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 Différences fondamentales. [PV Tokiomi]

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MessageSujet: Différences fondamentales. [PV Tokiomi]   Dim 3 Nov - 18:33

    ~ Ne vous battez pas, Hollows.

L'ordre était contraire à la nature même de ceux à qui il était adressé. Demandez à une tempête de s'apaiser. Demandez à un volcan de se calmer. Demandez à un Vide de ne pas être attiré par le Vide. Mais la voix est autoritaire et la menace, sous-jacente. Ils savent ce qu'il se passera s'ils n'obéissent pas.
La meute se tait peu à peu, leurs cris se calment. Les poings brandis se baissent et les velléités remises à plus tard. Leur Maître ne doit pas s'énerver, sinon il sévira. Celui-ci pose son regard ambré, où brûle une colère étouffée, sur l'assemblée. Une trentaine de créatures étranges, aux formes évoquant parfois des animaux, parfois des cauchemars, se tournent vers lui, tendues, craintives. Celui-ci se tient sur un trône improvisé. Façonné primitivement dans du quartz, il s'agit d'un promontoire plutôt que d'un siège, mais il est indéniable, au premier regard, que celui qui se trouve dessus commande. C'est un homme. Ce n'est pas une créature, ce n'est pas un monstre, du moins pas au premier abord. Il a un visage, un corps, une voix d'humain. Et pourtant, ce sont les monstres qui ont peur de lui ; et non l'inverse.

    – Seigneur...
    ~ Silence. Silence, répète-t-il, plus doucement, sans moins de force dans la voix.

Celui qui a élevé la voix baisse la tête, honteux, rédempteur, il ne veut pas l'offenser. Il craint le châtiment que lui réserverait leur Seigneur. Ce dernier demeure calme et impassible. Et pourtant, autour de lui émane une aura de colère, comme si sa peau était brûlante de fureur. Les autres monstres retiennent leur souffle. Ils savent que, dans quelques instants, soit leur Seigneur les pardonnera, soit il punira.
Le Seigneur se nomme Esteban Rojas, mais aucun d'entre eux n'a jamais eu l'audace de l'appeler par ce nom. Il est le Hollow sans masque. Il est celui qui comprend ce qu'ils sont et qui choisit leur chemin. Leur meneur. Leur chef. Leur protecteur. Cela vaut bien le privilège de condamner ceux qu'il estime indignes de lui. Ils savent que sa déception est synonyme de punition. Que son mécontentement est synonyme de châtiment. Et là, ils attendent de savoir si leur Seigneur va faire usage de sa toute-puissance.
Une dispute née de trois fois rien, comme à chaque fois. Ils se disputent toujours pour une broutille, qui enfle et enfle. Et bientôt, ils s'écharpent. Voilà pourquoi ils ne peuvent vivre en communauté et pourquoi, sans l'encadrement du Maître, ils seraient tous en train de s'entretuer. Le Maître est leur garde-fou. Un repère commun à tous, une autorité à laquelle ils se réfèrent et obéissent. La peur les unit.

Esteban est las. Las de devoir, sans cesse, surveiller ses hommes, de devoir leur rappeler quel destin les attend s'ils ne répondent pas à ses attentes. C'est à croire qu'il est impossible de les rendre solidaires, de les faire s'entendre, se comprendre, travailler ensemble. Là encore, pour une histoire futile, ils étaient prêts à s'étriper sous ses yeux. Il n'est pas en colère, simplement exaspéré. Il porte ses doigts aux coins intérieurs de ses yeux, pour chasser un mal de tête naissant. Que faire ? Que faire ?
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MessageSujet: Re: Différences fondamentales. [PV Tokiomi]   Lun 25 Nov - 8:43

S'étirant, Tokiomi considéra d'un oeil morne les dunes de sable blanc qui s'étendaient à perte de vue. Depuis combien de temps avait-il posé le pied au Hueco Mundo ? Il aurait été bien en peine d'émettre la moindre théorie. Car à l'instar de ce paysage d'un ennui mortel, le temps paraissait s'y étirer à l'infini, jusqu'à lui en faire perdre toute notion. Bien que capitaine, c'était la première fois qu'il y mettait les pieds. À l'époque, la contrée natale des Hollows n'était pas encore synonyme de danger mortel. Leur degré de croissance restait minime, et ce n'étaient pas les créatures difformes et bas de plafond qui résultaient de leurs ridicules tentatives d'évolution qui allaient effrayer cette race suprême que représentaient encore à l'époque les Shinigamis.

