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 La mort comme seul trophée [PV Melody]

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MessageSujet: La mort comme seul trophée [PV Melody]   Jeu 4 Déc - 22:16

Des images entrecoupés, sans lien ni sens, dansaient devant ses paupières closes. Silencieuses. Parfois rythmées d'un éclat de lumière. D'un éclat de voix lointain qui se faisait seule musique d'un monde oublié, perdu dans les engrenages du temps. Impuissant, il subissait sans comprendre, ne sachant à quoi s'accrocher dans cet univers s'étiolant entre ses doigts. Il demeurait spectateur sourd et muet, presque aveugle d'un spectacle grotesque dont il ignorait le sens. Des silhouettes lointaines. Des sourires disparues. Et puis l'écarlate macula sa vision. Une teinte qui raviva en lui, une sourde douleur, un dégoût profond qui fit naître du néant, un nouveau flot d'images à la teinte macabre. Sinistre. Les battements de son cœur résonnaient dans son corps alors que l'horreur laissait place à la glaçante terreur qui s'insinua, enfla encore et encore. Les souvenirs vagues se mêlaient alors à ceux plus vivaces qui l'assaillaient. Des images de morts. Des images de sang. L'éclat de la douleur et du dégoût. Sa main tendue tenant fermement cette arme si rassurante qui pourtant avait arraché la vie. Le regard sans vie. Les plaintes murmurantes qui se faisaient échos insistant, sinistre, labouraient son âme.

Misha... Misha...

Et puis le silence. La douleur pourtant, elle, demeura là, au creux de ce cœur alourdit et sa gorge nouée peina à extraire de sa bouche une inspiration salvatrice. Suivie d'une autre et une autre, qui s'avérèrent étonnement difficile. Presque complexe. Doucement, sa conscience s'éveilla, les images s'étiolèrent pour ne laisser derrière elle que la froide réalité. La pesante réalité. L'amertume. Ses paupières papillonnèrent faiblement alors qu'il ressentait le poids de l'épuisement engourdir ses membres, embrumer sa conscience qui peina à dissiper ce brouillard. Il faisait chaud. Malgré le froid mordant ses entrailles, giflant son âme, il pouvait ressentir une douce chaleur l'envelopper, une odeur familière envelopper ses sens. L'odeur du feu. Ses prunelles aciers embrasèrent les contours vagues d'une silhouette orangée dansant dans l'âtre. Il demeura un temps incertain à en contempler les pourtours, laissant son esprit reprendre pied avec la réalité, laissant sa vue s'habituer à cet éclat lointain mais doucereux.

C'était comme chez lui. Dans la maison des Aleksander brûlait chaque hiver un feu à la lueur chaleureuse qui faisait naître en lui, un irrépressible sentiment de bien être. De normalité. Tu es chez toi. C'est ce que ces flammes lui signifiaient à chaque fois qu'il le voyait et ce, depuis ce jour. Depuis cette première fois, lorsque ses prunelles ternies par la mort et la disparition de sa dernière famille avaient contemplé cet âtre embrasé de cette nouvelle famille. Où était il ? Il ne pouvait pas être en Allemagne. Il ne pouvait pas non plus être chez lui, son appartement ne possédait pas de telle installation. Il savait que tout ceci ne pouvait être un simple cauchemar comme il l'aurait tant souhaité.

Avec une lenteur calculée, grimaçant en ressentant les courbatures qui étreignaient ses membres s'éveiller à chaque geste, Klaus se redressa sur le canapé sur lequel il avait été installé durant son inconscience. Ses jambes vacillantes vinrent reprendre contact avec le sol qui lui paru tanguer un instant. Ses mains, elles, vinrent se perdre dans sa chevelure immaculée alors que l'étau sur son crâne ne se desserrait pas. Une grimace. Il avait l'impression d'avoir pris une cuite juste après un entraînement particulièrement éprouvant. Ses muscles hurlaient sous ses sollicitations pourtant faibles et son esprit, quant à lui, peinait encore à s'accrocher à autre chose qu'aux flammes écarlates. Il ne connaissait pas cet endroit. Une pièce qui lui paraissait bien plus riche que ne pouvait l'être n'importe quelle maison dans laquelle il avait mis les pieds. Est ce qu'il se trouvait dans une maison ? De vague images maculées de carmins vinrent l'assaillir et l'étudiant ne parvint à retenir un tressaillement. Son regard se perdit sur ses mains entachées de sang séché. Cette odeur de fer supplanta celle du feu et étreignit son cœur d'une sinistre douleur. D'un poids supplémentaire.

Qu'est ce que j'ai fait ? Sa voix n'était qu'un murmure, un souffle évanescent que sa gorge nouée peinait à laisser échapper. Il préféra fermer les yeux plutôt que de supporter plus longtemps, les preuves de son forfait. Étrangement, la douleur dans sa chair lui paraissait étonnement plus tenue qu'elle n'aurait dû être. Ce n'était dès lors plus qu'un lointain écho, une réminiscence incertaine qui n'entravait plus autant ses gestes. Il se souvenait d'avoir été blessé aux jambes et si les lacérations sur son jean demeuraient présentes, les plaies qui auraient dû se retrouver dessous n'étaient plus. Ce n'était pourtant pas un rêve. Le sang avait suinté de ses blessures en abondance, comme l'en attestait le tissu rougeoyant. Et le mal rémanent qui semblait s'en dégager.

Qu'est ce que c'est que tout ça... Qu'est ce qui s'est passé...

Cette fois, il lui serait difficile de fuir la réalité.

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MessageSujet: Re: La mort comme seul trophée [PV Melody]   Mar 23 Déc - 5:02

Bien dormi ?
Melody lorgnait les flammes vives dans l'âtre, comme quelque prophétesse y mendiant des lambeaux de passé ou d'avenir. Un passé avec Sasha et un avenir sans elle, à ce qu'il semblerait, même si elle ne voulait y croire... Autour de ses épaules était drapée une couverture noire, comme l'essentiel des effets appartenant à la vampire. Nulle surprise à cela puisqu'elle l'y avait prélevée directement, à même le lit qu'elle occupait encore le matin-même.

Tout lui était indifférent. Rien ne semblait exister dans sa réalité, mais à un ou deux univers de distance. La tasse de thé qu'elle tenait était froide depuis longtemps, mais lui avait brûlé les doigts avant que sa chaleur ne s'étiole - sans que cela la convainque de s'en séparer. Il ne lui restait que cette fascination morbide pour le brasier dans la cheminée, cette mortelle attraction. Il fallut le réveil animé de l'inconnu qu'elle logeait dans son salon pour la réanimer. Et encore ; cette étincelle de lucidité ne tenait qu'à un fil. Le fil fragile et décousu de sa pensée altérée. Elle tressaillit d'ailleurs, manquant de laisser sa boisson (plus très chaude) lui échapper. Absorbée par son travail zélé d'inspection des feux de cheminée, elle l'avait pratiquement oublié.

Non, elle l'avait oublié : si elle n'avait été aussi recrue de fatigue et de douleur (morales plus que physiques), elle lui aurait peut-être jeté sa tasse à la tête. Au lieu de quoi elle se tourna vers lui en lui souriant, les yeux encore hagards,comme émergeant du brouillard. C'était lui qui avait dormi, mais c'était elle qui se serait crue sortie d'un rêve - un de ces rêves si réalistes qu'ils en deviennent effroyables. Cela ne devait pourtant faire qu'une poignée de minutes depuis qu'elle s'était réinstallée. Pressentant son réveil, elle s'était levée pour aller lui préparer un chocolat chaud aux premiers signes d'agitation. Il aurait sans doute eu besoin de quelque chose de plus fort, mais ignorant s'il buvait et si oui, quoi, elle avait préféré faire au plus simple. Le breuvage trônant toujours sur la table basse où elle l'avait déposé, aussi fumant que dans son souvenir, ça ne pouvait pas faire si longtemps...

Elle nota mentalement devoir se méfier de ces crises de somnambulisme éveillé, si elle ne voulait pas finir par ne plus pouvoir en sortir, mais oublia aussitôt. Bah, quelle importance ? Serrant sur son corps qui semblait plus frêle que jamais ce sombre morceau d'étoffe - son seul réconfort -, elle se remit prudemment sur ses pieds. C'est pas le soir pour danser. Appliquée mais troublée, elle s'était tordu la cheville lors du Bringer Light utilisé pour prendre la tangente. L'idée de la soigner ne l'avait pas même effleurée, de même que pour les autres écorchures que son corps comptait encore. La douleur était distante, comme si elle appartenait à quelqu'un d'autre. Ne lui parvenait qu'à travers un filtre qui faisait d'elle moins que l'ombre d'un reflet.

Elle redevint soudain habitante de sa tête et de son corps plus que spectre flottant autour d'eux, et une lumière se ralluma au fond de son regard. Un frêle sourire, porteur de réconfort, se dessina sur son visage pâle - trop pour paraître bien portante. Elle savait qu'elle ne pourrait le maintenir longtemps, pas sans révéler le subterfuge, mais tenait à faire cet effort. Quelle que soit sa perte, il devait être bien plus perturbé qu'elle encore... Et ce même si chaque fibre de son être lui hurlait d'être égoïste rien qu'une fois. Reposant sa propre tasse, qu'elle n'avait pas plus entamée qu'elle n'avait l'intention de le faire, elle constata sans s'en émouvoir le mal fait à ses doigts. Tant pis.
J'ai soigné tes blessures, fit-elle, affable, avant que ses pensées ne dérivent. C'est pas du travail de pro, mais tu ne devrais plus avoir mal. En revanche, pour tes vêtements, j'ai peur de ne rien pouvoir faire... Mais si tu y tiens vraiment, je connais une couturière du tonnerre qui devrait pouvoir t'arranger ça. En attendant, tu peux mettre ceux-là.
La starlette désigna une pile d'habits préparée sur le côté, laquelle semblait attendre sagement que le métisse s'y intéresse (j'veux bien qu'on soit au pays des mangas, mais le teint halé et les cheveux blancs, c'est pas tellement japonais). Un costume gris sombre qu'elle pensait être parmi les moins onéreux de Calum, une cravate anthracite et une chemise bordeaux qu'elle le voyait bien porter. Elle osait croire que sa ceinture au moins avait survécu à ses déboires.
Je ne suis pas une experte, mais ça devrait bien t'aller. Promis, je regarde pas !
Et la vedette anglaise de vivement se retourner pour lui permettre de se changer, joignant les mains dans son dos. Aussitôt, son sourire se fana et son coeur lui remonta dans la gorge. À quoi bon faire semblant ? Sa joie n'avait jamais semblé plus faux. Pas même quand elle errait sans le sou dans les rues de Londres, avec sa guitare pour seule alliée, sans savoir où elle allait ou de quoi demain serait fait. La lande émeraude de son regard avait résisté à l'envie de voir les flammes s'y refléter, à leur appel langoureux, mais leur chaleur ne faisait que lui rappeler celle qu'elle n'arrivait pas à retrouver... Toutes les couvertures du monde ne pourraient pas changer ça.
Ne t'en fais pas, se força-t-elle à déclarer, sans savoir si c'était vraiment à lui qu'elle parlait ou juste une odieuse réminiscence. Tu ne seras nulle part plus à l'abri qu'ici.
Une larme unique roula sur sa joue, sans qu'elle puisse rien faire pour la retenir.

