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 Welcome Home Sanitarium [ft. Asuna]

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MessageSujet: Welcome Home Sanitarium [ft. Asuna]   Jeu 30 Oct - 20:00

Combien de temps redoutait il ce moment ? Combien de fois le médecin avait il pensé à cet entretien, de la manière à aborder le sujet avec sa capitaine ? Des centaines de fois. Alors pourquoi aujourd’hui, le jour tant attendu et préparé, il n'arrivait pas à se lever de son lit ? La couverture sur sa tête, le garçon réfléchit. Ne pas se présenter au bureau en feintant un mal de ventre était la solution basique. Mais étant donné qu'il était de la Quatre, ça perdait tout son sens.
Que pouvait il bien y faire, de toute façon plus il attendrait, plus il s'exposait à bien plus de soucis. Bien, il était temps. Temps de régler cette histoire. Zanpakuto à la ceinture, le garçon se décide enfin.

Parcourir la distance, la voir se raccourcir petit à petit. Accélérer le pas, puis ralentir brusquement. Se remettre en question. Est ce vraiment le bon choix ? La fuite s'introduit en option. Intéressante mais inutile pour quelqu'un qui se dit masochiste. S'il prend cette option, il ne pourra plus prétendre à ce titre, tout comme à son rang. Son poste actuel, de toute façon il s'est fait une raison la dessus. Il a accepter le fait d'être destitué, au vu de ses actions. Un bon lieutenant est reconnu pour ses actions, mais pour lui, c'était autrement. C'est vrai, pourquoi avait il été nommé ? Sa promotion, il l'avait eu pendant un affrontement, ce qui laissait planer le doute sur le but recherché par Asuna. Si elle l'avait demandé aujourd'hui, c'était pour faire un bilan sur les actions du garçon. Naïf, qu'il avait été naïf. Tenter de trouver une justification pour tout les problèmes engendrés par sa personne. Mais le voila déjà devant les portes du quartier de la Capitaine Commandante.

Appuyant sa tête contre les battants, le garçon est de nouveau perdu. Était il vraiment résigné à laisser son insigne et redevenir un simple siège ? Une petite part au fond de lui continuait de s'accrocher à ce mince espoir. Peinant à respirer, il faut qu'il reprenne son souffle. Prenant son pouls, le garçon compte les pulsations jusqu'à retrouver un rythme normal.

Ma douce, dis moi quelque chose. J'en ai besoin la... S'il te plait.

Veux tu que je te raconte mes derniers rêves érotiques ? Ou bien les échanges charnels que je privilégie le plus ?

Esquissant un sourire, il secoue la tête. On ne la changera pas, et tant mieux. Elle a une présence, un sens de voir les choses et un franc parler qui plait décidément de plus en plus au médecin. Il pourrait retomber amoureux à chacune de ses interventions. Reste que ce moment est éphémère, vu que c'est l'excitation qui lui fait penser comme cela.
Pousser la porte qui sépare l'extérieur du monde de la Mère sanguine. Dès le premier pas, un climat s'installe. Instable mais abscent aussi. Un long silence, à en faire pâlir plus d'un mort. S'avancer vers ledit bureau où se trouve sa supérieure hiérarchique, puis s'incline.

Bonjour Capitaine Commandant. Je suis venu en réponse à votre demande. Vous désiriez me parlez ?

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MessageSujet: Re: Welcome Home Sanitarium [ft. Asuna]   Jeu 30 Oct - 22:24


La grande salle du commandement, déjà impressionnante en soi de part ses étoffes rougeoyantes et cette rosace gigantesque crevant son mur du fond, incarnait véritablement l’idée de la splendeur uniquement lorsque sa propriétaire en foulait le sol. Habituellement, le lieu semblait comme mort, comparable à la carcasse d’un être gigantesque mais, dès qu’Asuna s’y rendait, il se changeait en cathédrale d’un autre ailleurs. Les ombres s’amusaient de la lumière, et s’étiraient menaçantes et câlines, et les tapis au sol ressemblaient à des peaux étirées. Parfois, durant les moments sans bruit, des hurlements s’y brisaient, au loin, au-delà des murs de la pièce.
La Reine était assise en tailleur en dessous du vaste vitrail aux lueurs déformées ; elle était souveraine, et ne semblait être à sa place dans l’univers qu’à cet endroit précis, à gouverner et à se satisfaire de la compagnie des horreurs qui lui servaient de sujets. Splendide dans son étrangeté, sereine au milieu de ce fracas silencieux d’en dehors du monde, elle apparut au jeune garçon à la façon d’une idole qui se découvre après que l’on ait ouvert les portes de son temple.
La Mère ne lui répondit pas ; elle tendit une main dans sa direction, et de ses doigts blancs, lui fit le geste de venir la rejoindre et de s’installer face à elle, pour qu’elle pût mieux le voir. Ses lèvres de sang s’illuminèrent en un sourire savoureux.