Les seuls à leur avoir causé du tort à proprement parler étaient les Quincys, mais c'était de l'histoire ancienne et Tokiomi était deux cent ans trop jeune pour avoir une idée précise de la menace qu'ils avaient pu représenter. Même si les récits à ce sujet en peignaient un portrait assez fidèle, il ne voyait pas l'intérêt de se renseigner outre-mesure sur une race éteinte à peu de choses près. Quant aux Hollows, et bien... Lui-même ne devait guère plus s'en inquiéter, ayant atteint un niveau de puissance tel que sa seule émission de reiatsu suffisait à tuer les plus faibles d'entre eux. Bien sûr, il y avait toujours quelques incidents et de petites anomalies par-ci par-là coûtant la vie à l'un ou l'autre novice, parfois à un gradé, mais rien de trop inquiétant.

Tu parles d'une plaie... Pourquoi a-t-il fallu que ce soit à moi qu'on refile cette corvée ?

Mais il le savait : pour avoir séché la dernière réunion des capitaines.

Encore heureux qu'il ne sache pas que c'était pour aller jouer au pachinko dans le Rukongai...

Or, son affectation première de cette si belle journée, comme il le disait lui-même avec la plus douce ironie – ordonnée par le capitaine-commandant en personne, ne lui laissant donc aucune possibilité de s'en désister – consistait justement à se rendre sur place pour voir comment avançaient les choses. Car si l'espèce n'avait jusque là manifesté aucun signe de mouvement suspect ou de progression fulgurante, les hautes instances faisaient en sorte de les tenir à l'oeil pour tuer dans l'oeuf tout danger éventuel. S'il était depuis longtemps au-dessus de tout ça pour sa part, ces monstres continuaient de mettre en péril la vie des plus faibles d'entre eux – et bien sûr des humains innocents, leur éternelle pitance.

Aussi ne faudrait-il pas que cela s'aggrave, ce pourquoi on s'assurait à intervalles réguliers qu'ils ne présentaient aucune trace d'organisation particulière ou de développement inattendu. Une surveillance qui prendrait bien évidemment fin lorsque l'arrachage de masque se populariserait et quand Aizen Sōsuke établirait son bastion au coeur de ce pays des nuits éternelles. Toutefois, dans le cas présent, sa mission était un peu plus spécifique. On n'envoie pas un capitaine pour un simple travail de reconnaissance. Outre cela, il lui avait été demandé d'éliminer à vue tout ce qui pourrait ressembler de près ou de loin à une poche de résistance potentielle et de supprimer tout potentiel regroupement « conscient » - ceux-ci se limitant habituellement à un appel du ventre tant commun que simultané, suite à quoi il arrivait fréquemment qu'ils s'entre-tuent eux-même, réglant du même coup le problème.

Mais si c'était délibéré, c'était une autre paire de manches. Et cela pourrait alors poser problème. Il ne manquerait plus que de voir ces chosescommencer à agir en bandes organisées... Par clémence, tant pour l'appuyer que pour tromper l'ennui - rares seraient sans doute les cas qui risquaient de retenir son attention - on lui avait proposé d'emmener une petite troupe avec lui, mais il avait préféré décliner et y aller seul. Non seulement il ne serait ainsi pas ralenti, mais en plus cela lui éviterait de taper un rapport si l'une ou l'autre des nouvelles recrues qu'on lui aurait immanquablement collé dans les pattes se faisait tailler en pièces par une de ces saletés cachée sous une dune. Qui plus est, et même si cela le forçait à parler seul – même si ce n'était pas comme s'il faisait grand cas de l'avis de la populace locale -, il pouvait ainsi enfin respirer un peu, enfin être lui-même.

