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 Difficile acclimatation [PV Tamanart]

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Rang : Vice Capitaine de la Septième

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MessageSujet: Difficile acclimatation [PV Tamanart]   Mar 27 Jan - 13:55

Enfermé. Prisonnier. Voilà l'impression que j'ai actuellement en contemplant l'espace clos dans lequel je me retrouve et qui m'a été attribué. Mon regard se porte sur le bureau sur lequel une masse de papier attend sagement que quelqu'un ne daigne les trier, les classer et s'en occuper, tout simplement. Ce quelqu'un, ça devrait être moi. Sauf que moi et les papelards, on a jamais été présenté et j'ai pas la moindre envie de m'atteler à ce genre de tâche sans intérêt. Je suis un actif, j'aime bouger, vivre ma vie, m'entrainer, tout ça, c'est pas pour m'asseoir derrière un bureau et traiter des rapports, des querelles et que sais je autres conneries. Je suis déjà pas jouasse quand je dois me taper un rapport de mission - et j'en ai fait pourtant - mais alors les lire, les trier et tout le tintouin qui va avec... Non merci, je passe mon tour. Le pourquoi d'une telle promotion me laisse toujours perplexe, m'agace et m'irrite, et ça fait plusieurs jours que je suis d'une humeur massacrante. Alors déjà qu'on m'approchait pas des masses avant, c'est pas avec ce nouveau statut qui m'est tombé sur le coin du nez que ça s'est beaucoup amélioré - surtout en l'état, je le conçois. Au moins, personne a encore eut l'audace de venir me demander quelque chose, même si le fait que je sois plus que rarement présent dans le coin ne doit pas être étranger à ça. Je crois d'ailleurs que la majorité de la division a été aussi surprise que moi, pour pas dire complément sur le cul par la décision du Capitaine. Peut être qu'ils croient tous que c'est une blague et que le poisson d'avril est arrivé plus tôt cette année. Si seulement ! J'en serai franchement ravi si c'était le cas, mais il me parait évident que non.

A croire qu'il a juste envie de me pourrir la vie.

Je lâche un soupir et me contente de contempler le bureau, étranger à tout ça. Non, j'ai franchement pas ma place ici, et plus je le regarde, plus je sais que ça sera jamais le cas. Je suis qu'un simple shinigami et c'est pas pour rien que j'ai laissé le brassard de vice-capitaine sur le bureau. Là où il aurait dû rester et pas sur mon bras. Je sais que je me dois de le porter en toute occasion, comme le veut l'étiquette, mais comme souvent avec moi, j'ai tendance à en faire qu'à ma tête et je l’oublie souvent depuis qu'on me l'a donné. C'est qu'un bout de bois à mes yeux qui ne veut absolument rien dire sur moi, hormis de rajouter une dénomination devant mon nom. Je suis pas Taka. Je grimace d'ailleurs en songeant à lui, espérant que ma promotion soudaine ne lui arrive pas aux oreilles. Il manquerait plus que je vois débarquer dans ce trou le capitaine de la dixième division, qui s'amusera probablement de tout ça. Ne jamais dire jamais, que disait Gentoki avec son sourire amusé. En songeant à lui, j'ose m'approcher de ce bureau que j'évite. J'hésite un instant avant de venir récupérer entre mes mains une des feuilles d'un tas qui traine sur ce dernier. Je sais pas qui s'occupait de l'administratif jusque là, mais il avait l'air plutôt soigneux...

Rapport sur incident dans le quartier Sud, district 62. Altercation entre un shinigami de la septième et une âme du Rukongai. Nom, prénom, motif, rapport. Et à la fin, ce qui doit être fait contre l'un ou l'autre - ou les deux. Haussement de sourcil. Qu'est ce que j'en sais moi, c'est pas le Capitaine qui s'occupe des sanctions ? Délaissant cette partie et le rapport, j'en récupère un autre sans toutefois venir poser mes fesses sur la chaise prévue à cet effet, préférant rester debout. Faut pas pousser, c'est seulement la curiosité qui me pousse à lire ces papelards, juste pour remarquer que ouai, j'avais un peu raison quand même en pensant que la situation du Rukongai était plus tendue que ce que certain croyait. Pour ce que je vois, surtout dans les districts les plus éloignés du centre. Peut être les plus touchés aussi. J'en sais pas beaucoup sûr les lieux qui ont été les plus touchés par la purge, mais j'ose imaginer que les districts les plus dangereux ont été ceux qui ont le plus morflé. Est ce que ça m'intéresse vraiment ? Un peu. Peut être. Juste pour savoir d'où risque d'arriver le raz de marré afin de l'endiguer.

Je grogne contre moi même et contre l'enfilage de mes pensées qui me plait pas forcément en reposant le dernier rapport - qui n'a pas à voir avec ce genre d'incident cette fois, mais qui parle d'entrainement ou que sais je. Je dois aussi apprendre à tous les gars de cette division le langage des signes et à lire sur les lèvres. Je me pince l'arrête du nez, fatigué d'avance par cette entreprise titanesque. Comment il veut que je fasse ça l'autre ? Je suis pas un faiseur de miracle moi.

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MessageSujet: Re: Difficile acclimatation [PV Tamanart]   Mer 28 Jan - 19:07

Cher disparu,

C’est la première lettre que je formule. J’ai une dette envers toi, alors je m’exprime maintenant, pensant qu’il n’est jamais trop tard pour montrer sa gratitude. Après tout, tu fais toujours partie de la famille. Akatane s’est quand même bien moqué de moi. Ma première lettre pour un mort, oui, c’est drôle. Elle n’a pas changé. Ça se veut rassurant je suppose.

Bref. Pendant la Purge, nous nous étions mis d’accord pour se protéger. Oui, c’était perdu d’avance, oui, c’était idiot mais entre nous Qismat, nous sommes des hommes, on a envie de protéger ce qu’on aime. Le souci est qu’Idjouher faisait partie de notre résistance. Une Shinigami. Finalement, venu de nulle part, elle nous a permis de nous enfuir.

Et j’ai réagi comme un âne. J’ai obéi mais j’avais senti ma fierté mise à mal alors qu’elle ne voulait que nous protéger. Quelque part, je t’ai vu mourir faire la même chose, je ne voulais pas non plus que ça se passe de la même manière pour Idjouher. Je ne sais pas comment elle a fait ça mais…

Je sens qu’elle a beaucoup sacrifié. Pourtant, elle semble heureuse. On a parlé, on a vidé notre sac. Et même si ça m’énerve, elle a encore une fois raison : le bonheur ne dépend pas que d’elle et elle a besoin de nous pour que nos blessures se cicatrisent et qu’on se fasse de nouveau confiance.

C’est pour ça que je t’écris. Je n’aime pas parler. Tu me connais. Il parait que ça fait du bien mais sur le coup, j’ai juste envie de faire une sieste. Ça doit être un truc à deux étapes…

Fatigué mais un peu moins sur les dents, Abbès.

P.S. : Idjouher fait des gâteaux et elle te signale que tu n’en auras un que demain sur ta tombe. Sur ce, je vais dormir.


******

Cela faisait longtemps qu’elle n’avait pas fait de gâteaux. Elle ne les partageait pas mais tout le monde était unanime sur le fait que participer à une activité culinaire, propager un fumet délicat dans le quartier et ravir les plus curieux juste en la regardant faire était une bonne chose, une base saine pour reprendre du poil de la bête. Idjouher Tamanart, de nouveau dans sa tunique des beaux jours, son pantacourt et un tablier pour protéger le tout faisait cuir dans son nouveau four en terre cuite ses célèbres gâteaux de miel et de sésame. Akatane l’aidait à la tâche et Riheb aidait Lalla Zohra à faire le thé pour le distribuer au voisinage. Ils étaient nouveaux venus, autant montrer leur générosité et gratitude. Curieuse, Akatane ne manqua pas de remarquer que la Kabyle en faisait plus que d’habitude et naturellement, elle ne se garda pas à poser la question ouvertement :

- Alors ? Il s’appelle comment ? minauda Akatane.
- Qui donc ? demanda Idjouher, ne semblant pas comprendre où voulait en venir Akatane.
- Ton petit-ami Shinigami, pardi ! Pour qui d’autre serait faits tous ces gâteaux ?
- Pour ma Division. Ils sont un peu tendus, peut-être que quelques douceurs leur feraient du bien en ces temps maussades.


A la vue de la mine déçue d’Akatane, Idjouher réfléchit pour essayer de la satisfaire et continua.