« Viens donc, enfant. »

Elle l’attendit, paisible, et son visage ne semblait ne pouvoir exprimer rien d’autre qu’une infinie bonté. Elle posait sur le garçon un regard tendre, et doux, et brillant par l’amour qu’il donnait, mais il aurait fallu être aveugle pour ne pas voir les ténèbres s’étirer en silhouettes osseuses, et sourd pour ne percevoir les craquements d’ongles brisés contre la pierre qui les suppliciait.

- Tu es dans mon domaine, je t’y souhaite la bienvenue ; nous allons parler dans le creux de sa nuit, et nous serons seuls à entendre les mots qui y seront prononcés. Pas même le plus puissant cri ne pourrait percer vers l’extérieur, sais-tu ?

La Commandante se pencha un peu plus en avant, et sa crinière cendrée lui tomba des épaules pour couler jusqu’à ses genoux en cascades. Ses yeux pourpres ne lâchèrent en nul instant le petit être frêle et ses innombrables faiblesses.

- Parle-moi de ce que tu as fait jusqu’à présent. Partage tes sentiments, tes craintes et tes rêves. Je veux tout entendre. Je veux tout connaître de toi. Mais avant, il y a une chose...

Son bras s’étira avec la grâce reptilienne des prédateurs puissants à qui tout cédait, et qui convoitaient l’objet de leurs envies avec une avidité brutale, monstrueuse, faisant fi de tout égard à la dignité ou l’existence, car trop concernés par l’assouvissement de leurs propres ambitions.
La Mère caressa l’air de son index, pressante :

- Fais moi offrande de la brindille qui ceint ta hanche, enfant. Maintenant. »


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MessageSujet: Re: Welcome Home Sanitarium [ft. Asuna]   Jeu 30 Oct - 23:42

« Viens donc, enfant. »

A ces mots, une envie folle de se précipiter à ses pieds. Il se savait dominé en la présence de la Matriarche, et il aimait ce ressentiment. Chaque instant passé à ses côtés le rendait plus fort et plus soumis. Il n'avait jamais ressenti cela auparavant. Sa douce arme n'ayant juste le droit à la parole et le fait de ne pas l'avoir rencontré en chair et en os dans son monde spirituel y changeait beaucoup. Allant jusqu'à la rendre inexistante dans son esprit.
S'approchant d'un pas léger, le lieutenant tenta de ne pas montrer son état apeuré. Chose non aisée, tant le lieu se montrait hostile. Le garçon prit chaque mots prononcé par la Reine comme un verre de vin délicat. Ne pas en perdre une goutte de ce merveilleux nectar. Elle déclara que eux seuls entendraient les mots, qu'il n'y aurait pas la possibilité d'intervention extérieure. Il était donc seul à seul avec elle. Hochement de tête pour accepter les conditions, le garçon chétif pense à pleins de choses d'un coup. Et si elle allait le mettre à mort ? Effacer chaque trace de son être, totalement dévoré par les nuées. S'imaginer impuissant, voir sa chair lacérer et déchirée par ces atrocités...Un délice. Ce mélange d'agonie et de plaisir, cela ressemblait à cette jouissance dont parlait sa faucheuse. Revenir de ces pensées malsaines, répondre à la question. Non, à la requête.

Hein ?
Hein ?