À l'abri de tout sauf de moi.

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MessageSujet: Re: La mort comme seul trophée [PV Melody]   Sam 27 Déc - 15:11

Un sursaut ébranla la silhouette de l'allemand suite aux premières paroles de la demoiselle qui l'avait visiblement veillé. Ses prunelles d'argents vinrent se poser sur cette dernière, surpris qu'il était alors que son corps, déjà, réclamait davantage de considération. Il la reconnu aisément cependant. C'était la femme qui l'avait sauvé la première fois face à ces créatures. Effleurer ne serait ce que cette pensée vint ramener dans son esprit, les images sinistres de mort et de désolation auxquelles il avait fat face. Un frisson glacé dégringola le long de son échine alors que son regard s'éteignait douloureusement. La mâchoire crispée, il se concentra de nouveau sur les flammes ardentes, seule créature se mouvant actuellement dans cette pièce trop grande. Il y eut une longue période de silence qui lui sembla pourtant durer un instant. Répondre à sa question lui paraissait superflu, et même par politesse, répondre lui apparaissait comme un réel effort qu'il n'était pas certain de pouvoir réaliser pour l'instant et ce, malgré ce qu'il était parvenu à murmurer quelques minutes auparavant.

Si seulement tout ça n'avait été qu'un rêve. Un cauchemar.

Le jeune homme acquiesça en silence aux paroles suivantes de la musicienne, ses prunelles parvenant à se détacher de l'âtre pour contempler vaguement le faciès de cette dernière, qui lui était vaguement familier. Sa voix était affable, pourtant, elle résonnait d'un quelque chose de différent. A moins que ce ne soit sa silhouette éclairée par la lueur des flammes qui rendait son visage un rien... fatigué presque mélancolique. Ou alors elle était un peu comme lui : simplement humaine malgré la démonstration de force dont elle avait été capable. Un nouveau coup d’œil à ses vêtements lui rappela que ses derniers étaient en effet, totalement foutus. Il devrait s'en racheter de nouveau mais il n'était pas en état de réfléchir pour l'heure, à toutes les conséquences financières que cela auraient sur son budget.

Il se redressa, vacillant sur ses jambes en avisant la pile de vêtements que la jeune femme avait ramené pour lui durant son inconscience. Depuis combien de temps l'était il d'ailleurs ? Cette question resta suspendu dans son esprit alors que ses prunelles vinrent détailler ses mains sur lesquelles demeuraient des traces de sang.

Est ce qu'il y a un endroit où je pourrai me débarrasser de ça ? Il présenta à la musicienne, ses mains tâchées songeant que cela serait tout aussi compréhensible pour la belle – et préférant éviter de parler à voix haute de sang. Elle le lui indiqua avec son sourire éteint et lui en profita pour se changer dans la salle qu'elle lui présenta. Il se sentait... Épuisé. Chaque pas lui paraissait mettre son corps et son esprit au supplice mais l'eau sur sa peau vint étioler cette sensation, ravivant la vie dans ses prunelles aciers perdues. Reprendre pied avec une réalité amère. Enfermé dans la salle d'eau, Klaus prit un instant pour lui, contemplant son reflet misérable dans la glace qui lui faisait face. Il paraissait...hanté. L'ombre d'un sourire ourla ses lèvres avant qu'il ne se passe de nouveau de l'eau sur le visage. La sensation de froid lui paru salutaire pour éveiller son esprit en proie à une paralysie franchement perturbante. Était il vraiment à l'abri ici ? Était il à présent à l'abri quelque part ? Ses mains se crispèrent sur le rebord du lavabo avec cette peur qui se transformerait peut être en rage de vivre par la suite.

Que peux tu faire pour survivre, Klaus ? Cette question ne trouverait nulle réponse pour l'heure aussi se changea t-il en reprenant petit à petit contenance. Une contenance tremblante et hésitante, un masque derrière lequel se dissimuler mais qui était toujours mieux que de demeurer englué dans l'angoisse et l'effroi. Mais pour l'heure... Il devait juste rejoindre le monde réel et abandonner sa bulle. Le premier pas fut le plus difficile, les autres furent plus aisés à suivre. Lorsqu'il se retrouva dans la même pièce à l'âtre flamboyant, la jeune femme n'avait pas tellement bougé, c'était rassise en tenant contre elle, cette couverture noire qui semblait être la seule à lui offrir un peu de chaleur.

Merci, pour les vêtements et... tout le reste en réalité. Il venait de se rendre compte qu'il n'avait pas répondu à la plus élémentaire des politesses, sa mère l'aurait tué pour moins que ça. Qu'aurait il fait sans l'aide de la musicienne, au juste ? Il aurait probablement été tué. Ses vêtements pliés quoi que inutilisable à présent, trônait dans ses bras, quand bien même évitait il de les mettre en contact avec la chemise qu'il avait enfilé. Il n'était pas étranger à ce genre de vêtement quand bien même il n'était pas certain d'avoir déjà mis quelque chose qui lui paraissait si cher.

Et maintenant ?

Je ne sais même pas par où commencer... avoua t-il avec accablement. Tout se mélangeait dans son esprit, trop de chose qui demeurait tût, qu'il souhaitait déjà oublié. Il se sentait totalement dépassé même si il essayait de faire bonne mesure. Commençons par le commencement. Un soupir suivit d'une inspiration. Il devait se reprendre. Autant commencer par le début, je m'appelle Klaus Aleksander. Et vous ? Le reste attendra cette simple politesse... Comme des humains normaux et non pas des bêtes de foire, acculées et perdues.

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MessageSujet: Re: La mort comme seul trophée [PV Melody]   Dim 4 Jan - 9:21

Le jeune homme était déboussolé, et c'était bien normal. Après ce qu'il venait de vivre, n'importe qui l'aurait été. Sa réaction faisait même partie de celle que Melody aurait classé dans la moyenne haute du côté positif par rapport à ce qu'elle avait pu voir. Il n'était pas rare que devoir avaler tout ça d'une seule traite provoque une forme d'hystérie. Elle-même aurait pu y être sujette si sa découverte n'avait pas été aussi brutale. Intérieurement, elle loua le sang-froid de son invité : elle ne pensait pas qu'elle aurait été capable de gérer quelqu'un qui aurait perdu les pédales. Pas dans son état. Ce devait soit être qu'il n'avait pas l'esprit aussi rationnel que le laissait envisager son air sérieux, ou qu'il était encore trop sous le choc que pour que sa réaction l'outrepasse.

Dans les deux cas, cela arrangeait la chanteuse, quand bien même elle se sentit coupable de s'en être fait la réflexion. La pensée que de l'avoir accueilli en sa demeure – même s'il ne devait en avoir qu'une conscience très vague – ait pu jouer un rôle en ce sens en la rassurant lui fut agréable. C'était en partie pour cela qu'elle avait été prévue, après tout. Conçue, même – au vu de la quantité de travail qu'avait nécessité sa remise en état, c'était presque comme si elle l'avait érigée elle-même. Il paraissait tendu néanmoins, et là encore, comment lui en vouloir ? Tout était nouveau pour lui, jusqu'à cet environnement, aussi accueillant qu'il soit.

Et comme toute nouveauté, cela allait exiger un temps d'adaptation, dont la longueur ne dépendrait que de lui. Mais qu'il accepte ce qu'il venait de voir, de vivre, ou qu'il le niait en bloc, le résultat des courses serait le même : il ne pouvait y échapper. Melody avait cru à l'origine qu'il était possible de s'y soustraire, mais les moyens à mettre en oeuvre pour y arriver étaient au-dessus des leurs – l'argent n'achetait pas ce genre de tranquillité. La méthode la plus efficace pour n'être pas impliqué était de ne pas savoir dès le départ. Or, comment aurait-ce été possible dans son cas ? Après ce à quoi il venait d'assister, cet avant-goût d'un Enfer qui devait lui sembler plus concret que jamais ?

Elle ne prit pas mal son silence. Elle en connaissait déjà la réponse. N'avait-elle pas elle-même perdu le sommeil des semaines durant après ce que l'on pourrait appeler son « initiation » ? Et si la sienne avait été abrupte, que dire alors de celle de Calum ? Non. Quand on a regardé bien en face ce que le monde a de plus noir, on ne dort pas sur ses deux oreilles. Parce que si on ignore encore si nous sommes seuls dans l'univers, on sait que lui ne l'est pas. À partir de là, est-il vraiment important de connaître l'ampleur de son voisinage ? La vedette, elle, n'était pas sûr d'y tenir en tout cas. Concernant son invité, en tout cas, toutes ces questions ne tarderaient pas à crever la surface fragile d'un esprit perturbé.