- Je compte en donner à mon Vice-Capitaine, il s’appelle Seigi Raïtoku.
- Oooooooooh… Et…il est comment ?
demanda Akatane en se glissant contre le dos d’Idjouher qui surveillait la cuisson.
- Cheveux noirs, courts. Il mesure un mètre soixante-quinze. Japonais. Et il est sourd. Je compte apprendre le langage des signes pour les futures opérations, répondit machinalement la Shinigami.

Ce qui raviva d’autant plus la déception d’Akatane qui ne lésina pas sur son soupir de désespoir.

- Tu peux éventuellement-s’il-te-plait-je-t’en-conjuuuuuuuure penser à toi ?!
- Si ça peut te rassurer, je vais en manger quelques-uns.
- Je ne parlais pas de ça ! Pitié… Idjouher… Tu es seule depuis plus de deux siècles et très bien, tu penses à nous plus que quiconque, je t’en remercie mais…tu ne peux pas un minimum profiter de ta vie ? Avoir des amis et éventuellement plus. C’est ce que je me tue à te dire !
- J’ai un ami. Pas un petit-ami mais j’ai un ami.


Akatane fut tellement surprise qu’elle en laissa tomber son plateau, heureusement vide, et se retourna pour serrer Idjouher contre elle pour la féliciter.

- Il s’appelle comment ?! Il est comment ?! Dis-moi que c’est un homme !!
- C’est un homme mais je laisse la surprise si un jour je l’invite ici.


Après un baiser sur la joue de reconnaissance, Akatane partit droit vers la maisonnée en criant sa joie et partager ses informations avec tous les membres, contraignant Idjouher à s’occuper du reste de la fournée seule, se maudissant de lui avoir tout dit. Et la journée commençait si bien…

Les gâteaux faits et en train de refroidir, Idjouher se rafraîchit pour se préparer, demandant cette fois à Abbès de l’aide pour les mettre dans un contenant pour être sûre que cette tâche soit accomplie. Elle qui voulait être en avance, elle allait être juste.

Au final, tout le monde était déjà en train de s’entraîner ou en partance pour leurs assignements et la Kabyle se rua vers la salle de repos pour mettre en évidence ses petites douceurs dans quelques assiettes et en prit une pour se présenter au bureau du Vice-Capitaine Seigi. Son humeur massacrante était parvenue jusqu’aux oreilles de la Shinigami et selon sa maigre expérience, un estomac non contenté n’aidait en rien. De toutes façons, que pouvait-elle faire de plus ? Convaincre son Capitaine de prendre quelqu’un d’autre car le nouveau Vice-Capitaine faisait bien comprendre qu’il était loin de valider le choix mais le subissait ? Elle était honnête, Idjouher comprenait le choix du Capitaine Serpiente. Même quand il lui avait dit qu’elle aurait dû avoir la place, ça ne changeait pas la logique du choix. Elle n’avait pas partagé son point de vue avec les autres Shinigami de la Division 7, étant sûre qu’ils n’allaient pas la comprendre et déjà qu’elle venait d’une autre Division, autant qu’ils ne la traitent pas comme une étrangère arriviste.

Devant la porte du bureau, Idjouher alla toquer la porte mais se retint, il était sourd, elle allait devoir trouver autre chose pour signaler sa présence. Finalement, elle fit un effort pour briser son camouflage de reiatsu et frappa trois fois le sol du pied.

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MessageSujet: Re: Difficile acclimatation [PV Tamanart]   Mer 28 Jan - 21:58

Je n'ai fais aucune promesse au capitaine de la septième en ce qui concernait l'ordre qu'il m'avait donné ce même jour où il a eu la brillante idée de me donner cette promotion. Apprendre le langage des signes à une personne n'était déjà pas une sinécure, alors l'apprendre à toute une division, cela relevait de l'exploit olympique. Autant je fais confiance à mon bras pour ce qui est de tailler des hollow, autant ma capacité à enseigner quelque chose est proche du néant. Je sais pas transmettre. Comment je le saurai au juste ? Je me suis toujours démerdé plus ou moins seul en ce qui concernait les bases du combat et pour l'apprentissage du langage des sourds, j'avais eu un professeur aussi patient que déterminé à faire rentrer quelque chose dans ma caboche. Il me manque probablement les deux qualités pour y arriver présentement. Ce qui n'empêchait pas que j'allais essayé. Parce que je l'avais dis, et que on peut me reprocher pas mal de chose, mais rarement le fait que je respecte pas ma parole – quand bien même les personnes le sachant se comptait sur les doigts d'une main, en étant large. Essayer ne signifiait pas réussir cela dit. Ce qui m'empêche pas de me demander comment je vais faire pour m'occuper de ça.

Mon regard se pose sur ce brassard qui reste au même endroit et que j'approche pas, que j'évite probablement. Ça m'énerve. Ça m'agace de plus savoir ce que je dois faire, de plus être ce simple shinigami qui regarde de loin les autres se démerder avec les responsabilités à la con qui sous-tendent la monté en grade. Avant j'étais tranquille et là, je me retrouve dans ce bureau sans trop savoir quoi faire, ni même ce que sont réellement mes responsabilités. Je veux pas être vice-capitaine. Je ressemble pas à Taka. Putain, je suis juste un connard solitaire qui s'éclate à défoncer des trucs ! Le capitaine de la septième est juste un psychopathe pour me foutre à un tel poste, ou alors il veut que la division disparaisse ou que sais je encore ce qui peut se passer derrière son œil unique.

Je m'énerve encore, rageant, je m'éloigne de ce tas de papier mais je suis arrêté par une présence qui se fait assurée derrière la porte de ce bureau. Mon regard reste fixé à cette dernière, fronçant les sourcils alors que je sens des vibrations se répandre dans le sol. Tien, c'est pas commun ça. Bon, en tant que sourd, c'est clair que c'est pas en tapant à la porte que je vais pouvoir répondre ou inviter une personne à entrer. Cela dit, ça doit être la première personne qui fait ça. Je n'ai pas envie de voir qui que ce soit, surtout pas un shinigami de cette division ou autre chose d'ailleurs – un hollow m'attirerait davantage pour l'heure, histoire de passer ma frustration sur quelque chose. Ou alors faudrait que j'aille voir Taka, éventuellement. C'est peut être pas une mauvaise idée en soit, sauf que le Kazegai prendrait probablement plaisir à insister sur ma promotion et j'avais pas besoin de ça. Je garde tout de même l'idée de côté pour plus tard. Je vais ouvrir la porte, économisant ma salive et je me retrouver à faire face à un shinigami. Évidemment, les hollow ne ferait pas ce genre de cinéma – et n'ont rien à foutre par ici non plus. Il me paraît un poil délicat, ce shinigami et ses traits ont rien de particulièrement communs. Femme ou homme d'ailleurs ? La question m'effleure sans s'attarder. Au fond, j'en ai rien à foutre, je me demande juste ce que ce shinigami fout ici.

Qu'est ce que tu veux ? L'amabilité faite homme. Ouai je suis pas de bonne humeur, et alors ? Et puis d'ailleurs, je rêve ou elle – ou il, mais je dirais un peu plus elle quand même – transporte des gâteaux ? Je lui adresse une mine qui doit être un rien agacée, pour ne pas dire circonspecte aussi. C'est quoi au juste son délire là ? Non pas que je sois diabétique - ça serait le bouquet - mais... Pourquoi ? Juste, pourquoi se trimballer jusqu'à ce foutu bureau avec ça dans les mains ? Du coup, vaut peut être carrément mieux oblitérer ça pour le moment.

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MessageSujet: Re: Difficile acclimatation [PV Tamanart]   Mer 11 Fév - 2:02

Finalement, non, la description succincte faite plus tôt ne lui rendait absolument pas justice. Il n’avait rien d’un homme japonais commun. Et comme tout arbre qui cachait son histoire par des cicatrices intérieures en anneaux qui se superposaient, lui le cachait sans réellement le faire, exposée devant tout le monde. Des cicatrices, et à sa façon de parler, ou plutôt, de bouger la bouche, il avait eu plus d’une fois la mâchoire malmenée. La Kabyle ne se fia pas à sa mine patibulaire, après tout, sans même l’avoir cherché, elle était au courant. Il faisait tout pour ne pas être dérangé. En un coup d’œil, elle put apercevoir une belle pile de dossiers. Alors…pourquoi ne voulait-il pas qu’on le dérange au juste ? Rapidement, elle le jaugea de nouveau, passant à la va-vite sa musculature dense rien qu’à voir ses muscles rouler facilement sous la peau. Pas de brassard. Etrangement. Idjouher s’en sentit désolée et un brin amusée. Finalement, ce qui se ressemblait s’assemblait. Le Capitaine Serpiente ne voulait pas non plus faire partie des gradés et cela se voyait rien qu’à ses vêtements.