A l'unisson, le shinigami et son zanpakuto répondirent. Lui donner sa douce. Voila une bien étrange requête. Shin s'était imaginé à tout les scénarios possibles, sauf celui de donner son arme, sa raison de vivre.
Baisser le regard jusqu'à sa douce. Devait il vraiment écouter les dires de sa Capitaine ? Posant la main sur le pommeau, il prend un long soupir. Décision extrêmement difficile. Fermer les yeux pour les rouvrir quelques secondes plus tard. Sur Asuna.

Avec tout le respect que j'ai pour votre personne, je me dois de refuser. Vous me connaissez mieux que quiconque pour savoir que cette brindille comme vous dîtes est la chose la plus importante à mes yeux, après vous. Et quitte à choisir, mon choix est fait depuis le début.

Faire mine de s'emparer de son arme pour s'arrêter brusquement dans sa route. Sa décision est prise, comme il l'a dit.

Non.

Un refus catégorique sur un ton déterminé. Il se moque bien de ce qui va lui arriver maintenant. Plonger son regard dans celui de sa dirigeante. Elle désire savoir tout ce qu'il a fait, très bien. Mais en aucun cas il lui cédera son arme.

Mais... C'est de la folie !

Je vais maintenant répondre à votre précédente question, et faire comme s'il n'y en avait pas eu d'autres.

Se mettant à genoux, il commence à raconter ce qu'elle veut savoir. Tout en se méfiant de celle qui se tient devant lui. Il se sait impuissant. Mais il tient à s'affirmer. Terminé la période de laisser aller. Il faut aller de l'avant, et affronter les problèmes.

Ce que j'ai fait jusqu'à présent vous l'avez dans les rapports que je vous ai apporté. -sort de sa besace une tonne de paperasse et la pose à côté de la Dame pourpre- J'ai croisé pas mal de monde, reapers compris. Leur noms étaient Vespa pour l'un et l'autre était une fille qui se faisait appeler Rosita. Il s'agit bien sur d'un faux nom, elle tenait à être discrète. Voila pour les rencontres.
Concernant le reste, je n'en possède pas que vous ne connaissez pas. A notre première rencontre, je vous ai déjà tout dévoilé. Ma seule crainte est d'être privée de mon arme.


Il reprend son souffle, serre le poing. C'est pas facile de parler avec une personne de haut rang pour qui on a le plus grand respect. Et refuser sa demande. Un simple caprice, non. Mais ca pourrait être vu comme cela.

Pour ce qui est de mon avenir au sein de cette division, je souhaiterais y rester. Libre à vous de me destituer de mon grade. Je ne m'y opposerais pas et cela même avec toute la volonté du monde. Si vous ne me voyez plus dans vos plans, soit. Donnez moi l'ordre et je me pourfendrais de mes mains avec mon arme.

Se relever, droit, comme à l'armée. S'incliner une dernière fois pour conclure par une ultime phrase avant de faire silence. La parole était au juge désormais.

Je ne permettrai pas que mon arme soit souillée par une tierce personne. Le zanpakuto est un reflet de l'âme du shinigami. J'en ai à présent fini de mon rapport. Mes excuses si je vous ai offensée ma Reine.

Ca c'est mon mec. Si tu restes en vie après tout ça, je mouillerai tout le temps pour toi.

Une manière amicale pour dire qu'elle sera plus sage, sans doute.

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MessageSujet: Re: Welcome Home Sanitarium [ft. Asuna]   Ven 31 Oct - 0:46




Elle hocha la tête, distraitement, comme ces mères qui écoutaient d’une oreille le bruissement inaudible de leur progéniture sans en prêter réellement attention ; son regard portait vers les confins obscurs de la pièce pour y saisir les formes ombrageuses, les silhouettes macabres qui y évoluaient, et en comparaison du spectacle qu’elles offraient, les mots insensés du garçon n’avaient aucun poids. La Reine se caressa la joue, et la mine qu’elle affichait, d’inexpressivité absente, paraissait la rendre d’autant moins concernée par la situation. Elle secoua néanmoins la tête, sembla navrée, et ses yeux s’illuminèrent d’une émotion indescriptible alors qu’elle reportait son attention sur le jeune effronté.

