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 Troc à sens unique [Alvaro]

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MessageSujet: Troc à sens unique [Alvaro]   Lun 8 Avr - 4:21

Il n’y avait rien de pire que le silence qui envahissait une pièce de sa lourdeur. La Quinta s’en était bien vite rendue compte lorsqu’elle avait fait irruption dans ces appartements. Incapable de supporter davantage ce vide sonore intolérable, elle avait décidé de causer tout un tintamarre en abandonnant ses talons à sa colère. Depuis, sa jambe ne connaissait plus de repos. Le tapotement continu de sa botte contre le carrelage de l’endroit était la seule mélodie qui accompagnait sa triste solitude, tandis qu’elle attendait au cœur de ce qui semblait être un désert de marbre. Le bruit causé par son mouvement parfois lent, souvent rythmé, accentuait son impatience, même si elle s’acharnait dans sa musique en vue d’en chasser le silence. Éparpillés autour de sa semelle, une dizaine d’emballages jonchaient le sol, ce qui témoignait qu’elle avait dû ingurgiter masse de calories dans cette sempiternelle attente. Pour preuve, des bâtonnets enrobés de salive accompagnaient les déchets, alors qu’il n’y avait nulle trace de la populaire friandise qui y trônait habituellement. Normal, puisque après tout, la totalité avait été ingérée par la gamine, qui mâchouillait une fois encore une sucette bruyamment. Le tintamarre provoqué par ce mariage de tambourinement, de succions et de plaintes partagées sous forme de brèves lamentations ou de soupirs avait définitivement de quoi bercer la demoiselle jusqu’à l’arrivée tant attendue de son hôte, propriétaire des appartements dont elle avait franchi le seuil sans y voir d’inconvénients.

Le maitre des lieux qu’elle ne connaissait en fait que brièvement pour le rôle auquel il devait toute son importance. Un titre qu’on appelait communément Chef de l’Exequias et qui n’avait pas plus grande valeur que les chiffres inférieurs au sien, mais qui se devait la peine d’être mentionné. Il n’en demeurait pas moins que malgré l’indifférence qu’elle nourrissait à l’égard de cet homme, il allait peut-être lui être d’une grande aide, voire même celui qui résoudra le problème dont elle faisait face. Car l’accroc dont elle était en prise ne pouvait être réglé que par cet étranger. Son acharnement sur cette hypothèse l’avait poussée à trouver ses quartiers et à y entrer de force, afin de quémander l’aide escomptée. À attendre aussi longtemps le propriétaire dont elle ne connaissait rien de plus que son rang, il était certain que sa conviction dépassait largement les limites de la confiance accordée à ses idées normalement. Cette fois-ci, elle était plus que sûre qu’elle ne ressortirait pas de cette entrevue penaude; elle ne partirait pas sans avoir ce qu’elle était venue chercher, rien de plus, rien de moins. Si sa soi-disant patience n’était pas récompensée, elle souhaitait à ce Chef de l’Exequias de courir vite sur ses deux pattes.

Malgré le son intermittent provoqué par sa botte, source d’un écho cacophonique, elle entendit les pas de ce qui semblait bien être l’arrivée providentielle du fameux hôte. Abandonnant la pose qu’elle s'entêtait à conserver depuis que l’impatience s’était forgée une place importante dans son esprit, elle décroisa ses bras, passa rapidement en revue sa chevelure de la pointe des doigts, tout en éliminant les derniers froissements de ses vêtements, puis se tint en piquet face aux grandes portes. Avant que l'oubli ne la gagne, elle abandonna sa friandise qui alla choir au sol dans un son plus que dégoûtant. La perfection était de mise pour présenter sa requête, c’était du moins ce à quoi la Quinta s’entêtait à croire, alors qu’elle n’avait pas coutume à se préoccuper bien gros des convenances. D’ordinaire, les rôles étaient inversés et elle aurait dû être celle qui faisait son entrée dans les quartiers privés de la tête meneuse de l’Exequias, mais semblait-il qu’elle en avait décidé autrement. À l’image d’une statue trônant fièrement au centre de la pièce, elle profita des dernières secondes accordées avant que son hôte franchisse les portes pour sélectionner avec juste choix un de ses nombreux sourires. Elle choisit au final celui qui montrait sa belle rangée de dents blanches, soit le rictus le plus superficiel jamais vu sur le jeune faciès de Lili. Qu’importe, elle était fin prête à l’accueillir, animée par une gaieté improvisée qui était loin de lui être propre. Quoi qu’il en soit, l’inconfort de sa posture couplée à la drôle de mimique qui déformait exagérément ses traits offrait un portrait plutôt grossier qui dégageait un manque flagrant de sincérité.
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MessageSujet: Re: Troc à sens unique [Alvaro]   Lun 8 Avr - 22:40