- Ils sont au miel et aux graines de sésame. Si vous avez une préférence, vous m’en ferez part j’espère. Les hommes sont à bout, je me disais que cela adoucirait un peu la tension dans notre Division.

Même s’il était sourd, elle gardait un ton calme, sans prétention, aussi simples que ses gâteaux au final. Mais elle n’était pas là pour ça. Tout comme il ne se murait pas dans la solitude pour des raisons de responsabilités. Elle ne le blâmait pas. Si elle avait quelqu’un à blâmer, ce serait ses collègues qui le connaissaient. Aucun n’avait parlé d’une difficulté d’acclimatation. C’était pourtant ce qui aurait pu être une priorité.

- Oh. Et pour votre question. Si vous vouliez savoir ce que vous pourriez faire pour moi, surtout rapidement, c’est plutôt à moi de vous poser la question.

En douceur, une main quitta le plat de gâteau pour pointer la pile de paperasse bien en évidence. Sur son visage, aucun signe de déception, ni de colère. Rien de négatif si ce fut un peu d’inquiétude dans ce sourire léger.

- Je suis venue dans l’espoir d’apprendre auprès de vous quelques bases du langage des signes. Ce serait plus confortable pour évoluer sur le terrain mais malheureusement, vous n’avez pas l’air d’en avoir le temps, ni l’envie.

Le doigt indicatif se réfugia entre les lèvres charnues de la Kabyle qui se demandait si son supérieur voudrait passer un marché. Elle n’avait guère envie de lui faire croire qu’elle l’assisterait, ni de s’immiscer dans sa vie. Si personne n’en parlait, c’est qu’il n’était pas du genre loquace, il n’allait pas délier sa langue devant une étrangère. Même avec des douceurs à la clef. S’il était si secret que cela, autant adopter les mêmes manœuvres que lui.

Cette fois-ci, sans parler, juste en mimant de la bouche, il n’avait guère besoin de sons. Personne n'avait besoin d'entendre sa proposition.

- Si vous acceptez de m’apprendre un peu de vos arcanes, je pourrai vous aider avec votre pile, le temps d’une assiette de gâteaux. Dès que le dernier sera englouti, je pars. Ainsi, je ne vous importunerai de ma présence que le temps d’une dégustation. Marché conclu ?

Elle avait besoin de ces bases. Qui sait quand un danger allait frapper ? Ou pire, sans frapper, ni de la main ni du pied pour se signaler pour être invité ?

De plus, il était hors de question de le laisser ainsi. Et hors de question que cela sorte de ce bureau. Il en allait de l’honneur de son Vice-Capitaine dont personne ne croyait la véracité de sa promotion. De quoi briser le moral déjà au plus bas de toute une Division.

C’était à elle d’agir.

Et abandon ne faisait plus partie de son vocabulaire à présent.

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MessageSujet: Re: Difficile acclimatation [PV Tamanart]   Mer 11 Fév - 20:59

C'est quoi cette nana au juste ? Au vu de ses mots et quand bien même c'est un cliché, je place l'individu face à moi dans la catégorie femme shinigami. Probablement le côté petit gâteau fait maison – au miel et aux sésames, donc, jamais goûté ce genre de truc d'ailleurs. Haussement de sourcil qui accompagne la suite de ses paroles. C'est quoi ça ? La cuisinière de la septième ? Je suis pas au courant qu'on avait un tel être au sein de la division. Je relève pas toutes ses paroles, me contentant pour l'heure de traduire ce qu'elle me raconte afin de comprendre la raison de sa présence ici. Je sais pas si c'est les gâteaux ou autre chose, mais je suis légèrement intrigué par l'individu alors je reste aussi attentif que mon humeur me le permet. C'est pas trop mal jusque là et au moins, je traduis ce qui est nécessaire à la compréhension du tout. Elle veut apprendre le langage des signes. Bah tiens. J'ai presque envie de lui dire que ça tombe bien, puisque moi, je suis sensé l'apprendre à tout le monde dans la septième d'après les ordres du Capitaine. Sauf que, y a toujours un mais qui traîne par là et que ce mais m'englobe tout entier. Mais, donc, je suis pas pédagogue pour deux sous et c'est un gros problème, sachant en plus, que je suis loin d'être super patient avec les autres pour ce genre d'apprentissage pour le moins rébarbatif. Je prends le temps de la réflexion par la suite, analysant ses mots. Sa proposition est pas si mal, un peu de mon temps pour lui apprendre le langage des signes contre de l'aide pour la paperasse dont je sais pas trop quoi foutre et avec laquelle j'ai jamais eu à faire. Je pourrai considérer ça comme une faiblesse et me draper dans une fierté mal placé mais en ce qui concerne ce genre de manque, j'en ai un peu rien à foutre. J'ai pas un égo surdimensionné après, j'aime pas parler de mes limites, certes, mais je suis pas non plus la perfection incarnée. Je sais pas tout faire et ça me pose pas plus de problème que ça.

Et donc, pourquoi pas ? Faut bien commencer quelque part et si j'arrive à lui faire capter quelque chose à elle, elle pourra s'en sortir avec les autres du coup. L'idée me plaît bien et c'est sur cette dernière que je reste, me plaçant à côté de la porte pour la laisser rentrer. J'en profite pour venir récupérer une de ses sucreries qu'elle me fout sous le nez depuis tout à l'heure avant de refermer la porte derrière nous. J'examine le gâteau un instant avant de le porter à ma bouche. Miel et graines de sésame. En effet, je sens bien le goût du miel, ce truc est vachement sucré et le terme sucrerie me paraît plus adapté que celui de simple gâteau. Non pas que ça soit dégueulasse, à vrai dire, c'est même plutôt bon et pourtant je suis pas forcément fana de sucre même si ça me déplaît pas. Avec ça dans l'estomac au moins, adieu les problèmes d'hypoglycémie et si les gars de la division ont bouffé ça, je doute pas qu'ils survivront à leur prochain entraînement.

Bon par contre, c'est plutôt collant, moins pratique. Je suis moins sucré d'habitude mais ça ira pour cette fois. Histoire de dire quelque chose de pas tellement constructif mais de sincère - franc. Je vais pas non plus lui donner mes goûts, je suis pas franchement difficile quand il s'agit de satisfaire mon estomac de toute façon. De la nourriture, c'est de la nourriture, on crache pas dessus quoi qu'elle soit. Bon maintenant, on va mettre les points sur les i et les barres sur les t. Je commence par agiter un peu mes mains afin de commencer par lui faire comprendre ce que c'est que le langage des signes en traduisant à haute et intelligible voix. Il n'y a pas que les mains qui bougent quand on signe, mais plusieurs partie du corps, c'est un tout. Je suis pas doué pour apprendre aux autres alors tu vas devoir t'accrocher pour enregistrer ce que je te dirai. On commence par ça. Je pointe de ma main la pile de papier qui traine sur le bureau. En fait, j'avais lu certain de ces papiers. Mais vraiment certain, uniquement. Après, n'ayant jamais eu à faire avec ce genre de... responsabilités et autres papiers du même acabit, je suis plutôt perplexe face à ce que je dois faire. Je suppose après que c'est pas sorcier mais... j'aime juste pas. Je suis hermétique.

Après, je sais même pas si elle, elle en sait bien plus. J'aimerai bien dire que je m'en fous, mais je suis même pas sûr que ça soit réellement le cas. A ce niveau, je commence à avoir même du mal à me comprendre moi... Chier. Tu t'es déjà occupé de ce genre de tâche toi ? Je sais que certain aime - Taka aime après tout, et c'est un gars presque normal. Dans tous les cas, je fais pas parti de ces certains, moi. Je supposerai par contre que elle, oui, sinon, elle aurait rien à foutre ici. Tiens d'ailleurs, j'ai oublié un truc un peu important. Et tu t'appelles ? Un tout petit peu quoi. Je suppose que j'ai pas besoin de me présenter moi maintenant. Mais je le fais pour lui montrer la manière dont on le dit en signant, bêtement. Je m'appelle Raïtoku. Début. On va voir comment elle se démerde maintenant.

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MessageSujet: Re: Difficile acclimatation [PV Tamanart]   Jeu 12 Fév - 23:26

Mué par l’incompréhension et sans doute par une pincée de curiosité aussi, le marché avait fonctionné tel un sésame faisant rouler son corps non de pierre mais de chair sur le côté, la laissant entrer. Et pourtant, Idjouher avait l’intime conviction que cela n’allait pas lui donner encore accès au fabuleux trésor. Elle allait devoir faire preuve d’agilité d’esprit et de rapidité pour y arriver. Et donc, sans faire de bruit, la Kabyle se glissa en laissant déjà son premier grain de sable s’épuiser de son sablier hors normes. Il appréciait. La politesse de façade n’était pas du tout sa marque de fabrique. Cela l’honora venant de sa part et inclina doucement la tête pour le remercier du compliment. Il n’empêche qu’elle avait appris un peu plus sur ses goûts. Akatane disait que les hommes préféraient les plats épicés pour montrer leur virilité mais Idjouher avait forcément eu l’idée d’en offrir à toute une Division. Et elle se voyait mal arriver avec un énorme couscous. C’était une idée mais seule, non. Pas en si peu de temps. Et certainement pas avec des priorités à remplir. Cependant, elle avoua qu’elle avait raison en son for intérieur et rangea définitivement la question dans sa case « résolue ».

