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 Un grain de sable nommé Muliphein [ft. Seigi Raïtoku]

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MessageSujet: Un grain de sable nommé Muliphein [ft. Seigi Raïtoku]   Mar 17 Fév - 4:04

Il y avait de la colère. Terrible. Oui. Si terrible. Un Enfant Terrible qui aurait tellement voulu avoir le temps de me punir. Ce n’était pas leur duel mais la guerre. Point. Aussi longtemps que son âme pouvait lui hurler des souvenirs, elle n’avait connu que ça. Un pays qui ne connaissait guère l’honneur du guerrier. Qui ne pouvait le connaître. Qui n’avait pas les moyens de le connaître face à un envahisseur.

« Tu n’as connu que ça. Crois-moi, ma perle. Tout comme j’ai connu la chasse, tu as connu la guerre. »

Et pourtant, il y avait eu une graine de chaos dans une terre de silence. Elle avait grandi, grandi, grandi. Envahi son jardin de cendres. Donné des fruits gris. Elle avait mordu dedans.

Ils étaient si bons.

Sa tête lui avait pourtant dit qu’elle devait s’enfuir. Elle avait son manteau de lumière incurvé, qu’est-ce qui aurait pu la retenir ? De simples fruits de sang dans son jardin. Le vent hurlant chassant des nuages au-dessus de sa tête dévoilant un croissant de lune.

Les sons, elle s’en souvenait. Non. Il n’y avait plus de son. Pourtant, elle était vivante. Elle le savait. Et avant ça, la fraîcheur de la pierre fendue contre sa nuque, quelque chose de chaud dans sa main empoignant fermement une garde. Puis plus rien. La fraîcheur était pourtant toujours là, la chaleur probable de Saif-al-jawza…

Ce qu’elle aurait voulu crier. Rassurer. Ramper.

Au lieu de cela, le vent, l’épée et le silence avaient hurlé à sa place. Et elle aurait donné tellement pour les entendre de nouveau.

Que le ciel la condamne. Elle avait aimé cela. Ce jus sucré du fruit du silence qui criait.

Enfant Terrible, qu’avait-il donc offert à Cocteau sinon un grain de sable déraillant la machine infernale ?

Elle avait serré si fort son zanpakûto main pour qu’elle ne perde rien tout comme elle serrait son souvenir en elle. Rien.

Sinon, à quoi bon avoir laissé ces âmes dans le gosier d’un dieu imparfait ?

Elle avait cru un moment avoir ouvert l’œil. Il était loin. Il vibrait toujours. Dieu merci, il vibrait toujours.

Puis le Voile s’abattit. Il était noir d’encre, rien ne pouvait le transpercer. Et dans les méandres de ses pensées sans queue ni tête, elle n’arrivait pas à le déchirer. Oui ! D’accord ! Elle ne pouvait rien faire pour l’aider mais qu’on la laisse ouvrir les yeux ! Qu’on la laisse s’éveiller ! Que la douleur explose comme un feu d’artifice ! Son corps l’avait totalement trahie. Tout recommençait encore.

« Non. Pas tout. Il est vrai. C’est de ma faute. Tu as raison, j’ai eu le bankai le plus énervant. Dans chaque grain de sable venant de moi, chaque souvenir crucial t’est parvenu, incrusté dans ton esprit. Egoïstement, j’avais eu envie d’être éternel en toi. Quelque chose en moi disait que tu n’allais pas me regretter. Que tu n’allais pas me pleurer.

Tu as juste souffert de ma faiblesse. Quel beau parleur je fais, hein ? A te dire ce qu’était la vie d’un Shinigami, j’avais fini par l’oublier moi-même. Tu as vu ce que c’était être entre l’Oubli et l’Existence avec le Repère des Asticots. Tu te souviens de ce gars dont je t’avais parlé ? Hiryuu. J’avais l’angoisse d’être exactement comme lui. Dans une grotte scellée avec ton visage qui regarde l’âme, tentant de voir toute trace d’humanité qui n’avait pas encore été érodée, ou de trait divin pour certains. Je n’avais pas envie d’être un monstre dans une cage, avoir cette séparation idiote entre toi et moi.

J’ai préféré être en toi, te faire souffrir que laisser de simples souvenirs.

Je suis un infect connard. Tu peux le penser.

Même un sourd a fait mieux un travail qui était mien ! (rires)

J’ai juste envie de le remercier avec un gros coup de pieds dans ses parties ! Je n’ai même pas envie d’être concilient, reconnaissant. Quel connard.

Disparaître ne m’a absolument pas changé mais après tout, je suis juste une présence nourrie de souvenirs, je ne peux plus changer, évoluer, ou quoi que ce soit.

Ne t’inquiète pas, je ne parasiterai pas ton esprit pour toujours. On va te croire folle. Tu vas devenir folle. Ce n’est pas réellement mon but.

Allez, ma perle, cramponne-toi. Ton corps récupère déjà. T’as toujours été une battante.

Maintenant ? Tu vois la lumière ? »


A peine.

« Suis-la. La pauvre Saif-al-jawza doit être morte d’inquiétude…

Au fait, vu que je reste fidèle à moi-même. Tu sais qu’il t’a défendu ? »


Qui ?

« L’autre sourd de mes deux. Si tu ne me crois pas, demande à Saif. Il a envoyé à la niche la cruche de service ! Que c’était beau… Personnellement, j’aurai arraché chacune de ses pattes histoires de montrer qu’un imbécile pouvait avec une resurrecion mais pas survivre mais ça…c’est mon côté perfide. Que j’aimais mon travail de traqueur…

Mais ce qui me manque le plus, c’est toi, la famille et tes petits plats.

Fais-lui profiter va, autant que ça ne se perde pas.

…à ce Shinigami de mes d… »


Ses oreilles pouvaient enfin percevoir quelque chose. Un brouhaha d’ordres, d’injections… Elle était transportée ? Plus de fraîcheur de la pierre mais sa tête la lançait et était légère à la fois, la tension de sa nuque laissait à désirer. Sentant qu’elle avait du mal à respirer, Idjouher fit un effort incroyable pour signer à qui comprendrait « Urgence. Pas moi. Là-bas. » et sur quoi, on lui ordonna de se calmer pendant le transport. Comment faisait-il pour vivre en ayant des gens qui ne faisaient pas l’effort de comprendre ? Cela la frustrait déjà et elle n’était sans doute pas encore tirée d’affaire. Et lui d’ailleurs ? Il avait la peau dure mais c’était lui la priorité et il n’avait pas mis son brassard pour le signaler. Elle aurait dû…

« Insister ? Je peux le traiter de tous les noms mais (rires) là sur le coup je le comprends ! Encore que j’étais un chasseur, juste un chasseur. Rien de plus, rien de moins. Peut-être qu’en vivant un peu plus à tes côtés, ça aurait révélé un côté leader mais…t’es un peu la seule Shinigami que je supportais à mes côtés. Je sais qu’on ne dit pas à une source qu’on ne boira pas de son eau… J’avoue que je n’avais pas soif pour ma part mais lui… ?

Ça reste une bonne question à résoudre.

Par contre, ça ne change pas qu’il reste un conn… ! »


Elle respirait mieux. Enfin. Ses paupières étaient lourdes mais au moins, plus aucun son autour d’elle si ce n’est lointain. Bonne nouvelle, elle était donc tirée d’affaire. La mauvaise était qu’elle allait devoir faire de nouveau crier ses muscles. Idjouher cligna des yeux bien fort pour essayer de voir quelque chose, sa main cherchait bien sûr de quoi se défendre, l’automatisme de la survie et la fit taire derechef. Sa douleur elle, par contre, chanta aussi bien qu’une soprano mais elle ne pouvait lui en vouloir de faire ce qu’on attendait d’elle. L’ignorant contre une priorité, la Kabyle tourna la tête pour la mettre sur le côté, ne pouvant supporter d’appuyer sur un pansement de gaze qui protégeait sa blessure à la nuque.

Ses yeux rencontrèrent vite une silhouette dans la pièce. Apparemment, elle n’était pas seule et malheureusement, elle n’avait pour l’instant rien pour l’identifier. Ou plutôt son cerveau était trop surchargé d’informations à traiter maintenant qu’il passait de nouveau à la vitesse normale. Beaucoup. Trop. Elle allait tenir. Il fallait juste qu’elle attende que ses yeux s’accoutument à la lumière. Rien qu’un peu.

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MessageSujet: Re: Un grain de sable nommé Muliphein [ft. Seigi Raïtoku]   Mar 17 Fév - 21:38

Le noir. Juste le noir. Il n'y a que ça ici. Les ténèbres de l'inconscience qui précède les flammes de l'éveil. Un frisson qui dégringole le long de mon dos, s'échinant à raviver le feu des brûlures. Mes doigts grincent alors que la douleur me crispe. Il n'y a que le silence, toujours, mais celui ci est usuel, banal. Je cherche autre chose, à moitié dans les vapes, je cherche mon allié, ma moitié du bout des doigts, percevant l'écho lointain de l'esprit de mon sabre qui me veille. Ce connard a eu peur. Comme si j'allais crever pour si peu. La vive lumière attaque mes prunelles fragilisées par mon errance inconsciente et je gronde sourdement face à cet assaut traître. Connerie de néons. Je leur ferai bouffer, de leur lumière de merde moi. Dès que j'aurai récupéré mon sabre. Il rejoint rapidement ma main, sa présence me permettant de calmer mes élans douloureux. J'inspire. Je prends un instant - ou plusieurs, le temps parait suspendre son vol dans cet état, disparaissant totalement. Pas de minute, pas d'heure. Juste les respirations. Les pensées. C'est en éloignant finalement un type de la quatrième que je me relève maladroitement sur mon lit de fortune, ignorant la douleur mangeant mes muscles et la fatigue qui m'accable encore. J'ai le cerveau embrumé mais rien que d'empoigner Hibiki paraît éloigner ce voile opaque. Je me souviens. Je me souviens parfaitement de ce qu'il s'est passé, du combat, du gros truc laid et de tout le reste – mon échec. Mon humeur va pas aller en s'améliorant.

