et ne la perds surtout pas ! Sans, te servir dans les boutiques fais de toi une voleuse. Avec, tu deviens une reine qui peut s'accaparer n'importe quel bien, à condition de la présenter au propriétaire du magasin.

La dévisager un temps, distillant difficilement la grimace sur son visage.

-Des vêtements... Du savon... Ce serait un bon début. Après... de la nourriture, des gadgets, des jouets, tout un tas d'autres conneries... Cette carte magique te permet d'obtenir tout ce que tu veux ! Je te dis bien tout tout tout !

L'écouter... Non... Boire ses paroles. Fascinée par le petit bout de plastique entre ses mains, tenu comme un objet précieux, fragile. En même temps, un relatif scepticisme. Le renifler, chercher à essuyer son mystère, découvrir la nature de sa magie. S'étonner de n'y trouver cette odeur, celle des fullbringers. Se triturait-elle déjà la cervelle que son vis-à-vis en remis une couche en lui proposant un autre objet, un téléphone portable.

-Alors ça... Hum... Donne le simplement à Eimi. Il me permettra de vous contacter. J'en viens là à ma seule condition en échange de tous ces bénéfices... Oui, je veux pouvoir vous voir au moins une fois tous les mois. Je veux pouvoir mener mes recherches sur ce qui fait de vous des êtres si singuliers. En outre, je veux pouvoir vous comprendre. C'est tout. Qu'en dis tu ? Honnête, non ?

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