Une occasion qui ne lui était que trop rarement donnée dans l'enceinte du Seireitei, pour ne pas dire jamais. Les apparences, toujours les apparences... Extrayant ainsi la lame de son trancheur d'âmes – non transformé, ils ne le méritaient pas – du masque à l'effigie de koala qu'il venait de pourfendre et qui gisait encore à ses pieds, il l'épaula et remonta ses lunettes sur son nez avant de poursuivre son périple – si l'on pouvait nommer ainsi cette promenade de santé.

Sérieusement... Comment peut-on vivre là-dedans à longueur de journée ? C'est d'un déprimant...

Le capitaine de la sixième division, qu'il était encore à l'époque et qui avait déjà fait ses preuves, fit quelques pas pour se dégourdir les jambes. Malgré le nombre de cadavres qui jonchaient sa route, il n'avait pratiquement pas bougé depuis... Une demi-heure ? Une heure ? Plus, peut-être ? Ce n'avait de toute façon été qu'une inlassable répétition du même schéma de ces chimères sautant sur lui toutes griffes et tous crocs dehors pour se heurter au mur d'impassibilité qu'il était. Pas un seul d'entre eux ne lui avait fait lever un sourcil, et il pouvait affirmer qu'il ne s'agissait dans la plupart des cas nullement d'une quelconque organisation pour avoir tranché plusieurs d'entre eux alors qu'ils se chamaillaient pour décider de qui aurait les meilleurs morceaux une fois qu'ils l'auraient démembré sur place. Ainsi avait-il changé le menu en leur offrant à tous une mort équitable. Rien d'intéressant.

Ainsi, pour n'être tout de même pas venu en vain, il avait décidé de satisfaire son propre intérêt à défaut de celui de cette croisade superflue. Car s'il avait ces êtres en horreur, le Kuchiki ne leur en vouait pas moins une sorte de curiosité malsaine. Sur leur fonctionnement exact, sur leur anatomie, sur la nature du phénomène qui aboutissait à leur transformation. Et, même si cela lui donnait des frissons de dégoût, au peu de différences fondamentales qui existaient entre leurs deux espèces. La mince frontière entre Shinigamis et Hollows, ce qui déterminait qu'un individu allait pencher d'un côté plutôt que d'un autre. Il se plaisait à croire que ce n'était pas qu'une question « d'arriver à temps » et qu'il y avait là-dedans des raisons plus profondes. Voire même génétiques. Tout cela ne restait bien sûr pour l'heure que pure théorie, mais il n'en finissait plus d'alimenter ces recherches qu'il menait dans le plus grand secret.

De même que nul ne savait qui il était vraiment, nul n'avait eu vent de ces penchants que l'on aurait dit néfastes et qui auraient bien pu suffire à demander à ce qu'on le fasse examiner – voire enfermer - s'ils devaient être révélés. Très peu pour lui. Ainsi son zanpakutō avait-il fait office de scalpel de substitution pour entailler la chair et inspecter de près les muscles autant que les entrailles avant que les corps ne retournent au néant, rejoignant le grand cycle des âmes auquel ils avaient trop longtemps échappé. Toujours était-il que même après cela, il considérait que prolonger son séjour ici n'en valait pas la peine. Il avait vu ce qu'il voulait – devait – voir, et ce n'était pas en restant ici plus longtemps qu'il en apprendrait davantage.