Y a plus personne à mon chevet quand je redresse la tête. Tant mieux. Je remercie presque les blessées qui viennent s'ajouter à la liste paraissant conséquentes des occupants de la quatrième et qui défilent, encore et encore. Combien de temps c'est écoulé ? Trop. Pas assez. Sur mes mains, je sens parfaitement les bandages de coton qui m'entravent et au vu de la douleur, je pense à des brûlures. Ah ouai, c'est vrai. L'autre capitaine avait jouer avec des flammes, je suppose que je lui dois ça. Ou alors c'est l'autre mastodonte. Qu'importe, le mal était fait. Malgré la souffrance, j'oblige ces derniers à bouger afin d'en tester la motricité. C'est franchement pas terrible, mais ça m'empêchera pas de dégainer si besoin. Bon. La mâchoire crispée, je me relève après une inspiration, bien décidé à vider les lieux malgré les blessures mordants ma peau. Silencieux, je passe devant un lit juste à côté du mien sur lequel je m'attarde un court instant. Une silhouette frêle mais bien vivante l'habite, quoi que passablement amochée. Le poids sur mes épaules paraît soudain moins lourds à supporter. Alors j'ai pas halluciné à ce moment, quand j'ai utilisé mes dernières réserves, elle était vraiment en vie. Bien. Je pourrai l'engueuler quand elle se réveillera. Plus tard. J'ai des trucs à faire. Je dois faire un constat. Je sais que ça va pas me plaire, mais je dois le faire, je dois le voir, je dois m'en imprégner. Constater la merde noire dans laquelle on se trouve. Constater l'échec. Et putain, qu'il est balèze, l'échec. C'est comme les trois millions d'âmes de Karakura, c'est bien pire que la purge, c'est juste un champ de bataille, un champ de ruine, un vrai massacre. Le Rukongai est plus misérable que jamais, éventré, piétiné.

Voilà ce que protège la septième. Voilà ce qu'a protéger Gentoki toute sa vie. Le constat est cruel. Je sais que je suis pas le seul fautif. Mais bon. Est ce que ça change quelque chose ? L'échec est le même.

Vice-capitaine.
J'adresse au shinigami qui me fait face un regard indéchiffrable. Aokideso. Ah, lui aussi il est vivant. Bien. Dans ses prunelles, je perçois une question. Une question silencieuse mais je suis plutôt doué pour déchiffrer ce genre d'interrogation, même muette. Une journée de merde. Les suivantes seront pareils. Vice-capitaine. Quelle connerie. Et pourtant, c'est ce que je suis maintenant. Tu acceptes enfin, mon petit Raï ? Est ce que j'ai le choix ? Non. Je ne l'ai jamais eu. Et puis, c'est comme un zanpakutô, il parait et ça, je connais. J'ai juste besoin de m'oublier pour le moment, les questions attendront, j'ai juste besoin de m'occuper. Et y a de quoi faire.

Le capitaine est vivant, lui aussi. Blessé mais en vie. Ce qui est pas le cas d'autres. Taka est en vie aussi. C'est bien. Le capitaine de la dixième aussi. Voilà, c'est la seule chose que j'ai noté, ça et l'apparition de la division 0. Ça et l'hécatombe. Combien de temps c'est passé ? Je ne sais pas. Je ne sais plus. J'oublie. Peut être deux heures. Peut êtres plus. On s'habitue à tout ça, je suis habitué, je connais, ça me fait rien. Juste des corps, seulement des noms que je ne connais pas et qui défilent, interminable.

Silencieux, j'observe. L'agitation est toujours présente au sein de la quatrième division quand j'y reviens, mais la fatigue la rend plus trouble, plus lourde aussi. Je ne compte pas rester à la base, pas même pour apaiser la morsure de mes blessures, j'ai juste ramené une personne - un survivant de la septième, blessé mais vivant. Je sens mes blessures me tirer, douloureuses. J'ai forcé. Mais c'est mieux comme ça. Je me reposerai... plus tard, probablement, quand la nuit sera plus noire et les étoiles plus brillantes. Je me suis attardé, choisissant de m'arrêter un instant là, face à ce lit occupé. Elle bouge. C'est ce que j'avais cru percevoir en passant devant, mais j'en ai la confirmation en la voyant chercher quelque chose, comme une bête acculée. Un réflexe que je connais bien pour l'avoir eu également. Mes doigts se referment sur le zanpakutô de la shinigami que je place à porter de ses mains. Ma mâchoire se crispe sous la brûlure mais je l'ignore. Elle se réveille.

Bienvenu dans l'anti-chambre des enfers, Tama. Paradoxale pour des shinigamis, mais après tout, c'est un peu ça ce qui l'attend au vu de l'état du Rukongai. Surtout quand elle sera en état de se recevoir mon coup de pied au cul. Si je suis assez patient pour attendre. Et assez en forme. Faudrait que je dorme, je dois avoir une sale gueule.

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MessageSujet: Re: Un grain de sable nommé Muliphein [ft. Seigi Raïtoku]   Mer 18 Fév - 13:04

Et la silhouette lui donna de quoi se défendre, la voix de Saif-al-jawza bien claire dans sa tête, apparemment heureuse de constater que ses statistiques cardiaques étaient meilleures. Toujours le mot pour réconforter mais la Kabyle n’était pas dupe, sous la froide logique, elle sentait l’inquiétude de sa trancheuse d’âme, trop bouleversée pour penser à être reconnaissante envers la main qui l’avait rapprochée de sa propriétaire.

Avant même qu’elle puisse identifier la personne, Idjouher reconnut la voix grave et hachée de Seigi Raïtoku et ceci fit d’un coup écarquiller les yeux pour voir ses grandes mains signer. Malheureusement, son visage était tuméfié, elle n’avait réussi qu’à voir un signe sur deux. L’anti-chambre des enfers… Rien que ça. Il est vrai qu’ils étaient au seuil d’un enfer de plusieurs jours à venir. Cette chose avait balafré le Rukongai, le moral des troupes, ils venaient à peine de se débarrasser des Reapers sur leur passage, d’accepter un peu plus les conséquences de la Purge. Un malheur ne venait jamais sans un autre et le devoir leur sommait de ne pas courber l’échine, ni de pleurer les disparus. Pour l’instant, elle était dans la brume et elle détestait ne pas avoir droit à des informations.

Dans une grimace qu’elle fit mourir au fond de sa gorge, Idjouher se mit en position assise, se débarrassa de son drap pour tester ses muscles, apparemment, ses pieds avaient subi des brûlures superficielles dues à la résistance amoindrie et à l’excès d’énergie concentrée. La résistance lui faisait défaut. Elle allait voir cela après, son Vice-Capitaine avait sûrement des choses plus importantes à lui dire mais avec cet afflux de sang dans sa paupière gauche, elle n’allait pas suivre ses signes. Profitant de la confusion des médecins aux alentours et de l’écran que lui offrait Raïtoku, Idjouher subtilisa un plateau en inox, de l’alcool à désinfecter, un scalpel et de la gaze et tâta la boursouflure pour évaluer la quantité de sang. Méticuleuse comme elle le pouvait, elle prépara deux gazes imbibées d’alcool et une autre vierge. Idjouher se pencha sur le plateau et appliqua une fine entaille juste en dessous du sourcil pour ne pas endommage son œil et laissa le sang couler pour enfin juguler avec une gaze préparée en mettant sa tête légèrement en arrière pour prévenir une autre perte de sang, attendant que la coagulation et l’alcool fasse effet pour changer de gaze.

Là, déjà, elle pouvait voir le visage de Raïtoku distinctement, en essayant de ne pas regarder les néons au plafond. Elle fut presque contente que la salle était occupée de sons étouffés divers et variés car le bourdonnement d’un néon pouvait être facilement insupportable vu la situation chaotique.

Enfin, elle s’empara du rouleau presque épuisé de sparadrap pour fixer la gaze vierge afin de protéger sa plaie et commença à signer et à mimer de la bouche.

- On a perdu beaucoup d’hommes ? Comment va le Capitaine I G A R A S H I ? Avez-vous des nouvelles du Capitaine S E R P I E N T E ?

Ça la fatiguait mais il semblait aussi exténué qu’elle. En douceur et sans lâcher Raïtoku du regard, Idjouher débarrassa le plateau, le scalpel, le sparadrap et les gazes usagées sur le meuble en inox à côté de son lit, se plaça en tailleur pour lui laisser une place pour s’asseoir en face d’elle. Ses traits tirés annonçaient déjà de mauvaises nouvelles, elle n’allait pas y couper, ni à une belle engueulade d’ailleurs. En réalité, elle espérait qu’il ait la force de lui tirer les oreilles histoire qu’elle en tire les leçons doublement et que lui puisse déjà libérer un peu plus de pression.

Elle repensait à ce que la voix de Qismat lui avait chuchoté. Non. Il se moquait forcément d’elle. Une situation catastrophique n’avait pas réellement d’impact sur lui, il suffisait de se souvenir quand Kurosaki Ichigo était venu à la Soul Society.