Et, comme tous ceux qui l'avaient précédé, il devrait apprendre qu'il n'y avait que deux réponses possibles à la plupart : celles trop vagues pour le satisfaire, et celles qui ne lui plairaient pas. Encore aujourd'hui, il arrivait à Melody de sourire aigrement quand elle sortait en ville et entendait des jeunes (puisqu'il parait que je suis une adulte) deviser quant au dernier comics ou manga à la mode, rêvant pouvoirs et super-héros. Hélas, non, la réalité s'obstinait à n'être que désillusion : il n'y a pas de héros qui soit. Ravalant ses larmes et tout le poids de leur sel – lourd comme un monde sans joie -, la musicienne tendit en direction du hall d'entrée une main dont elle dut maîtriser les tremblements. Un exercice autrement plus aisé pour le corps que pour la voix, mais elle y parvint toutefois.
Bien sûr, excuse-moi. Il y a une salle de bain en haut des escaliers. Tu ne peux pas la rater !
Melody profita de son absence pour se recomposer. Elle n'était pas passée loin de craquer, purement et simplement. Ressaisis-toi, ma fille. Ça ne va pas, ça. Même s'ils n'étaient que tous les deux, elle ne devait jamais faiblir, jamais plier devant l'adversité. Elle était devenu malgré elle un emblème, un symbole. Affaiblir son image, c'était aussi fissurer tout ce qu'elle représentait. Et même si ce n'était qu'une modeste craquelure au départ, n'est-ce pas par là que commence tout effondrement ? Ah, ça ! C'est bien beau d'aller raconter que tout va bien se passer quand on n'est pas soi-même capable de garder le sourire. Le feu était en ce jour son meilleur allié, si inquiétant soit le charme qu'elle lui trouvât soudain. En plus de réchauffer ses os glacés (quel que soit son ressenti), il sécha ses larmes jusqu'à les effacer. Rarement été aussi contente d'être fâchée avec le maquillage.

L'usager de sa douche – en fait, l'une des nombreuses que comptait l'institut : elle n'était même pas sûre de savoir combien au total – finit par en ressortir. Elle ne savait combien de temps cela lui avait pris (étant une fille, la salle d'eau était pour elle synonyme de faille temporelle) mais quand ce fût le cas, elle l'attendait de pied ferme. Prête à en découdre, pourrait-on dire, mais ce n'aurait été qu'une façon de parler. Aussi étonnamment bien qu'il s'en soit tiré, en débutant manifeste qu'il était, il devait avoir eu son content de violence pour la journée. Voire pour toute sa vie, devait-il se dire. C'était à tout le moins ce que beaucoup se seraient dit à sa place, en toute naïveté. Était-il de ceux-là ? Melody n'avait pas d'avis sur la question.
Il n'y a pas de quoi. Ce n'est pas exagéré de dire que je suis là pour ça... Mais on y reviendra. Elle s'éclaircit la voix, qu'elle avait fort jolie. Je t'en prie, installe-toi !
D'un ample geste du bras (qui ne tremblait plus), elle désigna les fauteuils et canapés présents dans la pièce en abondance pour l'inviter à s'asseoir. Les soins qu'elle prodiguait ne remédiait pas à la fatigue, et à moins qu'il soit pressé de prendre ses jambes à son cou, autant tirer parti de tout le confort disponible. De l'autre main, elle alla reposer sa propre tasse, qu'elle avait fini entre-temps, sur la table basse. Le thé avait perdu de sa chaleur et de son arôme, mais le plus important était d'avoir quelque chose dans le corps. De s'être prouvé qu'elle pouvait le boire. Rien que ça, ça lui démontrait qu'elle était déjà en meilleur état – ou l'y faisait croire. Et c'était bien le plus important dans tout ça.
Désolée, le chocolat ne doit plus être très chaud, mais on peut toujours le réchauffer. Sauf si tu préfères autre chose ?
S'il avait déjà meilleure mine depuis qu'il était reparu devant elle, il lui sembla toujours un peu pâle. Peut-être l'éclairage crépusculaire que projetait sur eux le foyer ardent avait-il à y voir, mais elle n'y croyait pas vraiment. Même s'il faisait de son mieux pour parler, agir avec le naturel – ce qui était son naturel avant que sa vie prenne un virage inopiné, si ce n'est un franc carambolage -, il y avait chez lui une réticence palpable. Là encore, comment lui en vouloir ? S'il n'y avait eu cet incident, ils ne se seraient jamais rencontrés. Indirectement, elle donnait forme à son cauchemar. Une forme humaine, et ce aussi rassurante qu'elle s'efforce de paraître. Cela ne la rendit que plus compatissante à son égard. Son sourire, désormais naturel, ne s'en fit que plus avenant, reprenant du terrain sur l'aplomb qui lui manquait.
Et bien, par le début. proposa-t-elle avec légèreté. Ne t'en fais pas, je peux comprendre, crois-moi. En fait, n'importe qui ici le pourrait. Je dirais bien que tu es bien tombé, mais je suppose que ce serait de mauvais goût. Disons plutôt que je suis la chance dans ton malheur, et tant pis pour le côté prétentieux de la chose. Sinon, tu peux aussi m'appeler Melody. Melody MacKenzie. Le cacher ne rimait à rien à ce stade. Et puis, après son expérience du jour, apprendre que sa sauveuse était une star mondiale devrait lui sembler d'un banal... Et par pitié, tutoie-moi ! Tu dois être plus âgé que moi.

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MessageSujet: Re: La mort comme seul trophée [PV Melody]   Dim 11 Jan - 8:00

Obéissant, le jeune homme vint se rasoir là où il s'était réveillé, peinant de toute façon à demeurer debout. Il sentait ses jambes trembler de manière imperceptibles et avait l'impression désagréable que ces dernières allaient le trahir d'une minute à l'autre. Autant ne pas rajouter une chute stupide à sa situation et à son humeur vacillante. Encombré de ses vêtements déchirés et souillés de sang, il se permit de les poser par terre, là où ils ne le gêneraient pas et où ils ne risquaient pas de faire des dégâts – bien que, il avait été allongé à même le divan. Peut être devrait-il s'excuser pour ça aussi mais avant que la moindre parole ne viennent effleurer ses lèvres, la jeune femme avait déjà enchaîner, lui indiquant la boisson qui devait ne plus être très chaude. Très honnêtement, Klaus ne savait même pas si il était capable de manger ou de boire quoi que ce soit. Son estomac contracté et la boule qui s'était formée au niveau de ce dernier lui indiquait plutôt que si il ingurgitait quoi que ce soit, il le recracherait aussitôt. Préférant se prémunir de pareil comportement, l'étudiant s'abstint de s'en approcher mais remercia poliment son hôtesse pour l'attention.

Ça ira. Merci. Il ne fit pas un geste vers la tasse, ce qui était assez révélateur de son intention. Peut être quand il serait plus à l'aise, quand cette boule s'étiolerait enfin mais pour l'heure... Ce n'était pas la peine. Lorsque la blonde vint déclamer son identité, l'Aleksander eut un instant de trouble que son visage ne parvint pas à dissimuler. Un froncement de sourcil qui s'accompagna d'un examen un peu plus minutieux du faciès de la demoiselle. Melody Mackenzie. Il connaissait ce nom et à présent qu'elle le lui avait révélé, il avait enfin fait le lien avec cette chanteuse métisse qui avait fait plusieurs tubes devenus célèbres de par le monde. Qui l'aurait cru ? L'allemand ne releva pas sa demande en ce qui concernait le tutoiement. Pour Klaus, le vouvoiement était simplement la base de toute relation et seul les adolescents et les enfants plus jeunes avaient le droit à un tutoiement d'office. Une simple politesse de façade. Je comprends mieux pourquoi votre visage me disait quelque chose alors. Une courte pause suivie cette phrase avant qu'il n’enchaîne. Enfin, ton, si tu préfères. Puisque le vouvoiement avait l'air de la gêner, il ne voyait pas l’intérêt pour l'heure d'y revenir.

Alors comme ça, elle était la chance dans son malheur. C'était une manière plutôt étrange de revenir sur ce qui s'était passé mais au fond, ça avait réellement été le cas. Ne l'avait elle pas sauvé par deux fois ? La première en arrivant sur place et la seconde, en l'emmenant ici ? Et puis d'ailleurs... Cette autre femme, où était elle ? Il éprouvait un peu plus de réticence à songer à elle, à cette femme à l'allure dangereuse et recouverte de carmin qui éveillait en lui, des sentiments plus troubles et néfastes que la blonde à côté de lui. Pour le moment, mieux ne valait pas parler d'elle. Au final, il récupéra la tasse tiédie, presque froide sans pour autant boire son contenu, juste pour avoir quelque chose de tangible à tenir. C'en était presque aussi rassurant que la danse des flammes. Tu m'as sauvé la vie plusieurs fois, je pense que ce n'est pas prétentieux de dire que tu es la chance dans mon malheur, finit-il par murmurer en contemplant le liquide brunâtre dansant au creux de ses mains. Et ce n'était pas de ta faute si j'étais là. Comme dirait sa mère, c'était la faute à pas de chance, et il aurait très clairement bien voulu dire deux mots à cette chance qui semblait littéralement le fuir. Suffisamment pour l’entraîner dans des situations abracadabrantes mais néanmoins pas assez pour que cela ne le tue. Cette pensée raviva les battements sourds de son cœur qui s'était calmé jusque là. Arrête. Arrête de penser à ça. Arrête. Le jeune homme raffermit sa prise sur l'objet qu'il tenait entre ses doigts pour faire taire ses tremblements. Penser à la mort n'était clairement pas le plus indiqué dans son état de nerf actuel.

Qu'est ce qu'il s'est passé ? souffla t-il en glissant un regard vers la musicienne. Et puis il y avait aussi ces types en noirs étranges qui avaient fait apparaître des abominations sans nom – cette femme surtout à l'allure austère et sinistre qui éveillait en lui, un trouble vivace. Il n'avait aucun espoir de passer une nuit à l'abri des cauchemars qui hantaient déjà ses jours.

Peut être qu'elle en savait un peu plus, peut être que lui voulait en savoir davantage aussi pourtant... Il n'en était réellement pas certain. S'aveugler encore un peu, rester dans l'ignorance plus longtemps encore ne lui semblait pas être une si mauvaise idée que cela, si ça lui permettait de rester à l'abri... mais il comprenait. Il comprenait que c'était déjà trop tard et même si les blessures n'étaient plus visibles sur son corps, elles labouraient son âme et étreignaient son cœur plus efficacement encore. Il était totalement perdu. Perdu entre la réalité qu'il désirait et celle qui s'imposait à lui sans concession.