Ainsi était-il sur le point de tourner les talons pour rentrer à Soul Society quand un détail qu'il aurait aussi bien pu ne pas remarquer l'en retint. Des bruits de lutte. Chose commune par ici – d'ailleurs ce qui l'avait mené à éradiquer la meute qui reposait maintenant en morceaux épars sur un large périmètre alentours – mais ce n'était pas tout. Il y avait aussi des éclats de voix. Et si cela non plus, on ne pouvait pas dire que ce soit particulièrement étonnant – si la plupart se cantonnaient à des grognement divers et variés, certains étaient quand même doués de parole à l'occasion – il y avait dans celle-ci une infime nuance. Une subtilité dont il avait failli ne pas s'apercevoir et qui ne l'aurait pas interpellé en temps normal, mais qui faisait ici et maintenant toute la différence. Ce timbre était clair et pur, non déformé par ce masque qu'ils portaient tous autant qu'ils sont. En tout cas jusqu'à maintenant...

Son blanc manteau s'agitant au gré au vent, la haute silhouette du Shinigami apparut au sommet d'un monticule de sable duquel il pouvait voir les belligérants à l'oeuvre. Enfin, ex – puisque, semble-t-il, ce qu'il avait entendu était l'injonction de mettre un terme à leurs altercation musclée. L'aura qu'il avait senti enfler, monter en flèche n'était pas la leur – négligeable à son échelle – mais bien celle d'un troisième parti. Il sut immédiatement de qui il s'agissait. À travers les verres de ses lunettes, son regard tomba comme un couperet sur le personnage tout de noir vêtu qui paraissait présider la scène. Il n'était pas spécialement imposant, et certainement pas le plus grand – de taille humaine, en fait – mais il les écrasait tous autant qu'ils sont par sa présence, son charisme. Il était de ceux qui inspirent naturellement le respect, et il se dégageait de lui un curieux mélange de noblesse et de sauvagerie. Mais plus que tout, un détail le rendait différent. Un détail qui fit poser une main sur son pommeau au jeune noble qu'il était alors, par sécurité.

Il ne portait pas de masque.

Et bien, qu'avons-nous là ?

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MessageSujet: Re: Différences fondamentales. [PV Tokiomi]   Dim 1 Déc - 2:06

La tension ambiante n'est pas tombée pour autant. L'injonction d'Esteban a laissé en suspens une confrontation, qui trouvera tôt ou tard sa conclusion. S'il ne règlent pas leur différent par les poings aujourd'hui, ils trouveront une autre occasion de le faire, un autre jour. A moins qu'une fois encore, l'Arrancar ne s'interpose pour repousser, une fois encore, le pugilat. C'est le sentiment qu'a Esteban cette fois encore : repousser l'inévitable et combattre l'inéluctable. Les Hollows sont faits pour être primaires. Pour être brutaux. Il en venait à désespérer de les changer. De trouver quelqu'un de civilisé avec qui régner sur ce petit groupe. Le plus pénible des labeurs devient supportable lorsqu'il est partagé.

Ce jour ne viendra pas aujourd'hui. Aujourd'hui, un autre évènement prend lieu. Il sort de nulle part ; est-ce l'amas d'entités énergétiques qui font qu'il s'est noyé dans cette masse, ou la perception d'Esteban qui n'est pas aussi bonne qu'il le pensait, ou la fatigue peut-être - en tout cas, il surgit véritablement du néant et surprend tout le monde. Il lui ressemble un peu. En tout cas, il ne ressemble pas un Hollow. L'inconnu sait de toute évidence où il se trouve, quelles créatures peuplent ce monde et qu'il ne risque rien. Se présenter aussi simplement à des dizaines de Hollows, fussent-ils de basse condition, est la preuve qu'il n'a pas peur d'eux et qu'il est probablement assez fort pour leur survivre. Esteban ne peut pas croire qu'un individu visiblement propre sur lui soit fou. Car s'il n'était effectivement pas assez puissant pour vaincre cette meute, il était pure folie que d'espérer survivre à cette rencontre.
Esteban n'est évidemment pas le seul à avoir remarqué l'inconnu. Trente visages masqués se tournent simultanément vers la silhouette. Le grondement qui monte parmi l'assemblée laisse deviner avant même qu'ils se fassent entendre les mots qui traversent leur esprit primitif.

