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 Cher Muliphein... [ft. Segi Raïtoku]

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Rang : 10ème siège de la 7ème Division

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MessageSujet: Cher Muliphein... [ft. Segi Raïtoku]   Jeu 12 Mar - 18:40

Sa première lettre à une personne vivante. Idjouher ne savait pas s’il fallait s’inquiéter de son cas ou sauter de joie. A défaut de choisir, elle était calme, sous le porche à l’arrière de la maison, assise en tailleur. Pourquoi une lettre ? Peut-être qu’elle en avait assez de parler à quelqu’un qui n’était plus qu’un souvenir, et pas n’importe lequel, celui qui vit en elle, fauchant l’herbe sous le pied de la Kabyle quand c’était arrangeant. Quant à son corps, c’est simple, il s’arrangeait mieux et plus vite. Le premier cours avait au moins payé, elle ignorait ce qui allait se passer à ce second rendez-vous et s’il songeait à un entraînement, elle allait devoir le refuser.

Ce qui aurait été simple était de ne pas penser à demain, de se vautrer dans le sang, la sueur et les pensées confuses, un coktail capable de noyer les questions sans réponses. Idjouher avait pensé à ne pas y aller, simplement, rien qu’en mettant au courant Aokideso qui, comme tout bon suiveur, lui transmettrait le message : Idjouher Tamanart était mobilisée par le Capitaine Serpiente pour une mission d’infiltration. Elle n’avait plus sa mission d’espionnage et elle était aussitôt rattrapée par une autre. Rien qu’à penser à ça, la Shinigami sourit, étouffant un rire rauque et nerveux, comme pour féliciter son Capitaine de sa maestria. Il attaquait toujours sans prévenir et généralement d’une façon inattendue. Et elle aurait dû le voir venir. Sima avait « mangé » le Rey qui lui avait ouvert la porte, il y avait beaucoup à savoir sur ce que tramait Las Noches. Nouveau leader ? Avait-il toujours Sima ? Etaient-ils toujours nombreux ? Nouvelle organisation ? Et face aux conséquences de leur invasion, il était juste hors de question de rester sans réponse. Au moins, bonne nouvelle, le Gotei 13 était ouvert à une voie de diplomatie avec les Humains.

Elle repensait à la Fullbringer qui voulait sauver une enfant et enfin, elle pria de toutes ses forces pour qu’elles aillent bien. En silence. Personne n’avait le droit d’atteindre ses prières. Il n’y avait aucun signe de superstition. Ses prières étaient une des rares choses qu’elle pouvait se permettre de posséder sans que qui que ce soit ou quoi que ce soit l’en empêche.

- Tu vas encore t’entraîner aujourd’hui ?

C’était Akatane, un peu sage, ce qui veut dire qu’elle craignait autant un nouveau passage à tabac que d’aller en territoire ennemi. La jeune nippone était nerveuse mais elle gardait courage. Elle aurait fait un bon Shinigami mais elle avait déjà assez combattu auparavant, autant essayer d’avoir un minimum de part de repos dans la ville des âmes errantes.

- Je ne peux pas, il ne saurait modérer ses passions et je comprends qu’un esprit guerrier comme le sien ne veuille pas se discipliner lorsqu’une occasion de s’emporter arrive.
- Au moins, ses muscles ne sont pas là pour faire joli.
- Je te l’avais dit. Rappelle-moi de te présenter des conséquences pour que ça rentre plus facilement dans la tête.


Akatane se mit à protester puis à rire et s’assit aux côtés de la Shinigami en posant sa tête contre son épaule frêle.

- C’est pour Qismat ?
- Non.
- Nous ?
- Non plus.


Akatane prit une inspiration pour repartir dans le second degré mais finalement, elle le laissa mourir dans sa poitrine pour fermer les yeux, souriante, calme. Elle savait que ce n’était pas une situation facile.

- Je peux te donner un conseil ?
- Je t’écoute.
- Donne-lui. Au pire, il s’en débarrassera comme tu te débarrasses des lettres écrites. En espérant que ça ne soit pas pour que ça te parvienne d’une façon ou d’une autre. Et tu n’y penseras plus.


Idjouher regarda d’un air absent l’herbe folle qui ployait sous le vent et le soleil du début d’après-midi mais totalement concentrée sur sa tâche et les dires d’Akatane.

- Que je revienne ou pas, je ne saurai pas ce qu’il en fera.
- C’est bien les hommes plein de mystères. Crois-en mon expérience. Tu finis par détester ceux qui parlent trop et qui laissent tout passer.
- Je ne sais pas ce que tu veux dire par là mais…merci.
- De rien. C’est marrant mais j’ai connu trop d’hommes, toi pas assez et pourtant, tu me dis merci
, ironisa Akatane, n’ayant pas pu résister à ce comble.
- Ce n’est pas parce que je ne comprends pas que je n’honore pas ton expérience et ta sagesse.

Et ce fut par une bouche largement ouverte et un cerveau essayant de sortir des sons qu’Akatane exprima sa surprise et accueillit le compliment. Idjouher n’attendait pas moins de sa part, elle était plutôt contente de son mutisme tout en profitant des nuances d’expressions du visage de la Japonaise. Sur ce, la Shinigami se mit debout, testant de nouveau ses pieds qui ne souffraient pas trop, elle allait juste ménager encore un peu son bras qui répondait bien en vitesse normale sinon, il n’y aurait même pas eu question d’une lettre et elle aurait été obligée de demander de l’aide à Aokideso. Ce n’était pas qu’elle ne lui faisait pas confiance mais il y avait des blessures qu’elle préférait soigner dans le cadre de sa vie privée. Vie dont il ne faisait pas partie malgré le fait qu’il soit adorable et serviable.