Et maintenant, qu'est ce que tu vas faire Klaus ?


Un soupir effleura ses lèvres alors qu'il se perdait dans la contemplation de l'âtre flamboyant. En fait, je ne sais même pas si je veux vraiment savoir. Même si c'était stupide et dangereux et que son esprit cartésien lui soufflait qu'il ne pouvait plus reculer, qu'il ne pouvait pas fuir une nouvelle fois. Il le savait pourtant l'accepter lui paraissait être au dessus de ses forces.

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MessageSujet: Re: La mort comme seul trophée [PV Melody]   Sam 17 Jan - 11:56

Melody devait admettre que voir Klaus se rasseoir docilement la soulageait. Même s'il essayait de paraître digne, il paraissait évident qu'il tenait à peine sur ses jambes. Or, même si elle l'avait porté jusqu'ici (pas trop le choix) elle était tout sauf sûre de pouvoir réitérer l'exploit. La force – morale, sinon physique – lui manquait pour cela. De la même manière, sa gêne de la trouver ainsi aux petits soins avec lui – au prix même de son mobilier – était palpable. Elle ne put que sourire de plus belle pour le rassurer ; un canapé n'était rien si cela pouvait lui permettre de se rétablir dans les meilleures conditions.

C'eût sans doute été plus onéreux si elle avait poussé le vice jusqu'à l'installer dans un lit. Et même ainsi, l'ensemble des meubles, quoique d'excellente facture, n'était pas non plus le nec plus ultra. Avec les énergumènes qu'elle accueillait déjà sous son toit et ceux encore à venir, y injecter trop de fonds n'aurait pu être qu'une mauvaise idée. Ce fauteuil n'était pas le premier à être détérioré ni ne serait le dernier. Au moins celui-là est encore entier... Son invité lui affirma ne rien vouloir boire. La musicienne s'abstint de faire la moue. Dans ses dispositions actuelles, elle était convaincue qu'il n'en faudrait pas plus pour le faire culpabiliser. Mais elle n'en pensait pas moins.
Tu es sûr ? Tu as besoin de reprendre des forces. Je ne vais pas t'obliger, mais crois-moi quand je te dis que tu ne feras pas deux mètres passé la porte si tu prends pas d'abord la peine de te requinquer. Tu es tout pâle.
Enfin, il n'en était pas encore là. Tout deux avaient encore quantité de choses à discuter avant qu'elle n'accepte de le relâcher – à condition qu'il veuille bien les entendre. Ce n'était pas dans ses habitudes de retenir quelqu'un contre son gré. Toutefois, l'inquiétude lisible sur ses traits était sincère. Elle pensait à son bien-être avant tout, et osait croire que si incertains que doive lui paraître le monde à présent, il ne doutait au moins pas de cela – d'elle et de sa bonne foi. En qui d'autre pouvait-il croire, fallait-il dire ?

En se basant sur sa propre expérience, elle devait être à peu de choses près la seule figure stable et amicale dans son nouvel univers. Avec Sasha peut-être, mais cette dernière n'était pas connue pour être particulièrement rassurante. En tout cas pour qui ne la connait pas, songea-t-elle avec une douceur amère. Elle n'eut toutefois pas le temps de s'en laisser affecter que le sujet de son identité vint sur le tapis. Un éclat de malice dans le regard, la star de la pop posa le doigt sur ses lèvres closes, étirées en un sourire matois. Un clin d'oeil compléta la panoplie.
Ce sera notre petit secret ! J'imagine que c'est pas le moment de te proposer un autographe.
Ce qui pouvait valoir tant pour sa double-vie que pour son infraction à des règles de politesse qui lui tenaient manifestement à coeur. Cela resterait placé sous le sceau du secret, de même que tout ce qui se déroulait en cette demeure. N'était-ce pas un peu pour cela qu'elle avait été construite ? À en juger par son air concentré, la pensée anesthésiée de Klaus sortait peu à peu de sa torpeur. Les rouages de la conscience s'ébranlaient, remettant la machine en marche. La raison reprenait les rênes des émotions. Les derniers vestiges du rêve s'effritaient... Mais que pour mieux imprégner sa réalité. Toujours désireuse de le mettre à l'aise, elle se fendit d'un ersatz de salut militaire.
Je n'ai fait que mon devoir ! Non, sérieusement, c'est pas grand chose. Vraiment ! Je n'ai même pas pu t'empêcher d'être blessé. Tu as même été forcé de te battre. Et je suis désolée pour ça, d'ailleurs. Tu vas me dire que ça aurait pu être plus grave, et tu auras sans doute raison... Mais ça ne devrait jamais arriver.
La vedette ne pouvait s'empêcher de penser que cela aurait pu mieux se passer si elle n'avait pas perdu son temps avec les Shinigamis. Son point de vue sur eux n'avait que peu changé – voire pas du tout – mais étaient-ils vraiment si nuisibles qu'il faille en faire une priorité ? Elle avait commis une erreur. Ignorant des subtilités, l'archer ne pouvait s'en rendre compte, mais elle n'avait pas besoin de lui pour s'en stigmatiser. Pour ceux qui étaient déjà morts avant son arrivée, elle n'aurait de toute façon rien pu faire – comment aurait-elle pu prévoir ? –, mais pour le reste... Serait-il toujours aussi reconnaissant quand il comprendrait ce qui s'était réellement passé là-bas ? S'approchant à pas lents pour ne pas le brusquer, comme s'il s'était agi d'un animal rétif, elle posa ses doigts sur les siens, espérant ainsi les faire cesser de trembler.

Le geste n'avait rien d'intime, et elle pensait le jeune homme assez intelligent pour s'en aviser malgré le choc qui n'avait pas fini de le hanter. Ce qu'il y avait dans ce contact, c'était quelque chose de chaleureux, de presque maternel. D'une bienveillance infinie. Elle ne le prolongea pas à outrance toutefois, se doutant qu'il ne devait guère avoir envie de toucher ou être touché dans l'immédiat. Puisse-t-elle lui avoir été d'un quelconque secours. Sa question fut accueillie par l'un des rares silences de Melody. Ce n'était pas qu'elle ne veuille pas y répondre... Mais lui, voulait-il vraiment savoir ? La correction qui suivit lui confirma que non. Toujours debout devant lui, la britannique hocha la tête en signe de négation.
Je ne peux pas choisir à ta place. Trouver les gens comme toi et moi et les mettre au courant de ce qu'ils sont, c'est la mission que je me suis fixé... Mais j'ai pour principe de toujours les laisser décider. « La pilule bleue ou la pilule rouge, Néo ! », tu vois le genre. Même si je dois dire que dans ton cas, ça me semble difficile de reprendre une vie normale après ça...
Interrompant là son discours, elle garda les yeux rivés sur ses pieds quelques secondes durant, ne les relevant que pour les planter dans ceux de Klaus comme un harpon smaragdin. Elle avait sur le visage une solennité qui n'y était pas l'instant d'avant.
Écoute. Je ne vais pas te mentir, ce que tu as vu aujourd'hui n'est qu'une petite partie de tout ce que tu ignores... Ce n'est pas toujours aussi violent, mais ça peut l'être, et ça le sera sans doute encore. Ça arrive partout dans le monde, probablement même au moment où nous parlons. Maintenant que tu peux les voir, ils ne disparaîtront plus. Tu peux choisir de fermer les yeux, de les ignorer, mais ils seront toujours là. Alors... La question que tu dois te poser, ce n'est pas de savoir si tu veux savoir. C'est de savoir si tu veux oublier. Si tu peux oublier.

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MessageSujet: Re: La mort comme seul trophée [PV Melody]   Sam 17 Jan - 22:24

Pâle. Ces doigts demeurèrent accrochés à la tasse qu'il n'avait toujours pas bu, contemplant sans s'y attarder le liquide brunâtre qui se refroidissait entre ses mains. Il savait qu'elle n'avait pas tord, qu'il était important qu'il n'ingurgite quelque chose pour se remettre. Si Klaus connaissait bien quelque chose, c'était ses limites, notamment les limites de son propre corps et il avait coutume de ne pas les outrepasser. Plus que n'importe qui d'autres, il avait bien conscience que les dires de la blonde était on ne peut plus réels. Après une inspiration de rigueur, prenant son courage à deux mains, l'étudiant vint porter la tasse à ses lèvres, dégustant le breuvage avec appréhension. Son estomac se contracta mais la douceur du liquide parvint à lui faire oublier cette désagréable sensation. Le liquide était plus froid que chaud, et pour tout avouer, il n'aurait même pas su dire si ce dernier était bon ou non tant ses papilles paraissaient totalement inertes, incapables de ne serait ce que transférer cette simple information à son cerveau encore anesthésié. Il ne fit pas de commentaire sur le reste, sur cette célébrité que possédait la musicienne et qui lui paraissait pour l'heure, bien dérisoire comparativement à tout ce qui se passait. Bien sûr, il notait parfaitement l'étrangeté de la situation, qu'une célébrité telle que cette dernière n'affronte des monstres à l'aide de sa guitare mais il n'était plus à une bizarrerie près semblait il.

Les prunelles aciers du jeune homme vinrent se perdre une fois de plus dans les flammes ardentes de l'âtre. Concentrées, perdues, hantées. Si je ne m'étais pas battu, je serai mort. L'exprimer ainsi aussi froidement ne parut pas le troubler davantage. Ce n'était qu'un constat aussi froid que cruel qui ne cessait d'enfler dans son esprit et l'exprimer lui paraissait nécessaire pour en exorciser le fiel. Ces paroles n'en demeurèrent pas moins perturbantes à prononcer, ce qui ne fit qu'aviver plus encore les tremblements de ses mains. Un sursaut vint ébranler sa silhouette lorsque la belle déposa sur ses doigts sa paume ouverte. Un geste apaisant, chaleureux qui lui fit redresser la tête vers la demoiselle au visage bienveillant. Ébranlé, l'homme finit par baisser la tête, inspirant calmement alors que son interlocutrice reprenait lentement, abandonnant sa main.