[HJ : RP un peu particulier, autant mettre au clair. Les surveillants admins vont sans doute se demander où se situe ce RP temporellement ; en fait il se passe après mon retour à Las Noches, mais avant le RP de Lili et Senka… Donc, comme c’était tendu à placer en zone de jeu normal, on a décidé de le mettre en Chronique, histoire de différencier les deux timelines.
Précision apportée, go RP ! [/HJ]


Home sweet home ! Même si son retour n’avait pas été aussi festif qu’il aurait l’espéré, Alvaro était heureux de retrouver les couloirs familiers de Las Noches. Accueilli en grandes pompes par Borick (qui avait failli lui mettre la sienne dans le visage), l’Arrancar n’avait pas encore pu retrouver ses autres compagnons qui, il s’en doutait, se languissaient de lui autant qu’ils lui manquaient.
Il ne se sentait pas particulièrement fatigué – il fallait plus que quelques jours de vagabondage pour venir à bout de l’énergie de l’énergumène – et serait bien parti aussitôt à la chasse à l’Espada, histoire de se mettre au parfum des évènements récents. Et possiblement de la localisation de la Tercera, qui avait été la raison de son voyage. Mais ! Mieux valait faire les choses dans l’ordre. Alvaro avait tendance à l’oublier, mais il avait des responsabilités : Chef de l’Exequias, voilà un rôle malgré tout important – hé, y a “Chef” dedans ! – et il se devait de ne pas faillir à sa mission. Il règlerait d’abord les affaires courantes qui lui incombaient. Viendrait ensuite le social.

Alvaro se perdait facilement, non seulement dans le désert, mais également dans le Palais. Il mit quelques temps à retrouver le chemin de sa chambre. Fort heureusement, et ce depuis déjà de longues années, il avait trouvé une astuce pour au moins identifier ce lieu qui lui était entièrement dédié. Peu après son entrée au service du Rey, il y avait bien une décennie de ça, il avait décidé de mettre fin à ses incessantes errances dans les couloirs de marbre en marquant l’itinéraire jusqu’à ses quartiers. Lorsqu’il repéra un des minuscules “A” qu’il avait gravé dans la roche avec son sabre, accompagné d’une flèche indiquant la direction à suivre, il put finalement retrouver son havre de paix.
Lorsqu’il en poussa le battant, il se rendit compte qu’on lui avait piqué sa chambre.

    « Hey ! Mais ! Qu’est-ce que tu fous dans ma piaule ! »

Puis il réalisa, comme une évidence, que cela ne pouvait pas être le cas : c’était les appartements de l’Exequias en chef, on ne pouvait donc pas la refiler au premier venu. Encore moins la première venue. Alvaro avait conservé son rang, il en avait donc gardé le logement. Il eut un petit rire vaguement prétentieux.

    « Oh oh, excuse-moi, je me suis mépris. Encore un peu déboussolé par ma… euh… mission. »

Parler de sa bourde à une inconnue ne lui paraissait pas la meilleure des idées. D’autant qu’il avait clairement identifié la personne en face de lui. Cela ne faisait pas l’ombre d’un doute. Il décida de briser la glace, pourtant déjà pas mal émiettée.