Ce serait pourtant malhonnête de sa part de ne pas admettre qu’elle voyait en son nouveau Vice-Capitaine et en Shin une raison valable, enfin, de faire de la cuisine. Les âmes se contentaient malheureusement de si peu…

Dès qu’elle vit le premier gâteau englouti, Idjouher se concentra, persuadée que c’était le top chrono de sa leçon. Des signes de la main, un corps qui communiquait, le visage qui passait d’expressions à l’autre. Le contraire de sa formation de Shinigami de la Division 2. Elle allait donc désapprendre ce qu’elle avait appris. Ce n’était pas décourageant, au contraire. Elle qui pensait avoir déjà ce qu’il fallait pour être la parfaite Shinigami de Division 7, Seigi Raïtoku lui dressa la barre plus haute. C’était motivant et intéressant. Etant Dieu de la Mort, c’était toujours déprimant de se dire qu’il y avait peu à connaître mais finalement, un jour, un miracle se produisait et montrait que le monde était encore plus étendu. L’échelle verticale était toujours la même, l’horizon au moins s’étendait. De la symétrie, des positions de doigts significatives, même le doigt pointé vers la pile de dossiers déjà froissés était précis, avec un pouce enfermant obligatoirement le majeur. Elle avait au moins compris la syntaxe : nombre, temps, verbes, sujets. Le reste devait être compris par devinette apparemment.

Jamais elle n’aurait cru ça…mais elle jubilait intérieurement. Idjouher Tamanart était joyeuse…dans son lieu de travail. Il fallait comprendre dans son point de vue. Cette manière de parler, centrée sur l’essentiel et laisser l’habitude remplir les trous…l’arabe était comme le langage des sourds et muets. Un langage avec toutes les consonnes du monde, trois voyelles qui connaissaient des nuances pour en créer d’autres, voire enlevées selon les pays et le reste, il fallait le connaître. Parler. Une vraie langue vivante.

Elle comprenait pourquoi il avait du mal à communiquer. Le Japonais parlé avait ses astuces mais restait globalement difficile à signer pour un sourd. Même avec toute la bonne volonté du monde. Ce dont il était dépourvu. Ou qu’on lui avait dérobé d’ailleurs. La question restait en suspens.

Rapidement, elle se plaça sur le côté du bureau, comptant rapidement le nombre de dossiers en bougeant les lèvres sans laisser de sons s’échapper et ceci sans prendre place sur la chaise, ce n’était pas sa place après tout, même si Seito le lui avait laissé, ce n’était pas communément admis. En quelques gestes, Idjouher fit glisser les dossiers sur le côté tel une joueuse de cartes, prenant référence à des chiffres imprimés sur le côté, elle fit un tri très rapide. Trois petites piles étaient déjà prêtes ainsi qu’une feuille blanche avec un stylo posé dessus puis se reporta sur Raïtoku dès qu’il fit un geste, regardant ses mains, ses expressions et ses lèvres sans réellement se fier aux sons pour prendre ses habitudes.

- J’étais troisième siège dans la Division 2. Je gérais certains dossiers que le Vice-Capitaine me donnait accès ainsi que l’établissement des emplois du temps et la supervision des entraînements. Heureuse de voir que mon expérience vous servira, mima-t-elle en souriant toujours légèrement, les yeux rieurs trahissant une joie de la découverte.

Elle se réserva pour plus tard la lecture des dossiers prioritaires et prépara déjà sa corbeille pour le courrier adressé aux archives. Généralement, c’est de la redirection la paperasse. Que ça soit ici ou dans n’importe quelle Division, tout le monde y avait droit. Comprenant que c’était suffisant pour approcher une autre étape de l’apprentissage de cette nouvelle langue, Idjouher fit le tour du bureau pour se placer devant Raïtoku. L’heure était aux présentations. Comme elle l’avait deviné, il y avait une façon d’épeler, le morse des sourds-muets. Chaque signe avait donc une correspondance à une lettre.

R A I T O K U, suiva-t-elle mentalement pour mémoriser ce dont elle avait besoin.

Elle voulut faire vite, comme en mission mais se ravisa pour aller à la même vitesse que son professeur.

"Je m’appelle T A…"

Il n’y avait pas de M dans Raïtoku. Elle se contenta donc de le mimer à la bouche distinctement pour qu’il comprenne et reprit en signe.

"…A."

Et pour mieux lui faire comprendre car même sourd, il restait Japonais, Idjouher prit un gâteau de son assiette, orienta une des mains colossales de son Vice-Capitaine et posa le gâteau dans sa main pour indiquer la rondeur en suivant la courbe du gâteau.

- Tama.

Un jour, elle allait lui montrer son prénom et son nom. Il avait des façons amusantes mais un, il n’était sûrement pas d’humeur et il ne faisait pas nuit.

Elle allait quand même faire sa propre recherche histoire de travailler chez elle. Avec de la chance, certains seraient intrigués. Et Aka allait pouvoir la taquiner.

Consciente qu’elle était un peu trop proche de lui, elle lui laissa son espace vital pour manger en paix et commença à lire le premier dossier. Autant dire qu’elle repérait seulement les choses les plus évidentes. A qui. Cela concernait quoi. Ordres. Contre-ordres. Avis. Aucun dossier ne demandait trop de temps quand on avait la manière de le lire vite. Les prioritaires n’étaient jamais relus de toutes manières, tant que l’essentiel était communiqué.

A chaque dossier, Idjouher inscrivait quelques notes, un résumé très concis, juste pour qu’il soit un minimum au courant si on lui adressait la parole sans manquer les rendez-vous demandés. Puis, elle continua sur l’apposition d’un sceau pour la redirection aux archives. A eux de faire le tri.

Plus que les rapports internes presque lus qui laissaient présager les demandes hors sujet, des plaintes qui avaient déjà été formulés par d’autres en cours, voire même ce dont elle s’occupait déjà. Seuls les nouveaux rapports allaient faire la différence.

Elle se dirigea vers le meuble de rangement des dossiers en cours, l’organisation venait sûrement de l’ancien Vice-Capitaine, sans doute pas du tout adapté pour celui qui venait d’être nommé. Elle allait donc refaire ça. D’abord. Son accord était crucial.

- L’organisation est trop pointue dans les dossiers. Voulez-vous que j’en fasse une autre plus simple ? Priorités, rapports, projets intra-division et dossiers personnels ?

Elle pensait sérieusement que son prédécesseur ne savait pas plus s’occuper des dossiers que Raïtoku. Les plus vieux dossiers étaient encore là, pas même classés dans un ordre chronologique. Magnifique. La Kabyle repensa à son projet évanescent d’un couscous royal mais juste pour lui car elle avait du pain sur la planche et qui n’allait pas pouvoir être fait en une assiette de gâteaux…

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MessageSujet: Re: Difficile acclimatation [PV Tamanart]   Sam 14 Fév - 11:20

J'observe son manège avec un haussement de sourcil, contemplant les gestes et les mouvements parfaitement maîtrisé de la shinigami qui déjà, s'affaire à trier ce qui encombre ce bureau blindé de feuille et de rapport que je prends pas trop la peine de regarder en temps normal. Si moi je parais totalement décalé dans cet univers étranger dans lequel je n'ai nullement ma place, ce n'est pas la même impression qui se dégage d'elle. Même si elle est plutôt menue, elle semble avoir plus sa place sur ce siège que ce n'est mon cas, à mon humble avis. En tout cas, elle sait ce qu'elle fait et chaque action est assurée, méticuleuse, sans dépense futile d'énergie. Elle classe et trie les papiers. Elle observe, vive et attentive mes mouvements, mes gestes et mes paroles comme une élève concentrée. Je suis un rien étonné par son attitude, par cette vigilance avec laquelle elle me scrute et j'accueille ses explications – sa réponse à ma question en fin de compte – avec une légère réserve. La deuxième division. Je connais assez mal cette division, non pas par mépris, mais plutôt par méconnaissance – comme c'est le cas avec beaucoup de division, à vrai dire, mise à part celle dans lesquelles j'ai été et la dixième, je suis plutôt hermétique sinon, peu intéressé surtout. Le terrain des espions et des assassins. Je vois une autre facette de cette femme, un visage plus trouble que celui qu'elle montre à l'instant. Troisième siège dans la deuxième, hein. Je garde l'information sans trop m'y attarder, n'étant pas le genre d'homme à se fier à un siège ou à un grade pour, de toute façon, juger un individu.