Avoir une vie normale, c'était la seule chose qu'il avait toujours désiré. Un unique souhait. Un seul vœu qui jamais ne lui avait été accordé et ce, malgré les efforts qu'il avait fourni pour le rendre tangible. Il les avait toujours vu. Il s'était toujours senti à l'écart quand bien même niait il tout ce qui avait attrait au monde spirituel. A ce monde qu'il était seul à voir. Les paroles de la jeune femme étaient pleines de sens, pleines d'une vérité qu'il n'était toujours pas certain de vouloir entendre. Que voyait il en fermant les yeux ? Devant ses paupières closes dansaient ces mêmes images de cauchemars, ces corps sans vie et ceux emplis d'une vie impie qui dansaient dans une rivière écarlate. Partout dans le monde. Le poids de cette réalité tant rejeté paru l'accabler davantage encore, l'écrasant littéralement sous ce fardeau invisible. Pourquoi n'était il pas aveugle ? La gorge nouée, l'étudiant se laissa encore quelques minutes, un temps nécessaire pour se reprendre, pour répondre aux paroles de son interlocutrice patiente. Elle avait raison. Il souhaitait nier, purement et simplement, sans même réfléchir, juste fuir mais ses jambes ne pourraient jamais le porter assez loin pour le sauver de ce monde qu'il avait toujours rejeté.

Une de ses mains vint se poser là où il pouvait sentir le pendentif que sa mère lui avait légué, sa présence était rassurante, tangible. Il y puisa un peu de force. Non pas celle de se relever mais seulement celle d'ouvrir les yeux sur ce qui l'entourait, sur cet invisible trop prégnant. Avisant la tasse dans sa main, il reprit une gorge du breuvage avant de finalement reposer cette dernière là où il l'avait trouvé. Au moins ne sentait il plus ce goût de fer saturer ses sens.

Comment est ce que je pourrai oublier ? Sa voix était redevenu calme, grave, ses prunelles d'aciers vinrent se poser sur Melody sans trembler, peut être pour la première fois. Cette assurance de façade sembla s'étioler dès lors qu'il détourna son regard qui se reposa sur les flammes, sa voix elle, se fit plus basse, plus las aussi. Ce n'est pas comme si ma vie avait été réellement normale un jour... Il courait après une chimère. Un mirage inaccessible.

Il prit une inspiration, reprenant le fil de ses pensées et de cette conversation qu'il se devait d'avoir. Il ne pouvait plus fuir. Il était trop tard après tout ce qu'il venait de vivre. Ce qu'il venait de faire. Il était si ignorant. Et cette ignorance était dangereuse. J'ai toujours vu les fantômes, d'aussi loin que remonte ma mémoire, mais ce genre ... d'être, jamais. Ils étaient vivants. Ses mains se crispèrent sur ses cuisses alors que les souvenirs de ces êtres se ravivaient. Ces murmures. Et ces flèches de lumières qui les avaient stoppé. Ces flèches qu'il avait tiré, lui. Il aurait préféré ne pas s'en rendre compte. Si cela avait été de simple monstre, des Hollow, alors il n'aurait probablement pas été aussi dégoûté, troublé, hanté. Il se détourna sur la belle, essayant de maintenir ce masque de neutralité sur son visage, ne pas craquer, ne pas dévoiler les émotions tempétueuses qui faisaient vaciller son âme. Si tout était si simple. Je dois savoir. Même si je veux oublier, je ne peux pas. Je ne peux tout simplement pas. Alors, s'il te plait, dis moi ce que tu sais Melody. Il ne pouvait pas fuir éternellement.

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MessageSujet: Re: La mort comme seul trophée [PV Melody]   Mer 28 Jan - 14:49

C'est bien le problème. Personne ne devrait y être forcé.
Et forcé, il l'était, son sourire. C'était une déclaration sincère. Bien sûr, elle était contente qu'on se joigne à elle dans sa croisade. De savoir qu'elle ne luttait pas seule, et un peu moins chaque jour. Mais que ceux qui venaient grossir les rangs le fassent le couteau – ou la mâchoire – sous la gorge n'était pas le but. L'aurait-il fait de lui-même si ce n'avait été la seule solution pour sauver sa peau ? Ils ne le sauraient jamais, à présent. Donc si, quoi qu'il en dise, c'était la preuve qu'elle avait mal fait son travail. Celle de la perte de Sasha n'aurait été si proéminente que la culpabilité l'aurait étouffée pour cela.

Pour elle qui avait toujours prôné le libre-arbitre, rien n'importait plus que de sauvegarder celui de ses protégés. De réunir des conditions dans lesquelles ils ne subiraient de pression ni dans un sens ni dans l'autre. Qu'ils puissent écouter ce qu'elle avait à dire et décider ensuite, en leur âme et conscience, de ce qu'il convenait de faire. Et qu'ils n'aient rien à craindre s'ils ne souhaitaient pas faire partie de leur grande famille. Qu'ils puissent mener une vie ordinaire, celle où il ne faut pas lutter pour sa vie – pas comme ça. Dans le cas de Klaus, on ne pouvait guère parler que d'échec complet, et le terme serait encore faible.

Comme elle autrefois, c'était par les versants les plus sombres qu'il s'était introduit dans l'envers du décor. Et s'il n'avait pas dû le faire tout seul (ce qui, espérait-elle, minimisait le traumatisme même rien qu'un peu), il n'en restait pas moins qu'il s'était retrouvé l'arme au poing. Or, l'Histoire tendait à souligner que l'enrôlement forcé, s'il tendait à devenir une norme, était annonciateur de conflit imminent... Pas très rassurant. Pinçant les lèvres à cette idée, elle constata toutefois avec plaisir et soulagement que Klaus s'était décidé à boire. Qu'il en ait envie ou non, ce n'était pas le plus important ; tant qu'il en avait la volonté.
Me voilà rassurée ! J'allais finir par croire que j'avais même réussi à rater un chocolat chaud. s'exclama-t-elle, plus guillerette que la situation n'aurait dû le permettre – mais ce n'était qu'une illusion. « Rester forte », tu parles...
Son regard se posa sur le médaillon de Klaus quand ce dernier le fit tinter au bout de ses doigts. Elle aussi, il l'intriguait. Apparemment, c'est de là que son arc était apparu. Mais la sensation (elle ne voyait pas d'autre terme) n'était pas celle d'un Fullbring. Évidemment, elle avait aussi bien pu se tromper au coeur de la bataille, mais... Il lui avait toujours semblé que ces objets, même au repos, exhalaient une sorte d'aura. Comme si on pouvait « voir » à travers eux toute la valeur sentimentale que leur propriétaire leur portait. Or, s'il ne faisait aucun doute que l'archer y était attaché, il ne lui laissait pas la même impression.

Il y en avait bien une, mais c'était comme... Autre chose. Quelque chose de très similaire, mais en même temps complètement différent. Cela pouvait tout aussi bien être parce qu'il venait tout juste de s'éveiller à sa vraie nature, mais cette nuance la taraudait. Dès lors qu'il serait dans de meilleures dispositions, elle s'assurerait de tirer ça au clair. Ses prunelles d'émeraude dévièrent vers l'étui à guitare qu'elle avait abandonné dans un coin de la pièce. Ce que nous avons de plus cher, hein... La réflexion n'alla pas plus loin. Klaus venait de faire un choix. Ce dont elle fut presque désolée pour lui – désolée qu'il ait été influencé, ou encore que les choses se soient ainsi passées. Tant de raisons de l'être, à bien y songer...
Comme tu voudras. ratifia-t-elle simplement.
Et, avant qu'il ne change d'avis, elle amorça son discours. Mieux maîtrisé que les premières fois, mais toujours un rien informel – elle n'était pas faite pour ça. Un discours qui aurait paru être le fruit d'un esprit malade en d'autres circonstances, mais dont l'auditeur ne pouvait ici plus renier au moins une part de vérité. Pour le reste, ce serait à lui d'en juger.
Bon, et bien... Tout d'abord, je suppose que tu dois savoir que le monde où on vit n'est pas le seul qui existe. En tout, il y en a trois - ou peut-être même plus : au point où on en est, ça ne m'étonnerait pas. Pour être franche, tu as eu de la chance de ne pas tomber sur un spectacle de ce genre avant aujourd'hui. Comme je te l'ai dit, ça arrive partout, mais surtout au Japon. 'Me demande pas pourquoi. Karakura hier, Tokyo aujourd'hui...
Elle le dévisagea, se demandant si la mention de la ville morte allumerait dans son regard une flamme de lucidité. Parler de ce à quoi ils avaient été confrontés comme étant des Hollows facilitait les choses, mais ne suffisait hélas pas à l'en persuader elle aussi.
Mais si on n'en voit pas tout le temps, c'est parce qu'ils ne sont pas d'ici. Ils ne viennent pas de nulle part non plus. Ils ont leur monde à eux, et n'en sortent... Et bien... Que quand ils ont un petit creux. C'est pareil pour les types en kimonos – on les appelle les Shinigamis. Un monde chacun, et on arrive quand même à se retrouver en pleine guerre de territoire. Tu le crois, ça ?
Elle se massa le front du bout de l'index, tentant de garder un discours structuré, de ne rien oublier.
Tu me suis jusque là ?

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MessageSujet: Re: La mort comme seul trophée [PV Melody]   Ven 30 Jan - 21:12

Dans un monde idéal, personne n'aurait besoin de se battre pour survivre. Dans un monde normal, dans lequel il aurait pourtant dû vivre auprès de cette famille avec laquelle il n'avait aucun lien de sang, il serait resté un simple étudiant comme les autres, qui aspirait à faire quelque chose de précis de sa vie. De précis et d'inoffensif dans laquelle il n'y aurait pas d'autre sang versé que celui qui coulerait d'une blessure bénigne. Ce monde hélas, n'existait pas pour lui. C'était un fait, une réalité qu'il était à présent bien dérisoire de fuir, bien illusoire aussi. Trop tard. C'était la seule chose qu'il voulait dire à la chanteuse mais il préféra s'abstenir. Elle avait raison. Bien sûr, il était cruel de forcer une personne à faire ce qu'elle ne désirait pas, à prendre les armes pour défendre son droit d'exister cela dit, l'Histoire regorgeait de personnes qui n'avaient pas eut le choix. Et puis, même sans aller si loin dans le passé, peut être même juste là, devant ses yeux.