- J’imagine que le stock, on le laisse à la cave ?
- Oui, s’il te plait. Je reviens ce soir.
- Je croyais que tu le voyais ce soir et pas… ?


Idjouher ne la laissa pas continuer sa phrase, ne laissa que le vent comme compagnon d’infortune à la demoiselle en rouge.

- …maintenant… finit Akatane, un peu dépitée.

Sa ronde était faite, il ne manquait plus que ses rapports, les derniers et de remplir la déclaration de mobilisation exceptionnelle histoire de garder une trace écrite, on n’était jamais trop prudent. La Division 7 et la Division 2 n’était pas semblable, surtout que la première avait beaucoup de travail à abattre. La mission allait priver la section d’un Shinigami et ceci sans date limite.

Milieu d’après-midi, les baraquements étaient presque déserts, ses collègues étaient forcément occupés ailleurs et elle en profita pour faire un brin de ménage dans la salle de repos, juste en dépoussiérant, lavant la vaisselle et nettoyer le sol. Ca aidait pour sa tâche future : aller remettre ses rapports au Vice-Capitaine Seigi.

Devant sa porte, Idjouher chassa très rapidement le souvenir de la première rencontre pour garder une allure formelle. Elle ne voulait que rien ne la trouble, que rien ne lui fasse changer d’avis au dernier moment. Cependant, elle sentit une différence : pas de présence de l’autre côté de la porte. S’était-il entraîné à camoufler son reiatsu pour ne pas être déranger ? Pour vérifier, elle frappa trois fois du pied. Rien. Bon, elle tenta d’ouvrir la porte, ouverte et elle fut accueillie par une forêt de rapports sur un bureau. Désert. En un soupir, Idjouher entra, ferma la porte derrière elle en faisant voyager son regard de pile en pile.

Bon. Elle n’avait pas à entrer dans son bureau sans permission mais c’était la dernière occasion de faire ce qu’elle avait promis : faire du ménage dans les dossiers. Avec un peu de chance, tout le monde était dehors, personne n’allait savoir qu’une fée bien étrange faisait du rangement. Et peut-être pour la dernière fois.

Au pire, il la frapperait. Elle n’avait pas eu peur devant l’ex Kenpachi, ni devant Serpiente. Et autant faire honneur à ce que le Colosse d’argent lui avait dit. Oui, il avait déserté, cela n’avait pas réussi à faire effondrer l’image qu’elle avait de lui, un homme d’instinct, une tempête qu’elle avait réussi à apprécier.

Comme d’habitude, Idjouher cacha son reiatsu pour ne pas être détectée par d’éventuels gêneurs et commença déjà son tri, comme elle l’avait montré la première fois qu’elle avait rencontré Seigi Raïtoku mais cette fois, beaucoup d’archives allaient rester ici avec les transferts de survivants dans d’autres foyers, les décès des âmes pour les archives par contre, les décès de leur côté… Elle faisait comme elle pouvait pour ne pas y penser : d’une, elle n’en avait pas le temps, de deux, c’était inutile. Elle ne connaissait pas encore bien cette Division et étant le genre de femme qui ne s’intégrait pas facilement, elle n’allait pas pouvoir pleurer des hommes qu’elle n’avait pas pu connaître. Elle pouvait faire en sorte que leur sacrifice n’ait point été vain.

Trois heures plus tard, c’était fini, il ne fallait que faire le transfert vers d’autres Divisions et cela dépendait uniquement du seul maître à bord. Il allait pouvoir avoir plus de place dorénavant mais les rapports étaient comme la poussière, elle allait revenir et la chasser de nouveau. Sans le tri bien sûr. Néanmoins, elle continua en écrivant quelques instructions pour les dossiers prioritaires et un rappel pour essayer de recruter du nouveau personnel. Tout ceci mis à plat, Idjouher tira de sa poche sa lettre dont elle ne put choisir un avenir radieux tant les chances d’être détruites étaient importantes. Pour une fois, elle allait écouter Akatane, même si elle n’avait pas trop compris ses dires. Ils avaient l’air sensé et plein de franchise. Il était un homme de franchise. Cette lettre l’était. La logique la poussa à mettre bien à plat le papier noirci de mots juste en dessous de ses instructions et alla respirer près de la fenêtre.

Le jour déclinait. Elle n’allait pas tarder à quitter les lieux pour rejoindre le terrain d’entraînement.

Fatiguée psychiquement, elle se laissa le temps d’attendre que Bételgeuse soit visible. Rigel était toujours là. Au rendez-vous.

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MessageSujet: Re: Cher Muliphein... [ft. Segi Raïtoku]   Jeu 12 Mar - 22:47

Je regarde de loin, du haut de mon toit à moitié éventré sur lequel je me suis arrêté, j'observe comme je le fais tous les jours depuis ce coin défoncé du Rukongai. J'analyse, je mets la main à la patte puis je passe à autre chose, et la journée à le temps de défiler tranquillement. On a pas tant le temps de s'ennuyer que ça en réalité, même si je préférerai faire carrément autre chose que de déterrer des cadavres à longueur de journée – ou peu s'en faut, en vérité. En fait, ça m'emmerde ce genre de tâche rébarbative et le fait que je doive chapeauter certain truc n'arrange pas les choses. Boulot de vice-capitaine, tout ça. Le capitaine a vraiment trouvé le pire moment possible pour me foutre ce brassard au bras, à croire qu'il a presque deviné qu'il allait y avoir une merde. Non, je suis pas paranoïaque, juste un poil méfiant. Surtout qu'il va se carapater sous peu, me laissant le plaisir de devoir gérer toute cette merde – en plus de la division - en solo. Et je vais même pas pouvoir aller calmer mes nerfs en croisant le fer avec Taka, vu que ce dernier s'est fait la malle aussi. Les Capitaines ont la belle vie, sérieusement, à se casser en abandonnant le bébé tout défiguré dans les bras de ceux qui restent derrière. Moi aussi, j'aimerai bien faire un tour au Hueco Mundo, même si objectivement, je suis pas con au point de vouloir faire capoter une mission comme celle ci. Je suis pas taillé pour la discrétion ou l'infiltration, je suis plutôt le bulldozer qui arrive pour faire le ménage. Enfin, ça n'empêche que ça me fait chier. Je vais devoir trouver un autre moyen de gérer ma frustration – ou un autre partenaire d’entraînement occasionnel. Je vais voir ça.