    « Alors, c’est toi, hum ? Ma nouvelle domestique ? Il était temps, ca faisait bien six mois que ton prédécesseur avait abandonné son poste ! Par contre, il va falloir revoir tes méthodes de travail… »

Alvaro baissa sa tête haut perchée pour scruter le sol. Des détritus d’une nature qui lui échappait complètement couvraient une partie du plancher. Il n’était déjà pas soigneux, alors si des visiteurs, qui plus est des larbins, venaient participer à l’effort de guerre, il ne s’y retrouverait jamais !

    « En fait, tu es là pour nettoyer. Pas salir. Tu saisis ? »

L’Arrancar posa sur la jeune femme un regard à la fois candide et pédagogue. Il savait bien qu’il ne fallait pas brusquer les gens qui avaient du mal à bien faire. Il en était la preuve vivante.
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MessageSujet: Re: Troc à sens unique [Alvaro]   Jeu 11 Avr - 5:53

Aux prémices de cette drôle de rencontre, ce fut un simple sourcil qui fut levé à titre de réponse. Et bien que la mimique puisse paraitre au premier abord bien simple, elle véhiculait plus que la surprise qui la gouverna en maitre lors de l’entrée du curieux personnage. Notamment son incompréhension suite à la tirade du Chef de l’Exequias, mais aussi son étonnement à l’égard de cette apparence farfelue davantage similaire à un épouvantail qu’à celui d’un Arrancar. Sidérée par ce comportement bizarre qui allait au-delà des moult scénarios qu’elle avait eu masse de temps à s’imaginer dans l’attente de cette entrée, elle ne devina pas pour l’instant le malheureux quiproquo involontairement entretenu par son hôte. Au final, ses paroles n’avaient aucun sens aux oreilles de la demoiselle, qui demeurait muette tandis qu’il continuait à partager ce regrettable malentendu quant à l’identité de son invité. À l’entendre parler dans un dialecte dont le sens lui échappait, elle commençait à remettre en doute son identité, persuadée qu’il s’agissait probablement de la mauvaise personne. Non seulement un Chef ne pouvait avoir une telle tronche, mais en plus, animé d’une telle crétinerie, jamais il n’aurait pu prétendre à poste semblable.

Son doigt se leva au même instant qu’elle ouvrit la bouche afin d’élucider les obscurs desseins de ce mystérieux énergumène, mais aucun son ne vint perturber le dialogue de ce dernier. Elle ne trouvait pas l’opportunité pour placer ne serait-ce qu’un mot, car il était à chaque fois plus rapide que lui. Si bien qu’elle préféra le laisser parler, se promettant de remédier à cette situation une fois le clapet fermé. Car même si la conviction qu’elle avait fait éruption au mauvais endroit l’allumait lentement, elle ne pouvait se risquer d’offenser celui qui viendrait résoudre tous ses soucis, ou du moins en altérer les chances de réussite de ses tentatives. Ce furent les mains dans le dos, muette comme une carpe, qu’elle fit la docile, caractère dont elle n’était nullement accoutumée, ce qui expliquait ce pourquoi elle avait la furieuse envie de le couper afin de mettre au-devant ses propres intérêts. Mais elle n’en fit rien, du moins jusqu’à ce qu’il termine d’une manière très peu appréciée par la gamine. Sa veine fit irruption à son front, heureusement cachée par son toupet blond, tandis que ses poings vinrent se refermer, à l’abri du regard de son interlocuteur. On venait de la vexer.