Je suppose que je ne suis pas le seul dans ce cas. Les mains jointes, l'allemand préférait couper court à ce genre de digression, cette forme de compassion sur laquelle il ne voulait pas s'attarder. Il se sentait déjà suffisamment mal sans avoir conscience qu'il inspirait de la pitié à quelqu'un. Ce n'était probablement que de la fierté mal placé, cet orgueil tout masculin qui lui signifiait depuis tout petit qu'il n'était pas bon pour un homme que de dévoiler ses faiblesses face aux autres. Stupide, mais tout aussi fragile que l'enthousiasme joyeux de la chanteuse au sourire délicat. Délicat dans son éclat mais surtout, dans sa présence évanescente. Il était là, couvrant ses lèvres pourtant, il avait l'impression que ce n'était que comédie de sa part. Non pas de manière mesquine, mais davantage comme un masque qu'elle plaçait sur son visage par habitude, par besoin aussi. Tout comme le sien, cette neutralité exacerbé par sa volonté de ne pas trop laissé paraître son trouble. Évidemment, l'illusion était bien trop fragile pour être indiscernable.

Et finalement, elle se lança dans ses premières explications. Honnêtement, il ne savait à quoi s'attendre, appréhendant ce qu'elle allait lui dire comme autant de vérité qu'il se devait d'accepter pour survivre. Après ce jour, il n'avait pas d'autre choix que celui de supporter cette réalité qu'il ne faisait que fuir, nier. Elle supposait assez mal. Il n'en laissa rien paraître, mais ses doigts se crispèrent entre eux alors qu'elle commençait à donner ses explications pour le moins effarante pour tout être humain lambda. Il était par ailleurs, assez désagréable pour lui que de réaliser qu'il n'était déjà plus cet homme normal pour ne pas dire banal qu'il avait toujours ardemment essayé d'être. Il ne savait pas qu'il y avait plusieurs monde, il le supposait seulement sans vraiment savoir d'où venait cette idée première. Peut être que ses parents biologiques lui en avaient parlé ? Se souvenir d'eux étaient trop ardu – et il songeait que ce n'était guère le moment pour ça non plus. Attentif, il délaissa l'âtre pour contempler la jeune femme et ainsi se concentrer davantage sur ses dires. Pour la chance, il préféra se taire – il aurait surtout été préférable qu'il ne tombe jamais sur un tel carnage – cela dit, il haussa un sourcil surpris à la mention de Karakura. Bien sûr, il connaissait cette ville et sa disparition aussi brutale qu'inexpliquée. Sachant que cet incident avait fait grand bruit, que c'était par dessus tout, lors de sa première année à Tokyo qui lui avait valu nombre de coup de fil inquiet de la part de sa mère...

Cette ville était comme Tokyo. Est ce que cela signifiait que la capitale nippone risquait la même fin tragique … ? Ce n'était qu'un début d'explication et déjà, le jeune homme se voyait pour le moins débordé de question. Il suivait, certes, et le fit comprendre à la demoiselle d'un signe de tête mais il ne put s'empêcher de laisser sa langue se délier.

Des shinigamis... Des sortes de dieux de la mort ? Un frisson parcouru son corps alors qu'il avait l'impression de ressentir la présence funeste de la femme en kimono qui avait disparu dans le sang. Le simple souvenir de cet instant révulsa son estomac et il craignit un instant de rendre le peu de liquide qu'il avait bu. Ses mains se délièrent et ses doigt vinrent se perdre devant sa bouche. Oublier serait difficile. Était-ce seulement possible ? Il inspira un peu d'air, essayant d'éloigner les souvenirs, les échos et tout ce qui accablait son esprit. Secouant la tête, il s'excusa auprès de la chanteuse avant de reprendre le fil de ses pensées.

Il s'est passé quelque chose de...similaire à Karakura ? Il espérait que non. Sinon, cela signifiait simplement que Tokyo courait à sa perte et ce n'était clairement pas quelque chose qu'il souhaitait voir de son vivant. Il avait assez supporté d'horreur, même si il craignait que, comme le signifiait implicitement la musicienne, ce n'était là que le début...

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MessageSujet: Re: La mort comme seul trophée [PV Melody]   Sam 31 Jan - 19:17

Hélas.

Elle n'ajouta rien de plus. Ainsi que Klaus le lui avait fait comprendre - et qu'elle le savait déjà, malgré les apparences -, continuer sur cette voie utopique ne les mènerait nulle part. Ils avaient des choses autrement plus importantes à se dire - elle, du moins. Et le bagage (le fardeau) à transmettre était suffisamment considérable que pour ne pas l'alourdir de pertes de temps. N'accéder à un niveau supérieur de compréhension que pour devoir se battre pour sa vie... La régression qui se nourrit du progrès, comme le ver de la pomme. Triste constat. S'y attarder l'aurait probablement rendue morose, si elle ne l'avait déjà été. Point d'apitoiement ici cependant ; d'émotions pour la journée, elle avait eu son content. Oui, l'archer avait raison, funestement raison. Se l'entendre dire par lui, qui ne savait que ce qu'elle lui en avait dit ou presque, mit un terme à ses dérives Qu'il soit à même de fournir une telle réponse témoignait déjà d'une certaine acceptation - ou résignation ; qui pouvait le dire ? Et dans le cas présent, les deux n'étaient-ils pas parents ?

S'accrochant à cette pensée comme à une bouée de sauvetage, comme un regard éperdu à un phare dans la nuit, elle reprit. Continuer à parler, n'être plus que la voix de l'Histoire mettait naturellement une distance entre elle et ses états d'âme. Ce n'était pas pour lui déplaire, elle en avait assez souffert. Pour la journée, du moins. Car tout recommencerait demain. Mais autant ne pas y penser. Autant croire que tout pouvait encore arranger, comme elle l'avait toujours fait. Ça lui avait plutôt réussi, pas vrai ? Enfin, de mettre les pieds là-dedans... À le voir boire ses paroles jusqu'à la lie, Melody n'eut aucun mal à deviner que Klaus devait être un élève studieux - non que ses airs sérieux ne le lui aient déjà laissé présumer. C'était tant mieux : se livrer à un pareil exposé - et ne pas s'y perdre de surcroît - était bien assez alambiqué sans avoir à se répéter. Le laissant digérer le flot de données, la célébrité fit quelques pas pour se dérouiller les jambes. Rester sur place à se morfondre, ce n'était pas pour elle. Il lui fallait parler, bouger, vivre - exister.
C'est cela même, confirma-t-elle dès qu'il posa la question. Des dieux autoproclamés, qui ont fini par se croire en droit de décider de la vie et de la mort. J'en sais quelque chose.
Elle n'en dirait pas plus. Sa propre tentative d'assassinat, passe encore - ça faisait quand même plus de trois ans. Elle s'en était remise, sans pour autant pardonner. Elle était passée outre, sans pour autant oublier. Pour le reste... Pour Sasha... C'était encore trop récent. Ses ongles s'enfoncèrent en silence dans le bois de la table voisine où elle s'était apposée. Où qu'elle aille et quoi qu'elle fasse, le bourreau était toujours le même. Si son antipathie envers les Shinigamis était générale, cette femme y était pour beaucoup - voire la cristallisait toute entière. C'était par elle que tout avait commencé. Serait-ce par elle que tout finirait ? Réprimant la hargne que le simple fait d'y penser lui inspirait, Melody releva la tête pour regarder Klaus. Il n'avait pas à faire les frais des humeurs néfastes que lui inspirait le visage de la Faucheuse - celui qui rejaillissait de ses pensées les plus noires pour peupler chacun de ses cauchemars.
Ça n'arrivera plus.
Aussi paisiblement que faire se peut, elle l'avait coupé dès que Karakura était revenue sur le tapis. Bien que toujours aussi chaleureux, son ton ne souffrait aucune contestation. Pas tant que j'aurai mon mot à dire. Elle ne laisserait pas ça se reproduire. Sa réponse, catégorique s'il en est, ne tenait cependant pas à ce seul fait - elle n'aurait pas cette prétention. Les responsables n'étaient plus qu'un souvenir vieux de deux ans, dont la poussière s'était mêlée à celle qui virevoltait dans les ruines de l'ancienne cité. Melody osait croire que des illuminés avec l'ambition de façonner leur propre monde, il n'y en aurait plus avant un moment. Elle ne pouvait certes pas en jurer, mais... Les choses n'étaient-elles pas déjà assez compliquées ? Fallait-il en plus s'attendre à une répétition des erreurs du passé ? Il n'était pas le premier à appréhender une récidive. Si quelqu'un s'en inquiétait, c'était bien elle. Oh, elle aurait pu lui donner des détails, lui expliquer sur quoi elle se basait pour l'affirmer. Mais non.