« Il devait avoir une belle paire de baveuses. En tous cas, elles étaient plus lourdes que celles du Kuchiki. C’est du propre ça. Un Humain ayant plus de courage qu’un Shinigami. Noël en juillet ! »

Cependant, Maître Qismat, tout du moins ce qu’il reste de lui en vous, a raison. Seigi Raïtoku vous a sauvé, Sai
, confirma Saif-al-jawza.

Son zanpakûto ne mentait jamais. Maintenant qu’elle avait sa réponse, une autre question s’imbriquait juste après : était-il pertinent de le remercier ? La gratitude en elle ne manquait absolument pas mais elle savait que cet homme était facilement atteignable par de simples paroles. Même avec toute la bonne volonté du monde, cela n’allait pas l’aider.

Plus tard donc ? Oui. Plus tard. Il y avait un moment pour tout. Même elle devait un minimum s’y faire à ce constat. Elle ne savait pas comment prendre ce sauvetage. Bien ou mal ? Comme une autre façon de voir un homme ou comme un bilan de sa propre faiblesse ?

C’était ridicule. Oui, elle avait été faible. Elle allait le payer, tout faire pour y arriver, c’était tout de même une seconde chance pour elle, Idjouher n’allait pas la refuser, ni se plaindre sur la façon d’arriver à se perfectionner.

Tout ça pour revenir dans le premier constat : la reconnaissance.

Elle qui n’avait jamais été sauvée de sa vie…

« Si. Une fois. Mais mon but n’était pas de te sauver.

Quand je disais qu’un sourd avait fait mieux que moi…je ne plaisantais pas. Il a fait un boulot qui était mien d’une meilleure façon. »


Aucun souvenir. Se jouait-il encore d’elle ? Était-elle devenue folle entre temps ? Sa faiblesse avait-elle fait d’elle son jouet personnel ?

Sai ! Il dit vrai ! Vous avez oublié ! Reprenez-vous ! Des hommes sont morts !

La Kabyle inspira profondément de façon saccadée et relâcha toute la tension de ses muscles qu’elle le pouvait. Elle allait avoir besoin de rassembler ses esprits. Et puis, son travail n’était justement pas terminé. Elle était encore en vie, Seigi Raïtoku devait compter sur elle.

Prudemment, elle testa la résistance de ses pieds, cela lui faisait un mal de chien mais la douleur avait le don de lui replacer les idées au bon endroit. S’appuyant sur sa hanche pour se mettre devant lui, Idjouher signa ce qu’elle pouvait en mimant toujours de ses lèvres fendues.

- Voulez-vous qu’on sorte du complexe ? Pas trop loin. On aura sans doute besoin de nous.

Les vapeurs des produits utilisés n’allaient pas raviver leur esprit embrumé après tout.

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MessageSujet: Re: Un grain de sable nommé Muliphein [ft. Seigi Raïtoku]   Jeu 19 Fév - 11:47

J'observe son manège avec un rien de circonspection. Elle paraît m'avoir reconnu, mais j'en mettrai pas ma main à couper non plus. Son visage tuméfié doit pas franchement être en capacité de voir clairement quelque chose, alors ma tronche, faut pas en demander trop non plus. Pourtant, ça l'empêche pas de se redresser, non sans qu'une grimace de douleur vienne un instant troubler ses traits. Vague et lointaine, elle disparaît aussitôt pour ne laisser derrière elle, que la précision chirurgicale d'une guerrière soignant ses blessures à sa manière – c'est à dire, sans douceur aucune. Je dis rien, me contentant simplement de la détailler avec un rien de surprise, peut être. Dans tout ce chaos, contempler les gestes étonnement fluide et adroit de la shinigami paraît presque déplacé dans ce chaos total. Pragmatique, elle s'entaille pour libérer sa vision, et je ne peux qu'apprécier le geste quand bien même ça ne change rien au défilement de mes pensées. Cette nana est franchement pas commune. Non pas que j'ai côtoyé un grand nombre de femme shinigami dans ma vie, mais j'ai pas vu beaucoup de type – masculin ou féminin - jouer à ce genre de jeu. C'est pas déplaisant, au contraire bien qu'un poil surprenant sur le coup. Et a peine éveillée, son nécessaire de couture remis à sa place, elle commence déjà à poser des questions, en signant ce qu'elle peut, ce qui est pas une mauvaise chose – c'est pas évident de lire sur des lèvres tuméfiées. Cela dit, ça m'empêche pas d'être en pétard contre elle. J'ai pas oublié. Oh que non. Et la voir dans cet état, même en étant aussi vaillante que possible change quedal.

Alors là, très franchement, je suis pas d'humeur à pondre un ramassis de connerie sans intérêt et à répondre docilement à ses questions, aussi pertinentes soient elles. Dehors, c'est le chaos. Elle s'en rendra bien compte quand elle le verra et tout ce que je pourrai dire ne sera rien face à la réalité. Je m'assois pas face à elle, restant silencieux et debout, comme une ombre sinistre. Je la toise, ignorant la brûlure de mes muscles hurlant sous les sollicitations extrêmes qu'ils subissent. Je m'en moque et je l'ignore comme le reste, laissant cette douleur dans un recoin de mon esprit, bien dissimulé derrière la colère bouillonnante qui est coincée en moi. Ma voix est plus que grave que jamais, grondante, elle n'est pourtant qu'un murmure lourd et traînant. Je n'ai pas oublié. L'étoile qui brille et tombe.

La prochaine fois, tabasse ta cible, Tama. Quand on est pas capable d'encaisser, on s'occupe de sa gueule avant de s'occuper de celle des autres. Je suis dur et probablement injuste mais là, à l'instant, j'en ai absolument rien à tiquer. Je suis furieux. Furieux de constater de sa faiblesse et de la faiblesse de tant de shinigamis – de tant de shinigamis morts. De ma propre faiblesse aussi. Même pas foutu de rester debout à la fin de ce combat, obligé de déployer toutes mes réserves pour essayé de mettre un terme à ce dernier sans avoir aucune garantie. Pas capable de voir de mes propres yeux la fin de toute cette merde, tout en étant obligé de me la faire raconter. Et constater.
Si c'était pour me montrer ça, c'était pas la peine. Point. T'es dur avec elle, mon petit Raï. Je gronde sourdement en réponse à Hibiki qui s'invite dans la conversation, sans que ça ne l'empêche de continuer. Elle est plutôt intéressante même si c'est vrai qu'elle est un peu faiblarde. Mais tu peux arranger ça, hum ? Il m'agace et s'en amuse un peu. Franchement, il s'éclatait pas autant quand il a cru que j'allais mourir. Abruti. Je délaisse l'humeur bougonne de l'esprit de mon zanpakutô, pas content de remarquer que je me souviens toujours de son cri lorsque je me suis évanoui, pour en revenir à nos moutons. A cette femme qui se redresse finalement avec une certaine difficulté. Si faible. J'aime pas ça. Ça m'agace mais je laisse la colère refluer en l'entrainant dehors, loin de cette agitation fatigante, de ces odeurs entêtantes qui saturent la pièce et l'air du soir à au moins le bon goût d'être bien plus viable. Frais. C'est presque choquant, ce contraste. J'ignore l'état des types qui se trainent dans les couloirs, certains blessés légèrement, d'autres brisés peut être définitivement. C'est comme lors de cette autre guerre. Pareil. Même combat.

Ici aussi, on retrouvera pas tous les corps. Des disparus, des morts ou des déserteurs. Qui sait ? Je suis crevé, épuisé et je me bats avec mes connexions nerveuses qui jouent les feux d'artifices. Je sens l'esprit de mon sabre faire tampon, le temps que je trouve un coin qui me parait préservé de l'agitation nocturne. Je joue avec mes limites. Habituel. Je fini par me poser sous le ciel nocturne, les épaules tendues. Mes doigts n’apprécient que peu les sollicitations que je leurs fais subir de nouveau, mais je me force à rien laisser paraître quand bien même la raideur de mes doigts est suffisamment éloquente. Je réponds finalement à rebours, l'air agité mais plus las. Ma voix est dure, je sens son grondement, la difficulté que j'ai a émettre des sons fluides. Alors je me contente du minimum. Pas de chiffre mais beaucoup de dégâts, beaucoup de morts - shinigamis ou habitants. Ces capitaines sont en vies. La division 0 a fait le ménage et a pris le commandement temporaire.

J'arrive pas à me poser. A me dire que c'est fini. Je m'attends à devoir repartir n'importe quand. Mais je le pourrai pas. J'en suis incapable en l'état alors je grogne, je m'agite, je gueule, aussi. C'est pareil et différent. La rage est semblable et différente. Pourquoi ? Je n'aime pas cette interrogation muette dans leurs regards. Je n'aime pas leurs regards.

Vice-Capitaine. Putain.

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MessageSujet: Re: Un grain de sable nommé Muliphein [ft. Seigi Raïtoku]   Jeu 19 Fév - 18:34

Il était en colère. Très en colère. Sa cible, hein ? Elle n’allait pas parler de stratégie à Raïtoku ; il était capable de comprendre mais tout sonnerait comme une excuse minable à cette heure-là tout comme la tempête ne pouvait pas être stoppée avec des prières. Pourtant, la Shinigami ne voulait ni crier à l’orage qui grondait en son Vice-Capitaine, ni s’en protéger non plus. Si elle avait quelque chose à déplorer, c’était encore le manque d’information. Si c’était pour la punir, elle allait chercher ailleurs, point. Quoi qu’elle ne fût pas sûre de trouver un esprit assez solide pour oser lui faire part des dégâts et des pertes. En un coup d’œil rapide, elle constata les blessés encore inconscients et ceux qui gémissaient. Il n’en ressortirait rien d’intelligible.