Tandis que tout s’éclaircissait dans son esprit embué par ces paroles sans queue ni tête, elle se remémora ses derniers mots afin de bien comprendre l’envergure de cette situation; il semblait définitivement l’avoir pris pour sa femme de ménage… Étouffant un juron qui aurait définitivement pu ruiner ses efforts à bâtir de bonnes relations avec lui, elle marmonna dans sa barbe invisible de viles paroles qui moururent heureusement en chemin, avant de retrouver par un ultime effort un semblant de sang-froid, lui permettant cette fois-ci de relaxer presque entièrement, quoiqu’une certaine rancune lui serait dorénavant adressée. Toussotant légèrement pour ne rien laisser paraitre de sa brève perte de moyens, elle se lança à la réalisation de son projet, ou du moins posa les bonnes bases pour lui présenter sous peu son plan. Un sourire toujours aussi feint flottant sur son jeune faciès, elle se dandinait sur place comme une enfant gênée à devoir se présenter face à un intrus :

— Vous devez faire erreur sur ma personne. Je suis Lili, cinquième lame de notre cher Roi. Et contrairement à ce que vous pensez, je ne suis pas venue ici, en vos huuuuuuuuumbles appartements, pour y faire le ménage, mais pour vous demander une faveur…
Ses mots n’étaient pas les siens, et bien que le mensonge aurait vite été déniché par quiconque connaissait vaguement la cinquième Espada, il n’y avait pas de risques d’être démasquée. Elle ne connaissait pas la mésaventure d’Alvado, et quoiqu’elle craigne en quelque sorte qu’il ait entendu parler de son véritable caractère, elle tentait sa chance à ses risques et périls. Les mains toujours dans son dos, la pointe du pied jouant contre le carrelage et la mine basse, imitant l’attitude d’une gamine plus qu’intimidée par la demande qu’elle avait à formuler, elle releva le visage, et dans l’espoir d’un coup de grâce afin de briser les derniers résistances ou soupçons de son hôte, elle cligna exagérément des yeux. Mignonne comme toute, elle réussissait parfaitement bien son jeu!
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MessageSujet: Re: Troc à sens unique [Alvaro]   Dim 14 Avr - 22:08

    « Quinta ? »

Alvaro s'approcha en croisant ses interminables bras, qui débordaient largement de l'embrasure de la porte dans laquelle il s'était tenu jusqu'à présent. Chacun de ses pas correspondait à deux enjambées de la plupart des Arrancars qu'il connaissait et même si la pièce était haute de plafond, il devait courber le dos pour que son visage soit à peu près à la même hauteur que celui de la demoiselle prénommée Lili. Une moue concentrée réduisait ses traits à deux fentes plissées pour les yeux et une bouche de canard.

    « Quinta ? »

Il avança encore, réduisant drastiquement la distance qui les séparait, jusqu'à enfreindre de quelques centimètres la limite de la politesse. Il détaillait la jeune femme. Et fouillait sa mémoire.

    « Tu r'ssembles pas duuuu tout à Alejandra, toi. Alors, soit tu me baratines, soit... »

Alvaro n'avait pas assimilé toutes les informations que son interlocutrice lui avait fourni. Il était encore un peu perturbé par l'accueil réservé par Borick et légèrement exalté de son retour au Palais. L'attention n'était pas sa vertu première en temps ordinaire, alors en ce moment de grands émois et de bouleversements, on ne pouvait pas trop lui en demander.
Il tacha de regrouper ce qu'il savait de ce qu'il supposait pour arriver à une conclusion relativement proche de la réalité décrite par la jeune femme.

    « Ah ouais, mais en fait tu es sa remplaçante à elle ! Et pas mon larbin. D'accord. »

Ca pour une méprise, c'était une grosse méprise.
Voire une boulette.
Mieux valait la corriger au plus vite. Alvaro s'était fait un point d'honneur à sympathiser avec autant de résidents de Las Noches que possible et la venue dans les rangs de l'Espada d'une petite nouvelle était le genre d'évènements qu'il aurait en des temps plus calmes prit plaisir à célébrer. Il profita de l'humeur visiblement radieuse de son invitée imprévue pour rattraper sa faute.

    « Du coup, félicitations et tout l'toutim, hein ! Pas bien connu Alejandra et je te souhaite de faire un service au moins aussi bon qu'elle en tant que Cinquième Lame de Grimm ! »

Les paroles étaient sincères, quoique légèrement poussives et alambiquées — du moins pour Alvaro — mais il fallait au moins ça pour faire oublier son affront. L'Arrancar avait déjà à gérer les personnalités parfois belliqueuses des autres Espadas, inutile d'ajouter la jeune Lili à la liste. Et pour l'éviter, il lui valait mieux en venir au point qui intéressait la nouvelle recrue : la fameuse faveur si gentiment demandée.