Les Mahō Tsukai n'étaient plus de ce monde, ni d'aucun autre. En parler serait perdre son temps à regarder en arrière plutôt que d'apprendre à identifier les menaces du présent. Cette parenthèse ne pourrait certes pas demeurer éternellement close ; viendrait un moment où elle serait bien forcée de lui raconter. Mais pas comme ça. Pas maintenant. Pour l'heure, il lui faudrait se contenter de sa parole. Et c'était bien suffisant. Se redressant à nouveau, mais sans se priver de son appui, elle inspira un long moment en vue de sa prochaine tirade. Elle connaissait bien les gens comme Klaus, atteint d'une nervosité chronique. Le seul remède, c'était de leur occuper l'esprit, leur donner matière à penser. Ce qu'elle comptait bien faire, même si le matériel de réflexion qu'elle avait à fournir défiait aussi bien logique que sens commun. Pianotant sans s'en rendre compte sur l'épaisse plaque de chêne aux odeurs de cire, elle réattaqua tout de go.
Les Shinigamis sont censés n'être là « que » pour envoyer les âmes des morts au Paradis. Soul Society, comme ils appellent ça. Comme tu as pu le voir, on en est loin. Ils les protègent aussi des Hollows, qui essaient de les manger. Enfin, ça, c'est sur le papier... brocarda-t-elle, sarcastique. Ah, les Hollows, ce sont les bêtes masquées. Ils ne ressemblent normalement pas à ce que nous avons vu, mais ça en est assez proche. En général, ils ne s'en prennent pas aux vivants. Si certains arrivent à développer un semblant d'intelligence, la plupart ne sont que des animaux affamés. Tout ce qu'on peut leur reprocher, c'est d'avoir un régime... Particulier.
Une explication à laquelle tout le monde n'adhérerait pas. Mais c'était la sienne, et la seule qu'elle ait à donner. Et elle pensait son auditeur du jour (j'ai l'habitude d'avoir plus de public) assez intelligent que pour ne pas lui vouer une confiance et une obéissance aveugle. Aussi flatteur que ce soit, il valait mieux que ça. Le meilleur moyen de savoir, ça reste encore de le vivre. Quand il s'y sentirait prêt, cela va de soi - elle n'était pas sûre qu'il soit déjà d'attaque pour d'autres sensations fortes. Portant une main à sa tempe, la rockstar la massa du bout des doigts. Parler la détendait, et la fatigue commençait à resserrer sur elle son étau. Bientôt, le poids de sa tête lui paraîtrait décuplé ; autant ne pas se perdre en futiles précisions.
« Nous » - elle mima les guillemets avec les doigts - ne sommes apparus que très récemment. Et le moins qu'on puisse dire, c'est que ça leur a pas plu. Je suppose qu'ils vivent mal le fait d'ajouter une inconnue à une équation vieille de plusieurs millénaires. Or, je pense que tu l'auras remarqué, ça ne nous empêche pas de savoir nous défendre tout seuls. Mais du fait qu'ils ont soi-disant été longtemps les seuls à protéger la Terre, ils ont tendance à se croire un petit peu trop chez eux. Et personnellement, quand je vois de quoi ils sont capables... J'ai tout sauf envie de les laisser squatter chez moi.

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MessageSujet: Re: La mort comme seul trophée [PV Melody]   Jeu 5 Fév - 19:15

Klaus ne comprit guère le sous entendu de la chanteuse, cela dit, au vu du ton de sa voix, il se doutait que cette dernière ne portait guère ses fameux shinigamis dans le creux de son cœur. Et comment lui en vouloir ? Lui même n'était pas certain d'en apprécier la représentation qu'il en avait vu ce jour, cette femme macabre et funeste qui révulsait son cœur. Il ne s'était guère trop attardé sur ses deux suivants mais en un sens, il avait préféré se concentrer sur son propre combat plutôt que sur des êtres oubliés. Invisibles. Il n'en demanda pas davantage, cherchant rarement pour ne pas dire jamais à s’immiscer dans la vie d'autrui. Il n'était pas indiscret et laissa la belle clore le sujet qu'il avait de lui même mis sur la table. Il n'y aurait pas second Karakura selon elle. Alors ça signifiait seulement que ce qui était une catastrophe naturelle était en réalité une catastrophe surnaturelle, et que la chanteuse avait connaissance de la véritable histoire dissimulé au commun. Voulait il le savoir ? Il aurait été bien inspiré de dire que ce n'était pas le cas et au fond, c'était vraiment ça. Il venait déjà d'en apprendre plus que la plupart des japonais rien que par les non dits énoncés par la musicienne, et il avait trop à emmagasiné pour s'attarder sur ce qui était révoqué – quand bien même cela avait-il été une catastrophe sans précédent pour l’île nippone.

Quand elle en vint aux hollows, le jeune homme eut tôt fait de braquer sur elle, un regard perplexe pour ne pas dire incisif. Elle parlait d'animal là où lui songeait monstre. Et pour des créatures qui n'attaquaient pas les vivants, il trouvait qu'elles avaient tendance depuis peu à un peu trop s'attarder sur sa personne. Je connais déjà les Hollows. Et je n'apprécie pas spécialement leurs régimes alimentaires, surtout quand je fais parti du menu. Son ton était plus tranchant que prévu mais moins piquant que ce dont il était parfois capable en temps normal. Plus las en réalité. Glissant ses paumes l'une contre l'autre, l'étudiant soupira avant de laisser cette phrase disparaître dans le silence. A quoi bon insister sur ce point ? Ce n'était pas comme si il venait de vivre pire encore que ce que ses pis cauchemars auraient pu lui faire subir. A côté de cela, cette attaque de Hollow survenue plusieurs semaines auparavant et durant laquelle il avait découvert ce pouvoir endormi lui paraissait ridicule, futile même. Il laissa la suite des explications de la demoiselle le distraire de ses sombres pensées. Se concentrer sur autre chose pour oublier autant que possible, pour retarder l'échéance afin d'éloigner la peur.

Nous. Ce nous qui signifiait tout et rien, ce même nous qui devait englober Melody, Slovodan, cet homme de pierre, cette femme disparue dans le sang également... Un nous singulier pour ne pas dire étrange à concevoir, quand bien même s'était il rendu compte qu'ils étaient proches, sans toutefois parvenir à l'accepter réellement … La pluralité des pouvoirs qu'il avait contemplé en si peu de temps lui donnait presque le tournis et c'était sans compter sur tout le reste. Il sentait poindre le mal de crâne qu'il était parvenu à endiguer un peu plus tôt. Et qu'est ce que « nous » sommes, au juste ?

Il avait l'impression de ne faire que ça, d'interroger la blonde pour en apprendre davantage, pour en emmagasiner plus comme si cela suffirait à lui faire comprendre entièrement cet univers inconnu. C'était un peu le cas, certes, mais il avait aussi l'impression que cela ne faisait que l'étendre davantage en le rendant d'autant plus obscurs. Il secoua la tête pour ôter les quelques images qui s'attardaient aux derniers mots de la belle. La puissance de ces dieux de la mort ne paraissait en effet pas superflu, loin de là. Cette sinistre faucheuse en était un exemple criant et il était clair qu'il préférait ne pas apercevoir un tel être se balader librement sur terre, surtout dans son entourage proche. Il avait cela dit bien compris que, même invisible du commun, les dommages eux, ne l'étaient point. J'aurai préféré ne pas les croiser également. Tout comme... Tout comme le reste. Pourquoi ? Pourquoi est ce que l'image de cette fillette suppliante et affamée revenait-elle le hanter ? Son visage anormal, à moitié dévoré par un masque semblable à ceux des hollows mais dont le reste du corps paraissait presque normal, pratiquement humain. Si fragile et pourtant, maculée de sang. Fermant les yeux, il laissa un soupir passer ses lèvres, désabusé, blessé, douloureux. Foutue mémoire qui ne cessait d'agiter les souvenirs macabres !

Ce n'était pas des hollows, hein ? Et cette réponse était peut être celle qui l'effrayait le plus.

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MessageSujet: Re: La mort comme seul trophée [PV Melody]   Ven 6 Fév - 9:20

L'idole s'en voulait un peu de n'avoir à offrir à Klaus que sa vision biaisée des choses. Même si son intention n'était pas d'initier un débat, une opinion contraire – ou plus conciliante à défaut d'autre chose – aurait été la bienvenue. Hélas, malgré l'immensité du manoir, il n'y demeurait présentement personne à part eux. D'où ils étaient, elle n'avait aucun indice ; tout ce qu'elle pouvait assurer, c'était que leur présence aurait été d'un grand soutien en ces heures difficiles. Ben faudra faire sans. Les aspirations qui les avaient ici réunis étant ce qu'elle sont, leur participation n'aurait sans doute pas changé grand chose tout compte fait. Fut-il en bonne voie pour se remettre, Melody doutait que Klaus soit prêt à rencontrer ses « colocataires » - l'était-on jamais vraiment ?

Non, il en avait assez vu pour aujourd'hui.

Entendu par contre... Car elle pouvait bien se le répéter, tenter de s'entrer cette idée dans le crâne, elle n'arrivait pas à s'empêcher de parler. Parce qu'il le demandait, certes, mais rien ne l'y obligeait. C'est pas parce qu'un suicidaire te demande une lame de rasoir que t'es censée la lui filer. se sermonna-t-elle en pensée, non sans se féliciter tout de suite après pour le morbide de la comparaison. Tu crois pas que toi aussi, t'as eu ta dose pour la journée ? Probablement que si. Mais le problème avec toutes ces horreurs, c'est qu'on sait où ça commence, pas où ça s'arrête – on ne décide pas. Dans le cas de Klaus, c'était différent. Il ne tenait qu'à elle de réguler le débit, voire de le réduire à néant. Pourtant...