Et j'ai pas besoin de ça pour la classer dans la catégorie étrange de mon propre tableau mental. Je suis pas franchement le type le plus sociable du seireitei, bien au contraire, je reste dans mon coin, je me mélange pas et ça me convient bien de coutume. Il est rare que je vienne m'attarder sur d'autre et la réciproque est assez vrai jusque là, quand bien même quelques exceptions confirment la règle. Et il faut croire que cette femme intrigante épelant difficilement son nom dans ma langue usuelle face à moi semble faire partie de ces raretés. Elle fait des efforts visibles – à la façon qu'avait Taka de le faire à l'époque, au début – et c'est...assez surprenant. On va dire ça comme ça. Silencieux, j'assiste à son manège en fronçant les sourcils alors qu'elle me dépose un nouveau gâteau dans la main, m'expliquant à renfort de geste la signification de son prénom. Une main beaucoup plus frêle que la mienne d'ailleurs. Simple constat.

Un t, un a, un m et un a. Un nom assez simple à prononcer mais je prends un peu de temps pour le manipuler dans mon esprit, liant les lettres les unes aux autres pour former un tout cohérent. Elle s'éloigne et j'en profite pour me débarrasser de la sucrerie en l'engloutissant avant de refaire jouer mes doigts pour lui épeler son prénom et corriger les erreurs qu'elle a fait. Tama. J'insiste un peu plus sur le m qu'elle n'a pas vu dans mon propre prénom. Le mot roule sur ma langue, un peu saccadé cela dit parce que c'est la première fois que je le prononce. Il y a des sonorités proches, mais c'est toujours particulier de prononcer un nom – au moins le sien n'était pas bien compliqué. Dans tous les cas, elle est vive d'esprit, la femme papier et cuisinière de service et c'est avec sérieux qu'elle s'occupe de la tâche assignée. Ça me paraît un rien incongru d'ailleurs, moi qui regarde la métisse lire, écrire quelques mots avant de passer à un autre dossier, avec une rapidité calculée, sans perdre de temps inutilement. Tu peux t'asseoir. Elle va pas te manger, la chaise. Ironique venant de moi, surtout en sachant que je me suis jamais assis dessus jusque là. Je préfère la fenêtre. J'aurai bien dit que je la considérais nullement, qu'une chaise était une chaise - mais ça aurait été malhonnête de ma part. La mauvaise foi je connais, mais je suis assez franc pour le reste alors je m'abstiens d'en dire plus, demeurant debout dans mon cas.

Moi aussi, j'observe. Ce qu'elle fait, ce qu'elle écrit... assez proche pour voir, suffisamment loin pour préserver mon espace vital et le sien. Je ne suis pas un grand tactile, ni un grand bavard à la base, et forcément, le silence n'a rien de dérangeant dans mon cas et je le laisse sans problème se répercuter dans la salle. C'est presque reposant. Je sens la tension dans mes épaules s'amenuiser, légèrement, tout juste assez pour que mon humeur inégale n'explose pas de nouveau. Cette curiosité me calme, ou peut être est-ce les gâteaux ? Un sourire amusé étire mes lèvres un instant, éphémère, avant que cette dernière ne me reprenne à partie alors qu'elle s'est éloignée du bureau. Un haussement de sourcil accompagne ses mots, sa demande alors que je m'approche du dit rangement avec un rien de réserve. Peut être une pointe d'agacement qui revient lécher les berges de ma conscience. Un truc grand et encombré, que j'ai pas trop regardé jusque là étant donné que le bureau avait déjà une masse plus que satisfaisante de papelard, j'allais pas m'amuser à en demander plus.

Je finis par hausser les épaules, me sentant bien peu concerné par tout ça à vrai dire. J'ai jamais été trop un fana de rangement, probablement parce que j'ai jamais rien eu à ranger dans ma vie. Je m'encombre pas avec des babioles ou des souvenirs, et la seule chose que j'ai gardé de mes premières années au Seireitei, c'est le ruban écarlate ceignant le fourreau de mon zanpakutô. Je suis pas un matérialiste, alors tout ça, ça me passe franchement au dessus de la tête. Je grimace. Fais ce que tu veux, je m'en fous. C'est toi la pro. Je continue la traduction instantanée en accompagnant ma mine agacée par quelques signes complémentaires. C'est clair que comparativement, ça fait pas un pli.

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MessageSujet: Re: Difficile acclimatation [PV Tamanart]   Sam 14 Fév - 16:48

Elle sentait son regard, il était attentif. Idjouher ne s’y attendait pas. Encore une fois, elle espérait cette curiosité. Il fut vrai qu’elle ne faisait rien comme les autres. Comme elle cuisine, elle s’occupe des papiers. La façon de plier, de renverser, de compiler, de trier. Effectivement, c’était loin d’être ce que n’importe quel Shinigami faisait. Idjouher composait. Non de la musique, elle ne s’y connaissait guère mais juste un tissage de gestes harmonieux, fluides, propres. Elle se battait de la même manière. Elle faisait la lessive de la même manière. Même son cœur battait au même rythme. Elle ne s’en apercevait absolument pas.

Jusqu’au jour où Qismat puis Saif-al-jawza fussent entrés dans sa vie.

Il regardait ses mains entre les entraînements puis quand elle était au fourneau. La Kabyle n’avait jamais compris pourquoi mais elle le laissa faire.

Puis fut venu l’analyse du zanpakûto.

Tu t’en souviens ?

J’avais dit que vous usiez des mêmes muscles, des mêmes tendons, énormément du poignet, de beaucoup d’appuis du pouce et de la paume. Et que vos pulsions cardiaques étaient identiques, Sai.

Cela l’avait tant rassurée. Il y avait de quoi avoir peur de ne plus être soi-même après une mission d’assassinat. Idjouher ne cherchait aucune beauté dans le meurtre mais une façon d’être moins teinte par celui-ci en rentrant.

Son sourire s’était à peine accentué. Preuve qu’elle appréciait l’aura même de son nouveau supérieur. Une aura qui étendait le silence tout comme la nuit apportait le calme. Les dossiers récents étaient rangés, les vieux chassés de leur faux linceul, ce qu’il fut difficile de ne pas soulever la poussière d’ailleurs. Elle allait nettoyer une autre fois, au moins qu’il puisse avoir un bureau libre, des rangements faits avec des dossiers rangés par ordre chronologique. A chaque aller-retour, Idjouher faisait ses petits exercices de mémoire. Il avait eu la gentillesse de combler son diminutif. A tour de rôle, à l’aide d’une main, elle signa pour elle-même "TAMA" puis "RAITOKU". Ce n’était qu’une partie de tout un alphabet mais c’était agréable de composer autre chose, avec d’autres tendons pour rebondir sur les révélations de Saif-al-jawza. Croiser, décroiser. Serrer le pouce entre l’index et le majeur, mettre bien à plat sa main sans montrer le pouce… Encore et encore.

Enfin, elle revint au siège et fit comme dans la chambre du troisième siège Ashikaga Seito, laissant ses doigts parcourir la texture du siège pour laisser le bas de reins s’y loger sans un son. Heureusement qu’ils n’étaient que tous les deux. Enfin, elle se reprit pour noter quelques astuces de lectures de dossiers en commençant par les références qui revenaient, leur signification et ce que ça impliquait de faire après ainsi que le mode de lecture recommandé.

Elle lui fit face, se sentant très petite à présent, et lui dit lentement, toujours en bougeant simplement les lèvres :

- Je vous livre mes astuces. Vous en aurez plus besoin que moi mais je reste à votre disposition. Il y a du nettoyage à faire. Si vous voulez bien, je m’en chargerai une autre fois. La priorité était de faire les papiers d’aujourd’hui, il va falloir trier ceux qui sont trop vieux pour rester, une bonne partie sera pour les archives. Avec votre permission, j’en prendrai une partie de mon côté. Ça irait plus vite.

Déjà, elle essayait de bouger ses épaules, de laisser transparaitre des émotions sur son visage plus que d’ordinaire et imprima des signes à chaque mot qu’elle reconnaissait. Souvent l’indication d’elle-même ou lui. Utiliser les sujets semblait harassant mais en apprenant plus la composition, elle était sûre que ce serait moins haché. Peut-être comme lui, en disant son nom. Mine de rien, il avait une belle voix grave. Un peu comme celle d’Abbes au réveil quand il disait bonjour.

