AccueilFAQRechercherMembresGroupesS'enregistrerConnexion

CreativeJuiz

OuvrirFermer






Le forum est fermé. Vous pourrez nous retrouver sur notre nouveau projet ICI

Partagez | 
 

 Les fruits de la bataille [Melody MacKenzie]

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage

avatar
Rang : Capitaine-Commandant

Messages : 677
MessageSujet: Les fruits de la bataille [Melody MacKenzie]   Dim 16 Fév - 15:15



Ce qu’il y avait de plus terrible dans la guerre n’était pas sa violence, mais sa gratuité. Le sang versé, la chair déchirée, les vies fauchées, ne semblaient plus peser grand-chose au milieu du déchainement, et moins encore lorsqu’ensuite, après la victoire, on prenait conscience que le carnage se justifiait par du rien. Asuna ne se sentait pas embarrassée à la vue d’un massacre, était-ce à ses yeux à peine qu’une grosse flaque salissante, cependant, malgré son manque total d’empathie, le néant hantant les lieux d’affrontements la laissait aussi déroutée que les autres, inquiète de sa propre vacuité.
Le souvenir du récent combat sur Terre ne se lassait pas d’exacerber son sentiment. Asuna ne se souvenait que de peu de choses, cependant, ces quelques bribes éparses lui étaient suffisantes pour reconstituer des événements auxquels elle prit part, et force lui était d’admettre que cette peinture ainsi dressée ne lui plaisait aucunement.

Finalement, la jeune femme décida d’affronter cette angoisse diffuse jusqu’à l’écraser tout à fait. Elle profita d’un allègement de sa charge de travail pour redescendre dans le monde humain, voir de ses yeux la désolation causée à l’échelle d’une ville. Asuna déambula directement dans les rues afin de saisir au plus près les cicatrices laissées à la cité ; elle vit des gens se bousculer mollement, s’ignorer, et Asuna qui, pour l’occasion s’était revêtue d’un gigaï à l’apparat quelconque, eut aussi droit à son lot d’heurts avec la foule morose. Les quartiers touchés par la destruction se reconstruisaient peu à peu, sans toutefois effacer le spectre du désastre qui perdurait pendant des mois encore dans l’esprit des habitants.
La jeune femme resta longuement à fixer la façade d’un immeuble éventré. Son regard glissa le long des fissures, des débris, à la recherche d’un quelconque indice pouvant lui indiquer le phénomène à l’origine du cataclysme. Son esprit se mit à vagabonder ailleurs, si bien que son errance mentale la ramena au visage d’une adolescente présente ce jour-là. Les yeux d’azur de la Troisième siège s’animèrent d’une flamme froide. Elle huma l’air et se remit en marche.

Elle n’eut pas besoin de déployer beaucoup d’efforts pour retrouver l’objet de son attention. Ce dernier irradiait d’une telle énergie qu’il eût fallu être aveugle pour ne pas le voir. Asuna se présenta à la porte d’un appartement au cœur d’une bâtisse sans éclat, qu’elle n’aurait pas remarquée sans le motif de sa visite. Elle fixa ses habits, un jean, des baskets, un t-shirt blanc, cela suffirait. Subitement, son corps perdit de sa paresse et devint vibrant d’énergie, alors que son visage s’illuminait d’un sourire radieux, et que ses yeux luisirent d’une riante gaité. Elle sonna, on vint.
Une femme, anodine, sans conséquence.

« Bonjour ! Je suis une amie de la brillante musicienne qui vit chez vous ! »

Sa voix s’accorda sur le ton de la chaleur, quand en son âme se chuchotait un requiem plus sombre.