Je fais jouer mes doigts sans difficultés et si je me suis plutôt bien remis de l'attaque, c'est pas le cas de tout le monde. Et je parle pas de la montagne de cadavre que la septième se traîne. On peut pas dire que les effectifs soient au plus haut pour l'heure. M'enfin, c'est pareil partout il paraît. Avec la fin de la journée, les dernières équipes de récupérations – des fossoyeurs quoi, à ce niveau – s'arrêtent, reprennent les chiffres et me les font parvenir non sans une pointe de lassitude. Je suis pas mauvais quand il s'agit de lire dans les attitudes des autres et même si j'en partage pas la moitié, j'arrive à les analyser pas trop mal. Eux aussi ils en ont marre de tout ça. Pas pour les mêmes raisons je suppose mais ça les pèse. Je suis pas un mec sensible à ce genre d'ambiance, comme qui dirait, ça me glisse dessus comme de l'eau de pluie sur ma peau, sans faire de dommage. Mais il n'empêche que c'est là, ça empeste et ça commence à me soûler aussi. Et c'est pas forcément une bonne chose non plus, surtout si j'ai pas de quoi me défouler. Ils vont avoir des raisons d'avoir peur de moi si ça continu sur cette pente savonneuse.

Encombré de quelques rapports supplémentaires que je compte bien balancer sur le bureau de bois qui me sert de local administratif oublié, je rejoints la pièce en question en traversant les mornes couloirs de la septième en cette fin de journée. Normalement, je devrais avoir un entraînement là, maintenant - ou dans pas longtemps quoi. J'ai pas oublié, loin s'en faut. Mais y a un mais, et ce mais me plaît pas forcément, surtout pour tout ce qu'il engendre comme conséquences. Et tu as été chiant toute la journée d'ailleurs à cause de ça. Enfin, plus que d'habitude quoi. Je grogne sourdement à l'adresse de l'esprit qui reste silencieux, s'amusant cela dit dans son recoin obscur bien aménagé. Je commente pas, préférant me concentrer sur mon actuelle mission – c'est à dire ramener ses dossiers pour commencer puis rejoindre le terrain d’entraînement par la suite, malgré tout. Sauf que non en réalité. Lorsque je m'approche de la porte, je sens quelque chose derrière. C'est discret, subtile et je peux pas m'empêcher de froncer les sourcils face à cette constatation. Qu'est ce qu'un shinigami fout dans mon bureau ? Non pas que je sois particulièrement attaché à ce coin rempli de papier après. M'enfin. Je détecte quelqu'un et si je m'y concentre l'espace de quelques secondes, ça me suffit pas à ralentir mouvement et ouvrir la porte dans la foulée. Je vais pas rester comme un con devant ma propre porte d'entrée, soyons sérieux deux minutes.

Il me faut un quart de seconde pour reconnaître cette sensation familière, un peu moins de temps qu'il me faut pour ouvrir la porte. Mon regard se porte sur la shinigami à la peau halée qui paraît observer le ciel par la fenêtre – ma fenêtre, accessoirement. Je referme la porte derrière moi, faisant peu cas du bruit que j'entends de toute façon pas, haussant un sourcil en contemplant le bureau de nouveau visible et non plus noyé sous les rapports en tout genre. Je suppose que je lui dois ça. Moi qui reportait toujours le moment où j'allais m'y mettre, j'ai plus à me poser cette question au moins. Enfin, ça allait vite revenir cela dit et la première pierre de ce nouvel édifice est vite déposé sur la surface brute – des noms de morts, des zones à reconstruire, des investigations supplémentaires et j'en passe des meilleurs. Rapports à la con. Qu'est ce que tu fais là ? Mes mains s'agitent, délaissant mes cordes vocales que je préfère ménager. Fin, c'est pas une nouveauté que je suis pas un grand bavard et que je préfère m'exprimer avec les signes. Tama connait ceux là donc ça m'arrange de pas devoir expliciter à voix haute.

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MessageSujet: Re: Cher Muliphein... [ft. Segi Raïtoku]   Jeu 12 Mar - 23:50

Et comme le Chasseur ne vient jamais sans son légendaire Canis Majoris, la nuit fit apparaitre Seigi Raïtoku, visiblement après une journée passable, ne jetant qu’un coup d’œil au travail fait par la Shinigami, ce qu’elle accueillit en se tournant vers son supérieur, en douceur, les yeux dans les siens, toujours noirs, toujours perçants. Des yeux de chasseur. En avait-elle peur ? Non. Elle avait passé des années à affronter des yeux comme ceux-là. Non, pire dans un sens. Rapidement, il vint aux faits, seulement avec des signes. Quel dommage, elle aimait bien sa voix mais elle n’allait pas trop demander de sa part vu qu’elle n’avait, effectivement, rien à faire ici.

Continuant sur des signes, Idjouher sourit légèrement, essayant de rester formelle comme elle le pouvait devant cet homme semant plus de questions que de blessures sur son corps et répondit :

- Je suis venue pour remettre un rapport et ma mobilisation exceptionnelle.