Ils avaient enfin droit à de la place sur le bureau. C’était une bonne chose et une mauvaise. On voyait laissé à l’abandon le brassard de Vice-capitaine bien plus en évidence.

D’un pas lent, feutré, Idjouher s’approcha de l’angle du bureau pour prendre l’objet fait de bois et se mit à caresser son symbole à l’aide de ses doigts malmenés, fins, dessinant l’iris stylisé. Le malaise ne venait pas spécifiquement d’une chaise, de papier mais de quelque chose de sans doute plus profond. Elle n’allait pas lui demander, certainement pas de le mettre.

Son regard se balaya de gauche à droite, scrutant les détails de la pièce, regardant bien Raïtoku dans ce décor. Il avait tout à l’heure les muscles quasiment bandés comme s’il ne manquait plus qu’une cible, après deux gâteaux, il était déjà plus détendu, là, un peu moins.

Une cage. Une stupide cage.

- Vous n’aimez pas ce bureau. Ni cette chaise. Ni cette place, déclara-t-elle en mimant avec un sourire un peu peiné, laissant le brassard comme il était, abandonné dans un coin du bureau tout comme il essayait sans doute de faire de même dans son esprit.

Il devait avoir un recoin bardé d’objets dans sa tête.

Toujours en gardant ses nouvelles habitudes. Idjouher signa un mot sur cinq mais elle voulait absolument lui faire comprendre quelque chose de crucial et pour une fois, elle le regarda dans les yeux. Les yeux d’une femme attentive, encore une fois, aucun jugement n’animait ses iris marron. Comme la terre, cela se foulait sous le pied. Nu si on voulait l’écouter.

Elle se remit devant lui, laissant de l’espace s’il voulait partir, respirer, ce n’était pas le but de le stresser davantage. Car oui, bon sang, personne ne l’avait vu ? Les Shinigami de la Division 7 étaient aveugles à ce point ? Elle n’avait pas le temps de chercher des coupables mais un minimum de solutions. Ou plutôt des débuts de solutions car au final, tout dépendait de lui.

- Ce bureau est un peu comme un zanpakûto. Vous devez être plus fort que lui pour lui permettre de vous diffuser tout son potentiel en vous. Si vous pensez que ce bureau ne vous correspond pas, faites en sorte qu’il le soit. Ce n’est pas à vous de vous mettre dans un moule mais à l’environnement d’être sculpté selon vos désirs.

Puis, elle se surprit à regarder le siège une nouvelle fois puis revint à Raïtoku en pointant cette partie du mobilier.

- Si ce siège vous importune, enlevez-le. Ça vous fera plus d’espace et vous vous sentiriez moins dans une cage.

Enfin, elle continua, pointant cette fois un mur sans fenêtre, puis encore, revint vers lui, toujours en signant comme elle le pouvait avec ce qui lui avait donné.

- Vous avez le droit de faire une nouvelle fenêtre. Vous ne risquez pas d’être gêné par le bruit et cela ne communique avec rien qui pourrait gêner votre odorat.

Elle s’empara d’un de ses gâteaux, fixant définitivement la promesse qu’elle avait fait à Akatane, le coupa en deux et mangea sa part, proposant l’autre à Seigi Raïtoku. Avec tout ce qu’elle avait dit, il fallait un minimum compenser par de la douceur. Elle ne pensait pas qu’il allait prendre mal son discours mais elle l’avait sans doute fortement ennuyé avec sa façon barbare de signer.

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MessageSujet: Re: Difficile acclimatation [PV Tamanart]   Dim 15 Fév - 13:04

J'observe, silencieux, attentif sans l'être, intrigué sans trop en comprendre la raison. La tension monte puis descend, elle oscille au rythme des dossiers qui disparaissent, des tas qui se rangent et moi, spectateur étranger, j'en contemple les ruines avec perplexité. Elle, elle sait parfaitement ce qu'elle fait et une fois de plus, je me demande pourquoi c'est pas elle, qui porte ce brassard à son bras. Je suppose, sans vraiment avoir le désir de creuser plus profondément la question, que ce n'est pas d'une personne comme elle dont le capitaine a besoin à cette place, dans ce bureau. Je délaisse cette pensée, ne la laissant guère s'attarder dans mon esprit. Très franchement, je préfère m'arracher un bras plutôt que de commencer à me foutre à la place du Capitaine de la septième division et d'essayer d'effleurer son esprit tordu. Le pourquoi reste toujours en suspend, ne pas savoir m'agace, m'irrite, et ma seule connaissance de la langue des signes me paraît un poil futile pour obtenir ce genre de promotion. Je préfère rester sur l'idée que ce type voulait juste me faire chier, et que c'est ma punition pour avoir tabasser un de ses shinigamis. Je referme la parenthèse alors que la shinigami continue sa drôle de danse. Elle passe d'un endroit à un autre, et j'aperçois aisément ses mains bougeant au rythme de ses jambes, reprenant les termes déjà employés, essayant de les assimiler. C'est surprenant. Clairement. Je m'attendais franchement pas à ce qu'elle s'exécute de cette manière, qu'elle y mette autant de bonne volonté. Je la corrige quand je vois qu'elle se plante, mais dans l'ensemble, elle enregistre plutôt vite et pas trop mal aussi. Enfin, là, elle sait encore quedal, mais c'est déjà mieux que rien du tout. J'ai pas franchement l'habitude d'avoir des élèves appliqués, c'est que ça me perturbe presque.

Le siège l'a pas mangé et elle redresse la tête vers moi pour finalement mettre un point qui paraît final à ce premier rangement de fortune. C'est clair qu'en contemplant le bureau, il paraît beaucoup plus net sans ces papiers qui l'encombrait, plus grand, plus vide aussi. Enfin, presque. Perturbant qu'on me demande mon autorisation pour récupérer des papiers à emmener chez Taka. C'est préférable que ça soit elle qui s'en occupe. Fait donc. Comme j'ai pris l'habitude depuis le début de ce conciliabule, je signe les mots que j'emploie. Homme de peu de mot, je me dis que c'est pas forcément la manière la plus simple de faire apprendre quelque chose de construit. Est ce qu'il y en a une ? J'essaye de me souvenir de la manière dont m'avait enseigné Gentoki à l'époque, mais ça me paraît tellement lointain que je peine à faire immerger les images. Je délaisse cette infructueuse recherche en suivant du regard la gratte-papier qui vient un instant s'attarder sur le brassard traînant pitoyablement sur le bureau devenu vide, plus peiné que je ne le suis moi-même. Silencieux, le regard dur, je l'observe avec un rien d'ennui. Une réplique sarcastique aurait pu facilement fuser à ses mots, mais habitué au silence, je laisse cette dernière de côté pour m'attarder sur ce qu'elle raconte. Un haussement de sourcil accompagne sa réponse alors que je croise les bras sur mon torse, faussement intimidant. Comparer cette pièce à un zanpakutô me paraît pour le moins incongru, pourtant, la métaphore a au moins le bon goût de me parler, à défaut d'autre chose.

Cela dit, j'ai une tête de décorateur d'intérieur ? Je ne cherche pas à me glisser dans un moule qui n'est pas le mien, c'est bien là tout le problème. Cette cage qui m'entoure restera une cage, que je retire ce siège ou que je place une seconde fenêtre n'y changera pas grand chose. Ce n'est pas qu'un problème de bureau ou de feng shui, ou que sais-je une autre connerie du même acabit. Le haussement de sourcil se transforme en froncement l'espace d'un instant alors qu'elle me tend de nouveau une moitié de gâteau, avalant la sienne dans la foulée. Je n'aime pas parler de moi. Je n'ai pas demandé à être ici. Je signe en même temps, clarifiant une situation que tout le monde finit par connaître. Je n'ai pas le choix, et c'est probablement ce qui me frustre le plus : je n'aime pas qu'on me force. Je me moque de la considération des autres, je ne cherche pas à vivre pour eux, je le fais pour moi et c'est déjà bien assez. Je ne veux pas être responsable de leurs conneries, j'assume les miennes et ça m'a toujours suffit jusque là. Et si ça me fait passer pour un connard, j'en ai rien à foutre, puisque c'est ce que je suis. Ses paroles ne sont pas idiotes, mais je ne suis pas prêt à les entendre, à faire l'effort, et ce, même si la présence de la shinigami est plus reposante, étonnamment calme, patiente. Il est préférable de laisser ça de côté, quand je ne veux pas parler, je ne parle pas de toute façon.