À croire qu'elle le faisait exprès. Comme si elle prenait un malin plaisir à lui asséner ces faits, ces (ir)réalités, à l'en rendre malade. Comme si elle butinait à la source fertile de son malaise son propre remède, sa panacée au mal-être. Cette soudaine constatation ne lui plut pas du tout. Non ! Elle n'était pas comme ça. D'un autre côté, elle n'était pas dans son état normal, et c'était peu de le dire. Une lutte interne s'engagea. Devait-elle en rester là pour ne reprendre que quand elle (ils, en fait) serai(en)t en meilleur état ? Ou ne pas s'arrêter avant le point final, à présent qu'elle était lancée ? Malheureusement, les couleuvres qu'elle essayait de lui faire avaler se gardaient assez mal, même au frais. Faire cela en plusieurs fois ne servirait qu'à prolonger le supplice.
Comme chacun de nous. Tout le monde ici a ses petites anecdotes. Encore un peu et on pourra se les raconter au coin du feu. Mais c'est une autre histoire.
Vive malgré sa dissipation, elle s'était débrouillée pour attraper la balle au bond. Advienne que pourra. Tant que Klaus ne lui en voulait pas... Qu'elle soit encore capable de se le demander la ragaillardit quelque peu, la rassurant sur ses propres intentions, conscientes ou non. Ce qui lui était arrivé était injuste, infâme, mais personne d'autre qu'elle n'avait à en payer le prix. Ça ne lui donnait pas le droit de se venger sur qui que ce soit. Ce qu'elle savait. Mais elle avait appris aussi que se répéter ce que l'on sait déjà peut parfois tout changer. Pour qui évolue au sein de ce monde aux mille-et-un périls, n'est-il pas capital de savoir mieux que jamais qui on est ? Où on va, ce n'est pas bien important. S'y perdre n'est pas grave, tant que ce n'est pas soi-même que l'on égare en chemin.
Des Fullbringers ! clama-t-elle fièrement d'un ton d'évidence. T'as pas à t'inquiéter, on est aussi humains qu'il est possible de l'être, au moins à la racine. On a juste un petit truc en plus. Enfin, petit... Ça dépend des cas, mais tu vois le tableau.
Cette dernière phrase se ponctua d'un sourire en coin, ses yeux happant les siens de leur éclat smaragdin. Parler de « petit quelque chose » après qu'il l'ait vue à l'oeuvre devait sonner un peu ridicule, mais c'était pourtant la stricte vérité. 100% humain, garanti produit de la Terre ! Néanmoins... Le tableau dont l'Étoile lui parlait, celui qu'elle peignait un coup de pinceau après l'autre comportait aussi une ombre, et de taille. Ça ne va pas lui plaire. Se mordant la lèvre pour chercher ses mots, elle n'en trouva finalement aucun et se jeta à l'eau avant que son silence commence à paraître suspect.
Le problème... Possédée par un démon du nom d'Anxiété, elle se frictionna de la main droite le bras opposé. C'est que je suis pas sûre que ce soit ton cas. Je veux dire... Panique pas, hein ! Pour autant que je puisse en juger, tu es comme moi. Humain. Enfin, normal, quoi. Mais la sensation à quelque chose de différent. De plus pur, se retint-elle d'ajouter, intimement convaincue que cela ne voulait rien dire. Avide de décompression, Melody haussa nonchalamment les épaules. ...Mais je peux me tromper. Bah, oublie ça ! C'est sans doute juste moi qui délire. J'ai pas envie que t'ailles te prendre pour un alien ou un truc du style. On est tous les deux très fatigués. Et moi j'ai pas pu faire de sieste, quelqu'un m'a piqué mon canapé.
Le reproche dans le regard qu'elle lui lança était si contrefait qu'il ne dura pas une seconde avant qu'elle s'éclaire d'un sourire matois. Bien sûr, quoi qu'elle dise, cette distinction allait la travailler encore un moment, mais il n'était pas utile qu'il partage son incrédulité au-devant de ce fait. Quand elle aurait au moins un début de réponse à lui donner à ce propos, ils en reparleraient. Peut-être. Le pauvre n'était pas plus au bout de ses peines que de ses surprises, vraisemblablement. Deux pour le prix d'une. rumina-t-elle tout en le toisant pour s'assurer qu'il avait bien renoncé au sujet. L'oisillon tombé du nid qu'il était aurait du mal à regagner sa paix d'esprit, la musicienne pouvait s'en douter ; d'un autre côté, avait-elle vraiment le droit de le laisser dans l'ignorance, dans le noir complet ? Si c'était pour être accusée de lui avoir menti, non merci.

Étant le premier – et seul – concerné, le droit de savoir était sien avant tout. Elle n'en était que l'intermédiaire, le moyen d'expression. Secrétaire de la Vérité. Ouah, ça en jette. À croire que la fatigue avait sur sa personnalité l'effet d'un aimant à sarcasmes – qu'elle réussissait à garder dans la plus stricte intimité de son mental, heureusement. Plus d'un l'auraient déjà déclarée bonne à enfermer à ce stade de la discussion. Il n'aurait pas fallu qu'elle se mette en plus à marmonner le fond de sa pensée, quand bien même il ne manquait pas de piquant. Et déjà, c'était au tour d'un autre sujet « sensible » de reprendre du service. Devant le répit réclamé par ses jambes, la rockstar se laissa choir auprès de luidans le canapé. S'emparant d'un des coussins brodés à l'excès, elle lui infligea le terrible et inexorable étau de ses bras.
Non, je ne crois pas. Ça y ressemble, mais ça n'en est pas. Là encore, je ne peux pas être tout à fait sûre. Je ne suis pas très douée pour tout ça. Mais si ça n'en est pas, alors... Qu'est-ce que c'est ? Je ne sais pas. Ou plutôt, je ne suis pas très sûre que je veux savoir. Et je me doute que y'a pas que moi. Mais... Il y a bien quelque chose que j'ai remarqué. Toi aussi, tu t'en es peut-être rendu compte. Ils n'étaient pas... Enfin, ce n'étaient pas des fantômes.
Dans d'autres circonstances, elle en aurait peut-être ri d'un « Il est vivant ! » Frankensteinien.

Dans une autre réalité où elle n'en aurait pas eu envie de pleurer.

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MessageSujet: Re: La mort comme seul trophée [PV Melody]   Sam 14 Fév - 19:17

Ce qu'il était. Ce qu'ils étaient. Voilà une question sur laquelle il était préférable de se pencher et non pas sur tout ce qui paraissait plus irréelle encore, plus incertain. Toutes ces vérités – de ce qu'elle en disait du moins, mais avait-il une raison d'en douter ? - à assimiler, à comprendre, à digérer une fois encore. Tout cela paraissait si absurde et pourtant, il écoutait, attentif, silencieux, parvenant bien difficilement à se recomposer un visage humain. Défait, il dissimulait le trouble derrière un masque de papier. Le terme fullbringer vint en rappeler un autre qui, prononcé dans la bouche d'un colosse de pierre, possédait une sonorité proche, semblable. Il accueillit le terme avec une certaine réserve, silencieux, il le fit rouler dans son esprit pour s'en imprégner. Humain mais avec quelque chose en plus. Une définition bien simpliste d'individus capables de tels prodiges ou de telles bizarrerie. Il se laissa happer pas les prunelles de la blonde avant de finalement comprendre que quelque chose clochait dans son attitude. Que quelque chose n'allait pas avec ce qu'elle disait. Alors c'était comme ça. Purement et simplement, elle déclamait un terme, lui offrait une dénomination, une réponse qu'elle lui ôtait l'instant d'après. Son regard terni se posa sur ses paumes, y cherchant peut être une réponse à toutes ses questions se faisant bien trop envahissante, trop prégnante. Il en avait assez d'être un simple pion, de subir les assauts sans comprendre, emmuré dans un monde de faux semblant.

Au moins, je suis humain. En réalité, pouvait il réellement en être aussi persuadé ? Les pouvoirs jaillissant de ses mains, ces traits de lumière et cet arc, cela appartenait il réellement à un simple humain ? Le regard du jeune homme se détourna sur la musicienne qui, vainement, essayait de dérider le faciès neutre de son interlocuteur. Perdu, la belle vint se reposer à ses côtés, abandonnant cette fois-ci, son faux sourire courroucé pour adopter une expression bien plus terne alors qu'elle se laissait chuter à côté de lui. Les prunelles aciers de l'étudiant la détaillèrent un instant resserrer contre elle, un coussin brodé. Elle paraissait plus fragile ainsi prostrée, bien moins assurée qu'elle ne l'avait faussement été jusque là. Ils étaient fatigués, c'était une réalité. Mais c'était également cette dernière qui les épuisait, les vidait de toute substance.

Ils n'étaient pas des fantômes. Silencieux, il acquiesça simplement lorsqu'elle lui signifia qu'il en avait peut être pris conscience. Bien sûr. Ses mains tremblèrent et il les fit taire en les occupant, glissant ses paumes l'une contre l'autre avec l'espoir de se remettre de cette vérité amère et douloureuse. Ils étaient vivants. Les autres questions restèrent en suspend, visiblement, ce n'était pas des créatures usuelles dans ce monde – ce qui aurait pu être une possibilité, pour ce qu'il en savait. Est ce qu'il voulait savoir ? Probablement pas. Si toi tu ne sais pas, je ne pense pas pouvoir répondre à cette question. Si Melody n'était pas douée à ce sujet, qu'est ce qu'il en était pour lui, l'amateur ?

Le silence reprit ses droits. Ses prunelles dérivèrent une fois nouvelle sur l'âtre flamboyant, s'y perdant dans l'espoir d'en oublier la douleur mordant son cœur. Ils étaient vivants. Ils avaient l'air si... humains. Ses paumes vinrent se poser sur son visage alors qu'il luttait pour ne pas se faire ensevelir par la culpabilité mordante qui grignotait ses chaires. Il était vivant. Il était en vie et il devait se contenter de cette réalité en oubliant qu'il l'avait fait aussi bassement. Il n'avait pas eu le choix, se fustigea t-il mentalement. Il n'avait rien demandé, il n'avait pu que subir et faire en sorte de vivre au détriment de chimères à l'allure humaine. Il se croyait dans un film de science fiction et attendait presque le clap final qui mettrait fin à cette sinistre représentation.

Voilà ta réalité. Ton monde. Toi aussi, tu es un monstre, Klaus.


Il n'aima pas le déroulé de ses pensées. Ni même le sarcasme dont elles étaient imprégnées. Son regard se posa sur l'anneau qu'il portait à son doigt, sa main opposée venant se glisser contre le métal d'argent qui paraissait presque rassurant. Je crois que tu as raison. Nous sommes fatigués. Un soupir passa la barrière de ses lèvres avant qu'il ne reprenne, plus lentement. Je vais rentrer chez moi. Tu pourras disposer de ton canapé comme ça. Un trait d'humour un peu forcé qui ne parvint même pas à ourler ses propres lèvres d'un sourire en coin. Il se redressa lentement, craignant presque que ses jambes ne parviennent à le maintenir debout. Elles vacillèrent un instant mais finalement, elles restèrent stables, assez pour qu'il puisse imaginer pouvoir rentrer chez lui. En fait, il ne savait même pas où il était, mais il aviserait. L'amateur se détourna sur la musicienne, lui offrant un pale sourire reconnaissant. Car au fond, il n'ignorait pas que c'était grâce à elle qu'il était encore là. Vivant. Cette nouvelle réalité l'effrayait.

Merci Melody. Pour tout. Il avisa son tas de vêtements informes et foutus traînant à côté du canapé, puis ce qu'il portait pour l'heure. Je ramènerai les vêtements que tu m'as prêté dès que possible. Il n'était pas du genre à oublier ses dettes.

Désolé, j'ai besoin d'un peu de temps, avoua t-il dans un souffle. Du temps, beaucoup de temps. Mais est ce qu'il en avait ?

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La mort comme seul trophée [PV Melody]

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