Elle s’était entraînée pour dire cela justement. Combien de fois avait-elle répété cette phrase rien pour que tout passe de la manière la plus fluide possible ? Et sérieusement, elle affrontait quoi au juste ? Une mission ? Non. Idjouher n’attendait qu’une façon d’être plus utile et c’était justement une bonne opportunité. Non seulement d’être utile mais pour enfin ne plus être aveugle. Les Reapers les avaient affaiblis et sans eux, ils auraient sans doute pu avoir des informations sur Sima avant qu’il ne vienne. Elle ne pouvait rien garantir mais il y avait de grandes chances que ses craintes étaient vraies. Et l’attaque avait été trop bien coordonnée, pile lorsque les Reapers avaient levé le camp hors de la Soul Society. Il n’était nullement question de se venger mais plutôt d’enfin se remettre à leur façon de faire, leurs compétences. Le Capitaine Serpiente était bel et bien l’homme de la situation et elle allait l’épauler. Cette fois, elle était prête.

La Kabyle continua sa composition de signes, toujours fluides, préparés, mesurés.

- Je pars pour Las Noches. Ordres du Capitaine Serpiente. J’ai cru bon aider à organiser vos rapports quand j’ai vu toutes les piles. La situation reste difficile, vous aurez ça en moins.

Qu’allait-elle faire à présent ? Il n’avait pas grand-chose à dire, il s’agissait d’ordres, elle les communiquait. Fin. Rideau. Pourtant, elle restait là à le regarder. Qu’espérait-elle ? Rien. Elle devinait qu’il n’allait ni la remercier, ni lui souhaiter bonne chance.

« Une étrangère… »

Oui. Une ombre. On l’avait sculptée pour en être une. Si elle venait à disparaître hors de ces murs pour ne plus revenir, elle serait comme les noms qu’elle avait refusé de voir avec la conviction de continuer. On l’avait prévenue. Qismat l’avait prévenue. Enfin, Idjouher chassa l’air dans ses poumons pour reprendre la danse des signes.

- Je dois rester en condition optimale, le départ sera après-demain, je ne pourrai donc vous affronter car ce serait prendre le risque de perdre un bras et l’usage de mes jambes. Le Hueco Mundo est vaste, j’aurai une longue route à faire.

Encore une fois, une voix hurla en elle la même question que Raïtoku : « qu’est-ce qu’elle faisait là ? ». Au but. Allez. Pressons.

- Vous êtes très occupé, je suis venue honorer notre rendez-vous pour vous remercier de votre entraînement qui me sera très utile en mission et de m’avoir…

Sai !

Tout-à-coup, elle serra ses poings pour sceller son verbe, ferma ses yeux pour rompre le contact avec son supérieur mais son sourire resta le même. Si calme, si léger alors que visiblement, elle cachait une tempête en elle qui fallait étouffer. Il n’y avait pas de quoi faire une brise. La Kabyle se reprit, toujours sans dire un mot, mimant cette fois de la bouche.

- Je ne sais si je suis en train de vous dire au revoir ou adieu mais le seul mot qui me vient est merci.

Ses yeux furent plus rieurs, son sourire plus volontaire. Ce n’était que ça. Non. La tempête était toujours là mais elle avait la nuit, le ciel, les étoiles. Et puis plus rien.

Lentement, Idjouher se décala de la fenêtre et emboita le pas pour se diriger vers la porte pour sortir.

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MessageSujet: Re: Cher Muliphein... [ft. Segi Raïtoku]   Ven 13 Mar - 19:41

Elle avait pas besoin de dire tout ça, simplement parce que je suis déjà au courant. Malgré que j'en ai pas franchement l'air - pas plus que la musique d'ailleurs - je reste le vice-capitaine de la septième. On me tient un minimum au courant de ce qu'il se passe ici, que je le veuille, ou non. Et puis j'étais là quand la mission avait été donné au capitaine, ça aurait été un comble que j'en sache quedal. Maintenant la date du départ, je ne l'avais su que ce matin. Forcément, fallait bien me dire quand est ce que j'allais me retrouver seul pour gérer l'intendance le temps que le Capitaine parte faire mumuse dans le monde creux avec sa fine équipe. Pour ce que j'en sais pour l'heure, y a deux capitaines qui se cassent ainsi que le membre de la septième que j'ai en face de moi. On est plus à une personne près dans les effectifs maintenant, m'enfin... Elle m'explique et je la laisse faire, mon expression demeurant aussi neutre que de coutume alors que j'observe ses dires. Un instant, mon regard est attiré par le bureau de nouveau rangé – comme la première fois qu'elle était venue il y a de cela une éternité probablement. Comme la dernière fois, elle avait laissé un papier dessus sur lequel était couché quelques mots, des consignes sans l'ombre d'un doute. Quoi d'autre ? Je vais pas lui taper sur les doigts pour être entré sans permission et avoir fait du ménage dans les papiers, loin s'en faut, j'apprécie le geste en quelque sorte, même si j'ai encore du mal à imaginer quelqu'un s'occuper de ça en attendant. Genre comme une occupation tout ce qu'il y a de plus normale.

Elle signe, signe et signe encore. Y a des maladresses dans ses gestes, des raideurs et des imprécisions mais ça se comprend, en gros. C'est clair et concis. Mesuré. Elle va a l'essentiel ou presque du moins. J'ai un peu l'impression qu'elle cause pour répéter la même chose quand même ou tout du moins pour préciser ce qu'il y a pas besoin de préciser. Je sais. Je sais déjà. Mais comme je lui dis pas, je la laisse faire, ça me permet de voir ses progrès en langue des signes comme ça. Y a encore du travail mais elle apprend vite, au moins. Je hausse un sourcil quand elle s'arrête en plein milieu de sa phrase qui en soi me paraît déjà franchement bizarre. Me remercier de lui avoir fracasser la tête, ça parait toujours assez relatif, mais je commente pas pour autant. Au moins, elle a l'air d'avoir compris où je voulais en venir et je sais pas si c'est bien ou non. Dans le doute, je reste silencieux. Les mains de l'étrangère cessent de s'agiter et c'est finalement sa bouche qui reprend pour signifier ce qu'elle aurait probablement jamais pu signer – hormis un mot peut être, à tout casser.