A sa seconde remarque, Idjouher allait répondre mais il ne lui avait pas laissé le temps, constatant la tension dans ses muscles qui s’accentuait, il partit devant elle. Sans précipitation, la Kabyle jaugea son équilibre, apparemment, elle avait encore pas mal de sang et assez récupéré pour ne pas avoir une grosse sensation de vertige. Prête pour emboîter le pas de son Vice-Capitaine, la Shinigami s’engagea dans le couloir, chapardant deux petites bouteilles d’eau au passage et sans parler à qui que ce soit. Dès la sortie, elle croisa Aokideso qui avait réussi à s’en sortir en un seul morceau mais malheureusement un peu déboussolé.

- Aokideso ? demanda-t-elle de sa voix un peu enrouée.
- T…Tama ? T’es en vie… Génial, parvint-il à souffler avec un semblant de sourire.
- Avez-vous réussi à évacuer des familles ?
- Oui… Ils se sont dispatchés dans les districts voisins, on les replacera quand…enfin…
- Bon travail. Où est-il ?
- Le Vice-Capitaine ? Là-bas. T’es sûre que ça ir… ?


Pour le faire taire et le forcer à se ressaisir, Idjouher lui envoya sans prévenir une de ses bouteilles d’eau qu’il peina à rattraper.

- Hydratez-vous, ordonna Idjouher sans se préoccuper de la hiérarchie.

Aokideso acquiesça et but très rapidement en regardant le dixième siège se frayer un chemin vers le havre de paix de fortune de son supérieur. Au moins, il avait bien choisi, les sons étaient bien étouffés, l’air frais chassait les embruns d’alcool à stériliser sur sa peau et ses cheveux et la nuit qui arrivait pour essayer d’adoucir le paysage cauchemardesque qui s’étendait. Une balafre honteuse, disgracieuse, suppurante. Elle avait trouvé le mot juste. A regrets. Patiente, Idjouher s’assit devant Raïtoku pour ne pas louper s’il commençait à signer et commença à se débarrasser des bandages trop épais qui enveloppaient ses pieds. Elle préférait les entendre se plaindre pour de la douleur que de ne pas sentir le relief du sol. Pour calmer les brûlures qui se ravivaient au contact de l’air, la Kabyle ouvrit sa seconde bouteille et nettoya ses pieds, se concentrant sur la plante où sa peau était moins épaisse.

Enfin, il lui délivra un semblant de debriefing. Peu de détails mais quelque part, elle n’en avait pas besoin, une âme mangée après la Purge était déjà trop mais elle était rassurée sur l’état du Capitaine Igarashi et Serpiente. Elle était consciente d’avoir été le maillon faible mais elle avait fait son maximum et ce n’était pas suffisant. Cependant, la Division 0 avait été mandée et ça ne présageait rien de bon. Cela voulait dire que la créature était aussi forte que l’attaque de Quincy ? Il n’y avait pas de cadavre. Il y avait de grandes chances que le Titan n’était pas mort.

Pire encore. Le Commandement avait été confié à une autre personne. Morte ou désertion. Dans un cas comme dans l’autre, la mission d’espionnage était donc annulée. Elle allait pouvoir pleinement assurer son entraînement car il était hors de question de rester à ce niveau pitoyable. Elle n’était plus dans la Division 2, il n’était plus question de missions solo.

Cela faisait beaucoup. En si peu de temps, une pluie de fléaux s’était abattue sur la Soul Society. Elle n’allait pas prier pour que cela se calme mais faire ce que tout bon globule blanc était destiné à faire : se renforcer, n’attendant pas une autre infection gagner le corps du monde des esprits sans même attendre à ce que le cerveau, le Gotei 13, ne lui ordonne.

Aussi rapidement que ses muscles lui permettaient, Idjouher défit le haut de son shihakusho pour prendre les bandages plus fins et plus larges que ceux donnés par la Division 4, ça allait libérer son semblant de poitrine mais bon, elle n’allait pas se battre ce soir. Puis, elle entreprit son bandage des pieds, laissant ses orteils à l’air libre puis se remit debout, testant sa solidité, sa sensibilité au sol. C’était parfait.

Mais pas pour lui.

Couvrant à la va-vite sa poitrine, Idjouher commença à signer et à mimer.

- Vous êtes en colère, je le sens. Peu importe contre quoi ou qui, il ne faut pas la laisser vous consumer tranquillement à l’intérieur. Voilà ce que je propose. Soit vous criez. Soit vous me frappez une bonne fois pour toutes. Soit…

Elle plaça la bouteille d’eau à moitié pleine à côté de lui, puis recula un peu pour lui laisser assez d’espace pour respirer tranquillement.

- …vous buvez de l’eau. Et si vous optez pour me frapper, ce serait bien de m’épargner le côté droit de mon visage si vous voulez encore lire un tant soit peu sur mes lèvres.

Cette fois, elle ne souriait pas, adoptant plutôt une mine résolue mais calme, il n’avait pas besoin d’un sourire faux qu’elle-même ne comprendrait pas, ni de tristesse.

Un paratonnerre. Voilà. C’est bien ce qui manquait. Un paratonnerre.

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MessageSujet: Re: Un grain de sable nommé Muliphein [ft. Seigi Raïtoku]   Jeu 19 Fév - 22:41

La colère est là, toujours. Comme une vague refluant sans cesse, elle attaque et disparaît un instant avant de se faire plus mordante que jamais, grondante aussi. Au rythme d'une mélodie muette, elle fluctue. Et comme souvent, je me perds dans une contemplation passive. Je contemple les gestes, les attitudes, les mouvements comme autant de vibration qui détaillent mon monde. J'entends rien, aucun son ne vient jusqu'à moi mais j'ai tous le reste. Et mon regard à tendance à se poser sur tout ce qui m'entoure, s'attardant rarement, mais percevant des détails parfois infime. Je laisse mon esprit se perdre, s'oublier, non pas dans mon propre mouvement, mais dans celui d'un autre. Ou plutôt d'une autre. Une simple parenthèse alors que la colère demeure, sourde, lourde. Elle fait barrage au reste. A tout ce qui m'agace. A tout ce qui m'emmerde. A ces regards et ces attentes. Cette femme est bizarre. Venant de moi, ça peut paraître incongru, mais à la voir s'agiter à sa manière, avec ces gestes lents et mesurés – les mêmes que lorsqu'elle signait difficilement, que lorsqu'elle classait des dossiers, que lorsqu'elle combattait, aussi -, je peux pas m'empêcher d'y penser. Elle est faible et fragile, son état est criant de cette réalité, pourtant, dans ces moments, elle paraît différente. Calculée. Pragmatique. Efficace. Peu de mouvements inutiles, juste ce qu'il faut, ce qui lui paraît le plus logique en tout cas – et pas spécifiquement pudique non plus, d'ailleurs. Je sais pas si dans sa réalité, c'est un truc normal, mais elle fait bien ce qu'elle veut pour ce que ça me fait présentement - et en même temps, ça dénote à peine avec ce qu'elle à fait avant. Plus homme que femme. Ou plutôt qui a l'air de s'en foutre. Mais c'est ce qui la rend bizarre. Intéressante. Si on veut.

D'habitude, on m'évite. D'habitude, on ne cherche pas à provoquer mon courroux – sauf les abrutis, mais elle ne rentre pas dans cette catégorie, je le sais. Je fais peur. Je suis crains dans cette division – dans les précédentes aussi. Une question revient un instant hanter mes pensées. La première question que m'a posé le Capitaine. Pourquoi tu les effraies ? Elle me regarde sans hésiter, avec son visage tuméfié, son corps fragile et ses pied nus. Elle ne détourne pas les yeux lorsqu'elle avise ma colère, lorsqu'elle déclame des stupidités, aussi. Crier. Frapper. Ou boire. Je regarde la bouteille qu'elle a déposé à côté de moi, s'écartant davantage par respect que par crainte de mes coups. Cette shinigami est probablement folle. Je ne vois franchement pas d'autres explications à sa manière d'agir, avec ses gestes aussi mesurés que ses paroles, précises, calculées.

Ils ont peur de toi parce qu'ils ne te comprennent pas, non pas parce que tu es différent.

Pourquoi est ce que ça revient maintenant ? Comme si c'était le moment. Je pourrai la briser. Même avec mes forces actuelles, lui faire suffisamment mal pour qu'elle reste loin. Pff. Connerie. Même moi, je suis pas aussi salop, je frappe pas les gens déjà à terre. Y a pas de défi. Ma main bandée vient récupérer la bouteille qu'elle a placé devant moi, sans un mot. La tension augmente alors que la douleur irradie le long de mes bras, ravivant le feu des brûlures. Ma mâchoire se crispe sous la pression, mais je parviens malgré tout à en ouvrir le goulot non sans quelques maladresses. Je ne compte pas boire. J'en ai marre. Juste marre des questions, de ces paroles, de ces regards, de cette pression, de cette colère semblable et différente, de ma faiblesse et de tout le reste. Sans hésitation, je verse le contenu du récipient sur ma tête, laissant l'eau s'écouler sur mes cheveux, plaquant mes mèches corbeaux sur mon front. Le liquide est tiède, presque froid, il glisse sur ma peau et je libère ma vision mangée par mon espèce de frange inégale du dos de la main. La fraîcheur est agréable, apaisant la morsure ardente qui enflamme mon esprit depuis des heures. Rien n'a changé. Le Rukongai est toujours pitoyable, écrasé, les morts sont toujours là, seront toujours plus nombreux demain, mais je me sens moins troublé. Moins agacé. Moins furieux.