_________________




Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.bleach-bsrpg.com/t654-kuragari-asuna

avatar
Rang : Ϟ Espiègle Valkyrie

Messages : 2110
MessageSujet: Re: Les fruits de la bataille [Melody MacKenzie]   Dim 9 Mar - 8:26

Elle n'entendit même pas le bruit le crayon qui lui avait échappé des mains quand il rencontra la surface du bureau auquel elle était assise. Dès l'instant où on lui dit qu'elle avait de la visite, Melody sentit le coup fourré. Personne ne savait qu'elle était ici. Le patron de sa maison de production avait été très clair avant qu'elle ne parte. Elle ne devait laisser filtrer aucune information sur sa nouvelle localisation. Même lui ne pouvait la joindre autrement que sur son téléphone « professionnel », lequel était gardé éteint la plupart du temps. Précaution excessive, mais à laquelle on l'avait contrainte – et elle devait bien avouer que ne plus l'entendre sonner toute la journée avait son petit côté reposant.

Qui plus est, sa tante ne portait pas le même nom de famille.

Et si elle avait bien sympathisé ça et là, c'était encore beaucoup trop frais pour qu'elle indique où elle habite à la légère. En somme, elle n'attendait personne parce qu'elle ne connaissait personne. Ainsi donc était-il normal qu'elle se soit figée sur place quand on lui avait dit que son « amie » était à la porte. Lisant dans le regard de sa tante qu'elle commençait à se poser des questions en la voyant soudain pétrifiée, elle se recomposa une mine radieuse et lui offrit son plus beau sourire hypocrite. Garda pour elle la lame glacée de la peur, plantée en plein coeur. Elle ne devait pas savoir. Elle n'était au courant de rien, et c'était tant mieux. Au moins elle en saurait, au mieux elle se porterait.

Sitôt que sa parente eut déserté l'encadrement de sa porte de chambre, la musicienne déglutit péniblement. S'il n'était pas dans ses habitudes d'envisager le pire, cette situation sentait bien trop mauvais pour que tout son optimisme suffise à la faire relativiser. Malgré tout, ce n'était pas en restant sur place qu'elle réussirait à y échapper. Il était déjà trop tard. Naturellement, son regard tomba sur sa guitare, posée dans un coin de la pièce. L'idée de l'emporter jusqu'à l'entrée était tentante, mais sa tante se poserait des questions si elle la voyait la traîner tout à coup dans tout l'appartement alors qu'elle faisait sagement ses devoirs une seconde plus tôt.

Et puis, ça peut très bien n'être rien du tout. Elle n'y croyait pas elle-même.

Néanmoins, et même si des circonstances exceptionnelles – c'est rien de le dire ! – dans lesquelles elle avait été contrainte de vivre ces derniers temps l'avaient passablement émoussée, sa bravoure naturelle la poussait à faire face. À aller au-devant du danger. Prenant appui sur son pupitre, elle se releva d'un bond et se dirigea d'un bon pas vers le vestibule et la menace qui l'y attendait. À mains nues. Advienne que pourra. Dans le même temps, elle essaya de réguler tant bien que mal le flux de son énergie spirituelle. Celle-ci avait la fâcheuse manie de fluctuer en fonction de ses humeurs, et ça pouvait être dangereux. Raison de plus d'être prudente, et pourtant...

Qu'est-ce que tu me veux ?

Elle avait refermé la porte derrière elle dès qu'elle l'avait elle-même franchi, s'efforçant de ne pas la claquer, fébrile comme elle l'était. C'était courant au Japon de discuter sur le pallier, avait-elle constaté, bien plus que là d'où elle venait – ce qui lui avait valu un cordial mépris pour les voisins d'à côté et leurs éclats de voix, par ailleurs. Si elle ne lui avait fait aucun mal jusque là, il n'était pas question de la laisser approcher sa tante de plus près encore une fois. Le simple fait de la savoir à proximité la rendait malade. Tout en attendant la réponse à sa question, elle la détailla de bas en haut. Elle l'avait tout de suite reconnue, en dépit de la tenue. C'était bien la dernière personne qu'elle s'attendait à voir et on ne pouvait pas dire que cela lui fasse plaisir.

Sympa, la tenue. Ça te va mieux que le pyjama de la dernière fois. fit-elle, neutre.