Qu'est ce qui lui prend au juste ? Elle paraît franchement pas des masses perturbée par ses paroles par contre, c'est pas forcément mon cas. Mon haussement de sourcil se transforme en froncement alors que le sourire calme qui couvre ses lèvres me paraît d'autant plus incongru face à ma mine plus que fermée - perplexe et méfiante. C'est quoi ça ? A quoi elle joue ? De nouveau, les questions s'accumulent et je n'apprécie pas franchement ce constat. Au revoir, adieu, merci. Les mots se suivent mais mis bout à bout, ils me paraissent pas compatibles, pas lié. Ça me fatigue. Tout ça. Accumuler ça à la journée pourrie que j'ai eu, sans compter celles qui vont venir et qui me fatiguent d'avance... Ouai, ça commence à faire un peu beaucoup. Elle voulait se barrer mais non. Faut pas déconner. Cette fois, c'est ma voix qui s'élève, grondante comme de coutume, vibrante aussi, je sens son timbre sourd rouler le long de ma gorge.

Ne me fait pas perdre mon temps Tama. C'est simple, clair et concis. Moi et la patience, on est pas toujours en très bon terme. Je suis peut être en colère. Je suis peut être énervé. Je suis peut être sur les nerfs. Je dois forcément être un peu de tout ça en réalité. Et puis autre chose aussi. Je signe pas, mes bras croisés sur mon torse alors que je la toise, encore. Ça va devenir une habitude ça aussi. Je sais que je lui fais pas peur mais j'en ai rien à foutre, c'est comme ça que je suis avec tout le monde, qu'on est les jetons ou pas après, ça me perturbe pas plus que ça. Si tu veux dire un truc, dis le, si non, dis rien. Mais me raconte pas de connerie de ce genre qui veulent juste rien dire. Ouai, ça m'énerve. Faut croire. Je vois pas pourquoi elle me dit ça. Merci. Pour quoi au juste ? Adieu ? Au revoir ? Connerie ! Elle qui fait des mouvements clairs et mesurés, concis et précis, pourquoi là, ses paroles semblent tellement confuses ? Ou alors c'est juste moi qui suis trop con pour capter. Putain ça me fait chier !

Qu'est ce qui t'énerve autant finalement, mon petit Raï ?

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MessageSujet: Re: Cher Muliphein... [ft. Segi Raïtoku]   Ven 13 Mar - 20:46

Encore une fois, elle ne savait pas du tout comprendre ce qu’elle voulait, aucun moyen d’être comprise par l’autre. Elle ne pouvait pas en vouloir à Akatane, elle n’avait pas été de mauvais conseil. Idjouher était dans un moment où elle aurait voulu se dire qu’elle avait tout bien aplani, tout était réglé, elle pouvait partir sans l’ombre d’un doute. En faisant rapidement le bilan, elle avait cru bon se murer pour protéger ce qu’elle avait, sa famille mais la Purge avait relancé les dés. Qui avait été là pour lui donner un chemin possible hormis la mort ? Serpiente. Il était loin de l’image d’un ami mais il avait cette constance fiable qui faisait de lui une valeur sûre dans le Seireitei.

Cet épisode lui avait au moins montré que s’enfermer dans le secret n’allait aucunement l’aider. Elle ne pouvait rester ainsi. Elle avait tenté de s’ouvrir à Shin mais comment le faire ? Il parlait facilement, agissait peu dans le même sens. Il n’était donc aucunement quelqu’un de fiable. Le contraire de son Capitaine en somme.

La Kabyle était devant Seigi Raïtoku, elle l’avait approché non par curiosité mais parce qu’on lui avait donné une mission. C’était simple comme bonjour. Il n’y avait plus de mission. Alors qu’elle pensait devenir un élément en stand-by, quelque chose s’était éveillé. Ainsi, la curiosité avait pris le pas sur son caractère si professionnel. Des questions naquirent de cette curiosité.

A présent, elle n’était plus sûre de vouloir des réponses. Son intérêt n’avait pas péri par les grondements du sourd. Il n’avait pas envie de perdre son temps, elle ne pouvait pas garantir cela. Elle était déjà en train d’ouvrir la porte, et finalement, elle la claqua brusquement. Idjouher se retourna, affronta de nouveau le regard de Raïtoku. Il était apparemment bien énervé. Etait-ce la perte de temps significative couplée de ses préoccupations qui alourdissaient le port du brassard ? Malheureusement, elle ne pouvait rien faire pour lui. Elle avait déjà fait le maximum. Enfin, elle tenta de répondre à sa question. Ou plutôt de laisser un minimum de sa tempête s’engouffrer dans la pièce.

- Merci de m’avoir sauvée contre l’Arrancar.

Et elle aurait préféré quoi ? Etre morte ? Non. Elle n’aurait pas pu goûter au langage entre deux sabres une nouvelle fois. Cela lui avait manqué. Les seuls moments où elle acceptait d’être un minimum touchée. Certes, par des vibrations seulement, mais rarement, sa peau rencontrait une autre. Aucun lien. Autrement dit, elle n’avait pas réussi ce qu’elle voulait essayer. Il était donc peut-être trop tard pour elle. Idjouher était peut-être déjà une Shinigami sans nom, comme les autres et ne pouvait être comprise que par sa famille l’appelant "Idjouher". Une sphère qui ne serait plus jamais une perle.

Et elle accueillait ça comme si de rien n’était alors que d’un coup, c’était comme un morceau d’elle-même dont elle se débarrassait. Une quête égarée. Akatane serait bien déçue mais si elle savait les efforts qu’elle avait faits depuis…

Une perte de temps.