« Ce que je comprends, c’est que tu ne m'aimes pas. La matriarche du Monde Rouge soupira, et son essoufflement fut comme un regret. Je t'ai dit, lorsque tu as accepté ce brassard, que tu étais à moi. À moi seule. Et voilà que tu t’en défausses ? Pour cette petite chose ? »

Des rires brisés éclatèrent ci et là, depuis le tombeau des ombres, et la nuit fut envahie d’échos glaçants. La Mère redressa la tête : « Suffit ! », dit-t-elle, et le silence revint. Bien que son visage n’exprimât pas plus, le voile d’une émotion s’y déposa, et ce sentiment, il fut impossible de le nommer.

« Je l’entends, sais-tu ? Pas comme tu le fais, bien sûr. Mais elle bourdonne. Comme une mouche agaçante. Elle froisse l’air de sa simple existence, et il n’en ressort rien. Tu te distrais à l’écouter en permanence, alors qu’elle n’a rien à dire, ni à t’enseigner. Elle est une misère qui te tient entre ses griffes fragiles. Elle ne veut pas te laisser lui échapper, car elle sait qu’elle n’est rien, et que sans toi, elle ne peut vivre. Moi, je sais : tu vaux bien plus que cette aiguille.»

La main de nouveau tendue, la déesse pourpre laissa filtrer cette fois-ci quelque impatience à se saisir de ce qu’elle voulait, et pour appuyer celle-ci, quelque chose vint de derrière le garçon. Ce fut d’abord des pas humides contre le sol écorché, lents et trainants, qui, déjà à l’oreille, faisaient ressentir toute leur extrême mollesse. Puis, il y eut les murmures façonnés dans les sources d’une rage fiévreuse ainsi que d’une faim insatiable, et les paroles proférées d’entre des dents fissurées et une mâchoire éclatée, conduisaient droit à la folie.
Une créature d’ombres et de chair posa ses mains sur les épaules du garçon. Elle resta là, longuement, sifflante et susurrante, avant de se laisser aller à la lourdeur et s’avachir sur sa proie ; bientôt son faciès mouvant et monstrueux fut à hauteur d’yeux, et le rejeton du Monde Rouge s’empressa de frotter la plaie qui lui servait de bouche contre la gorge fragile du Lieutenant, et si ses crocs ne déchirèrent cette dernière, ils grattaient avec insistance la peau comme pour l’entamer déjà.

« Donne-la, enfant. Je l’obtiendrai quoi qu’il arrive. Alors épargne-toi tout ceci. Epargne-toi d’apprendre la crainte de moi. »

Et le masque blanc de la Mère se fissura, et en-dessous, la grimace d’un cadavre gorgé de fureurs.

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MessageSujet: Re: Welcome Home Sanitarium [ft. Asuna]   Ven 31 Oct - 10:54

Ah l'adolescence. Quelle étape inutile dans la vie d'un être humain. Mordre la main qui te nourrit, idée farfelue que voici. Et pourtant chacun se souvient de cette époque, avec un petit rire en coin. Se croire invincible, alors que c'est tout le contraire. En conflit avec toute forme d'autorité montre la faiblesse d'esprit de chacun. Voilà l'endroit où se trouvait Shin. Dernière étape avant l'arrivée dans le monde adulte, là où chacun des choix faits pendant l'enfance voient leur actions répercutées pas toujours comme on aurait voulu qu'elles finissent. Se croire tout puissant. Le garçon n'y songeait pas le moins du monde. Et même s'il l'avait cru, ce n'aurait été qu'un doux euphémisme.

Quoi que je dise à votre égard, je suis et resterais votre plus fidèle serviteur. Mais cette petite chose m'est précieuse, comprenez moi. N'avez vous donc pas une chose que vous ne voudriez délaisser sous aucun prétexte ?

Elle l'entends, Shin est au courant. Elle la sait inutile et la voit comme une restriction à son lieutenant. Cela lui fait mal au cœur de l'admettre, mais il en est conscient aussi. Ce qu'il tente de faire en faisant ce geste de rébellion, c'est de montrer à sa douce qu'il est capable de s'en sortir sans son aide. Toutefois, tout ce qu'il a eu pour le moment est la colère de sa commandante, qui est tout à son honneur. Servir de bras droit, ca n'est clairement pas de tout repos. Surtout avec elle.

Dis, tu vas pas me donner hein ?