En d'autres circonstances, elle aurait pu apprécier l'effort vestimentaire. Elle n'avait pas lésiné sur les moyens pour que son mensonge tienne la route, et c'était tout à son honneur. Mais cela ne changeait rien au fait qu'elle avait en face d'elle la folle furieuse qui avait tenté de l'étriper par tous les moyens – et déclenché involontairement l'éveil de ses pouvoirs. Étant donné leur rencontre précédente, ce n'était que justice de l'accueillir avec une animosité palpable. Si elle ne se voulait pas agressive non plus, l'adolescente ne pouvait faire autrement que d'être sur la défensive. Si amicale soit-elle, il est difficile d'oublier quand quelqu'un a essayé de vous passer au fil de l'épée.

Une amie, hein ?

Méfiante, elle s'adossa à la porte, cerbère de sa demeure. Un aphorisme creux lui revint en tête.

Avec des amis comme ça...

_________________


Destruction leads to a very rough road
But it also breeds creation
And earthquakes are to a girl's guitar
They're just another good vibration
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.bleach-bsrpg.com/t1637-melody-mackenzie

avatar
Rang : Capitaine-Commandant

Messages : 677
MessageSujet: Re: Les fruits de la bataille [Melody MacKenzie]   Sam 22 Mar - 19:08



Il y avait ce souvenir. Flou, sans contour, dont l’objet, une silhouette, ne se détachait qu’à grande peine d’un fond noir d’abîme. Il y avait ce visage, perdu dans un éther d’inconscience, dont les traits, quoique saisissants, n’avaient laissé qu’une empreinte fantomatique, une réminiscence tout au plus. Ce grand vide de la mémoire fut balayé d’un revers quand la jeune fille apparut. C’était elle le monstre de ce jour confus ; c’était elle la furie glapissante qui avait manqué de tuer Asuna. C’était elle dont la tête aurait dû rouler dans un caniveau au terme de l’affrontement.
La Shinigami dévisagea l’humaine d’un air éteint, débarrassée de ses faux semblants. En elle, quelque chose hurlait : un cri de haine, un cri de rage, un cri de sang. Des bras aux ongles brisés se tendirent vers la surface, en son âme, possédés par l’idée de rejoindre le réel pour déchirer celle qui les fit naguère souffrir.

Asuna resta immobile, la nuque raide, le regard durcit d’un éclat insondable. Elle se tint roide devant l’humaine, tout en bouillant intérieurement, à ne savoir qui de ses envies ou de sa raison elle devait écouter.

« Je voulais te voir, déclara-t-elle simplement, presqu’avec douceur. »

Son aura menaçante s’apaisa, ses traits se réchauffèrent d’une expressivité humaine, et son corps irradia bientôt d’une tranquillité rassurante. Une allure qui, l’espace d’un instant, la rendit à sa jeunesse de corps mais aussi d’esprit.

« Il me fallait prendre ma leçon. Renaître après avoir failli mourir. Qui de mieux que toi pour ça ? »

Sa tête s’inclina de coté, Asuna sourit.

« Tu es un monstre. Sais-tu ? Une âme qui n’est pas de ce monde. Une anomalie. Tu n’aurais pas dû survivre. Encore moins vaincre. »

Un long frisson lui parcourut l’échine, le retour d’une sensation glacée qui s’échinait à rompre le masque et son vernis d’amabilité.

« Il y a les bêtes qui recherchent ceux comme toi. Qui pourraient les rassasier pendant des années à chaque bouchée. Il y a les miens, aussi. Eux détestent ce qui a trait à l’anomalie. Qui par leur simple existence menace l’ordre des mondes. »

Sa langue lui semblait être faite d’un bois brûlant, comme si chaque mot prononcé la consumait un peu plus. Son corps ne voulait pas la parole, la violence uniquement.

« Tu vas mourir. Bientôt, ou dans des années, ou dans des décennies. Mais tu vas mourir quoi qu’il en soit. Moi, je t’attendrai de l’autre coté. Aussi longtemps que nécessaire. Je suis patiente pour ces choses-là. Et je te rendrai au centuple ce que tu m’as infligé. C’est ce que je voulais te dire. Que je n'oublie pas. Jamais.»