    « Les faveurs, j'en rends autant qu'on m'en demande ! Je ne souhaite qu'aider mes pairs, pourvu que ce soit dans mes moyens ! Laisse-moi deviner... Une p'tite fête, hum ? Histoire de marquer ton entrée dans l'Espada ? »
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MessageSujet: Re: Troc à sens unique [Alvaro]   Lun 29 Avr - 3:28

La tête surdimensionnée de cette créature devint si proche de la sienne qu’elle eut un léger mouvement de recul, tandis que l’expression sympathique qu’elle avait empruntée pour amadouer son hôte se brisa durant un bref instant par un dégoût prononcé. Cette chose n’était qu’un humanoïde dépourvu de toute chair, immense, mais en même temps si fragile, tant on pouvait deviner sous son accoutrement son squelette filiforme. Sa tête était comparable à un ballon, hormis qu’elle était probablement solide. Quand il s’était penché vers elle au point de pénétrer dans la zone qu’elle jugeait interdite à tout intrus, elle eut le vif réflexe de faire un, puis deux pas en arrière, plus que troublée par les énormes orifices où nul globe oculaire s’y logeait. Vides. Des trous dans lesquels elle aurait peut-être pu y glisser un bras, mais qui sait ce qui se cachait dans ce crâne; cet être avait davantage l’apparence d’un Hollow qu’à celui d’un être humain muni d’un fragment de masque. Son masque était sa tête, et sa tête était beaucoup trop près à son goût. Le souffle coupé lorsqu’il vint pour la reluquer attentivement, elle n’eut le loisir de respirer à nouveau que lorsqu’il s’éloigna, satisfait de son bref examen.

Alejandra? Était-ce une nouvelle méprise que d’évoquer un nom qui lui était inconnu? Le sourcil s’arqua à nouveau, traduisant ainsi l’incompréhension issue de cette femme auquel il semblait la comparer. Elle préféra ne pas prononcer de mots, du moins pour l’instant, persuadée qu’il résoudrait seul le mystère qu’elle avait semé sans intention aucune. Il ne devait pas être bien au courant des nouvelles de Las Noches, et pour ne pas avoir entendu la fameuse annonce d’une nouvelle Quinta, il ne devait tout simplement pas vivre ici. Tandis qu’il méditait à voix haute, Lili n’eut guère de mal à comprendre qui était cette Alejandra. L’ancienne créature à qui elle avait pris le poste. Elle ne s’était d’ailleurs jamais questionnée sur ses prédécesseurs, peu intéressée par les vestiges du passé pour tenter d’en retrouver les traces. Qu’importe, si Lili avait acquis le titre, malheur devait certainement être arrivé à cette Alejandra. La Quinta préféra ne pas s’importuner davantage avec cette feue Arrancar, soudainement concentrée à maintenir son rôle de sympathique demoiselle maintenant que le Chef avait réussi à assembler les morceaux seuls. Il s’était aperçu de la boulette et de qui elle était réellement; c’était un grand pas pour ce qui demeurait à venir.

Après tout, aussi loufoque pouvait-il paraitre, ce drôle de personnage avait réussi à rattraper le coup avec les félicitations et ce fut sans effort que Lili lui pardonna la méprise. Il était bien l’un des tout premiers à la congratuler pour sa promotion et elle s’en voyait ravie. Au final, elle commençait à apprécier ce squelette. Peut-être aura-t-elle l’occasion de le connaitre davantage plus tard, et bien que l’envie de discuter avec lui se fasse grandissante, elle se concentra davantage sur la faveur qu’elle avait introduite en douce précédemment. Il fallait absolument qu’il dise oui. D’ailleurs, la créature semblait fort sympathique et généreuse. Ses paroles eurent l’effet d’un grand encouragement pour la demoiselle qui commençait à douter de ses initiatives. Tandis qu’il partageait son hypothèse quant à cette soi-disant demande, Lili ne lui donna guère le temps de s’étendre davantage sur cette fausse allégation et prit la parole, non sans prendre soin d’emprunter un ton sympathique et innocent :