Entendre dans les dires de son aimée de l'angoisse, ca fait mal. Mais il faut s'y faire une raison. Pour survivre, il faut toujours penser à soi avant les autres. Sinon tu te prends toujours un coup dans le dos. Caressant une énième fois sa promise, il regarde sa supérieure avec un regard chargé d'émotions, plaintif. Pas un mot ne sort de sa bouche. Ses sentiments auraient pris le dessus et un lot d'injures auraient fusés, avec par la suite une tentative d'assassinat probablement ratée, scellant son destin par la même occasion.

Redevenu docile, il a peur. Pour la première fois depuis longtemps, il a peur pour sa vie. Un être fait de chair et d'ombres se trouve devant lui. Ses mains sur les épaules du garçon, il commença à mordiller sa gorge. Pour l'intimidation et le spectacle, elle sait y faire. Céder à sa requête ? Rester sur sa position ? Shin avait un doute. Lutter pour sa survie était quasiment impossible s'il se mettait la Mère rouge à dos. L'autre solution se voyait plus alléchante sur le papier, puisqu'il s'agissait juste de donner son arme. Sur le papier. Nul ne sait ce que le sort de son arme va être, une fois dans les mains d'Asuna. Sauf elle. Et vu la tête qu'elle tirait, c'était pas que du bien.

« Donne-la, enfant. Je l’obtiendrai quoi qu’il arrive. Alors épargne-toi tout ceci. Epargne-toi d’apprendre la crainte de moi. »

De bien jolis mots. Un sourire timide se dessina sur le visage du garçon. Avait elle vraiment été humaine ? Il avait beau chercher, Shin ne s'en remettait toujours pas.

La crainte de vous, j'en connais une mince partie et cela me suffit amplement. Je réitère mes propos donc et vous confie mon arme.

QUOI ?

La saisissant, il l'ôta de sa ceinture et fit quelques pas pour tendre l'objet à sa Reine. Et dieu que le trajet fut un supplice pour lui. Se forcer à ne pas laisser envahir ses larmes, ignorer les insultes de sa douce à son égard. Quelle rupture difficile. La plus difficile même. L'occasion de tout reprendre à zéro, un nouveau départ. Ou de continuer, reprendre là où il avait laissé le stylo et continuer sous un autre angle. Sa main resta un peu plus longtemps sur le fourreau. Une larme tomba. Il ferma les yeux, se forçant à effacer toute trace de faiblesse pour se relever. Il fallait être fort désormais.

Je survivrai va.

Derniers mots de son arme. Leur relation était désormais terminé. Serrer les poings au point d'enfoncer ses ongles dans la chair, ne plus être capable de sentir la douleur. Une montée d'adrénaline, puis plus rien. Le lieutenant a besoin de se poser quelque part. Posant son regard sur des marches, il s'y installe. S'enfiler un puis deux coup de poing dans le genou, signe rageur d'un énervement à venir. Énervé oui, il l'est. Contre lui même. S'il n'était pas aussi faible, rien de tout cela ne serait arrivé. Remise en question personnelle, puis cela arrive à sortir de sa bouche.

Et maintenant ?

Alea jacta est.

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MessageSujet: Re: Welcome Home Sanitarium [ft. Asuna]   Jeu 6 Nov - 22:18



Et la Reine s’étendit vers l’enfant sans s’émouvoir jamais de sa piteuse tristesse, et ses doigts se refermèrent sur le sabre, et l’os de leurs ongles cinglèrent le métal fragile. D’un geste lent, la voilà à dégainer cette ridicule aiguille pour poser sur celle-ci un regard d’où brillait un dégoût encore jamais vu ; presqu’avec hésitation, elle déposa son doigt sur le plat du Zanpakutô, et l’y fit glisser. Dans son sillage il y eut du sang, épais et noir, et celui-ci parut s’infiltrer en l’acier du katana, comme une infection :

« Je vais te briser jusqu’à ce que tu sois digne de lui, murmura la Mère au sabre, qui ne répondit pas. »