_________________




Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.bleach-bsrpg.com/t654-kuragari-asuna

avatar
Rang : Ϟ Espiègle Valkyrie

Messages : 2110
MessageSujet: Re: Les fruits de la bataille [Melody MacKenzie]   Mer 30 Avr - 5:17

Ah ouais ? Tu m'en diras tant. Elle voulait la voir. Une phrase aussi équivoque que celle qui l'avait prononcée, en vérité. Dans quel but ? Impossible de le savoir. Elle aurait beau essayer de se rendre expressive par tous les moyens, les traits fins de son visage n'étaient rien d'autre qu'un miroir sans tain. N'avoir rien à y lire était bien plus inquiétant que de connaître son véritable dessein. Elle la rendait nerveuse, et ce n'était pas peu dire. Elle avait l'habitude de gérer le trac de par sa profession, et n'y avait de toute façon jamais été sujette à proprement parler. Mais là, c'était différent. Quelque chose de plus profond, de plus viscéral.

Comme si le simple fait de l'avoir devant elle, de devoir lui faire face réveillait en elle une peur primitive, un instinct de survie qui menaçait de prendre le pas sur sa maîtrise d'elle-même tant elle brouillait ses sens. De semi-réfléchissante, la glace s'était faite déformante, faisant passer la gorgone pour bien plus dangereuse qu'elle ne l'était. Car vipère elle était, distillant son venin dans des airs et des mots charmants, jusqu'à ses crochets vider. Mais jamais ne s'épuise le serpent que ronge la rancune avant d'avoir de même sa proie ingéré. Je l'ai déjà battue une fois, je peux le refaire. s'admonesta Melody pour garder contenance.

Je ne l'ai pas fait exprès. soupira-t-elle, excédée.

Si, en fait. Du moins s'agissant de lui faire mordre la poussière. Et si elle n'avait pris aucun plaisir sur le moment, ce n'avait été que partie remise, puisqu'elle le savourait à retardement. Cette bataille qui n'était pas la sienne avait laissé des regrets, en plus des cicatrices. Mais ceux -ci fondaient comme neige au soleil sous l'effet des faisceaux d'irritation du soleil de la colère, la mégère faisant office de loupe avec un brio indéniable. Contrairement à l'image qu'elle avait du garder de cette funeste commotion, Melody n'était pas portée sur la violence. C'était même tout le contraire.

Mais parfois, il m'arrive de faire une exception.
Et là, elle en avait bigrement envie.

N'eut été l'endroit, peut-être même serait-ce déjà fait. La musicienne se félicita de n'avoir pas emporté sa guitare. Elle savait se maîtriser, mais on ne sait jamais. Peut-être était-ce son but en venant ici la narguer, sur son propre territoire ? La faire craquer pour se donner raison ? Elle ne lui ferait pas ce plaisir. Même si, elle devait bien l'admettre, la façon de procéder était bien choisie. Une expiration lente, lancinante s'évada de la prison de ses lèvres, rétablissant graduellement son humeur égale. Puisque l'heure est à l'hypocrisie... L'artiste se fendit d'un rictus sarcastique.

Comme c'est gentil à toi... Arrête, j'vais rougir.

L'humour, c'est bien, mais c'est pas ça qui va arranger les choses. se tança-t-elle. Cette façon qu'elle avait d'adopter un point de vue extérieur à elle-même, presque désincarnée, était devenue une clé de voûte de sa personnalité depuis quelques temps. Mais était-ce si saisissant quand de sa faculté à se remettre en cause était tributaire le bien-être de quiconque s'oserait à enfreindre son périmètre ? Et le pire, c'est qu'elle y croit. Sérieuse, elle l'était, de même que battante était la pluie de ses invectives qui à aucun moment ne tarit. L'orage couvait.

Melody n'y répondit que par l'indifférence. Du moins jusqu'à ce que se fêle ce masque qui, au demeurant, lui seyait fort peu. La compassion s'invitait à la fête, s'arrogeant tous les droits sur son charmant minois. Pour un être si seul et triste et vide, nulle arme ne percerait assez loin à travers la chair et les os pour lui rappeler que s'y terrait un coeur sec et noir et décrépit. En avait-elle un jour eu l'utilité, sinon celle de sous la peau de porcelaine, donner à la vie son éclat premier ? Melody se permettait d'en douter. La soliste porta la dextre à son coeur.