Et tu penses qu'elle est bizarre.

Je rends rudement la bouteille vide à Tama, la remerciant d'un simple signe de tête. Si mon visage n'est pas plus détendu, je suis tout de même un peu moins sur les nerfs. Pour la première fois depuis que je suis parti de la quatrième un peu plus tôt, mon esprit est moins embrumé et j'arrive à m'asseoir contre une surface dure – un muret de pierre froide - non sans quelques efforts. Mon corps est raidi, aussi souple qu'une buche ardente. Mon zanpakutô rejoint rapidement mon épaule et je prends cinq minutes. Cinq minutes durant lesquelles je ferme les yeux et que je savoure la caresse du vent et la traînée langoureuse de l'eau qui glisse sur ma peau. La douleur résonne aigrement, doucement, mais je l'ignore. Sourde. Pulsant doucement. Je te frapperai pas aujourd'hui. Mais attends toi à ce que ça arrive dès que tu seras en état. Il est pas question qu'elle garde ce niveau. Pas question que cette foutue division reste aussi faiblarde non plus. Et si ils ont besoins de coups de pieds au culs pour se bouger, et bien je me ferai un plaisir de les distribuer. Je suis doué pour ça il paraît. Cette pensée, aussi soudaine qu'inattendue me ressemble déjà un peu plus. Un peu seulement, parce que autant rétamer des gens, ça me connait, autant le faire en ayant un réel but derrière, c'est moins vrai. Enfin, moi aussi, je dois m'améliorer. Plus. Mes paupières se rouvrent et mes prunelles d'encres glissent sur mes mains bandées. Moi aussi, je suis concerné.

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MessageSujet: Re: Un grain de sable nommé Muliphein [ft. Seigi Raïtoku]   Dim 22 Fév - 18:26

Honnêtement, Idjouher pensait devoir embrasser le sol une nouvelle fois et goûter à une nouvelle douleur irradiant. Au lieu de cela, son regard suivait la moindre goutte d’eau glissant sur les cheveux, la peau ou absorbée par les bandages omniprésents sur Seigi Raïtoku. Ainsi, le silence s’installa entre eux. Idjouher demeura sans bouger malgré ses muscles qui crissaient rien que sous l’effet de la gravité. Seuls ses yeux devenu noir d’encre avec l’obscurité qui gagnait le ciel bougeaient, captant sans difficulté le rythme respiratoire de cet homme, ses veines qui dansaient sous la peau gorgés de globules rouges occupées comme des abeilles et les mèches de ses cheveux qui refusaient d’être disciplinées, que ça soit pas une main ou par le vent.

C’aurait été trop beau. De la simple contemplation aurait été parfait pour l’occasion mais non. Même le ciel ne connaissait pas l’absence de vie et ses yeux n’échappaient pas à son firmament de questions sans réponses, de pensées diverses et variées.

Pourquoi l’avait-il sauvée ?

Elle s’était même risquée à poser la question à Serpiente alors qu’elle aurait pu être tuée avant même de capter sa présence mais non. Au lieu de cela, il lui avait donné une mission, un abri pour sa famille et un nouveau poste. Elle n’avait eu rien à perdre lors de cette rencontre, elle avait osé poser ses questions comme elles venaient, mais là non plus. A part une ou deux dents au pire ? Une blessure en plus ? Un grognement ? Pourquoi était-ce si dur de lui poser la question ? Avait-elle peur de la réponse ? Elle n’avait pas eu à la poser avant, chacun devait faire attention à soi-même, rien ni quoi que ce soit pouvait nous sortir d’un mauvais pas en mission d’infiltration. Elle avait foncé sur son ennemi, elle savait qu’elle allait mourir.

Non. Elle était devant son Vice-Capitaine qui arrivait enfin à un minimum se détendre, lui rendant la bouteille vide en la remerciant d’un simple geste. Elle était fière de lui pour cette performance au vu des circonstances ; il s’en ficherait mais c’était tellement rare qu’elle ne pouvait qu’apprécier cela davantage. Une tempête qui se transformait en orage d’été, celle qu’on regarde avec une certaine fascination, qui nous berce pendant la nuit et même si l’air devenait lourd, la moiteur apportée était un pan de sa beauté. Que les nuages claquent leurs éclairs, que le tonnerre gronde avec force, Idjouher était de ces gens qui adoraient sentir les vibrations de cette violence qui percutait les murs de sa maison.

C’est peut-être cela qu’elle craignait. Si des mots pouvaient chasser ce phénomène météorologique, Idjouher aurait scellé ses lèvres jusqu’à ce que le vent en décide autrement.

Finalement, Raïtoku mit fin à cet interlude par un grognement, un avertissement clair et direct. Malheureusement, cela demeurait incompréhensible pour la Kabyle. Pourquoi attendre ? Elle lui avait dit que c’était possible maintenant. A quoi pensait-il à la fin ? Ce torrent d’interrogations n’arrivaient pas à trouver une digue de ce nom. Prudente, Idjouher laissa ses orteils s’agripper au sol alors qu’assise, c’était complètement inutile, un réflexe dirait-on, et s’apprêta à signer. Le regard de Raïtoku l’interrompit, signe qu’une priorité avait pris la place de sa déferlante de questions intérieures par un bon coup de coude bien placé.

Il se sentait mal à ce point ? Finalement…ce n’était pas sa faiblesse qui l’énervait le plus. Faible ? Lui ? D’accord, admettons qu’il y avait un quelconque droit pour un duel entre l’Arrancar misogyne et lui, son adversaire était très rapide, assez pour ignorer les coups les plus puissants de son supérieur. Donc, techniquement, il n’y avait pas un réel manque de puissance mais de rapidité et de techniques. Il était sourd, exit le kidô. Il devait donc combler ce déficit ailleurs. Elle n’avait pas vu la situation sous cet angle mais son handicap lui faisait faire deux fois plus d’efforts que tout le monde comme elle avait dû en faire pour apprendre le japonais et les incantations par cœur. Et encore, ce désavantage avait été comblé depuis.

Son monde devait être tellement étrange… Un monde sans sons… Ça devait être pénible avec des mains qui faisaient apparemment mal.

Comme voir en noir et blanc, peut-être… pensa-t-elle en laissant son imagination vagabonder.

Elle abandonna la bouteille vide à côté d’elle, s’approcha doucement de Raïtoku et signa en mimant des lèvres.

- Laissez-moi regarder.

Sans réellement attendre de réponse, la Shinigami défit juste le bandage de la main droite pour constater les brûlures. Il est vrai qu’il était près du Capitaine Igarashi qui ne pouvait pas se permettre d’être gêné par son titanesque adversaire mais les conséquences étaient là, laissant le Vice-Capitaine ignorer la douleur alors que pour signer, il avait tout de même besoin de tendons qui fonctionnent. Elle venait à peine de se réveiller mais elle avait assez d’énergie pour soigner un minimum. Qui aurait cru que connaître l’anatomie pour tuer plus facilement un adversaire serait utile pour soigner plus tard ? Concentrée, Idjouher ferma les yeux pour repérer les tendons des muscles extenseurs et concentra son reiatsu pour calmer la douleur, longeant petit à petit jusqu’à l’avant-bras pour réparer un minimum les muscles extrinsèques qui servaient à communiquer les mouvements à la main et aux doigts. Restant raisonnable, elle n’allait pas plus loin pour la main droite afin de faire de même pour la main gauche. Sa peau allait se réparer, ses os n’étaient pas brisés, il allait s’en remettre vite. Patiemment, la Kabyle remit les bandages, un peu moins serrés par contre car les médecins n’étaient sans doute pas au fait de l’utilisation des mains pour un sourd et dans l’urgence, ils avaient fait leur devoir. Elle ne les blâmait pas le moins du monde.

- C’est mieux comme ça ? mima-t-elle sans signer, laissant ses mains regagner ses sensations après les soins.

Sa tâche accomplie, les questions affluaient de nouveau. C’était pénible. Un peu comme le bourdonnement de néons au plafond.

- Par contre, pourquoi vouloir attendre que je sois en état pour me punir ? A quoi pensez-vous ? Je veux dire que la souffrance ne vous fait pas reculer et maintenant comme plus tard, je reste coupable d’une faute, signa-t-elle à demi, contente de réveiller ses doigts tout en mimant de la bouche comme elle le pouvait.

Ce n’était pas le meilleur jour pour communiquer avec elle. Vraiment.

Pourtant, même avec sa joue qui la gênait pour imiter les phonèmes dentaux et labiaux, Idjouher voulait des réponses. Elle n’allait pas le laisser faire des efforts seul. Communiquer, ça se fait à deux.

- Je ne remets pas en cause votre décision, j’essaie de voir à travers vos yeux. Ce n’est pas facile mais j’y arriverai.

Non. Elle n’allait pas l’appeler « monsieur », ce soir. Ce mot était constitué de phonèmes qui faisaient mal pour rien et apparemment, ils étaient deux personnes à ne guère aimer le superflu.

Elle voulait juste des réponses.

Comprendre sa logique.

Son monde.