Non. Non. ^-^ Laissez-moi vous faire directement ma demande! Je suis quelqu’un qui a toujours aimé la compagnie, mais voyez-vous, mes appartements sont grands et je me sens bien seule. Je me demandais donc si vous n’auriez pas quelqu’un qui serait prêt à me porter compagnie continuellement. Comment appelez-vous cela déjà?
Elle fit mine de réfléchir, puis continua quelques secondes après.

Une fraction? Oui, une fraction! N’auriez-vous pas un de vos membres à m’offrir? J’y prendrai grand soin et vous feriez de moi la fille la plus heureuse du monde. Parce que… la solitude, je l’ai toujours détestée. Elle me rappelle d’horribles souvenirs où, seule, j’étais tapis dans l’obscurité du Yermo, à la fois accompagnée par d’hostiles créatures qui me guettaient sans toutefois m’adresser la parole, et… et pourtant si seule… C’était insupportable. Et maintenant que je suis dans l’Espada, je pensais que je venais d’être accueillie dans cette grande famille, mais… mais les méchants m’ont dit que je n’étais pas leur sœur. Et me voilà encore… toute seule.
Sa voix s’était faite de plus en plus hésitante et petite, puis incapable d’expliquer davantage son passé improvisé à l'instant, elle cacha son visage dans ses deux mains et fit volte-face. Ses épaules tressautèrent de manière sporadique, tandis que des plaintes similaires à des pleurs vinrent faire écho dans la pièce. La comédie à laquelle elle s’adonnait n’était probablement pas nécessaire, mais mieux valait mettre toutes ses chances de son côté. Sait-on jamais.
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MessageSujet: Re: Troc à sens unique [Alvaro]   Mer 1 Mai - 22:18

Ah ! Qu'il était agréable de pouvoir discuter entre gens sensés ! Alvaro avait conversé, avec plus au moins de régularité, avec tous les membres de l'Espadas, d'hier et d'aujourd'hui. Il les connaissait tous, au moins un peu, et il devait bien reconnaître que parmi ceux qui se présentaient comme la forme évoluée de leur espèce, rares étaient les spécimens à vraiment avoir évolué, au moins au niveau de la sociabilité. Converser, oui, de manière cordiale, pas si souvent. Lili était, visiblement, une exception dans son genre. Ce qui ravissait l'Arrancar ! Tellement plus simple quand tout le monde fait preuve de bonne volonté !

Alvaro toussota en entendant le terme de Fraccions, qui ne s'appliquait pas vraiment à ceux qu'il appelait "péons". Ils étaient des soldats, sous ses ordres, sans pour autant avoir de titre particulier. Membres de l'Exequias, voilà ce qui suffisait à les identifier. Pouvait-il s'en délaisser d'un ? Oui et non était la réponse la plus sincère, qu'il ne donna pas néanmoins. L'épouvantail regrettait parfois de ne pas avoir plus d'Hollows à son service, ce qui lui épargnerait bien du travail. Mais, en même temps, il aimait beaucoup ce qu'il avait à faire ; il rencontrait plein de monde et il était généralement le dernier visage que voyaient ses amis d'antan avant qu'il ne leur ôte la vie. En offrir un à Lili ?
Mais comment dire non à une créature si malheureuse, enfin ? Regardez-la ! Alvaro n'était pas une brute insensible, pas comme... une liste impressionnante de noms lui vint à l'esprit, si bien qu'il dut attendre que sa mémoire 4 bits se libère un peu avant de reprendre le fil de la conversation.

Il posa ses immenses mains sur les épaules tremblantes de la Quarta. Deux araignées blanches prêtes à croquer le cou pâle de la jeune femme. Sa voix se fit plus douce, plus grave, pour la réconforter. Cette solitude, il ne la connaissait que trop bien ! Chose rare, il abandonna son comportement guilleret pour un ton plus sérieux, plus rassurant. A la détresse, il savait qu'il ne fallait pas répondre par la légèreté.

