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 Au coeur de nos intimes ténèbres (PV Susu)

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Rang : Vampire passionnée

Messages : 103
MessageSujet: Au coeur de nos intimes ténèbres (PV Susu)   Ven 26 Déc - 8:54

Spoiler:
 

Les ténèbres me cernaient à la manière d'un amant trop pressé, étouffantes et pourtant étrangement rassurantes. J'aurais pu me croire baignée d'une nuit faite fleuve à force de pleurer, ou peut-être égorgée par quelque immense coutelas ; ne serait-ce d'ailleurs pas merveilleux, que de pouvoir ouvrir la carotide d'un ciel étoilé et m'abreuver à même la voie lactée ? J'ai déjà vu le monde entier se faire éventrer, au creux de mes plus intimes cauchemars... Pourtant, si je me rappelle bien, la dernière chose à avoir été écorchée ici-bas, c'est moi.

N'est-ce pas ?

Je remue les doigts dans le noir. Chaque phalange me donne l'impression de se craqueler de douleur, comme si j'étais faite de bois sec. Une respiration que je veux profonde, et qui se mue en un hoquet souffreteux - je tousse dans ma solitaire perdition, un crachat de sang qui s'égare au coeur des ténèbres. Un grondement sourde dans ma poitrine, mélange de colère et de frayeur. C'est le vampire dans ma chair, le vampire qui peine à reconnaître mon corps brisé et le lieu inconnu dans lequel je me trouve. Ouvrir les yeux, c'est là trop d'efforts ; je me contente de chercher mon souffle, de soulever ma cage thoracique en tentant d'ignorer les maux qui me tourmentent. Quels ont été les derniers évènements ? Je sais que ma situation est anormale. Quelle danse a mené mes pas jusqu'ici ?

J'interroge ma mémoire hébétée. La sensation du macadam sous mes pieds bottés, le rythme puissant de mes muscles galvanisés par la soif rouge. Un combat, une lutte de longue haleine... je rappelle à moi les sensations qui me traversèrent, des heures, des jours ou des années auparavant, je l'ignore... Ma souvenance est faite de perceptions passées cristallisées à la lumière de ma conscience. Une sorte de réminiscence animale des instants qui se sont déroulés. Ma mémoire est comme un grand théâtre, fait d'ombres en plein effort qui rejouent la même scène tant que je m'en rappelle.

Des humains, des shinigamis, des monstres... et elle.

Elle ? De qui veux-je parler ? Une immense confusion m'envahit et embrouille le fil déjà emmêlé de mes pensées vagabondes. Ma langue se faufile entre mes lèvres et les pourlèche : encore dessus subsiste un arrière-goût de putréfaction macérée, quelque chose d'intense, âcre, rouillé et huileux. Quelque chose qui n'est pas de ce monde et que j'ai arraché à sa prison de chair d'un grand claquement de mâchoires. A elle, la reine d'outremonde. La reine de l'irréel.
Ainsi même les dieux de la mort peuvent être saignés.

Péniblement, je porte mes mains à mon ventre et remue, du cou aux orteils. Une sensation dure dans mon dos : je roule sur le flanc, mes cheveux collés de sang se rabattant aussitôt sur ma joue. Saisissant ma volonté, j'ouvris les yeux et contemplai le décor.
Un grand mur de briques bardées de moisissures, une faible lumière pâle et incertaine. Une senteur corrosive, bouffie des vapeurs de déchets ; j'entends derrière moi le ruissellement régulier des égouts qui s'écoulent paresseusement vers les usines de traitement dont ces Japonais sont si fiers. J'esquisse un sourire désabusé : bel endroit pour lécher mes plaies.

Mes plaies...

Je courbe la nuque afin de porter mon regard vairon sur mon corps. Mes vêtements sont en lambeaux, arrachés par pans entiers : la manche de ma veste est à moitié dévorée, de même que la cheville de mon jean rougi. J'amène avec précaution mon poignet au-devant de mes yeux, en observant la peau laiteuse. Une régénération imparfaite et superficielle, car je perçois la faiblesse de mes muscles, de leurs tendons et de mes os mal remis. Un soupir lassé m'échappe : qu'importe ! Il me faut juste du temps, du temps et de la solitude. Et un jour je regagnerai la lumière du jour pour retourner vers ceux qui comptent vraiment.

Du temps. De la solitude. Et... du sang.

Un éclair écarlate au fond de mes pupilles, vif comme une vipère et brutal comme une lame dans la gorge.
Je m'agite, nerveuse. La fureur sauvage qui m'anime pendant la chasse me murmure des mots d'amour, des mots de meurtre et de saccage. Elle me dit que les humains dorment au-dessus de moi, qu'ils sommeillent sans seulement entendre le vacarme de leurs coeurs battants. Elle me défie d'y mordre en plein, de savourer la coulée incarnate qui s'en enfuirait... Un gargouillement avide résonne entre mes côtes, et je gémis dans le noir.
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