Spoiler:
 

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MessageSujet: Re: Un grain de sable nommé Muliphein [ft. Seigi Raïtoku]   Lun 23 Fév - 21:49

Je perçois seulement son mouvement. Juste le geste qui me permet d'éviter de sursauter bêtement devant une attention louable. Règle numéro un, ne pas surprendre un sourd, sans quoi, il pourrait vous arriver des bricoles. En l'occurrence et même si j'ai pas remarqué qu'elle m'avait parlé, j'ai au moins capté ses gestes. Un haussement de sourcil perplexe accompagne ce dernier d'ailleurs qui se transforme bien vite en froncement quand je la vois jouer avec mes bandages. Hé, elle joue à quoi là ? Je sens la brûlure ronger ma peau et mes doigts se crispent à cause du frottement du coton sur les plaies encore à vifs. Elles doivent être en meilleur état qu'à mon arrivée dans la quatrième, mais c'est franchement pas beau. J'en profite pour en contempler les aspérités et je gronde sourdement pour la prévenir de pas faire de connerie – et lui demander ce qu'elle veut mais ça, ça a pas le temps de sortir de ma bouche que je sens une morsure presque glaçante venir apaiser le feu de mes blessures. C'est...agréable et c'est avec un peu plus d'attention que j'observe les gestes de la shinigami, ses mains bien plus frêles que les miennes, étonnement petites – même si c'est plutôt les miennes qui sont grandes, en vérité. Ils ne sont pas bien différents que de coutume, précis, mesuré, calculé, semblable à un espèce de métronome. Ça serait con de pas profiter du soulagement que ça me procure même si une part de moi rechigne un peu à en dévoiler autant, par habitude, besoin. Je laisse cette impression s'étioler au rythme des battements plus sourd de mon cœur et de la douleur qui se calme doucement. C'est bizarre. Pourquoi est ce qu'elle fait ça, au juste ? Ça me perturbe, mais je reste silencieux. C'est peut être préférable de pas savoir.

J'acquiesce simplement à ses paroles, jouant doucement avec mes doigts afin de tester ma nouvelle marge de manœuvre suite à ses soins. C'est clairement plus supportable et la brûlure mordante paraît moins virulente. Cela dit, le merci qui aurait été de rigueur pour tout être humain lambda reste coincé au creux de ma gorge. Moi et la reconnaissance, toute une histoire. L'avantage, c'est qu'elle enchaîne sur une question, me laissant donc une belle porte de sortie pour pas trop m'y attarder. Un haussement de sourcil suit cette dernière de près d'ailleurs alors que la perplexité affligée vient habiller mes traits. Je rêve ou elle veut se recevoir ma main dans sa gueule ? Elle est peut être masochiste. J'ignore le commentaire de l'esprit de mon zanpakutô qui, bien que perplexe, trouve son comportement plus amusant qu'autre chose. A lui aussi, je vais finir par lui en coller une autre. Je me renfrogne, mon regard s'étrécissant en détaillant la shinigami à la fin de son explication. Voir à travers mes yeux... c'est quoi cette connerie encore ? A quoi elle joue, au juste ? Je ne comprends franchement pas pourquoi elle me parle de ça maintenant, pourquoi elle me dit ça aussi et je suis pas sûr de vraiment apprécier l'impression que j'en ai. C'est... Bizarre, rien que cette expression est pas claire alors j'en profite pour lui répondre à ma manière aussi, avec ma rudesse habituelle.

Je pense que tu devrais un peu plus penser à ta gueule plutôt qu'à celle des autres, déjà. Point numéro un. Ça serait déjà une bonne chose, chacun pour soi et dieu pour tous, comme on dit. C'est plus simple comme ça, ça me fait aussi moins poser de question. Ma voix reste un grondement mais mes doigts s'agitent, comme les sous titres d'un film pour malentendant, j'accompagne mes mots de ces signes, l'air moins en pétard que je pense l'être. Ça devient presque une habitude avec elle ou c'est peut être parce qu'elle fait un peu de même que je fais l'effort aussi, de mon côté. Et pour répondre sans répondre à sa question, j’enchaîne. Je n'aime pas perdre mon temps. T'en coller une maintenant, ça serait inutile. C'est vrai en plus. Lui en foutre une pour la punir - je trouve ce mot un peu abusé mais soit - mise à part lui faire mal, bah ça ferait rien. Si j'attends par contre, ça pourra lui servir, éventuellement. Si elle a assez de jugeote pour en tout cas et qu'elle s'en sert comme tel. Un rire vient résonner dans mon esprit à ces mots, Hibiki ayant l'air d'être d'humeur franchement badine. C'est pas mon cas mais il en a rien à foutre, lui aussi. C'est que tu deviens presque gentil, mon petit Raï. C'est peut être contagieux, fait attention. Mes doigts viennent un instant se crisper sur le fourreau de mon zanpakutô alors que mon regard s'attarde sur ce dernier, le fixant avec un rien d'agacement. Il est vraiment chiant quand il s'y met, lui. Ça me gonfle. J'ai l'impression d'avoir le cul entre deux chaises, et ça fait pas parti des sensations que j'adore ressentir. Heureusement que ça arrive déjà rarement, mais il n'empêche que c'est de plus en plus vrai depuis qu'on me considère comme un vice-capitaine. Un soupir se fraye un chemin entre mes lèvres alors que je repose ma tête contre le muret sur lequel je suis appuyé. Mes doigts me tirent moins, c'est plutôt appréciable même si c'est en demi-teinte.

Elle ferait vraiment mieux de s'occuper d'elle, quand même.

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MessageSujet: Re: Un grain de sable nommé Muliphein [ft. Seigi Raïtoku]   Mar 24 Fév - 22:35

Bien, ses carpes, ses métacarpes et ses phalanges étaient déjà un peu plus libres, libérant un peu leur propriétaire qui prit mieux en main son zanpakûto, ce qui avait failli créer un mimétisme sur la Shinigami toujours réactive en cas de danger, et finalement, rien. Cependant, elle retint la reprise des signes de la main pour souligner le ton sec et rude des dires de Seigi Raïtoku. Idjouher Tamanart allait enfin réagir ? Oui. Quelle question. C’était quand même son Vice-Capitaine qui faisait écho à Akatane. C’était bien la première fois qu’un membre du Seireitei lui envoyait âprement ce trait de caractère sur sa joue tuméfiée. Non. Elle n’allait pas être fâchée. Après tout, il avait totalement raison. Elle n’avait jamais dit qu’Akatane avait tort d’ailleurs. C’était un peu comme ces instants où l’on se demandait quand est-ce qu’on allait bouger pour retourner une destinée en notre faveur. Dans le cas de la Kabyle, la question était orientée dans le sens que seul Qismat avait bien réussi à lui faire comprendre dans une logique qui pouvait largement lui être accessible et compréhensible.

« Admettons que tu sois une arme. Que feras-tu si… ? »

…on t’abandonnait ? Tel un vestige, te condamneras-tu à la rouille ?


Pertinent.

Non. Ce n’était pas le bon adjectif. Effrayant était le mot juste. La stupeur qui avait réussi à gagner le cœur de la Shinigami à l’époque rebondissait dans un sourire un brin nerveux. Si elle avait eu les bronches plus libres et moins de contusions externes, elle aurait ri. Entre la joie et l’accord mineur. Un mélange inquiétant.

Elle n’était pas dupe, rester un pion toute sa vie n’était pas possible mais à part ça, est-ce qu’il y avait d’autres options ? Elle aurait opté pour un équilibre entre générosité et égoïsme si et seulement si l’un n’était pas si familier et l’autre si étranger. Elle avait vu ces deux cas de manière extrême. Au début, elle pensait que Seigi Raïtoku était un être égoïste mais utile. Depuis qu’il lui avait sauvé la vie et qu’il la tolérait, de surprise en surprise, son égoïsme était beaucoup plus nuancé, entre leçon de vie et prudence. Sans parler de l’incompréhension totale de la part de leurs collègues qu’elle n’arrivait absolument pas à comprendre. Même en faisant des efforts.

Restait donc le summum de l’égoïsme en la personne regrettée de Qismat, un mentor qui savait pertinemment que ce n’était pas la bonne voie pour sa protégée et qui lui montrait les conséquences désastreuses pour lui faire comprendre ce principe. Du coup, avec des responsabilités dès qu’elle avait posé le pied au Rukongai en prime, elle s’était orientée vers la préservation d’un groupe uni sans pour autant penser à elle. Etait-ce stupide ? Oui. De la stupidité qui servait à autrui au moins.

Et en regardant la perplexité de son supérieur, c’était bien plus frappant. Il fallait qu’elle s’endurcisse que ça soit physiquement que moralement en essayant de trouver un bon équilibre sans réellement se trahir.

Ce que les gens appelaient de la gentillesse était quelque chose de normal pour Idjouher mais la peur d’être inutile était largement surpassée par celle d’être une ombre dans l’éternité à force d’être la même Shinigami qu’elle avait été un siècle auparavant.

Même s’il ne comprenait pas ses questions sans pour autant la laisser sans réponses criantes de vérité, elle n’allait pas faire de ces leçons des paroles vaines comme son temps et l’application qu’il respectait pour lui enseigner le langage des sourds. Et ceci sans gâteaux au menu et sans avoir pris la peine de passer un marché cette fois.

Ce qui mua son sourire nerveux en un sourire déjà plus confiant et plus doux.

- J’ai compris. Je retiendrai, signa-t-elle sans mimer, ayant confiance aux gestes utilisés.

Néanmoins, il fallait donner des ordres. La nuit était là, il fallait rajuster le roulement pour assister la Division 4 et pour préparer les réparations. Elle allait devoir dormir rapidement pour se lever tôt et travailler sur les assignations. Et ceci avec moins d’effectifs.