Elle fit un signe. L’être d’ombres et de chair se congestionna sur lui-même avant de redresser à regret, désolé de devoir quitter cette gorge si gorgée, pleine de fibres fébriles et de cartilages glaireux, gonflée de cette vie rouge vibrante ; il marcha vers sa souveraine, s’effondra sur le chemin, se releva, mourut pour mieux revenir, et accueillit avec entrain avide l’écharde bavarde en ses paumes fluctuantes. Un râle glauque naquit derrière ses lèvres écorchées, et en rampant, il s’éloigna avec son butin jusqu’aux frontières noires de la pièce, puis s’y enfonça, autant dans ses ombres que son sol.
L’attention de la belle inhumaine se détourna de ses confins obscurs ; elle en revint à l’enfant tremblant :

« Maintenant je te donne ce monde. Cette baguette n’est plus là pour t’astreindre à sa faiblesse. Je l’ai laissée trop longtemps se croire ton vrai maître. Vois mon cadeau, enfant : je t’accorde sa disparition, et par elle tu grandiras. Tu deviendras ce que je veux que tu sois, mon héraut en cette terre, ou tu ne seras pas. Je t’ouvre les portes de la vraie force, qui est mienne. En cette nouvelle heure, je répands en toi les graines de la gloire. Saisis-les, et tu toucheras les hauteurs.

Les tremblements dans la nuit glacèrent l’air et il y eut en un instant toute une foule à s’amasser autour d’eux, à se gondoler en silhouettes d’effroi, et d’aucunes se brisèrent en angles impossibles tandis que d’autres marmonnaient des mots mille fois dévorés, avalés, recrachés, vomis au cœur de l’obscurité du Monde Rouge.

- Elles ont si faim de toi, déclara la Mère d’une voix chantante. Une pensée, une seule, et tu te retrouverais en leur horde avant d’avoir poussé ton premier cri, ressenti ta première terreur face à ta fin. J’ai été avertie de tes errements, mon cher petit. Tu m’as fait honte, mise en colère, abusée de ma patience. Je t’ai voulu consumé par ma rage, rejoindre mon sein, couvrir de ta peau le sol que tu vois là.
Et puis est revenue sans cesse l’idée que tu n’étais qu’un enfant, et que ceci s’accompagnait de la bêtise du jeune âge. Mais à présent, tu n’as plus ce droit.


Les iris rouges de la Commandante luisirent d’une faim pleine de sécheresse, bien plus hostile et meurtrière que celle qu’on pût discerner dans les orbites creux ou éclatés de sa progéniture, et son sourire aux dents si blanches eut les airs d’une prédation monstrueuse.

- Je te laisse cette banderole qui sied si bien à ton bras. Tu continueras de servir à mon autorité. Tu le feras avec discernement, cependant ; si ta dévotion est belle, je veux aussi de la beauté dans ton intelligence. La plaisanterie a suffisamment duré, m’entends-tu ? Puisque cette brindille n’est plus, tes actes sont tiens : tu ne pourras plus te défendre de ta propre imbécillité.
Je fais preuve d’indulgence à ton égard, cher tendre, car je t’aime plus que l’on peut aimer en tout lieu. Alors ne me force pas à te dévorer.
»

La bienveillance du masque de la Mère n’atténua en rien l’affligé éclat des crocs poussés en sa bouche grimaçante et si douce.


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MessageSujet: Re: Welcome Home Sanitarium [ft. Asuna]   Jeu 6 Nov - 23:55

Elle lui avait demandé son arme, il lui avait donné. Le voila maintenant sans sa douce. Les premières pensées qui lui viennent en tête sont remplies de violence envers la Reine. Envie de la tuer, de plonger ses mains dans ce corps si frêles, se régaler de ses entrailles tout en s'esclaffant comme un déluré. Mais il fallait se faire une raison et admettre que son hôte avait raison sur plusieurs points, dont le fait qu'il agisse sous les ordres de sa douce. Il est vrai qu'il lui avait laissé trop de liberté pour se retrouver esclave de son arme. Fallait donc renverser la balance, histoire que ce soit le garçon qui décide. Voilà donc une des demandes d'Asuna.
Toujours sur les marches, l'enfant pleure la privation de son jouet favori. Vient alors la deuxième étape. Après la rage, la tristesse. Le sentiment de perdition. Ne plus savoir où il en est, se tenir prêt à rendre l'âme. Des larmes coulent sur son visage meurtri. De son regard, il tente d'attraper le regard de la Dame pour l'attendrir.