    – A BOUFFER !!

Celui qui hurle est le plus proche du visiteur. Son visage est difforme, ses yeux situés au niveau de ses tempes ce qui lui donne un air particulièrement idiot, une crête écailleuse sur la tête, un poulet horrible, ridicule au point d'en être effrayant, qui s'élance aussitôt vers ce qui est, pour lui, un humain, une âme, une becquetance. C'est une masse quadrupède qui fonce vers l'inconnu, gueule ouverte, son cerveau binaire se répétant sans cesse qu'il allait être le premier servi, donc qu'il devait choisir avec soin les meilleurs morceaux.
Esteban ne lui laisse pas ce plaisir.

    ~ Gallo !

Le monstre entend la voix de son maître et, après une seconde d'hésitation, freine dans le sable et s'arrête à un mètre de l'homme. Il plonge un regard de défi dans les lunettes de celui qui aurait dû être son casse-dalle. Son expression, pour peu qu'on puisse la distinguer, ne signifie qu'une chose : je te croquerai plus tard. Puis il tourne la masse de sa tête vers celui qui lui a ordonné de s'arrêter.
Esteban s'est redressé. La curiosité s'empare de lui. Les monstres autour de son trône blanc s'agitent. Il s'écartent pour que les deux hommes puissent se voir sans être gênés. L'Arrancar identifie maintenant mieux l'inconnu. Un sabre. Un manteau blanc. Il n'en a pas croisés beaucoup dans son existence, et aucun depuis qu'il a retiré son masque, mais il identifie immédiatement un Shinigami. De haut rang.

    ~ Tu as là Esteban Rojas, Shinigami, et sa meute de fidèles Hollows. Comme tu le vois, je suis leur guide et ils m'obéissent ; vois-y une certaine forme d'ordre dans le chaos qui règne dans ce monde. J'ignore pourquoi tu erres au Hueco Mundo et j'avoue m'étonner de la présence d'un spécimen de ton espèce dans cette dimension. Puis-je connaître ton nom et tes intentions ?
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MessageSujet: Re: Différences fondamentales. [PV Tokiomi]   Dim 1 Déc - 12:50

Être en contact avec son zanpakutō était amplement suffisant pour déclencher son pouvoir, même s'il n'avait pas été sorti de son fourreau. Aussi ne risquait-il absolument rien. Même si, contre un Hollow de ce niveau, une seule effusion de son reiatsu aurait probablement été plus qu'il n'en faut pour le tuer. Néanmoins, Tokiomi éprouvait une espèce de satisfaction sadique à l'idée qu'il n'ait pas eu à faire quoi que ce soit pour que cette atrocité stoppe tout mouvement. Le sourire narquois qui étira le coin de ses lèvres ne cachait rien de cet état de faits ; pire encore, il semblait apporter une attention toute particulière à ce que son agresseur le regarde bien en face et ne puisse y échapper. La sensation d'être tenu par le collier était quelque chose qu'il ne connaissait hélas que trop bien, mais sa chance était que ce n'en soit pas – plus ? - au point que qui que ce soit puisse tirer sur sa laisse.

Meute ? J'aurais plus volontiers parlé d'une bande de chiens enragés.

Si sa forme était globalement celle d'un coq – et son attitude avec -, son regard était quant à lui porcin, et y voir flamber la flamme d'une colère inassouvie et inassouvissable ne faisait que souligner son aversion pour cette engeance putride. S'il n'esquissa pas un seul mouvement dans sa direction, il fit en sorte que l'on puisse lire dans son regard tout le mépris qu'il lui vouait et toute la moquerie que lui inspirait la position de faiblesse dans laquelle il l'avait mis par l'intermédiaire de son maître bien-aimé. Ne pouvant en supporter davantage une fois que ces mots eurent franchi la barrière de ses lèvres, le gallinacé n'eut guère que le temps de se redresser et de tendre le bras dans sa direction pour voir celui-ci voler. Le geste de Tokiomi se prolongea de sorte à ce que le sang qui souillait sa lame se change en pluie pourpre s'abattant sur le sable blanc du Yermo. Un cri déchirant salua cette passe d'arme irréprochable, menée de main de maître et à la vitesse de l'éclair.