Ce qu’elle avait horreur quand les chasseurs avaient raison.

Ainsi, elle ouvrit de nouveau la porte, avec la terrible envie d’entrer en contact avec de l’eau. Elle avait au moins réussi à être terriblement franche au prix des derniers fragments de patience de son Vice-Capitaine. Pour une fois qu’elle pensait effectivement à elle, il fallait bien essayer un jour. Et le temps manquait. Ses poumons étaient au moins un peu plus libres depuis l’invasion de Sima. Les morts étaient toujours là mais elle aussi. Lui aussi.

Chacun supportait ce constat comme il le pouvait.

Sai… Aspirer à un an-tet est noble… tenta Saif-al-jawza.

Idjouher ne répondit pas. Elle avait déjà que trop parlé et à part dire "Charyou tri" ce qui pourrait être blessant pour son zanpakutô, la Kabyle préféra se taire.

Le silence qui hurlait.

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MessageSujet: Re: Cher Muliphein... [ft. Segi Raïtoku]   Sam 14 Mar - 14:56

Pourquoi je cherche à la comprendre, au juste ? Pourquoi j'y accorde un tant soit peu d'importance ? Qu'est ce que je m'en fous, au fond, de ce qu'elle me raconte, de ce qu'elle fait et dit. En temps normal, j'aurai simplement laissé dire, elle serait partie et j'aurai été tranquille pour un temps indéterminé jusqu'à ce qu'une nouvelle merde me tombe sur le coin du nez. Je suis habitué à avoir des merdes sur la gueule, on s'y fait à défaut d'accepter aisément. Je suis un type têtu. J'ai pas envie de répondre à Hibiki d'ailleurs. En réalité, je pourrai pas dire pourquoi je suis aussi énervé même si je me doute que c'est l'accumulation qui fait que je m'enflamme plus facilement que de coutume. Ça m'emmerde ça aussi. J'aime pas ça. Mais c'est pas que de la faute du brassard que je me traine au bras, ça je l'ai compris. J'aime pas les faux semblant, c'est clair ça aussi. Je suis un type franc, j'attends à ce qu'on fasse de même avec moi même si je suis pas débile au point de croire que tout le monde est dans mon cas. Ils sont nombreux les faux jetons qui disent de la merde à tout bout de champ, c'est pour ça que j'ai toujours préféré resté à l'écart, que je préfère ignorer plutôt que demander. C'est plus simple. Moins chiant. Alors pourquoi je fais pas la même chose cette fois ci aussi ? Peut être que c'est ça, la vraie perte de temps. Connement. Probablement. Mais as tu autre chose à faire ? Va savoir.

Elle se détourne en claquant la porte – je ne l'entends pas mais son geste est équivoque – et me rend mon regard, nullement perturbée par ma colère. Il lui en faudrait peut être plus, ou juste qu'elle est pas du genre impressionnable - de ce que j'ai vu pour le moment, j'opte pour la seconde option. Tant mieux, j'attends pas à ce qu'on ploie devant moi sans raison, que je sois ou non énervé. Elle parle. Cette fois, pas de geste, seulement ses lèvres qui s'agitent pour que je puisse traduire ses intentions. Sauvé. J'ai bien compris ce mot ? Fronçant de nouveau les sourcils, j'en arrive à me demander si j'ai bien compris ce qu'elle me raconte ou si j'ai mal capté. Ça me paraît hautement improbable, j'ai plusieurs années de pratique derrière moi maintenant mais franchement, j'arrive pas à voir de quoi elle me parle. Vraiment ? Elle compte encore prendre la poudre d'escampette. Et bien soit, qu'elle se tire, mais avant ça, je vais mettre les choses au clair. Vu qu'elle est de dos, m'amuser à signer est inutile alors je parle. L'énervement est moindre, peut être parce que je suis un poil surpris par ce qu'elle me raconte, après, ma voix reste égale à elle même - et puis au moins, elle a répondu même si la réponse me plait pas. Forcément. Faut toujours que ça chie quelque part de toute façon.

Je vois pas où est ce que tu as pêché ça. Je t'ai pas sauvé. C'est aussi clair et limpide que ça. Je suis un chasseur, pas un protecteur ou quoi que ce soit du même genre alors je sauve pas les gens. Moi, je sais juste attaquer, tuer, détruire, c'est en ça que je suis bon. Quand j'étais dans le Rukongai c'était déjà comme ça, peut être que c'était pareil quand j'étais vivant – si j'ai été vivant un jour en fait, qu'est ce que j'en sais ? - et plus encore maintenant. Les années ont rien arrangé à ce niveau, faut pas croire. Quand on est doué pour quelque chose, autant se concentré dans ce domaine, simplement. J'attaque juste mes cibles et mes adversaires du moment, c'est tout. Et je le fais pas à moitié, qu'on soit plusieurs ou pas, je suis incapable de travailler en équipe. Pourtant, tu l'as empêché de l'attaquer. Dommage collatéral tout au plus de ce que je me souviens. J'allais pas resté comme deux ronds de flans alors que les autres cibles étaient toujours debout et que la mienne s'était effondrée. Autant faire le plus de dégâts avant de s'effondrer - il me connait, il sait comment je suis.

Et de quoi je me mêle, déjà ? Je l'entends presque émettre un soupir ennuyé. T'es vraiment chiant quand tu t'y mets, tu le sais ça ? Je hausse les épaules intérieurement en réponse. C'est pas vraiment une nouveauté ce qu'il me raconte alors autant ne pas perdre mon temps à répliquer. Et puis c'est pas comme si ça m'intéressait pour l'heure. Elle va se barrer alors avant ça, je lâche mes derniers mots non sans un grondement - probablement les derniers tout court d'ailleurs, je compte pas expliciter et elle compte pas s'attarder. Et là où tu vas, personne ne le pourra non plus. Alors tu as juste a compter sur toi et revenir. Qu'elle en fasse ce qu'elle veut, j'en ai plus rien à foutre maintenant. Je suis toujours agacé, toujours énervé et la colère demeure à la surface de ma conscience, comme à ce moment, comme cette dernière fois. Chier.