J'ai pas choisi d'être comme ça. Mais tu sais quoi ? Même si on m'avait laissé le choix, je l'aurais fait quand même. Pas pour me sentir forte. Pas parce que c'est marrant d'avoir des pouvoirs. Mais parce que si je ne les avais pas eu, je serais morte à l'heure qu'il est. Moi, et qui sait d'autre encore.

Enfin, Melody releva les yeux vers son hôte. Et le regard qu'elle lui lança n'était clairement pas celui d'une jeune fille sans défense. Encore moins celui d'une enfant de son âge. S'il lui arrivait fréquemment de se donner des airs infantiles, en osmose avec son apparence aux couleurs de jouvence, ce n'était nullement révélateur de sa personnalité. Ce qu'elle avait dans la tête allait bien au-delà, et pareillement – peut-être plus important encore – ce qu'elle avait dans le coeur. Ne se fut-elle crevé les yeux à la lame de son aigreur que la poupée sans âme s'en serait avisée dès avant ce moment. Un sourire désolé conquit sa frimousse.

Et le pire, tu sais ce que c'est ? C'est que je ne l'ai même pas fait pour moi. Je l'ai fait pour t'empêcher de nuire. De faire du mal à qui que ce soit. Tu aurais pu tuer tes amis. Tes collègues. Tes frères. Appelle ça comme tu voudras. Et tu l'aurais fait. Oui, tu l'aurais fait si je n'avais pas été là. La seule menace que j'ai vu là-bas, c'était toi. Si tu n'oublies jamais, alors souviens-toi bien de ça.

Ce n'était pas tout à fait vrai, mais elle avait besoin d'entendre ça – à son humble avis. Délaissant le chambranle lui servant d'appui, elle épousseta sa jupe qui n'en avait pourtant nul besoin. Elle resta de longues secondes ainsi, à la fixer de ses grands yeux céladon. Pauvre fille. pensa-t-elle soudain, sans dédain ni mépris. C'était un constat qui s'était imposé à elle sans prévenir, complexe dans son évidence. Ses voyages étaient indénombrables, mais jamais auparavant elle n'avait rencontré quelqu'un – était-ce encore une personne à ce stade ? - qui lui paraisse n'avoir que l'amertume pour seul moteur, le ressentiment pour tout carburant. Et ça la désolait à un point inimaginable.

Je ne dis pas ça pour me donner bonne conscience. Je sais ce que j'ai fait, même si je ne le savais pas à l'époque, et rien ne pourra changer ça. Mais je l'ai fait pour une bonne raison. Et c'est pour ça que si c'était à refaire, je le referais sans hésiter. Mais c'est quelque chose que tu ne peux pas comprendre, n'est-ce pas ? Moment de silence. Parce que tu es mauvaise. conclut-elle d'un ton presque désolé.

Elle n'y pouvait rien. C'était comme ça. C'était en elle. Comme un cancer.
Melody la toisa le plus sérieusement du monde, une fascinante nébuleuse habitant ses iris maussades.

Et si l'anomalie, c'était vous ?

_________________


Destruction leads to a very rough road
But it also breeds creation
And earthquakes are to a girl's guitar
They're just another good vibration
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.bleach-bsrpg.com/t1637-melody-mackenzie

avatar
Rang : Capitaine-Commandant

Messages : 677
MessageSujet: Re: Les fruits de la bataille [Melody MacKenzie]   Lun 12 Mai - 12:04



« C’est amusant que tu dises cela. »

Aucune expression de rire, de joie, ou d’un léger amusement ne se dessina sur le visage d’Asuna. Des mots creux comme l’était sa personne, mais pouvait-on être vide et mauvais à la fois ? La jeune femme connaissait sa singularité, or, elle ne s’attribuait pas un caractère maléfique lié à sa nature. L’humaine lui faisait l’effet d’une fillette perdue dans son monde de contes, où le bien est lumière et le mal est obscurité, et où elle se voyait comme une héroïne triomphante face aux ténèbres.