Reste sage, petit toutou. Je ne suis pas aussi gentil que ton maître avec les roquets de ton espèce. Et tu ne voudrais pas d'une séance de dressage en ma compagnie, tu peux me croire...

Si une pulsion subite lui dicta de lui passer son sabre en travers de la gorge pour le faire taire dans la foulée, le Roku Ban Tai Taishō sut s'abstenir de pousser la correction plus avant. L'amputation devrait lui servir de leçon, on n'a pas idée de s'en prendre à un invité – surtout quand celui-ci n'a rien fait de mal. S'il revenait à la charge, en revanche... Ce n'était pas pour justifier une main coupée qu'il plaiderait la légitime défense, cette fois. S'il ne rengaina pas, au cas où d'autres convives seraient tentés de suivre l'exemple de leur ami manchot, au moins fit-il l'effort de baisser son arme pour ne pas paraître plus menaçant qu'il ne l'aurait voulu. Cette charmante réunion de famille l'intriguait sur de nombreux aspects, à commencer par celui qui la présidait. Qu'était-il ? Cette apparence humaine était trompeuse, le Kuchiki en aurait mis sa main à couper – pensée qui le fit ricaner en son for intérieur – mais quant à savoir quel odieux secret elle dissimulait...

Dans ce cas, je crois que nous allons avoir un problème. déclara-t-il sans perdre son sourire matois.

Bien qu'il ait toujours l'épée au poing, il croisa les bras.

Mon nom est Kuchiki Tokiomi, capitaine de la sixième division. Et si je suis ici, c'est parce qu'on m'a donné l'ordre d'anéantir tout ce qui ressemble de près ou de loin à un début d'ordre dans ce monde ou l'anarchie doit prévaloir. Vois-tu, mes supérieurs n'ont pas envie de se réveiller un beau matin en apprenant que les créatures dégénérées que voici ont mis sur pied une armée et s'apprêtent à marcher sur Soul Society. Même si je ne sais pas ce que tu es et que je serais curieux de le savoir, je crains donc que nous ayons du mal à trouver un terrain d'entente. Alors, que faisons-nous ?

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MessageSujet: Re: Différences fondamentales. [PV Tokiomi]   Sam 21 Déc - 0:19

Une décharge électrique avait couru dans les rangs de ses sujets lorsque le Shinigami avait appris, à sa façon, les manières à ce pauvre Gallo. Esteban n'esquissa pas un mouvement. Il réalisa bien vite que l'amputation tenait plus de l'exemple que de l'attaque. Et en voyant l'étranger baisser son arme, il eut confirmation. Au moins, le Capitaine montrait qu'il ne craignait pas de se retrouver à la merci d'une aussi large bande de Hollows. Certes, le niveau individuel était au ras des pâquerettes — pour peu que celles-ci puissent pousser dans un désert sans fin — mais, ensemble, ils formaient un groupe destructeur, tels une nuée de sauterelles sur un champ. La Meute ne se valait que par son nombre et par la puissance de son leader, qui était l'unique ciment assurant sa cohésion.
Tuer Gallo aurait été simple pour le Shinigami. Il ne l'avait pas fait. Il n'y avait que deux explications à cette surprenante clémence : soit il avait une empathie bien étrange pour la race d'Esteban, soit il avait malgré tout une petite inquiétude à l'idée de se voir submergé par cette communauté qui ne savait se mettre d'accord que sur la sélection de leurs proies. Restait une autre possibilité : Tokiomi tentait, à sa façon, de jouer la carte diplomatique en limitant autant que faire se peut les victimes tant que la situation ne serait pas éclaircie de son côté. Le Seigneur au visage d'homme et à l'âme de monstre se demanda comment tourneraient les choses une fois que les deux parties auraient obtenues les informations voulues.