    « Douce Lili, je vous comprends. Notre monde est vaste et bien qu'on le nomme Vide, il n'en reste pas moins rempli de vie. Mais nous devons nous confronter à l'hostilité de cette compagnie, même dans ce sanctuaire dédié à notre rassemblement qu'est Las Noches. Ceux qui devraient être nos frères et sœurs nous repoussent ou nous craignent. Il est dur d'être accepté pour ce que nous sommes, et non ce que nous sommes capables de faire. L'Espada vous acceptera un jour. Et s'ils le refusent, je les y forcerai ! »

Il ne manquait qu'un adagio de violons pour que le discours face plein effet. Délicatement, Alvaro tourna la jeune femme face à lui. Elle avait un ami en lui. Jamais elle n'aurait à fuir son regard rassurant et son soutien. Il serait toujours là.
Toujours.
Et elle risquait vite d'en avoir marre.

    « Pour ce qui est de votre requête, mon cœur vous dit oui. Mais j'ai des responsabilités et une mission à remplir. Si le Rey apprend que je distille mes péons- mes hommes dans les rangs de l'Espada, je peux m'attendre à un sacré sermon ; voire un passage à tabac, ca m'étonnerait pas de lui. Voilà ce que je peux faire néanmoins : si l'un d'eux accepte de vous suivre et de vous offrir cette compagnie dont vous manquez tant... Alors j'accepterai qu'il abandonne l'Exequias, pour se tenir à vos côtés. »

Alvaro ne réalisait pas vraiment que donner un larbin à Lili et le laisser la rejoindre ne changeait pas vraiment la donne. Au mieux laissait-il la liberté à un de ses sbires de se tirer de lui-même. Mais en fin de compte, il distribuait bien son effectif au premier Espada venu, ce qui affecterait sans doute l'état d'esprit de ses soldats. A quoi bon rester si on peut se barrer aussi simplement, avec la bénédiction du patron ?
Il oubliait un peu que Las Noches fonctionnait principalement sur le régime de la peur.
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MessageSujet: Re: Troc à sens unique [Alvaro]   Dim 5 Mai - 5:17

Naïf ou carrément stupide, Lili ne savait que penser de son interlocuteur qui semblait à coup sûr être tombé dans sa comédie. À moins qu’elle vienne de découvrir des talents cachés depuis qu’elle existait, elle doutait fortement que son jeu équivalait celui d’un acteur de renommée. C’était ce pour quoi elle remettait présentement en question le quotient intellectuel du squelette. Après tout, il ne cessait d’approcher dangereusement son énorme tête un peu trop proche d’elle, ce qui lui permettait de reluquer avec attention les noirs abysses de ses deux trous, là où reposaient habituellement les globes oculaires chez les gens normaux. Son crâne était définitivement vide. Elle ne pouvait deviner la présence d’un quelconque cerveau à l’intérieur de cette boule de quille immaculée, aussi en vint-elle rapidement à la conclusion qu’il devait sacrément être incapable de raisonner, ou du moins en était-il moins apte. En somme, brillant ne faisait clairement pas partie de ses qualificatifs. À croire que le Hueco Mundo n’était peuplé que de crétins. Au moins celui-ci faisait-il son affaire, et malgré sa lacune en intelligence, elle l’appréciait déjà plus que les autres. C’était bon signe.