« De nous deux, tu es celle à posséder la plus grande force de destruction. Tu penses pouvoir te cacher derrière tes raisons ? Croire que tes motifs sont justes ? J’ai souvenir de déflagrations dont je n’ai pas été la seule cible. J’imagine qu’il y aura une bonne plaisanterie à faire lorsque tu détruiras ce que tu voulais justement protéger. Comme cette femme qui vit avec toi. »

La menace était à peine voilée, qui plus inquiétante encore, n’émanait non pas de la troisième siège mais de l’humaine elle-même. Asuna en était convaincue, cette dernière deviendrait l’instrument de sa propre destruction, ou tout du moins de celle de ses proches.

« Je ne suis pas mauvaise, malgré ce que tu penses. Je n’ai rien à perdre hormis ma propre vie, et c’est ce que tu as failli m’arracher. Toi, tu as tout le potentiel pour te transformer en quelque chose de monstrueux, parce que tu sembles t’attacher à autrui. Tu es puissante, trop, mais aussi un peu idiote. Pleine d’illusions, de naïveté. De passion. Je me demande en quoi tu tourneras lorsque tu auras tout perdu. Tes illusions et ta naïveté. Et quand tu tiendras le corps brisé de ceux que tu chéris, après avoir voulu briller. Inutile de répondre. De te dédouaner de toute volonté d’être mise au centre de l’attention. Ton penchant pour l’héroïsme dira l’inverse. »

L’harmonie de son discours ne vibrait d’aucune note au-dessus de l’autre ; un monologue au rythme continue, sans autre inflexion qu’un plat total et constant. Le regard de la Shinigami ne fixait même plus l’humaine, absorbé ailleurs, vers d’autres sujets finalement plus sensibles pour son intérêt.

« Tu as attiré l’attention sur toi, ce jour-là. Je me suis chargée de rédiger ton rapport, et te présenter comme menace élevée. Tu es forte, mais ça ne te sauvera pas toujours. Donc si tu as un tant soit peu de jugeote, quitte cette ville. Elle est le cœur d’une machinerie complexe, et y demeurer ne fera que t’exposer au regard de ceux qui te regardent. »


_________________






Dernière édition par Kuragari Asuna le Mar 15 Juil - 11:58, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.bleach-bsrpg.com/t654-kuragari-asuna

avatar
Rang : Ϟ Espiègle Valkyrie

Messages : 2110
MessageSujet: Re: Les fruits de la bataille [Melody MacKenzie]   Lun 12 Mai - 15:32

La monotonie de sa voix avait le don de l'énerver. Ou plutôt qu'elle s'en serve pour débiter de telles horreurs. Dans sa bouche, vie et mort n'étaient que des banalités. Des faits divers, trop vite oubliés. Et cela l'horripilait. Ses poings se serrèrent machinalement à plusieurs reprises pendant son discours tant son contenu lui retournait les entrailles. À chaque fois, elle s'efforça de les relâcher. Elle ne s'emporterait pas, elle ne lui ferait pas cette joie.

Habituellement, elle était au-dessus de tout ça.

Les colères les plus terribles ne pouvaient rien face à son bouclier d'intarissable bonne humeur. Mais, et même si le stress accumulé depuis son « éveil » n'y était lui non plus pas étranger, la Shinigami paraissait avoir un talent exacerbé pour appuyer là où il fallait afin de la faire sortir de ses gonds. S'abîmant dans tout ce qu'elle avait de complaisance en réserve, elle réussit – non sans peine - à garder à flots sa sympathie naturelle. Mais pour combien de temps ?

Oh, d'ailleurs, je devrais te remercier. Tu es sans doute bien trop occupée à me diaboliser pour m'écouter et encore plus pour me croire, mais je n'avais rien avant ce jour-là. Rien de rien. C'est toi qui me l'a donné en t'en prenant à moi. Toi et rien que toi.