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MessageSujet: Re: Cher Muliphein... [ft. Segi Raïtoku]   Ven 20 Mar - 21:34

Elle avait voulu donner un peu de sa tempête, il lui donnait l’orage en retour. Etait-ce égoïste de penser à quel point c’était reposant ? Idjouher avait déjà entendu des reproches, sur son compte ou sur un autre mais la voix de Raïtoku était l’orage qui lui plaisait tant. Il ne manquait plus qu’il fasse jouer de sa pression spirituelle, s’il savait se modérer, et le tour aurait été joué ; un orage en plein soir dégagé.

Et ceci la stoppa dans sa fuite. Oui. Fuite. C’en était une. Elle ne savait pas parler correctement, elle lui faisait perdre son temps et son trouble était évident. Une fuite. Point. Au moins la voix du Vice-Capitaine lui faisait un peu oublier ses tourments intérieurs mais les mots lui en faisaient naître d’autres. C’était la première fois qu’on la sauvait et ce n’était pas l’attention de son supérieur.

Là, elle n’allait pas se priver, calée contre le rebord de la porte, sur le seuil, Idjouher rit. Ce n’était pas vraiment un rire nerveux, la plaisanterie était tout de même drôle ; enfin, l’ironie de la situation lui plaisait, c’était au moins ça de gagné. Bon. Soit. Elle se sentait un peu plus triste mais elle était décidée de faire avec. Pour une fois que le temps allait pouvoir jouer en sa faveur, la Kabyle lui confia la tâche d’éroder cette peine. Et si elle devait être sacrifiée, ce tyran n’aurait pas à prendre ses responsabilités. Ni Seigi Raïtoku.

C’était clair. Tout était clair.

Sauf sa seconde phrase qui ressemblait étrangement à un ordre. Le côté pessimiste d’Idjouher était pourtant sûr qu’il ne faisait que laisser sa colère parler sans faire attention à ce qu’il disait. Ainsi, Saif-al-jawza vibra lentement d’une émanation d’énergie froide, condamnant derechef cette voix. Sur ce, son possesseur la remercia mentalement pour ne pas la laisser emprunter ces chemins douteux. Le peu de qualité qu’elle croyait vraies venant du manipulateur des ondes ne devait pas se fissurer par la présence du doute. Bien sûr, elle garda tout pour elle. Il n’avait que faire de sa foi en lui.

- Est-ce un ordre ? signa-t-elle en souriant chaleureusement, encore amusée par l’ironie de la situation.

Elle voulait partir. Elle n’en était plus sûre. Idjouher n’avait qu’une envie, que l’orage se manifeste. Et puis, elle l’avait contrarié, si elle devait être soignée, cette fois, elle ne rejetterait pas l’offre d’Aokideso. Cependant, elle ne voulait définitivement pas d’un public pour deux raisons : la première était que ça l’ennuyait fortement car s’ils voulaient être entraînés, ils n’avaient qu’à avoir le courage de lui demander et la deuxième était qu’elle voulait lui « parler » en privé.

Il y avait une troisième raison, elle allait y revenir plus tard s’il acceptait. Elle en revint aux signes et mouvements labiaux.

- Bon. Je ne sais pas pour vous mais finalement, j’ai envie de quelques passes d’arme. Toujours partant ? Ça ne sera pas un entraînement mais je pourrai peut-être vous éviter de perdre du temps inutilement. Avec ou sans vous, j’irai quand même me défouler au-delà du Rukongai.

Avoir besoin de sentir l’eau sur soi était une bonne chose encore fallait-il peut-être mériter des ablutions en laissant pleurer son corps sous l’effort. A défaut de savoir pleurer pour de vrai, il y avait toujours cette perspective.

Pour appuyer son invitation, la Kabyle fit signe à Raïtoku de la suivre en souriant malicieusement et disparut en un shunpô. Dès qu’elle atteignit le Rukongai, Idjouher murmura :

- Eclaire mes pas, Saif-al-jawza…

Et la lame obéit, libérant les étoiles du tsuba qui entrèrent en contact avec l’arme, la transformant en flissa et matérialisant l’extension du tsuka en une chaîne terminée par une rhamsa. A peine transformée, l’arme devint translucide, le shikai était accompli. Quelle chanceuse… Heureusement que la trancheuse arrivait à partager un peu de sa fortune… Devenir invisible, que ce shihakusho soit moins lourd à porter, qu’elle ne soit plus qu’une ombre et rien d’autre…

Tamalut al jawza…

Le signal pour que le zanpakutô l’enveloppe dans son manteau incurvant la lumière, laissant librement le décor la traverser mais ce n’était pas suffisant. Cependant, s’il avait décidé de la suivre, il fallait tout de même que le chasseur arrive à lire les actions de sa proie. Il avait su sentir sa présence malgré son camouflage ? Voyons un cran au-dessus… Et d’une forme évanescente, son reiatsu suivit le même cheminement du corps. La Kabyle empêcha son énergie de filtrer à travers ses pores, épousant au mieux le sol à chacun de ses pas rapides. Dans sa folle course, rapidement, les pas de la Shinigami allèrent manquer de toits à enjamber, un problème vite résolu par la création de prismes tangibles mais invisibles en l’air, utilisés comme des plateformes jusqu’à un plateau au-delà du Rukongai, son petit coin personnel où elle s’entraînait souvent. Cette place était l’idéal quand elle avait dû apprendre à imiter les mouvements de diverses particules car les rares vents de la Soul Society se rencontraient en ce point. Elle s’était aussi entraînée pour les kekkai, quelque chose qui allait soit attendre, soit être enterré ici.