Mais, en tout état de diplomatie, le Shinigami avait plutôt tendance à jeter de l'huile sur un feu déjà ardent. Sa déclaration méprisante, bien qu'utilisant un vocabulaire un peu trop élaboré pour ses larbins, fut comprise par ceux-ci comme une agression, une menace, en d'autres termes une déclaration de guerre. Être anéantis n'était pas vraiment dans leurs plans. Quant à Esteban, leur destin leur importait peu : ils étaient dispensables et facilement remplaçables. Ce qu'il ne souhaitait pas, en revanche, c'était voir les Dieux de la Mort s'amuser à détruire tout ce qu'il entreprenait. Cette Meute était dissipée, mais en lever une autre prendrait du temps et tout autant d'efforts. Il avait autre chose à faire qu'à recommencer à chaque fois son labeur.
Il calma les Hollows qui s'agitaient de sa voix calme et autoritaire :

    ~ Silence, mes amis. Ce Shinigami nous provoque. Ne soyez pas aussi idiots qu'il vous estime l'être.

Esteban descendit de son trône de quartz. Digne, tête haute, il toisait le Shinigami. Dire qu'à une époque, il les avait craints. Qu'il courrait en les voyant. Dans un sens, c'était ces réflexes primitifs et minables qui lui permettaient désormais de faire face à l'élite d'entre eux sans crainte. Il n'était peut-être pas aussi puissant que ce Tokiomi, qui était parmi les plus forts des siens, mais avec le renfort de ses hommes... Si combat il y avait, il présentait qu'il pourrait en ressortir vivant. Arrivé à quelques mètres de l'invité fortuit, il n'avait pas peur. Devenu Arrancar, il ne craignait plus rien.

    ~ Shinigami, je vais me permettre de t'appeler par ton nom, en espérant que cela ne t'offusque pas. Je ne suis pas aussi... basique que mes pairs que tu vois ici. La différence doit te sauter aux yeux, et pas seulement d'un point de vue physique. Et c'est pourquoi je vais te parler comme aucun Hollow ne t'a parlé jusqu'à ce jour : d'égal à égal.

Un sourire de défi déchira son visage. Peut-être exagérait-il. Peut-être jouait-il avec le feu. Cette prétention acquise avec la puissance et le pouvoir pourrait être sa perte, à lui et à ses péons. Mais... il se refuser à courber l'échine face à un Shinigami. Pas aujourd'hui. Et plus jamais à l'avenir. Il y avait une part de bluff dans son discours. Son assurance était quelque peu poussée, comme s'il essayait de se convaincre lui-même. Il voulait impressionner, ou au moins faire douter, le Dieu de la Mort qui s'imaginait en territoire conquis.

    ~ Tu es chez moi, Tokiomi. Ta mission est de veiller à ce que personne n'envahisse ton monde... mais alors, pourquoi te permets-tu d'entrer dans le mien, de voyager à ta guise et de menacer mon peuple ? Je ne vais pas te tenir le discours du "ne fais pas à autrui...", ni même te promettre que toi et les tiens n'avez rien à craindre de ma Meute. Vous n'êtes simplement pas ma priorité. Et je suis lucide quant aux chances de succès en cas d'invasion de la Soul Society en l'état actuel des choses. Si tu avais voulu détruire toute forme d'ordre au Hueco Mundo, tu nous aurais déjà attaqués. Mais je suppose que tu es suffisamment intelligent pour saisir la futilité d'un tel geste. Et je suis suffisamment intelligent pour comprendre que si telle était réellement ta mission, tu n'aurais pas été envoyé seul dans le Hueco Mundo, Tokiomi. Tu as beau être Capitaine et visiblement puissant, tu es en terrain ennemi et les mauvaises surprises ne sont pas ce qui manque, au Hueco Mundo.
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