J'espère que tu es fière de toi ? sous-entendait sa mine froidement satisfaite. Bien qu'elle soit restée aussi détachée que possible en proférant cette révélation, pouvoir la lui asséner la faisait jubiler. Ce n'était sans doute pas tout à fait vrai. Ce n'était pas sorti de nulle part. Melody n'était pas stupide au point de ne pas faire le lien avec ces migraines chroniques une fois que tout ça avait été suffisamment loin derrière elle pour remonter le cours de cette journée. Mais sa vis-à-vis avait été l'interrupteur qui avait tout déclenché. La mèche qui d'une étincelle avait mis le feu aux poudres. Une nouvelle qui ne lui ferait sans doute pas grand plaisir, quoi qu'elle puisse en dire.

Car bien sûr, il n'y a rien à craindre à lâcher une tornade en plein centre-ville, n'est-ce pas ? ironisa-t-elle. Et je ne parle même pas du reste. Tu ne me feras pas croire qu'aucun d'entre vous n'est un danger pour la société, vous avez sans doute bien plus de moyens que moi de tout faire sauter. Et le pire, c'est que ça vous semble naturel. La force, ça se maîtrise. J'y travaillerai. Crois-moi.

Pas question de revivre ça. Un frisson traversa son bras de haut en bas. Elle s'empressa de le frictionner de la main opposée pour le mettre sur le compte du froid, mais son regard soudain fuyant ne trompait personne – et surtout pas elle. La peur. Plus jamais. Elle croyait avoir oublié ce sentiment, mais ce n'avait été que pour mieux trembler de tout son être avant que ce soit à la terre de le faire à sa place. Plus que son interlocutrice, c'était la terreur qu'elle lui avait inspirée dans sa totale perte de contrôle, dans son ivresse et sa débauche qui lui avait ouvert en grand les portes de cette puissance sans limites.

Et toi la mienne. On est quittes. rétorqua-t-elle le plus simplement du monde, non sans une certaine condescendance. Et juste pour savoir, j'aurais dû faire quoi, selon toi ? Mourir, et vous laisser vous entretuer ? Désolée, pas mon genre. Tu es bien mal placée pour parler de ça, si tu veux mon avis. Parce que tu te fiches du sort d'autrui. Y compris tes camarades. Ce schéma t'aurait très bien convenu, pour peu que tu t'en sois tirée.

Son absence de réponse à cette question était d'une rare éloquence. Melody l'avait réalisé dès les prémices de leur échange. L'empathie n'a pas que du bon, et c'était probablement elle qui la remontait à ce point contre cette femme. Même leur passé commun et tout ce qu'il implique n'y aurait pas suffi d'ordinaire, sa tolérance pouvant même surpasser cela. Mais cette absence totale de considération pour la vie humaine était bien la dernière chose à lui opposer. Pas pour elle, mais pour tous ceux que cela pourrait toucher. Le peu de cas qu'elle faisait du devenir de ses semblables n'avait rien de dissuasif. C'était au contraire le meilleur moyen de la convaincre d'entrer dans la danse. Parce que maintenant, elle en avait les moyens. Son regard se fit plus dur alors qu'elle le reportait sur l'infâme pimbêche. Quitter la ville ? Pas si facile.

Je ne peux pas. Mais c'est pas la question.

Le regard qu'elle posait sur elle était mauvais, sombre, défiant.

Je suis jeune, oui, et alors ? Oui, peut-être que je suis trop humaine, mais je préfère ça à ne pas l'être assez. Pas comme toi.

Ses yeux se firent plus perçants, inquisiteurs, comme cherchant à crever l'abcès que représentait pour elle cette âme flétrie, tuméfiée pour chercher à l'intérieur la moindre once de bonté. Elle prit une inspiration et se lança.

Qui êtes-vous pour décider de qui a le droit de vivre ou de mourir ? Qui vous a permis de juger qui que ce soit ? VOUS êtes le danger. Si vous étiez restés là d'où vous venez ce jour-là, il ne se serait sans doute rien passé. C'est à cause de vous, contre vous que j'ai dû me battre. Personne d'autre. J'avais déjà croisé de ces choses avant, mais j'ai appris plus tard comment elles s'appelaient. Des Hollows. Avant de vous rencontrer, je croyais que c'était la seule menace. J'avais tort.