Mais... Qu'allez vous faire de mon arme ?

Sa vision est trouble tant les larmes ont pris le dessus. Passer son bras pour enlever les intruses. La Matriarche lui dévoile ses projets le concernant, mais pas celle de son arme. Désormais, il doit se montrer sous un autre visage. Abandonner ce style enfantin qui lui colle à la peau depuis son affectation pour renaitre en adulte. Suffisamment joué dans sa chrysalide, l'heure est venue pour la chenille, devenir un beau papillon.

Nouvelle étape dans la reconstruction de son être, celle qui marque la finalité, le renouveau. La confiance de la mère envers son enfant est toujours présente, compte tenu du brassard qui sied toujours au bras du garçon. De la fierté désormais. Plus qu'avant. On lui avait imposé de faire sans arme désormais, et il devait faire avec. Lui faire prendre conscience qu'il peut agir seul, sans aucune aide. Il se leva d'un coup pour se diriger face au trône où se tient avec grandeur sa supérieure.

Je saisis tout à fait votre demande, et je vous remercie de m'accorder votre confiance, bien que je juge ne pas être digne d'autant de sacrifices de votre part.

S'incliner devant tant de grandeur d'âme. Il est vrai que le médecin n'a pas été un modèle de conduite ces derniers temps, d'où le sentiment d'effroi qui avait fait surface au début de l'entrevue. Attendre la suite des évènements.

J'ai une requête à vous demander.A partir de maintenant, s'il advient que je vous fâche ne serait ce qu'une fois, n'hésitez pas. Tuez moi.

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MessageSujet: Re: Welcome Home Sanitarium [ft. Asuna]   Jeu 13 Nov - 22:19



Elle s’amusa en un beau et grand rire. Les éclats de sa voix roulèrent sous les arches des ombres qui, à leur tour, s’en firent les échos ; des langues affamées mugirent des claquements glaçants, et la foule s’agita sous l’action d’une hilarité malade. La Mère convulsa sur elle-même, ne pouvant s’empêcher de laisser cours à son émotion ; son dos tressautait de soubresauts incontrôlés alors que sa pâle gorge râlait de longs sons suaves.
La Mère rit longuement, et des larmes de sang perlèrent au coin de ses yeux avant de s’en aller mouiller les pommettes en de tendres rougeurs. Enfin, elle finit par s’apaiser, et malgré qu’il fût possible de déceler en ses attitudes une bonne humeur nouvelle, elle parvint à retrouver son calme tranquille.

« Oh, ma confiance, dit-il..., s’esclaffa-t-elle encore légèrement en écrasant de ses doigts le pourpre de ses joues. Pauvre petite chose.

La Commandante sourit au garçon d’un air mutin avant de se lever, rayonnante de joie. Son visage légèrement rosi lui donnait des allures avenantes, mais cela était sans compter l’aspect irréel de la nuit perpétuelle, ses formes toujours rampantes, toujours plus proches.

- N’aie pas ce souci, très cher amour : tu n’auras l’occasion de me fâcher qu’une seule fois. Mon cœur déborde de tendresse, mais celle-ci est bien faible face à ma colère, j’en ai peur. Tu sais cela, non ? Maintenant va, des affaires t’attendent au dehors.

La pâle souveraine indiqua d’un geste la porte d’entrée à demi-cachée par les ténèbres. Les perspectives de la pièce étaient comme déformées par l’entité nocturne qui s’y nichait, et cette sortie accessible en plein jour, ne parut jamais aux yeux humains aussi lointaine.

- Oublie l’écharde. Ne t’interroge pas sur son sort ; chasse sa voix de ton esprit. Elle n’est rien, et c’est une pensée qu’il te faudra répéter à chaque instant. Profite du silence, écoute-le, tu y trouveras bien plus de leçons que les bavardages incessants qui t’hantaient auparavant.
Tu découvriras plus tard que cette absence t’aura été d’un grand secours. Et alors tu me reviendras sans rancœur, et peut-être...


Elle n’acheva pas sa phrase, son mouvement de main se fit de plus grande impatience.

- Pars. Maintenant. Et sois digne de moi, ordonna la Mère, dont le ton fut de sucre et de haine. »


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