Elle aurait sa nuit. Paisible ou rythmée par les futurs entrechocs d’épées.

Idjouher espérait la deuxième ambiance, plus favorable vu l’endroit et les pensées qui hurlaient en elle.

Spoiler:
 

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MessageSujet: Re: Cher Muliphein... [ft. Segi Raïtoku]   Sam 28 Mar - 14:10

Elle rit. Je crois qu'elle rit au vu du soubresaut qui vient faire trembler ses épaules, je dirais bien qu'elle est en train de se marrer. Pourquoi ? Aucune espèce d'idée, il n'empêche qu'elle finit par se détourner de nouveau sur ma mine devenue plus interrogative – quoi que passablement agacée, pour pas trop changer de d'habitude. Qu'on se foute de ma gueule, j'en ai pas grand chose à carré en règle général et je suis du genre hermétique à ce qui touche de près ou de loin à l'humour. M'enfin, il n'empêche que je vois pas ce qui y a de drôle dans ce que j'ai balancé et c'est pas Hibiki qui va me répondre. Lui aussi il rigole presque. Enfoiré. Finalement, ses mains bougent pour créer de mots compréhensibles pour ma personne. Un ordre. D'où que je lui ai donné un ordre ? Faut arrêter de croire que je donne toujours des ordres parce que j'ai ce brassard au bras, ça devient une maladie. Mes mains s'agitent en réponse, bien décidé à mettre les points sur les i et les barres sur les t. Seulement un fait. Rien de plus ou de moins. C'est pas un conseil, pas plus qu'un ordre et encore moins un avertissement – elle est assez intelligente pour le savoir après tout, je suis persuadé que c'est pas sa première mission. J'énonce simplement une réalité. Certes, je suis pas obligé et c'est totalement con. Je suis pas le genre de type qui parle pour rien dire, mais là, j'avais eu envie et je l'avais fais, y a pas plus de question à se poser que ça.

Et puis une proposition. A quoi elle joue ? Y a cinq minutes montre en main, elle disait qu'elle pouvait pas s’entraîner parce qu'elle partait en mission et maintenant, elle retourne sa veste. Qu'est ce que je suis sensé dire à ça ? Un autre type que moi lui aurait probablement fait la remarque en disant une connerie ou que sais-je. J'ai pas envie de parler pour rien cette fois ci. Je la laisse dire et je pèse le pour ou le contre. J'ai du pour, le contre est moins présent, cela dit, si elle joue à ce petit jeu, je serai moins tranquille que la dernière fois. Alors qu'est ce que t'attends ? Rien. Je dégage de là, suivant la shinigami sans me retourner en suivant le rythme, faisant peu cas des personnes qui nous croisent. A cette heure, alors que le soleil est sur le point de disparaître, ça court pas les rues non plus. Et puis une fois arrivée aux murailles du Rukongai elle paraît disparaître totalement après qu'on soit sorti de là. Une technique de camouflage probablement. Je serre les dents avant de glisser de quelques centimètre mon zanpakutô hors de son fourreau. Je suis pas le pire en ce qui concerne la traque mais là, elle me paraît indétectable. Je pourrai pas la contrer avec mon niveau actuel mais puisqu'elle me cherche, elle va me trouver. En se concentrant, on peut percevoir des détails. Des frémissements. Le pouvoir de Hibiki me permet de lire ses altérations avec plus de sens, plus de force aussi. Je pourrai faire demi-tour et la laisser en plan... Sauf que c'est pas mon genre de baisser les bras à la moindre difficulté, au contraire, je suis plutôt du genre à insister jusqu'à ce que je parvienne à quelque chose, même si ce quelque chose est dérisoire.

Je suis pas mauvais en détection d'habitude, mais là, elle paraît s'être évanouie. Totalement. Ou presque. Je vais faire comme d'habitude, suivre mon instinct et les ondes qui s'évanouissent, c'est indistinct, mais c'est la seule chose que je peux suivre pour l'heure. La concentration est là à chacun de mes pas, à chaque shunpô habile qui me permet de continuer et finalement, ce jeu du chat et de la souris est pas si déplaisant que ça. Ça me rappelle des souvenirs. Des souvenirs de lorsque j'étais à la troisième et ça fait vibrer plus fort encore mon cœur et mes muscles, qui, fébriles, attendent le bon moment. Il n'empêche que. Lorsque je dépasse le Rukongai et que j'estime m'être suffisamment éloigné des lieux, je dégaine entièrement mon sabre, laissant ma voix faire vibrer le métal ondoyant alors que je laisse éclater mon reiatsu qui s'abat sur la zone donnée. Sauvage. Impitoyable.

Bankai. Hateshinai Hibiki. Je ne joue plus. Lorsque je me mets en chasse, je le fais pas à moitié et ma lame ondoyante entre mes mains en est la preuve à présent. C'est les seuls mots qui pourront l'atteindre, la zone de silence s'étant déployé tout autour de nous. Si elle ne vient pas, et bien ce sera à moi de venir. Si je la trouve pas et bien, il suffit de faire en sorte de pouvoir le faire. La lame de mon zanpakuto ondoie sans discontinuité et c'est en le tenant en position basse que j'en appelle à son pouvoir. Ici, dans cette zone, les ondes sonores sont sous mon contrôle. Ici, tout autour de moi - autour de nous. Je déploie le pouvoir de mon sabre, Hibiki prenant plaisir à passer à l'attaque quand bien même cette dernière n'est elle pas offensive à la base... Là, elle se sera. Si je peux pas la voir, il suffit juste que je fasse en sorte de briser sa technique, et rien de mieux pour ça que de troubler un esprit.

La douleur est la meilleure arme qu'il soit.

Bouh °°:
 

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