Fermant les yeux, elle expira lourdement pour évacuer la tension, les épaules s'affaissant. Elle les rouvrit chargés d'une pitié à nulle autre pareille – la seule chose qu'elle ait pour la pauvre femme si vide et si creuse venue la narguer sur son propre pavillon. De toute façon, il n'y avait rien qu'elle veuille, à l'entendre. Rien d'avouable, néanmoins. Rien qui n'aille pas alimenter la noirceur tapie au fond de son coeur.

Vous n'êtes pas des dieux. Vous n'êtes pas supérieurs à nous. Et ce monde n'est pas le vôtre.

_________________


Destruction leads to a very rough road
But it also breeds creation
And earthquakes are to a girl's guitar
They're just another good vibration
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.bleach-bsrpg.com/t1637-melody-mackenzie

avatar
Rang : Capitaine-Commandant

Messages : 677
MessageSujet: Re: Les fruits de la bataille [Melody MacKenzie]   Mar 15 Juil - 18:48



« Je suis fatiguée de parler, déclara enfin Asuna d’un ton qui ne souffrait d’aucune forme d’inflexion. »

Elle n’avait nulle intention de se lancer dans un débat abscons avec cette humaine aux convictions erronées, pas plus que de prolonger cette conversation aussi vaine que l’existence de son interlocutrice. La Shinigami était venue moins pour converser avec la mortelle, que pour se forger une opinion définitive sur ses projets futurs. À présent, elle était certaine du choix à prendre, de la voie à suivre, et ce voyage sur Terre chassait ses derniers doutes.

« Une autre vie t’attend au-delà de la mort. Ce qui n’est plus mon cas. Tu n’as rien vu, ni rien vécu. Je te laisse à tes procès d’ignorance, à tes illusions naïves. Tu en fais une richesse et une fierté, il semblerait. »

Les yeux lui piquaient comme avant de s’ensommeiller. Une fatigue, tout ce qu’il y avait de plus mentale, lui happait néanmoins ses forces, rendant ce corps de chair gourd et lent. Elle ne le laissa pas paraître, et c’est avec une certaine pitié qu’elle accorda à l’adolescente un dernier regard.

« Peut-être fouleras-tu ce monde suffisamment longtemps pour acquérir la sagesse. Tu parles avec la flamme de la jeunesse et son idiotie. L’âge t’apprendra à grandir ? »

Ses prunelles s’embuèrent d’un voile de confusions, creuses et inertes ; elles se figèrent sur le vide. Puis, elles reprirent vie avant de disparaître derrière l’opacité de paupières closes.

« Je ne sais vraiment pas. »

La question flotta sans réponse et disparaître ensuite dans le silence ; avec la rigidité d’un appareil rouillé, la Shinigami se détourna, et ses pas raides la menèrent jusqu’à l’escalier. Elle ne regarda pas en arrière ; elle dévala les marches comme si sa vie en dépendait, et sortit de l’immeuble en quelques secondes. Pendant un instant, elle fut prise par l’envie de raser l’immeuble, et de profiter de l’effet de surprise afin d'abattre celle qui, quelques jours plus tôt, l’avait battu presqu’à mort.
De ses doigts ne jaillit aucune flamme, sa main se referma sur une étincelle.
Asuna partit, accompagnée de la pensée que l’humaine aurait son rôle à jouer bientôt. Bref et intense, le souhaita-t-elle.


_________________




Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.bleach-bsrpg.com/t654-kuragari-asuna
Contenu sponsorisé
MessageSujet: Re: Les fruits de la bataille [Melody MacKenzie]   

Revenir en haut Aller en bas
 

Les fruits de la bataille [Melody MacKenzie]

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

 Sujets similaires

-
» [ Passé ]La bataille du Mont Gundabad
» Rapport : Mission de bataille à 1500 points ork vs tyty
» Élections-US :La bataille des sondages ?
» rapport de bataille apocalypse
» Règle sur la bataille navale.

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Bleach - Before the Shadows :: Chroniques & Flashbacks :: Chroniques & Flashback-