Mange. Je signe le verbe en pointant le morceau de gâteau qu'elle me tend. Voilà. Je me souviens de comment à fait mon mentor pour m'apprendre. Il associait les gestes usuels de la vie courante avec leurs traductions en signes, répétant, encore et encore jusqu'à ce qu'on parvienne tous les deux à les maîtriser. Ça avait été long, quand bien même j'avais été plus attentif qu'il n'y paraissait, mais pour un gamin sauvage comme je l'étais, je devais apprendre beaucoup de chose avant de parvenir à associer. A un geste, puis un signe, puis un mot que je n'entendais pas mais que je déchiffrais sur des lèvres patientes. La première chose que j'ai réellement appris à signer, c'est le nom qu'il m'avait donné. Passant ma main devant ma bouche, réfléchissant un instant, je fini par poser mon regard sur la feuille qu'elle a laissé sur le bureau. Je me penche dessus, contemplant les arabesques noircies pour en ôter une signification, des conseils. Je la lui tends.

Écris ton nom. En entier. Je signe cette phrase, puis je continu, plus lentement en enchaînant les lettres à l'aide de mes mains habituées à ce genre de contorsion. Si elle est vive d'esprit comme je le pense, elle reconnaîtra mon prénom et saura que j'ai signé mon nom juste avant. Seigi Raïtōku. L'alphabet est franchement rébarbatif, j'ai jamais trop aimé l'employer mais comme pour tout, c'est un mal nécessaire. Je viens récupérer un autre gâteau, délaissant le dernier qu'il reste dans l'assiette apportée. Le temps s'écoule au rythme de sucrerie et non plus du sable, la métaphore me paraît bien plus plus agréable - plus rassasiante aussi. Elle a fait sa part du contrat, je vais essayé de pas trop foirer la mienne.

Suis bien, je suis pas du genre très patient. J'imite un a avec ma bouche, réalisant le signe correspondant à l'aide de mes mains, de mon corps et je continu en passant sur chaque lettre, sans m'attarder sur l'une ou sur l'autre, j’enchaîne simplement, moins rapidement que je ne suis capable de faire. C'est chiant et rébarbatif, et lorsque j'arrive à la dernière lettre, je gronde sourdement. Ma patience est franchement limité. Ça me gonfle. Mais au moins, le langage des signes, je le maîtrise et elle est disposée à s'y intéresser. J'en suis toujours surpris, avec réserve. Mais à la manière dont elle s'applique, je veux bien faire un petit effort. Juste pour cette fois. Et puis, ils sont pas mauvais, ses gâteaux.

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MessageSujet: Re: Difficile acclimatation [PV Tamanart]   Dim 15 Fév - 23:51

Si elle pouvait l’entendre, Idjouher aurait fermé les yeux, comprenant enfin toutes les remarques de Serpiente grace à la seule clef qui lui manquait : l’avis de l’intéressé. Il n’avait pas demandé, comme beaucoup. Elle non plus n’avait fait aucun choix et ceci depuis sa mort. Si Qismat n’avait pas enterré son âme, elle aurait été une âme dans la dimension des Reapers voire une des leurs. Qismat avait fait d’elle un investissement pour avoir sa souris dans la Division 2 et finalement, elle était devant Seigi Raïtoku. Encore une fois pour une mission. Le devoir. Encore et encore. La Kabyle avait toujours été le parfait petit soldat et de voir quelqu’un subir avec difficultés une promotion, cela ne la laissait pas de marbre. Cependant, Serpiente avait raison. Il y avait un potentiel qui dormait en son Vice-Capitaine. S’il n’avait rien dit, elle l’aurait remarqué. Si elle avait tout le temps du monde, elle l’aurait observé encore longtemps. N’ayant nullement l’envie d’user de sa patience plus qu’elle ne le faisait déjà avec sa simple présence, Idjouher signa le verbe une nouvelle fois pour elle-même. Manger. C’est un mot qui serait utilisé en maintes occasions. Surtout pour elle-même histoire de se forcer à se nourrir sainement.

Au moins, il était plus à l’aise quand il s’efforçait de lui apprendre quelque chose, c’était rassurant car bientôt, cette entrevue serait achevée, autant en finir sur une bonne note.

Pourtant, la Shinigami avait certaines choses à dire. Une en particulier mais...

Un jour, elle le lui dirait. Pas maintenant. Quelque chose en elle criait qu’il n’était pas prêt. Et que de simples mots ne suffiraient pas pour que cela l’atteigne.

De toute façon, le cours n'était pas terminé, elle n'avait pas à relâcher sa vigilance.

Donc, ils y étaient enfin, l’alphabet. Elle pensait qu’elle allait voir ça ce soir mais finalement, il avait encore envie de lui apprendre quelque chose. Étrange. Pourtant, les autres ne communiquaient pas avec lui. En quoi faisait-elle la différence ? Étrangère ? Non. Apparemment, c’était plus précis. Peut-être que les gâteaux faisaient la différence. Elle ne voyait que ça pour l’instant. Il n’était jamais trop tard pour réviser son jugement d’un fait passé. Encore une question en suspens. Et cela lui plaisait.

Sur un gâteau partagé, la Kabyle épousseta les morceaux sur ses doigts et prit la feuille tendue par son supérieur pour lui obéir, marquant son prénom et nom. Malheureusement, pas japonaise. Pensant que ce serait sans importance, elle marqua bien distinctement "Idjouher Tamanart". Le but était donc de signer complètement un prénom et un nom. Rien de tel pour apprendre à manier une partie laborieuse de toute langue qui se respectait. Vivante ou morte d’ailleurs.

Dès la première lettre, Idjouher était concentrée sur ses lèvres et ses mains. Sans s’en rendre compte, sa main gauche reproduisait les signes, reconnaissant bien les lettres déjà utilisées tout à l’heure, composant dans sa tête son patronyme, les pensées scellées sa main droite prit le relais, se reprenant que trois fois dans sa manière de positionner ses doigts.

A la fin, elle décida de revenir totalement à la base, montrant sa propre conclusion de ses précieux enseignements.

"Je m’appelle I D J O U H E R T A M A N A R T. J’apprends, j’enregistre. Je m’occupe des papiers. Je fais à manger. Ça ira pour cette fois ? Je suis bien ?" signa-t-elle, craignant son jugement final.

Il n’y avait aucune politesse, elle le sentait bien mais elle faisait avec ce qu’elle pouvait, essayant de nuancer avec son visage, espérant juste arriver à quelques petites phrases simples. Néanmoins, elle devait sans doute apporter quelques détails. Cette fois, en utilisant moins les signes.

- Je sais que mon nom est étrange. Je ne suis pas japonaise. Je vous montrerai réellement mon prénom et nom un autre jour. Ou plutôt la nuit.

Personne ne s’occupait du ciel dans le Seireitei. A grands regrets. Cela mettait quand même certaines choses au clair comme la révision de l’échelle d’un Shinigami. En outre, comment expliquer ce qu’était Orion sans nuit et sans carte du ciel ? Seigi Raïtoku n’allait pas chercher lui-même si la vue d’un amas de papiers l’insupportait en ce moment.

Idjouher avait l’impression d’être un peu à sa place ; se sentir un peu comme une véritable étrangère impossible à percer. En plus de sa façon de cacher des choses. Rien n’aidait. Personne ne faisait réellement le pas. Au final, le bureau n’était pas une cage. C’était tous les baraquements de la Division entière qui en était une pour lui.

A le regarder comme un singe idiot. Tout le contraire de ce qu’il était.

Finalement, elle se décida de manger le dernier gâteau.

Elle se retourna et déjà un peu plus souriante, Idjouher se mit à dire :

- Fin de la leçon n’est-ce pas ? Promis, je viendrai avec un plat salé la prochaine fois. Enfin, pensez-vous à une prochaine fois ?

Sous-entendant, si selon lui, elle était digne de continuer d’être son élève. Continuer à avancer ensemble.

Même pour elle, c’était grand. Encore une fois, elle n’allait pas abandonner.

C’était fini de ce mot.