Bon. Elle allait déroger un peu à la leçon donnée par Raïtoku mais ce n’était guère la situation pour penser à soi.

- Nous devrions aller nous reposer pour être plus efficaces demain. Si vous le voulez, je me charge de l’organisation des roulements de cette nuit pour que nos hommes aient chacun le temps de se reposer. Je ne vous conseille pas de dormir dans votre lit de blessé, ni dans les baraquements ce soir.

Cette fois, elle avait mimé avec les lèvres pour que tout soit clair et précis. Elle était soucieuse de la santé de son supérieur car s’il n’était pas patient d’habitude, il allait être explosif si à tous les quarts, il se retrouverait éveillé par des vibrations sur le sol. Il comptait peut-être rester ici, au frais. Après tout, s’il s’était isolé, c’était pour être seul loin du tumulte dans la Division 4.

- Je vais rentrer chez moi. Avez-vous un endroit calme en tête pour vous reposer ? Sinon, vous pouvez me suivre.

Saif-al-jawza vibra en douceur, sa façon de s’inquiéter pour sa propriétaire, non pour l’idée qu’elle venait d’émettre mais pour comprendre la hausse de sa fréquence cardiaque. Cela revenait au même mais sa trancheuse d’âme était calibrée pour surveiller la santé d’Idjouher en cette soirée. Déroger à des habitudes, c’était très loin d’être simple, même pour un essai, qu’il s’accompagne d’une réussite ou d’un échec.

Elle réprima ce stress qu’elle jugeait indigne d’une Shinigami. D’une adulte si elle avait été Humaine. A peine digne d’une adolescente qui laissait ses fibres vibrer dangereusement, faisant frémir les pauvres nerfs affaiblis par un combat qui avait ébranlé son monde.

Non. Elle voulait simplement se contenter déjà d’une priorité, cette case si parfaite, un rond sans aucun recoin sombre dans son imagination ; et dans celle-ci, Idjouher insuffla sa volonté de reconstruire au mieux, le plus rapidement et le plus efficacement possible le Rukongai en commençant par l’assurance d’un repos du guerrier. Il en était un, elle en serait un quand il l’aurait reconnu. Elle savait d’ores et déjà qu’elle allait devoir s’armer de la plus grande patience et de la meilleure volonté pour voir ce jour arriver, telle armée d’un glaive au poing et bannière au vent dans une aventure risquée.

Elle inspira profondément pour se lever prudemment, attendant une réponse, prenant la peine de débarrasser le sol de la bouteille vide à jeter plus tard.

Plus calme, Idjouher accueillit avec plaisir cette bouffée d’air rafraîchie par la nuit, ce qui l’aida à ouvrir un peu plus ses yeux sans trop se faire mal pour ne rien rater des prochains gestes de son supérieur.

La nuit allait quand même être courte pour tout le monde.

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MessageSujet: Re: Un grain de sable nommé Muliphein [ft. Seigi Raïtoku]   Mer 25 Fév - 21:58

Mes mains s'agitent avant que je ne les en empêche, corrigeant la légère erreur de la shinigami sur l'un des mots employés avec un froncement de sourcil douloureux. Mes mains sont raidies par les brûlures, mais je parviens à signer le mot « retenir » sans trop me planter. Rien de dramatique en soit puisque j'ai compris le message mais on va dire que c'est mon côté chieur qui se révèle. M'enfin, entre ce qu'elle dit et ce qu'elle fait, y a quand même un monde. Non pas que je m'attends réellement à ce qu'elle se vaccine immédiatement de cette propension à placer les autres devant sa gueule, mais quand même. Là, elle enchaîne presque. Mon regard se fait un rien las alors que je hausse un sourcil en réponse. Bon, d'accord. A quoi elle joue ? Elle commence à me filer un mal de crâne du tonnerre à force de me faire me poser autant de questions. J'arrive pas à la cerner. Ou mal. On va dire que j'ai déjà pas forcément à trop m'y essayer d'habitude, plus par inutilité qu'autre chose. J'ai une façon de classer les gens de manière simpliste, les intéressants et les autres. On va dire que la majorité, pour ne pas dire toute la Soul Society se retrouve dans cette dernière catégorie. Je m'intéresse pas à eux et la réciproque est aussi vrai, on s'en porte très bien d'ailleurs. Même dans la division, c'est plus que mitigé, et ce, depuis que je suis arrivé. Je fais peur, que ça soit par ce qu'ils me comprennent pas ou autre chose mais elle, elle cherche à s'intéresser. A voir. Pourquoi ? Je ne comprends pas. Je ne sais pas si j'ai vraiment envie de comprendre cela dit. Un soupir passe mes lèvres, muet. Je crois qu'elle est en train de t'inviter chez elle, mon petit Raï. J'arrive pas à définir si Hibiki est amusé ou stupéfait. Dans mon cas, ça serait plutôt la seconde option, même si je parviens à dissimuler ça derrière un froncement de sourcil équivoque.

Cela dit, elle a raison sur un point : il est plus que temps d'aller prendre un peu de repos. Même si ça me coûte, je sens que je suis à la limite et mon corps va pas tarder à me trahir à ce train là. Ce que je ne peux pas accepter. Un endroit calme. A l'abri. Et dans lequel je pourrai panser mes blessures en paix. Je me relève aussi précautionneusement que possible, accompagnant mon mouvement d'une crispation de ma mâchoire pour endiguer le flot de souffrance. Je subis le contre-coup de mon abandon et de nouveau, je sens mes muscles hurler sous cette sollicitation supplémentaire. Ma respiration se bloque avant de reprendre un rythme plus tranquille, plus normal. Demain va arriver si vite. Je replace mon zanpakutô à la hanche, à sa place usuelle alors que je reprends la conversation que j'ai délaissé le temps de me redresser. C'est déjà fait. Toutes les divisions sont sur le pied de guerre ce soir et pour les prochains jours, chacune vient assurer la sécurité du Rukongai et prêter main forte aux survivants. La septième est pour l'instant l'une des divisions qui a eu le plus de perte et le moral est clairement au plus bas. C'est normal. Elle était en première ligne contre toutes les créatures qui ont envahis les lieux, à devoir évacuer le plus d'habitants, à essayer de les protéger, souvent vainement.

Et lui, qu'est ce qu'il aurait pensé de cette débandade ? Mes poings se crispent un instant, inutilement. Les morts sont morts. Ils ne disent plus rien, ne pensent plus, n'existent plus. Son souvenir est trop prégnant ce soir. Et ça ne va pas s'arranger.

Prendre du repos. Ça paraît absurde, incongru au vu de l'état déplorable du gotei 13. Pourtant, j'en reconnais l'utilité, le besoin, aussi et surtout. Je finirai par devenir dangereux si je prends pas la peine de me reposer. Dans mon ancienne division, c'était comme ça. Dormir bien et peu afin d'être opérationnel pour la traque, résister à la fatigue tout en ménageant ses forces... Je n'ai pas toujours été très doué pour ce dernier point, d'ailleurs. Qu'importe. Rentre chez toi. T'auras de quoi faire demain. Plus qu'elle ne pourrait le souhaiter sans aucun doute. Et elle est pas la seule. Hélas. Finalement, ma main vient cueillir le haut de son crâne pour lui offrir une tape qui se veut agacée - quoi que peu appuyée - tout comme mon ton alors que je fronce les sourcils de nouveau, la toisant de toute ma hauteur. Puisqu'elle veut être punie. Ça me rappelle Taka, tien. Drôle de rapport. Et t'occupes pas de moi. Qu'elle s'occupe de sa gueule, de son repos et de tout ce qui va avec, avant. Je n'ai pas oublié ce que j'ai dis. Et puis, je n'aime pas trop ça, non plus. Je suis assez grand pour m'occuper de moi seul.

J'ai un endroit où aller, un endroit calme et abandonné, un lieu vide et familier. Là bas, je sais que je pourrai me reposer, même si les souvenirs marquent les murs et le parquet de bois usé. Juste pour cette nuit. Pour cette courte nuit, ça devrait aller. A demain Tama. Ma main - celle qui l'a frappé - vient se poser un instant sur son épaule - frêle, fragile, vivante - avant que je ne la dépasse, bien décidé à rentrer.

Rentrer. Quel mot absurde.

Cet endroit est comme moi. Il résonne du vide et du silence.

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MessageSujet: Re: Un grain de sable nommé Muliphein [ft. Seigi Raïtoku]   Mer 25 Fév - 23:09

"Retenir". Retenu. Bien.

Ça l’aidait. Ces listes. Ces cases. Les étiquettes bien droites marquées d’une belle calligraphie dans sa tête. Et des étagères. Une forêt d’étagères. Un monde noir et blanc en inox froid qui se voulait rigide, droit, accusant au mieux la malléabilité qu’elle cachait, que l’on pouvait aisément blâmer. Elle allait pouvoir dormir d’un sommeil profond après tant de luttes aussi bien extérieures qu’intérieures. Et puis, il était temps de laisser tranquille Saif-al-jawza qui restait sur le qui-vive. De toute façon, elle n’avait rien à faire d’autre, elle allait devoir s’habituer car du temps où Serpiente était Vice-Capitaine…

Vice-Capitaine en intérim, Sai, prit d’ajouter la trancheuse d’âme.