Ce qu’elle appréciait moins de cet être, c’était qu’il ne cessait de violer son espace intime de ses énormes membres. Que ce soit sa tête ou ses mains, elle avait l’impression d’être agressée par un mort-vivant à chaque fois qu’elle avait contact avec cette chose. Répugnée, elle dut par ailleurs déployer moult efforts pour éviter que ses pensées ne transparaissent via son expression faciale. Elle avait déjà bien de la difficulté à conserver sa tristesse feinte, et plus encore à faire couler de ses yeux de fines perles, provoquées peu de temps auparavant par un doigt qu’elle s’était subtilement fourré dans l’œil. La comédie fonctionnait, hors de question d’annihiler tous les efforts en se libérant de l’emprise de l’humanoïde. Au moins, son sérieux lui permit de conserver le sien et elle tendit volontiers l’oreille à ses dires, oubliant peu à peu la proximité qu’il avait lui-même semée. Quoique le personnage en lui-même fût loufoque, jamais elle ne crut entendre des paroles aussi près de la vérité, sorties tout droit dudit squelette. D’ailleurs, si Lili n’avait subi que de vagues intimidations de la part de ses pairs, le Chef de l’Exequias devait davantage être en proie aux moqueries, lui qui avait plus l’apparence d’une branche que d’un homme. Sa grande taille et son fin gabarit en faisaient un être fragile, sans compter sa grosse tête dont le vide paraissait à travers ses trous. Définitivement, sa vie n’avait pas dû être facile.

Ni oui, ni non. Quelques paroles d’espoir, une vague réponse qui évitait à celui qui la dit de ne pas s’engager dans de fausses promesses. Cela n’empêcha toutefois pas la Quinta de s’enthousiasmer de celle-ci, considérant son offre comme une garantie qu’elle allait obtenir une Fraccìon sous peu. Un large sourire vint scinder son visage baigné dans de fausses larmes, tandis qu’elle abandonnait sans même y songer toute la finauderie dont elle s’adonnait depuis le début de cet entretien. Elle en sautillerait presque sur place si les deux énormes mains nanties de longs doigts ne l’obligeaient pas à garder semelles sur terre. À l’image d’une gamine à qui on promet un chiot, elle dû se retenir pour ne pas embrasser d’une franche accolade celui qui allait lui fournir son tout premier animal de compagnie. Son apparence, trop dégoûtante, la convainc de ne pas bouger, mais sa satisfaction était si grande que tout son corps transpirait sa réjouissance.

Waaaaaaaaiiiiiiiiiii! Trop cool! Y’a bien certainement un ou deux qui voudront venir avec moi! Merci beaucoup à toi, ami. Tu pourras venir le visiter et tout le tralala de temps à autre, si ça peut te plaire. Sache que tu es la bienvenue dans mes appartements.

Il n’y avait aucun doute, Lili tenait pour acquis qu’elle allait obtenir un joli animal. Après tout, dès que le Chef de l’Exequias allait annoncer son offre à sa troupe, ils allaient probablement tous se bousculer pour pouvoir se libérer du joug de celui-ci. Qui voudrait être mené par une tête de boule de quille vide alors qu’une charmante et jeune jouvencelle accueillait en son antre les âmes égarées?

Bien. Bien! Tu m’enverras l’élu à mes appartements. Passe me voir en même temps si tu veux, j’en serais fort ravie! Allez, non que notre rencontre ne fut point agréable, mais j’ai des chats à fouetter! Au revoir, l’ami.

Excitée et incapable de se maintenir, elle exécuta rapidement une dizaine de courbettes à vive allure tandis qu’elle reculait vers la sortie, non sans se départir de son immense sourire. Elle avait beaucoup de choses à faire avant la venue de sa première Fraccìon. Ses appartements, saccagés par les soins d’un membre de l’Espada, avaient besoin de grosse rénovation. Elle devait paraitre d’une Reine pour sa toute première entrevue; et une Reine avait droit à un beau Royaume, non pas une pièce entièrement démolie. Avec empressement, elle continua ses courbettes jusqu’à ce que son derrière ouvre de lui-même les immenses portes des quartiers de l’Exequias, puis elle disparut dans un couloir adjacent, non sans envoyer avec vivacité sa main dans tous les sens en guise de dernière salutation. Pour une fois qu’elle ressortait heureuse d’une rencontre; ce stupide Arrancar avait quand même des qualités qu’elle ne détestait pas… Ce n’était donc qu’un simple au revoir.
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Troc à sens unique [Alvaro]

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