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MessageSujet: Re: Difficile acclimatation [PV Tamanart]   Lun 16 Fév - 21:41

Attentive, elle suit les signes, les reproduisant avec plus ou moins d'adresse, plus ou moins de maladresse alors que je l'observe, intransigeant. Elle essaye de rendre le tout aussi fluide que possible et même si elle s'en sort pas si mal, elle manque encore d'assurance et de pratique. La soul society s'est pas faite en un jour, comme on dit, alors y a rien d'anormal là dedans. Il n'empêche que je suis pas du genre à laisser passer les erreurs quand je les vois alors quand elle se lance une bonne fois pour toute, épelant son nom et son prénom à grand renfort de signe, je la reprends dès qu'elle termine pour corriger les erreurs qu'elle a fait. Et elle en a faites plusieurs, des erreurs. Je commence par lui rappeler la manière de faire la lettre h – après un coup d’œil à la feuille sur laquelle la gratte-papier à écrit son nom, il s'avère que c'est cette lettre qu'elle a essayé de signer. Je ne m'attarde pas, l'oblige simplement à répéter le signe avant de passer à une autre erreur. Je m'occupe. Ça ira. Je suis pas un type patient, ça, c'est clair, pourtant, ça m'empêche pas d'être intraitable lorsque je perçois des trucs qui me convienne pas. Et ces fautes en font parties. Je reprends les signes sur lesquels elle s'est plantée en fronçant les sourcils, reprenant, obligeant. Il suffit d'un rien pour que ce qu'on voulait dire se transforme en incompréhension total, dans le meilleur des cas. Je suis chiant quand je m'y mets, je le sais très bien et je l'assume autant, même si je sais que les types qui parlent ce langage ne courent pas les rues, il n'empêche qu'il vaut mieux le faire bien plutôt que mal, autant se taire sinon.

Elle a un nom bizarre n'empêche, la shinigami, non pas que ça m'étonne en soit, c'est un peu marqué sur sa gueule qu'elle est pas la plus japonaise de nous deux, avec son teint halé. Elle le précise par la suite d'ailleurs, comme si il y avait besoin de le justifier – ou de s'en excuser, peut être. Moi, je fais que hausser un sourcil pour toute réponse, la mine circonspecte. Je m'abstiens des mots, mais je crois que mon expression parle pour moi, à défaut de laisser ma bouche déverser des paroles autrement plus sarcastiques.

Bon, je ne comprends pas vraiment pourquoi elle me parle de nuit, tout à coup, mais on va dire que c'est pas bien important pour l'heure. Et en parlant d'heure, c'est la fin de cette heure ci, ou plutôt, de cette leçon. A vrai dire, je ne sais même pas combien de temps s'est écoulé depuis que Tama est arrivée ici, et en fait, ça m'importe pas vraiment. La dernière sucrerie disparue, c'est le marché qu'on a fait qui disparaît avec elle. Je ne dirai pas que j'en suis heureux, mais dans tous les cas, j'en suis pas triste non plus et c'est avec un haussement d'épaule que j'acquiesce aux paroles de la demoiselle. Fin de la leçon. Je signe, toujours, comme si mes mains étaient reliées à mes lèvres, accompagnant les mots, les soutenant à leur manière. J'aime signer. Enfin, je préfère m'exprimer ainsi quand j'ai besoin de le faire, c'est plus facile pour moi en tout cas. Même si je sais parler à voix haute et intelligible, mes mains ne me trahissent pas autant que mes lèvres, et au moins je les vois là où je ne peux pas m'entendre.

Entraînes toi si tu veux une autre leçon. J'aime pas perdre mon temps. Je grommelle plus que je ne parle, accompagnant les mots par les gestes qui traduisent ces dernières. Je ne cherche pas à être sympa ou à être un connard, j’énonce simplement un fait. C'est bien la raison pour laquelle j'ai du mal avec l'ordre du capitaine de la septième, parce que je sais que je vais perdre mon temps avec la moitié de la division, pour ne pas simplement dire la majorité. Et j'ai horreur de ça. J'aime pas non plus me forcer, surtout quand c'est pour quelque chose qui me paraît aussi peu productif. Non pas que j'en comprends pas l'utilité, bien au contraire, mais c'est juste que j'ai du mal à supporter certaines réactions qui ont franchement tendance à m'énerver – dans le meilleur des cas. Peut être que je leur ferais prendre conscience un de ces quatre, de ce que ça signifie vraiment. Si j'ai du temps à perdre. C'est pas pour tout de suite.

Je récupère finalement l'assiette vide de la jeune femme, la tendant à cette dernière pour qu'elle m'en débarrasse – et débarrasse le plancher aussi, par la même occasion. Elle est assez douée pour trouver la porte, même si je ne compte pas m’attarder par là non plus. C'était pas trop mal. Ce sera mes derniers mots prononcés, la suite se fera uniquement en signe, si elle comprend, tant mieux, sinon, tant pis pour elle. Au revoir, Idjouher Tamanart. Mes gestes sont fluides, ils se suivent et s'assemblent avec facilités et ce, malgré la largueur de mes mains, malgré leurs rudesses. Peut être que je la remercierai pour le rangement la prochaine fois. Je suis pas très doué pour la reconnaissance, donc y a peu de chance que ça arrive, en définitive.

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MessageSujet: Re: Difficile acclimatation [PV Tamanart]   Mer 18 Fév - 19:14

Un professeur sévère mais juste. Après tout, une langue vivante méritait toute la rigueur nécessaire pour la maîtriser. Elle aurait tout le loisir de s’exercer de son côté histoire de ne pas se reposer uniquement sur Raïtoku. Néanmoins, de façon intraitable, il remplissait son rôle jusqu’au bout, la corrigeant à chaque erreur avec tolérance, après tout, il aurait pu simplement lui dire de partir sans se retourner. Celui qui avait le pouvoir et le savoir était dans son bon droit. De fil en aiguille ou plutôt de phonème à signe, beaucoup de noms, verbes, lettres, mimiques devenaient plus clairs, ses doigts tiraient un peu mais commençaient à s’assouplir et enfin, courber à la volonté d’Idjouher pour communiquer au mieux. Selon son point de vue, cette leçon était un régal ce qui était peut-être en demi-teinte pour son professeur. Pourquoi la Shinigami était on ne peut plus satisfaite ? Car depuis le début, tout comme un marché était scellé sous forme d’aide administrative et de simples gâteaux, il avait prévenu qu’il n’était pas patient, elle avait accepté sans contrainte aucune.

Il l’avait sans doute trouvé bizarre mais elle avait l’habitude, ce qui comptait était un commencement, même par un pas très timide. C’était déjà quelque chose d’exceptionnel qu’elle partage quelque chose aussi rapidement avec quelqu’un dans le cadre professionnel.

Le monde du langage l’avait sans doute aidée sur ce coup-ci.

Mine de rien, ses espérances étaient plus que comblées. Humblement, elle salua son supérieur, prit l’assiette, les vieux dossiers à trier et sortit, prenant la direction de la salle de repos, constatant que ses gâteaux avaient eu du succès, il en restait pour ceux qui allaient revenir de leur tour de garde. Patiemment, Idjouher lava l’assiette qu’elle avait dans les mains, fit un crochet jusqu’à chez elle pour déposer les dossiers et alla assurer son tour de garde pour l’après-midi. A part un vol à l’étalage pris en charge rapidement, il n’y avait rien à signaler, profitant pour réciter son alphabet tout en sautant de toit en toit.

De retour dans les baraquements pour faire son rapport journalier par écrit, la Shinigami n’en profita pas pour aller de nouveau vérifier les assiettes, ni pour répondre aux interrogations de ses collègues qui se demandaient qui était assez doué en cuisine pour avoir fait cette surprise. Elle était trop pressée de rentrer faire ses exercices de langage des signes et faire le tri qu’elle avait promis.

Après manger et s’être amusée avec Riheb à se présenter comme Raïtoku lui avait appris, Idjouher se réfugia sur le toit de la maison avec deux dossiers. Elle ouvrit le plus récent et tomba malheureusement sur un rapport de pertes et de blessés de la Division 7 pendant l’attaque des Quincy. Néanmoins, la Kabyle ne voulait pas voir ses nouveaux acquis rouiller trop rapidement et essaya de signer les verbes qu’elle connaissait et à chaque identité, elle épela le nom et le prénom. Une étrange façon de garder en mémoire les sacrifices de sa nouvelle Division, certes, cependant, elle ne pouvait nier que c’était un moyen d’essayer de faire table rase du passé pour s’orienter vers l’avenir.

Elle continua ses exercices pendant deux heures, s’éclairant à peine avec un prisme où elle laissait briller un peu de reiatsu, assez faible pour ne troubler personne.

Soudain, ses doigts rencontrèrent des lettres très connues.

S E I G I.

"Seigi ?"

Elle continua.

G E N T O K I.

"Seigi Gentoki".

Alors qu’elle alla passer à un autre tombé au combat, Idjouher finit par laisser son regard se fixer sur ses caractères. Seigi. Les mêmes kanjis que le nom de son Vice-Capitaine. Cela pouvait être simplement le fruit d’une coïncidence.

Pourtant, une voix familière déchira en elle cette éventualité.

« N’apprends-tu jamais ? Règle 39A. »

- Les coïncidences n’existent pas.

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"The wind is free, but the sand goes where it is blown. Unaware of the world around it. Whirling on the breath of the gods, at the mercy of the storm that engulfs it.

What is one grain of sand in the desert ?

One grain amongst the storm ?"

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Difficile acclimatation [PV Tamanart]

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