…alors que l’on sait très bien que l’intérim se terre dans le Repère des Asticots car le Seireitei n’aime pas les nuances. Enfin, en ce temps-là, Idjouher passait son temps à faire ce qui devait être fait pour que les hommes de l’Omnitsukidô restent au pas et prêts. La famille Shihôin gardait un œil là-dessus mais ne gérait pas tout surtout avec une traîtresse qui avait pris soin de teindre de honte ses armoiries avant de prendre la poudre d’escampette. Shihôin Arisu devait s’occuper de la Justice, qui avait bien plus à faire que la Deuxième. Ce n’était pas plus mal d’avoir ce que la Division 2 avait de mieux à offrir. Elle espérait que tout allait bien pour elle avec l’attaque qu’ils avaient essuyée.

Les choses changeaient, il fallait tout faire pour que ça soit en mieux. Au moins, elle pouvait constater que Seigi Raïtoku ne restait pas les bras ballants dès qu’il y avait des ordres à donner, laissant le Capitaine Serpiente souffler un peu et les hommes avec un cheminement d’actions à faire sans trop se poser de questions. Alors qu’elle pensait les siennes mourir par la fatigue, une autre surgit dans son esprit en remarquant la tension dans son poing fermé. Pensait-il au lendemain ? Aux morts couchés sur le papier pour compter les effectifs et non par devoir de mémoire ? Exactement comme les dossiers qu’elle devait remettre aux Archives, elle avait beau y penser, elle n’en avait pas l’envie mais elle allait devoir le faire.

Ce nom. C’était ce nom qui faisait persister le doute immuable. Celui qui bourdonne de plus en plus, faisant vibrer plus gravement son instinct mais qu’elle refusait de valider sans fait.

Laissez, Sai. Il est temps…

Finalement, elle allait rentrer chez elle seule et avec le coup placé derrière la tête qui étira ses lèvres assez pour la faire grimacer. Elle ne l’avait pas vu venir, c’est sûr mais sans se plaindre, elle haussa la tête pour faire face à celle de son Lieutenant, toujours avec ses traits marqués par la sévérité accompagnant sa voix grave et lasse, lui ordonnant de rentrer. Seule bien sûr. Il allait se débrouiller sans elle. Comme il l’avait toujours fait jusqu’alors en fin de compte, que croyait-elle ?

Comme seule réponse assez satisfaisante en y pensant, elle sourit fatiguée et navrée pour sa stupidité adolescente. Finalement, cette tape sur sa tête, c’était comme pour lui rappeler ce qu’elle avait toujours été. C’était tellement plus clair à la Division 2. Une arme qui allait d’un point A vers la cible, l’élément B et revenir au point A vivant sinon mourir pour qu’aucune brèche ne s’ouvre. Simple.

Il fallait le reconnaître, Idjouher était découragée que ça soit par ses performances, l’attaques, les victimes et les variables à faire naître sans aucune base. Et comme on le disait si bien, la nuit était là pour au moins porter conseil. Elle verrait peut-être plus clairement demain.

Alors qu’elle allait contourner son supérieur pour quitter les lieux, il la prit de court en posant brièvement sa main sur son épaule, assez pour faire ouvrir un peu plus ses paupières de surprise salie par la fatigue et l’état déplorable de son corps et tourner sa tête pour regarder s’éloigner la silhouette trapue et solide de Raïtoku.

Avait-elle rêvé ou était-ce une étoile filante pleine de promesses qui fendait la nuit ?

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What is one grain of sand in the desert ?

One grain amongst the storm ?"

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MessageSujet: Re: Un grain de sable nommé Muliphein [ft. Seigi Raïtoku]   Lun 2 Mar - 21:45

Ici, il n'y a plus rien. Rien d'autre que le vide, que l'oublie, l'absence. Mon regard se pose sur la baraque laissée à l'abandon qui se dresse aussi fière qu'il est possible de l'être pour une telle chose de bois. Le temps l'a érodé, mais elle reste debout, étrangement immuable sous le voile de la nuit. Chichement éclairée par l'éclat lointain des étoiles et celui plus pâle de la lune, elle ressemble à une maison hantée. Hantée, ouai, mais pas forcément par des fantômes, plutôt par des souvenirs. A vrai dire, c'est un peu la même chose. Lentement, je me remets en marche, attisant la douleur sourde qui résonne dans tous mes muscles. Et mon cœur bat, lentement, écho lointain. Depuis combien de temps je suis pas venu là ? Je délaisse cette question aussi vite qu'elle m'est apparue, mon regard dérivant sur ce qui m'entoure. Tout est mort ici, l'herbe asséchée par un soleil aride, par une absence de soin dont j'ai un peu rien à foutre, présentement. Je me souviens d'un coin un peu plus verdoyant, juste un peu. Mon regard se pose sur un petit arbuste qui peine à s'élever, qui est pas loin de crever surtout. Je me demande si le saule est toujours vivant derrière. Qu'importe, j'ai pas de temps à perdre avec ces conneries. Un pas après l'autre, je m'avance jusqu'à la porte d'entrée avant de finalement faire le tour complet, contournant les lieux. Silencieux, je me traîne, l'esprit las, le corps rompu par la fatigue qui m'accable. Je me pensais en meilleur état que ça, mais faut croire que mon crapahutage m'a pas fait que du bien.

J'inspire une bonne fois avant de venir faire coulisser la porte arrière. Le mécanisme laisse à désirer et je dois m'appuyer sur le chambranle pour parvenir à dégager cette dernière dans un grondement sourd. Ma respiration saccadée répond à l'effort déployé alors que ma main vient rejoindre mes côtes meurtries par mon combat. Ça passera, j'ai déjà connu pire et tant les soins que ma régénération naturelle y viendront à bout mais pour le moment, c'est pas le pied. Mon regard se pose sur cette main bandée alors que la douleur se fait moindre grâce aux soins de la shinigami. Un soupir muet. Sur le parquet de bois, une épaisse couche de poussière s'envole à chacun de mes pas, glissant entre les rayons lunaires. J'aime pas la poussière et mon nez se plisse face à l'assaut mais c'est sans plus tergiverser que je rentre, laissant la fraîcheur de cette nuit aérer la pièce. Je viens me poser dans un coin, laissant mon dos glisser contre le mur pour prendre une position assise. Ma mâchoire se crispe et il me faut quelques minutes pour trouver une position aussi confortable que possible. Hibiki vient rejoindre mon épaule et je sens l'esprit de mon sabre se faire plus attentif. Moi, je laisse mon regard dériver, s'éteindre à moitié, las et assailli.

Le saule est encore là. Je le vois d'ici, entre les rayons de lune, il déploie son feuillage meurtri et épuisé. Je me souviens d'un arbre plus touffu, verdoyant et aux branches dissimulant sous son ombrages ce qui reposait sous son tronc. Aujourd'hui, il est misérable. Pitoyable. Qu'importe. Je suis juste là pour me reposer cette nuit – ou tout du moins, pour ce qui reste de nuit – rien de plus, rien de moins. Dans quelques heures, je devrais être opérationnel pour une nouvelle journée de galère. Vice-capitaine, hein. Faut bien que j'assume ce rôle un jour ou l'autre mais je compte pas changer pour ça, de toute façon. C'est pas mon intention, c'est peut être pas l'intention du Capitaine aussi, pour ce que j'en sais. Ma main vient se porter sur mon zanpakutô que je garde contre moi par habitude reposant au niveau de mon épaule. Sa présence m'est familière, nécessaire aussi pour parvenir à me détendre suffisamment pour m'endormir, même superficiellement. Mes prunelles s'attardent sur mon sabre puis sur cette main emprisonnée qui reste accrochée à son fourreau. La morsure glacée du soin ne fait plus effet mais la douleur est moindre et je parviens plus facilement à faire bouger mes doigts. Je les sens raidis mais moins faibles qu'ils ne l'étaient quelques heures plus tôt. Là, je peux dégainer mon arme et me battre si il le faut contre une nouvelle menace, un nouvel agresseur. Défendre chèrement ma peau, comme toujours, me battre, comme je l'ai toujours fais. J'ai horreur d'être impuissant, vulnérable, alors rien que de sentir mes connexions nerveuses moins douloureuses me rassure sur mes possibilités de survie. Au cas où.

Mes pensées se délitent, se tournent vers cette femme, sur les gestes méticuleux et le froid apaisant. Sur les remarques, les mots et les mouvements précis. Elle est bizarre. Intrigante peut être, mais étrange surtout. Pourquoi ? Cette question tourne en boucle dans mon esprit entêtante, épuisante. Pourquoi est ce qu'elle a fait ça ? Elle ferait mieux de s'occuper de sa gueule. Juste elle avant les autres, être plus égoïste – être plus comme... Et moi. Pourquoi je m'y intéresse, au juste ? Je devrais oublier. Juste oublier. Et pourtant, je ne le ferai pas. Je n'aime pas perdre mon temps. Un soupir muet, agacé qui ne fait que résonner dans le vide. Ça me fatigue. Ils me fatiguent tous. Et puis je m'en fous. Chier. Mes paupières s'éteignent alors que ma tête vient se poser contre le mur et je mets un point final à ce questionnement inutile. Je dois dormir, les interrogations vaines peuvent attendre - voir disparaître totalement si c'était possible -, mon corps lui a besoin de ça, de ce repos.

Dors mon petit Raï. Il veille. Mes lèvres s'ourlent à peine en réponse, un tressautement qui se fait frisson éphémère. La douleur est moindre. Demain. On verra tout le reste demain. La journée va être chargée et les jours suivants ne seront pas en reste.

Il y a trop de souvenirs ici. Et trop de questions.

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Un grain de sable nommé Muliphein [ft. Seigi Raïtoku]

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